L. Panisset, Soc. de Biologie, 7 'anvier
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tion, le sang de ce bélier était encore infectieux pour les rats; 100 jours après, il ne Tétait plus. Ce bélier doit donc être considéré comme ayant guéri.
Une chèvre, inoculée le 6 août 1903, était encore infectée le 10 novembre (97" jour). Les principaux symptômes ont été : des poussées fébriles et de Tengorgement des ganglions pharyngiens. A aucun moment, la présence des trypan. n'a été constatée à Texamen microscopique; l'inoculation du sang à des rats a été nécessaire pour déceler l'infection. Terminaison de la maladie non connue.
Un mouton inoculé par Laveran à l'Institut Pasteur est mort au bout de 7 mois, 1 amaigrissement a été le principal symptôme; l'examen du sang a révélé seulement au début de l'infection l'existence de trypan. très rares.
Deux chèvres inoculées par le même observateur ont eu des infections légères d'une durée de 4 mois chez l'une, de 3 mois chez l'autre; les chèvres guéries avaient acquis l'immunité.
Nous donnons les observations résumées de ces animaux.
i° Un mouton pesant 36 kg. est inoculé de mbori le 16 avril 1904 sur cobaye. L'inoculation est faite sous la peau du ventre avec un peu de sang de cobaye dilué dans l'eau physiologique.
Le 28 avril, Texaraen du sang révèle Texistence de trypan. très rares; tous les autres examens du sang faits pendant la durée de l'infection ont été négatifs, mais les animaux d'épreuve, rats ou cobayes, inoculés à diverses reprises avec le sang du mouton, se sont toujours infectés. Les i*ats recevaient 2 ce, les cobayes 4 à 6 ce. de sang, dans le péritoine.
L'amaigrissement a été le principal symptôme observé. La température n'a pas été prise.
Le 24 novembre, le mouton est amaigri, très affaibli, il ne se tient que difficilement sur ses pattes.
Mort le 28 novembre 1904.
Le mouton pèse 28 kg. La rate pèse 90 gr. Un peu de liquide citrin dans le péricarde. Rien d'autre à noter.
2*^ Une chèvre pesant 28 kg. est inoculée de mbori le 11 mars 1906. L'inoculation est faite sous la peau d'une des oreilles avec du sang de cobaye dilué dans de l'eau physiologique.
Du 11 au 23 mars, la température de la chèvre reste normale; les examens du sang ne révèlent pas l'existence des trypanosoraes. 4 souris inoculées le 2G mars, avec le sang de la chèvre, s'infectent.
Du 23 mars au 3 mai, la température de la chèvre se maintient aux environs de 38^,5. Les examens du sang sont négatifs, mais 4 souris inoculées le 28 mars s'infectent. L'état général est bon. Le 3 avril, la chèvre pèse 30 kg. et le 31 mai, 35 kg.
En juin et juillet, la chèvre continue à augmenter de poids : elle pèse, le 19 juin, 37 kg. et le 18 juillet, 40 kg. Aucun symptôme morbide. Le 16 juin, un chien reçoit dans le péritoine 20 ce. du sang de la chèvre, il s'infecte et meurt le 6 juillet.
Le 25 juillet, un chien reçoit, dans le péritoine, 20 ce. du sang de la chèvre, il ne s'infecte pas.
Le 1" août la chèvre pèse 41 kg.
Le 2 septembre, la chèvre qui paraît guérie est réinoculée de mbori sur cobaye.
Le 17 septembre, un chien reçoit dans le péritoine 20 ce. du sang de la chèvre, il ne s'infecte pas.
La chèvre pèse, le 5 septembre, 44 kg. et, le 15 octobre, 46 kg. ; elle est en très bon état.
L'infection a été légère: elle a duré 4 mois seulement; après guérison, la chèvre possédait l'immunité pour la mbori.
3"Une chèvre pesant 32 kg. est inoculée de mbori le H mars 1906, sur cobaye, comme la chèvre précédente. Du 11 au 22 mars, pas de poussées fébriles. Le 23 mars, la température s'élève à 39°, 9.
26 mars. L'examen du sang ne révélant pas l'existence des trypan., on inocule, avec le sang de la chèvre, 4 souris qui s'infectent.
Jusqu'au 13 avril, la température de la chèvre se maintient au-dessus de39o; à partir du 14 avril, elle redevient normale. Etat général très satisfaisant, poids : 30 kg. Examens du sang toujours négatifs.
Le 28 avril, on inocule, avec le sang de la chèvre, 4 souris qui s'infectent.
Le 16 juin, on injecte à un chien, dans le péritoine, 20 ce. du sang de la chèvre, le chien ne s'infecte pas.
La chèvre pèse, le 19 juin, 33 kg.; le 18 juillet, 34 kg.; le 1"'" août, 36kg.
Le 2 août 1906, la chèvre qui est considérée comme guérie est réinoculée de mbori sur souris.
