Bruce, Ibid., p
NAGANA
on observe une certaine proportion de trypan. chez lesquels le protoplasme longe le flagelle jusqu'à son extrémité; il n'y a donc pas à proprement parler, dans ces cas, de partie libre du flagelle. Nous avons interprété ces formes particulières comme étant sans doute en rapport avec une division répétée : dans la division d'un trypan. avec flagelle libre, généralement un des deux nouveaux individus conserve la partie libre du flagelle ancien; l'autre a donc au début un flagelle sans partie libre.
La membrane ondulante, bordée par le flagelle, est nettement plissée. La racine du flagelle part de la périphérie de l'espace clair qui entoure le grain centrosomique.
En colorant sur frottis humides, Kiihn et von Schuckmann ' ont
Fiîï. LXII.
Multiplication du Tb. Brucbi.
1. Individu non encore en division (a, noyau; b, centrosome ; c, membrane ondulante; d, flagoUe). —2-5. Stades divers de la division. — Gr. 2000 diamètres environ.
distingué dans le noyau 3 parties : un gros caryosome (Binnenkôrper), une couche externe alvéolaire et un grain difl"érencié, à position excentrique; le caryosome se colore en bleu par le Giemsa, le reste en rouge lie de vin. Avec l'Heidenhain, suivant la diff'érenciation, ou bien le noyau reste coloré en entier, le caryosome apparaissant simplement en plus foncé, ou bien celui-ci se colore seul; il est alors entouré d'un espace clair; le corps marginal est inconstant.
C'est pour le Tr. Brucei que nous avons fait connaître le mode de division binaire, longitudinale, des trypan., général chez tous les trypan. pathogènes des mammifères.
Reconnaissable déjà au simple examen du sang frais par l'existence d'individus, plus larges que les autres, avec deux membranes ondulantes, la division ne peut être bien étudiée que sur les prépa-
1. KiJHN et von Schuckmann, Sitz. ber. d. Heidelberger Akad. d. Wiss., 1911, f. 2.
rations colorées. Les figures nucléaires sont différentes suivant qu'on s'adresse à des préparations manipulées à sec ou à des préparations traitées toujours à l'état humide.
Dans le premier cas, on constate simplement un allongement du noyau, dont la chromatine s'accumule aux extrémités. 11 y a ensuite division en deux par étirement.
Dans le second cas, Breinl et Moore, Kûhn et von Schuckmann décrivent une division amitotique avec stade en haltère du caryosome, sans phénomène particulier du côté de la zone périphérique, en particulier sans individualisation de chromosomes. La division du corps marginal des auteurs allemands, également après étirement en haltère, précéderait celle du caryosome.
Le grain centrosomique se divise également en présentant une forme en haltère, mais jamais aussi allongée que celle du caryosome nucléaire. Cette division du centrosome précède toujours celle du noyau. Elle commande d'une façon évidente celle du flagelle : il y a toujours concordance entre cetle division et celle de la base du flagelle, renflée en un petit grain d'après nombre d'auteurs (en particulier Kûhn et von Schuckmann). A partir de la base, le flagelle et la membrane ondulante se dédoublent sur une grande partie de leur longueur.
Les figures LXII, 2 à 5 ci-contre, qui sont la reproduction de celles que nous avons données en 1901, montrent les différents stades de la division. C'est le protoplasme qui se divise le dernier; la séparation peut commencer par la partie antérieure, comme dans la figure 5 (c'est même le cas ordinaire), ou par la partie postérieure.
On observe parfois des formes assez volumineuses avec un nombre de noyaux, de centrosomes, de membranes ondulantes, supérieur à deux. Le trypan. conserve toujours son aspect allongé, il n'a jamais tendance à former des rosaces comme le Tr. Lewisi.
Chez les animaux naganés, on trouve toujours des formes en voie de division dans le sang; elles ne cessent pas d'être mobiles.
L'exsudat péritonéal des animaux inoculés dans le péritoine, les ganglions lymphatiques, la rate, examinés avec soin, ne nous ont pas montré d'autres formes de multiplication. Nous n'avons pas vu les petits éléments que Kanthack, Durham et Blandford ont décrits comme des formes jeunes du trypan. du nagana; nous n'avons pas observé davantage les formes amiboïdes et plasmodiales de Plimmer et Bradford ni les corps latents de Breinl et Moore; en étudiant plus loin l'agglutination des trypan. du nagana et les formes d'involution, nous aurons l'occasion de revenir sur cette question et nous dirons comment Plimmer et Bradford ont pu être conduits à admettre l'existence de conjugaisons et de formes plasmodiales, Breinl et Moore à décrire des formes de résistance.
