ET DES PARASITES
CHEZ UNE VACHE NAGANÉE (d'après BrUCE). Comme il s'agit d'un cas d'infection naturelle, los courbes partent du jour
où la maladie a été reconnue.
ce cas, le nombre des hématies est passé dé 5 260 000 à 1800000. Quand la mort est plus rapide, la diminution est moindre.
Nocard a inoculé à Alfort, sous la peau, quelques vaches bretonnes. Toutes ont résisté et n'ont même montré que des phénomènes morbides extrêmement légers.
On note une poussée fébrile au-dessus de 40°, cinq jours après l'inoculation et, ce jour-là, de rares trypan. sont visibles à l'examen microscopique; deux jours après, la température est revenue à la normale et elle s'y maintient jusqu'à la fin de l'infection; en môme temps, l'état général est excellent. L'examen microscopique du san^ est toujours négatif, mais ce sang reste infectieux pour la souris pendant 5 mois environ. Au bout de ce temps, le sang n'est plus infectieux et la vache est immunisée contre le nagana.
Cette grande résistance des vaches bretonnes aux injections de trypan. est-elle due à une question de race, ou bien à ce fait que le virus que nous employions était déshabitué de passer par les
Bovidés? De nouvelles expériences sont nécessaires pour trancher la question. A noter que les Bovidés de l'Argentine sont également peu sensibles à notre virus (Lignières).
Noeard a injecté du sang nagané (2 ce. de sang de rat, riche en trypan.) par le trayon d'une vache laitière neuve; l'injection n'a produit ni infection, ni fièvre, ni mammite, ni modification du lait.
C'est à Koch que nous sommes redevables de nos premières notions précises sur le nagana de l'Afrique orientale allemande; il a observé la maladie lors de son voyage de 1897 ; elle sévit en particulier sur les bœufs. La période d'incubation est de 9 à 12 jours. Au début, la maladie se traduit par une hausse de la température et l'apparition d'hématozoaires dans le sang. Puis l'animal devient faible, anémique, maigre et la mort arrive plus ou moins vite. Presque tous les bœufs meurent.
D'après Sander(/. c), la trypanbsomiase des Bovidés présenterait une forme foudroyante et une forme chronique.
Le vétérinaire Schmidt (/. c.) déclare que la période d'incubation est de 5 à 6 semaines. La présence des parasites coïncide avec les poussées de température. Le nombre des parasites, la condition de l'animal, et la somme de travail qu'on lui fait fournir affectent le cours de la maladie. Les bœufs mis au repos résistent des années, tandis que ceux qui travaillent ont une maladie aiguë. Les bœufs sont plus sensibles que les mules.
Koch a fait un certain nombre d'expériences durant son court séjour dans la colonie allemande.
La série suivante est intéressante parce quelle donne une idée de la virulence de ce trypan. des bovidés pour les diverses espèces animales et aussi parce qu'elle a servi de base à Koch pour étayer son système de vaccination des bovidés.
Point de départ : le sang, avec très nombreux trypanosomes, d'un bœuf à maladie naturelle est inoculé aux animaux suivants :
Dose. Résultat.
1 âne de Massai 5 ce. Reste sain.
i vache 5 — Meurt en 39 jours.
2 veaux 5 — Meurent en 41 et 49 jours.
2 singes (sp.?) 4 — Restent sains.
2 cobayes 2 — Idem.
2 rats 2 — Meurent en 34 et 52 jours.
1 chien 5 — Meurt en 19 jours.
Le sang d'un des 2 rats de l'expérience précédente est inoculé à :
1 rat qui meurt en 68 jours (trypan. dans le sang 13 jours
après linoculation) ; 1 chien qui meurt en 42 jours.
NAGANA • 429
Lo sang du chien est inoculé à :
2 chiens qui meurent en 19 et 26 jours;
3 rats qui meurent en 67, 73 et 80 jours;
4 ânes de Massai qui restent sains;
2 bœufs qui montrent des parasites à partir du 10-13" jour, durant 3-4 semaines; puis on ne voit plus rien; les bœufs sont guéris et ils ont l'immunité. A aucun moment, ces bœufs n'ont été malades.
Moutons et chèvres. — D'après Bruce, les chèvres elles moutons indigènes de l'Afrique australe sont moins sensibles que les autres Mammifères, la maladie, en règle générale, affectant une marche chronique et durant 5 mois. Deux moutons sont morts en 4-5 mois; les trypan. ont été rarement présents à l'examen microscopique. Plusieurs chèvres inoculées ont montré au début peu de symptômes ; les trypan. ont toujours été rares à l'examen microscopique; ces chèvres ont présenté, au point d'inoculation, des abcès tardifs (au bout de 2 mois et plus); des phénomènes de vertige, l'amaigrissement ont précédé la mort.