Le 18 août, un chien reçoit, dans le péritoine, 20 ce. du sang de la chèvre, il ne s'infecte pas. Le 5 septembre, la chèvre, en très bon état, pèse 39 kg.
Cette chèvre a donc eu comme la précédente une infection légère, à la suite de laquelle elle avait acquis l'immunité pour la mbori.
Un bovidé a été infecté, à rEcole d'Alfort, par le virus de Bakel (Mesnil, op. cit.); rinfection a duré plus de 4 mois. Le même virus a produit, chez une chèvre, une infection qui a duré 8 mois environ et qui s'est terminée par guérison.
Antilopes. — Une antilope, Tragelaphus scriptiis, inoculée de mbori par Cazalbou, a montré à plusieurs reprises des trypan. en assez grand nombre dans son sang; au 183" jour de l'inoculation, l'animal était en excellent état.
Une autre antilope, inoculée en môme temps que la précédente, est morte rapidement avec des accidents nerveux : incoordination des mouvements, phénomènes convulsifs; les trypan. étaient nombreux dans le sang.
§ 3. — Anatomie pathologique.
Nous manquons de renseignements sur les altérations anatomiques qui s'observent dans l'infection naturelle des dromadaires et
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des chevaux. Chez le cheval qui a succombé à la mbori à rinslitul Pasteur, la rate était augmentée de volume, il n'y avait pas d'autre altération macroscopique importante.
Chez la souris, la rate est toujgurs augmentée de volume. Pour 20 souris du poids moyen de 18 gr., le poids moyen de la rate était de 0 gr. 73. Plusieurs souris avaient des rates de 1 gr. et, chez l'une d'elles, le poids de la rate atteignait 1 gr. 30.
Chez des rats de 165 à 190 gr., le poids de la rate était de 2 gr. .jO à 3 gr.
Chez les cobayes qui succombent à la mbori, la rate est toujours hypertrophiée et elle est parfois le siège d'infarctus ou d'hémorragies.
Pour 47 cobayes, du poids moyen de 414 gr., le poids moyen de la rate était de 3 gr. 23. Dans un cas, la rate qui pesait 23 gr. était le siège d'infarctus hémorragiques; deux cobayes, dont les rates pesaient respectivement 16 gr. 50 et 18 gr., avaient des épanchements sanguins intrapéritonéaux, consécutifs à la rupture de foyers hémorragiques intraspléniques; enfin un cobaye, dont la rate pesait 14 gr., avait un foyer hémorragique intrasplénique qui ne s'était pas ouvert dans le péritoine.
Parmi les lésions notées chez les cobayes, il faut citer encore l'œdème gélatineux ou hémorragique de la paroi abdominale ou ■ abdomino-thoracique, et l'hypertrophie des ganglions lymphatiques inguinaux.
Le poids moyen de la rate, chez les cobayes qui succombent à la mbori, est plus élevé que celui de la rate des cobayes qui succombent au surra : 3 gr. 23 dans le premier cas; 2 gr. 50 dans le second; cela tient apparemment à ce que la durée de la mbori chez le cobaye est plus longue que celle du surra.
Chez les lapins qui succombent à la mbori, l'hypertrophie de la rate fait défaut on bien elle est peu marquée, ce qui est la règle dans les trypanosomiases de ces animaux. Chez deux lapins pesant 1360 et 1 640 gr., les poids des rates ont été de 1 gr. chez le premier, de 2 gr. chez le second.
Chez les chiens soudanais inoculés de mbori, Cazalbou a noté, à l'autopsie, une infiltration séreuse du tissu conjonctif de l'auge et de la gorge et l'hypertrophie des ganglions lymphatiques de la région cervicale. L'hypertrophie de la rate était très marquée 2 fois sur 4.
L'hypertrophie de la rate est constante chez le chien, quand la mort est due à la marche naturelle de la maladie et non à une complication.
Pour 6 chiens du poids moyen de 8 kg., le poids moyen de la rate était de 73 gr. Le chien, inoculé à Ségou, qui est mort à Paris au 65"= jour de l'infection, avait une rate énorme pesant 160 gr.
i; A. — Agent pathogène.
Le trypanosome de la^ mbori est une variété
du Tr. Evansi.
Comme Laveran Ta fait connaître, dès 1904, les caractères morphologiques du trypanosome de la mbori sont les mêmes que ceux du Tr. Evansi^.
D. Bruce, qui a fait de nombreuses mensurations des trypanosomes de la mbori des dromadaires d'Afrique et du surra des chameaux de rinde a constaté que les tracés établis d'après le pourcentage des diflerentes longueurs des trypan. présentaient la plus grande ressemblance-.
Pour savoir si le virus dp la mbori devait être identifié ou non au virus du surra, il y avait lieu de recourir à Tépreuve de Timmunité croisée.