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Durée de conservation dans le sang « in vitro ». — D'après Bruce, le sang- des animaux atteints de nagana est encore infectieux 4 jours après qu'il a été recueilli in vitro, s'il ne s'est pas desséché; le sang desséché peut être encore infectieux au bout de 24 heures, mais c'est là une exception.
Il résulte des recherches de Kanthack, Durham et Blandford que Tr. Brucei reste vivant, in vilro, de 1 à 3 jours, exceptionnellement de 4 à 6.
Dans des préparations de sang bordées à la paraffine, Plimmer et Bradford ont trouvé quelquefois des trypan. vivants au bout de 5 à 6 jours. Du sang recueilli avec pureté et conservé au contact de l'oxygène, garde sa virulence au moins pendant trois jours, d'après les mêmes observateurs.
Du sang contenant des trypan. du nagana, recueilli avec pureté, mélangé à de l'eau physiologique citratée et conservé à la température du laboratoire, peut être encore virulent au bout de trois jours; mais ce n'est pas là un résultat constant; du sang conservé depuis 48 heures seulement a parfois perdu sa virulence. D'après Yakimolî (/. c), la température de 20° est plus favorable pour la conservation du Tr. Brucei que celle de la glacière.
Nous avons vu déjà que, chez les animaux inoculés avec des trypan. conservés in vitro, l'apparition des parasites dans le sang retarde beaucoup; c'est là un fait dont on doit tenir grand compte dans ces expériences, faute de quoi on s'exposerait à noter comme négatives des inoculations dont les effets ne sont que retardés.
Les trypan. se conservent mieux, restent plus longtemps mobiles, dans le sang mélangé à du sérum que dans le sang pur. Nous avons vu des trypan. encore mobiles, au bout de trois jours pleins, dans du sang de rat défibriné et mélangé à parties égales à du sérum de cheval; dans le sang pur, on ne trouvait plus, au bout de 24 heures, aucun trypan. mobile.
Le sérum humain et celui des animaux réfraclaires ou peu sensibles au nagana (Oiseaux), ne sont pas moins aptes à la conservation des trypan. que les sérums des animaux les plus sensibles. (Voir, plus loin. Cultures.)
Action (lu froid. — Nous avons signalé la longue conservation à la glacière du trypan. des rats, Tr. Lewisi. Le trypan. du nagana ne jouit pas de la même propriété, il ne se conserve pas mieux à la glacière (o° à 7° au-dessus de zéro) qu'à la température du laboratoire.
L'inoculation du sang conservé trois à cinq jours à la glacière nous a donné, à plusieurs reprises, des résultats négatifs; les résultats peuvent être négatifs alors même qu'on trouve encore, dans les préparations conservées, quelques trypan. un peu mobiles.
Les trypan. se déforment rapidement dans le sang qui est mis à la
glacière; nous décrirons plus loin ces altérations, qui ne sont pas spéciales à l'action prolongée du froid (Voir Formes (Vinvolulion.)
Les mouvements des trypan. sont ralentis par l'action du froid; ils s'accélèrent quand le sang se réchauffe, au sortir de la glacière.
Si les trypan. du nagana supportent mal l'action prolongée d'un froid modéré, par contre ils résistent très bien à des abaissements brusques de température à 50, 55° et même 191" au-dessous de zéro, comme le montrent les expériences suivantes dont nous donnons seulement un rapide résumé.
Dans toutes ces expériences, on s'est servi de sang de rat riche en Tv. Brucei, dilué dans Teau physiologique citratée.
Kxp. 1. — Sang soumis 1/2 heure à une température qui varie entre 150 et— 18" C.
Exp. 2. — Sang soumis 20 minutes à la température de — 15'' et ensuite, pendant 8 minutes, à une température de — 25" à — 30°.
Exp. 3. — Sang soumis 30 minutes à la température de — 15" et ensuite, pendant 5 minutes, à une température de — 50» à — 55°.
Exp. 4. — Même expérience que la précédente, à cela près que le réchauffement du sang a été brusque et non lent comme dans l'expérience 3.
Dans tous ces cas, au bout de deux heures, on trouve dans le sang, qui s'est décongelé et réchauffé à la température du laboratoire, beaucoup de trypan. d'aspect normal et mobiles.