Ces résultats n'ont été publiés par Bruce que dans son appendice de 1903. Auparavant, Pliramer et Bradford avaient donné l'observation d'une chèvre morte en 2 mois.
rs'ous devons à Nocard la marche complète de la maladie chez un mouton qui a succombé en 6 mois 1/2 (exactement 197 jours).
L'animal a montré, le sixième jour après son inoculation, une poussée au-dessus de 41°, puis la température est revenue entre 39" et 40»; le vingt-quatrième jour, nouvelle poussée à 41'*,5; cette fois la température se maintient longtemps au voisinage de 41°, et met une trentaine de jours à revenir à 40°; des œdèmes multiples apparaissent à la lace et aux yeux, puis aux testicules. C'est seulement durant cette période que des trypan. ont pu être observés à Texamen microscopique ; pendant une huitaine de jours, il y en a même eu plusieurs par champ de microscope. Les œdèmes ont encore augmenté, se sont étendus à la croupe, à lépaule (fin du troisième mois). Leur disparition a été rapi'de; l'animal (quatrième, cinquième et première moitié du sixième mois) paraît guéri (la température est entre 39° et 40"); pourtant son sang est encore virulent. Le dernier mois, il maigrit rapidement, et il meurt avec lésions de cachexie profonde, exsudât gélatineux de la gorge, du péricarde et des plèvres.
Quelques-uns de nos moutons ont également succombé au cours d'une infection naganique, sans avoir jamais montré d'œdèmes ou de lésions cutanées. Certains étaient assez cachectiques; il est possible que le nagana n'ait pas été le seul facteur de leur mort. Nous relèverons cependant le cas d'un mouton, en bon état, qui
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avait été infecté successivement par les Tr. equinum el gambiense; il a succombé en 4 mois 1/2 au nagana, brusquement, sans symptômes et sans amaigrissement.
En revanche, deux de nos moutons ont guéri. L'observation de Fun d'eux a été suivie jour par jour; nous la résumerons brièvement.
Lïnfection a duré entre 6 et 7 mois. La maladie s'est traduite, déjà 2 jours après rinoculation, par une élévation de température qui, le troisième jour, atteignait ii°,^^; le même jour, quelques trypan. ont été vus à l'examen microscopique; c'est le seul jour où l'examen microscopique ail été positif. — Les 4 mois suivants, la température est restée élevée, avec quelques poussées à 41°; l'animal s'est considérablement amaigri. Le sang se montra d abord virulent pour la souris, d'une façon à peu près constante, à la dose de quelques gouttes; l'incubation chez la souris était de 4 à 8 jours ; les trypan. inoculés étaient donc très peu nombreux. Mais, le quatrième mois, ce sang n'est plus infectieux à la dose de 1 ce. ; il le redevient ensuite. Le cinquième mois, bien que les trypan. soient encore présents dans le sang et que la température soit assez élevée (autour de iO"), le mouton augmente notablement de poids. A la fin du sixième mois, l'état a continué à s'améliorer; la température se rapproche de 39°; le sang devient de moins en moins infectieux, il n'y a quelquefois pas un seul trypan. dans 1 ce. A la fin du septième mois, 5 ce. de sang inoculés à 2 rats ne les infectant pas, l'animal est considéré comme guéri. Il a l'immunité.
Durant les 6 mois et demi qu'a duré Tinfeclion, l'animal n'a pas eu le moindre œdème.
Lignières, avec notre virus, a reconnu que les moutons de la République Argentine contractent une infection qui se termine par la guérison en moins de 3 mois.
Avec le nagana ferox d'Ehrlich et la variété acentrosomique, Laveran a inoculé deux moutons; ils ont présenté des infections légères, qui ont duré environ 4 mois avec le premier virus, 6 mois avec le second, et se sont terminées par guérison -.
La chèvre de Bradford et Plimmer, qui a succombé en 2 mois, a eu de l'œdème des organes génitaux et de l'opacité des cornées.
D'après nos observations, la maladie, chez les caprins, se termine tantôt par la mort au bout de quelques mois, tantôt par la guérison (nous avons noté 7 cas de mort contre 3 de guérison).
L'infection ne se traduit extérieurement que par de Thyperthermie (poussées fébriles au delà de 40" et même au delà de 41") amenant l'abattement de l'animal et de l'amaigrissement. Les trypan. sont très rarement présents à l'examen microscopique et seulement dans
1. Cette forte poussée de la première semaine est générale chez les chèvres et les moutons.