En 1904, MM. Vallée et Panisset ont fait, à la demande de M. Laveran et avec des virus qu'il leur avait fournis, Texpérience suivante.
« Nous possédions à notre laboratoire dAlfort, écrivent MM. Vallée et Panisset, deux veaux bretons inoculés de surra le 6 juillet 1903 et une vache de même race, hyperimmunisée contre le nagana, inoculée elle aussi de surra le même jour. Tous ces animaux semblaient guéris de leur infection à trypanosomes. Ils lurent inoculés le 19 juillet 1905, chacun avec 1 ce. de sang de rat très riclie en parasites du surra.
« L'inoculation du sang recueilli chez ces trois sujets, dans les jours qui suivent cette épreuve, à des rats et à des lapins, prouve qu'ils ne sont point infectés de trypanosomes. Ils possèdent donc bien l'immunité contre le surra. Nous avions préalablement constaté que notre vache hypervaccinée contre le nagana avait toujours l'immunité contre cette infection.
« Le 8 août, nos trois animaux reçoivent chacun 1 ce. de sang de rat extrêmement riche en trypan. de la mbori. En même temps queux, nous inoculons comme témoins deux bœufs bretons, un mouton et une chèvre.
« Le sang des trois sujets, vaccinés contre le surra et inoculés de mbori, ne se montre nullement infectant pour le rat les 18 et 30 août, non plus que le 17 septembre.
« Une seconde tentative d'infection par le trypan. de la mbori est réalisée chez ces animaux le 19 septeml)re.
« Leur sang a été ensuite inoculé à la dose de 10 ce, répartie entre trois rats, aux dates suivantes : 24 septembre, 4 octobre, 13 octobre.
1. X. Laveran, Bullelin Acad. de rncd.. 19;j4. t. LI, p. 3.54.
2. D. Bruce, Proceed. of Ihe R. Soc, liUl, H, t. LXXXIII, p. 184.
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« En aucun cas, le sang des veaux vaccinés contre le surra ne s'est montré infectant: une seule fois le sang de la vache vaccinée contre le nagana et le surra a infecté les rats (4 octobre); mais, depuis cette date, il n'a point été possible de lui reconnaître cette qualité, l'infection de ce sujet par la mbori a été fugace et sa guérison spontanée.
« Par contre, les bovidés, le mouton et la chèvre témoins sont actuellement en pleine infection de mbori. »
« Les animaux vaccinés contre le surra, disent, en conclusion, Vallée et Panisset. sont donc réfractaires à la mbori. Cette constatation confirme l'opinion de M. Laveran qui rapproche au point de vue morphologique le trypanosome de la mbori de Trypanosoma Evansi, et Ton doit admettre dorénavant sinon l'identité absolue, au moins rétroite parenté des deux parasites'. »
Il était important, comme contre-épreuve, de rechercher si un animal ayant acquis l'immunité pour la mbori jouissait de l'immunité pour le surra. l'expérience suivante faite par l'un de nous ne paraît laisser aucun doute à cet égard ^.
Le 16 avril 1904, un jeune bouc pesant 26 kg. est inoculé sous la peau avec le trypan. de la mbori (sang dilué de cobaye). La réaction fébrile est faible. La température, prise du 16 avril au 15 mai, ne dépasse pas 39'\4; elle atteint ce chiffre le 22 et le 2'3 avril. L'examen histologique du sang du bouc est toujours négatif, mais une série d'animaux inoculés, du 28 avril 1904 au 6 février 1905, s'infectent.
28 avril 1904. Un rat reçoit, dans le péritoine, 2 ce. du sang du bouc; il s'infecte en 6 jours. Traité par l'acide arsénieux et le trypanroth, ce rat a guéri.
30 mai. Un rat reçoit, dans le péritoine, 2 ce. du sang du bouc; il s'infecte en 7 jours. Traitement par l'acide arsénieux et le trypanroth guérison.
28 juin. Le bouc se porte bien, il augmente de poids; 28 kg. 600 le 28 juin.
21 juillet. Un rat reçoit, dans le péritoine, 2 ce. du sang du bouc et un cobaye en reçoit 4 ce. Le rat s'infecte en 6 jours; traité par le trypanroth, il guérit. Le cobaye ne montre dans son sang des trypan. que le 4 septembre; il meurt le 6 novembre 1904.
26 juillet. Le bouc qui ne présente aucun symptôme morbide pèse 32 kg. 300.
17 août. Un cobaye reçoit, dans le péritoine, 5 ce. du sang du houe. Le 10 septembre, on trouve des trypan. rares dans le sang du cobaye qui succombe le 12 .septembre à une complication.
22 août. Le bouc pèse 34 kg. 500.
17 septembre. Un cobaye reçoit, dans le péritoine, 4 ce. du sang du bouc. Le 2 octobre, le cobaye est infecté; mort le 12 janvier 1905. Le bouc pèse 35 kg. 500 le 3 octobre, 36 kg. le 8 novembre.