Les souris inoculées dans le tissu conjonctif sous-cutané avec ces trypan. (2 souris par expérience) sont mortes du nagana aussi rapidement que les souris témoins, sauf dans lexpérience 4, où il y a eu un retard sur le témoin.
Exp. D. — Du sang de rat riche en Tr. Brucei, dilué dans Teau physiologique citratée, est soumis à la température de lair liquide pendant des temps variables de 5 à 25 minutes. Il sert après l'échauffement à inoculer des souris qui contractent une infection typique, avec un retard de 3 jours sur les témoins, sauf la souris inoculée avec le sang laissé le plus longtemps à la glacière, qui est infectée avec un retard insignifiant sur le témoin.
Action (le la chaleur. — Deux éléments interviennent : le degré de la température et le laps de temps pendant lequel le sang a été soumis au chauffage.
Des échantillons de sang chauflés : pendant 3 heures à AO", pendant 1 h. 20 à 42", se sont montrés encore virulents; d'autres échantillons chauffés : 40 minutes entre 41" et 44", et 20 minutes à 44", 5, n'ont pas produit l'infection chez les animaux inoculés. Le chauffage à 44" ou 45" tue donc assez rapidement les trypan., tandis qu'avec les températures de 40" à 43" un chauffage prolongé est nécessaire.
Lorsqu'on examine du sang à trypan. qui a été soumis pendant une heure à la température de 41", on peut croire que tous les
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trypan. sont détruits ; les parasites sont immobiles, déformés, méconnaissables pour un observateur qui n'aurait pas l'habitude de cet examen; la plupart des parasites sont globuleux et semblent morts, mais le sang injecté à un rat ou à une souris produit encore l'infection, avec un retard.
Chez des animaux inoculés avec le sang chauffé de 1 h. 50 minutes à 3 heures à 40^ nous avons vu apparaître les trypan. dans le sang du cinquième au sixième jour.
Action d'agents divers. — Le Tr. Brucei a servi pour un grand nombre de ces recherches. Nous en avons résumé les résultats avec assez de détails au chapitre v pour ne pas avoir à y revenir ici.
Cultures. — Le beau succès obtenu par Novy et Me Neal dans la culture du Tr. Leivisi a engagé ces savants à essayer la culture des trypan. pathogènes^ Ilsyontréussi pour le Tr. Brucei. Les méthodes sont les mêmes que pour le Tr. Lewisi (voir chap. ii). Les auteurs insistent sur ce que le Tr. Brucei ne se cultive qu'exceptionnellement dans l'eau de condensation d'un milieu gélose* contenant la moitié ou moins de son volume de sang. Les meilleurs résultats paraissent être obtenus avec les mélanges renfermant 2 ou 3 parties de sang contre 1 de gélose '. Même sur ces milieux, seulement 1 ou 2 d'un grand nombre de tubes cultivent; et encore presque tous les trypan. ensemencés succombent et la culture part, au bout d'une vingtaine de jours, toujours d'un très petit nombre d'individus qui" ont survécu (survivance des plus aptes). Pour donner une idée de ces difficultés, il suffit d'ailleurs de dire que, de 50 essais de culture des trypan. du sang d'animaux infectés de nagana (provenance Zoulouland, Bruce), 4 seulement ont réussi. Mais, à partir du moment où une culture a commencé, les difficultés cessent; les réensemencements se font avec facilité. Novy et Me Neal sont arrivés ainsi à obtenir, par passages de tube en tube, une huitième culture de Tr. Brucei. Au moment de la rédaction de leurs premières notes, ce trypan. avait quitté l'organisme animal depuis plus de 100 jours. Novy a fait connaître depuis qu'il conservait le Tr. Brucei en culture, avec sa virulence, depuis 2 ans.
Smedeley, à Cambridge*, a éprouvé des difficultés analogues à celles de ses précurseurs. Ainsi, partant du sang de 10 animaux (4 rats, 2 souris et 4 lapins) infectés, il n'a eu des résultats positifs
1. F.-G. Novy et W.-J. Me Neal, Journ. of the amerk. medic. Assoc, 21 nov. 1903; Journal of infect. Diseases, t. 1, 2 janv. 1904, pp. 1-30. — Me Neal, Ibid., t. 1, 1904, p. 517.
2. Me Neal recommande le milieu dont nous avons donné la formule p. 24.
3. Nous avons vu que Tr. Lewisi pousse dans des milieux avec 1 de sang, pour 2, 5 et même 10 de gélose; il préfère aussi les milieux avec 2 de sang, pour 1 de gélose.