‹ Trypanosomes et trypanosomiasesChapitre 213 sur 412 · Mesnil, Bull. Soc. Path. cxoL, t. III, 1910, p · texte numérisé non relu

Mesnil, Bull. Soc. Path. cxoL, t. III, 1910, p

4. A. Léger et Ringenbach, C. R. Soc. Biol., t. LXX. mars 1911, p. 343.

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§ 3. — Traitement. Prophylaxie.

Traitement. — Le traitement des infections produites par le Ti\ logolense n'a encore donné lieu qu'à quelques travaux de laboratoire. Nous avons résumé, au chapitre nagana du Zoulouland, les résultats obtenus par Loffler et Rûhs avec l'association a. arsénieux-atoxyl en émettant un doute sur la nature du virus utilisé par ces savants; il est possible qu'il s'agisse du Tr. togolense.

Des essais de traitement des petits rongeurs [rats (Schilling*), cobayes (Mesnil et Kerandel ^)] par l'arsénophénylglycine ont donné des résultats encourageants. Ainsi, 4 cobayes ont été traités à la dose de 8 cg. par kg. : chez l'un d'eux, 2 interventions ont été nécessaires (la seconde. nécessitée par une rechute); les 3 autres ont guéri après une seule intervention; l'un de ces derniers est mort sans trypan., 65 jours après l'intervention ; les 3 autres ont été gardés vivants pendant des mois et n'ont plus jamais montré de trypan. Les témoins ont succombé en 70 et 87 jours.

Schilling cite un cheval qui a très bien supporté 18 gr. 75 (0 gr. 05 par kg.) dans la veine et a été débarrassé de ses trypan. Mais, chez un autre cheval, la dose de 6 cgr. par kg. répétée 2 fois n'a pas suffi. Schilling et Jaffé ont eu de mauvais résultats chez un bœuf et un mouton trypanosomés.

Pour cette trypanosomiase, comme pour le nagana, il y aurait lieu d'essayer les traitements qui ont donné de bons résultats avec le surra des Equidés.

Prophylaxie. — C'est surtout avec le trypan. du ïogoland qu'ont été entrepris. des essais de vaccination par virus atténué.

Schilling s'est surtout préoccupé de la vaccination des Bovidés. Un bœuf, inoculé avec du virus de cinquième passage par Bovidés, a succombé en 41 jours. En revanche, des bœufs ou des veaux inoculés avec du virus qui a passé un certain nombre de fois par chien ou par rat (3 fois de chien à chien dans une première expérience; 7 fois alternativement par chien et rat, puis exclusivement par chien jusqu'au 18-21* passage, dans une seconde expérience), contractent une infection légère. La moitié environ de ces bœufs ont présenté, 18 jours après leur inoculation, des parasites dans la circulation. A la fin du premier mois, on a constaté des propriétés microbicides du sérum de 5 bovidés sur 8 examinés à ce point de

1. Schilling, Arch. f. Sch. u. Trop, hyg., t. XIII, 1909, p. 1 ; — Schilling et Jaffé, ibid., p. 523.

2. Mesnil et Kerandel, Bull. Soc. Path. exot., t. II, 1909, p. 402, et t. III, 1910, p. 732.

Laveran et Mesnil. — Trypauosomes et Trypanosomiascs. 31

vue : les trypan. d'un exsudât péritonéal de chien sont tués après un contact de 20 min. avec le sérum de bœuf employé à la même dose que Texsudat.

De 36 bovidés vaccinés à Sokodé en 1902, 17 sont envoyés dans des zones à tsétsés : 13 ont succombé, probablement au nagana; sans doute, pense Schilling, parce qu'ils ont été mis trop tôt au contact des tsétsés. Des 4 survivants, 1 a encore succombé au nagana après un nouveau voyage; 3 étaient en parfait état, 3 ans après leur vaccination.

Des 19 bovidés restés à Sokodé, 2 sont morts assez vite, peut-être des suites de la vaccination ; 4, sur 8 éprouvés, étaient encore infectés au bout de 11 mois (inoculation de 10 ce. de sang à des chiens).

Au bout de 14 mois, 18 bovidés vaccinés sont conduits à la côte, 3 meurent (2 de nagana), 2 autres s'infectent, puis guérissent.

3 de ces bovidés sont inoculés, 2 ans après leur vaccination, avec des trypanosomes assez virulents (trypan. du cheval ayant passé une fois par le chien). Ils ne contractent qu'une infection très légère : au bout de 3 mois, le sang n'est plus infectant à la dose de 5-10 ce. ; au bout de 10 mois, un seul des 3 bovidés se montre infecté (sang injecté à la dose de 40 ce). Schilling insiste sur l'intérêt de cette constatation, qui semble bien prouver la réalité des guérisons, contestée par Koch; et qui, en tout cas, montre que ces animaux « guéris » ne sont pas un grand danger de contagion.

3 autres bovidés sont inoculés avec du sang virulent de bovidé; encore infection légère, qui se termine par la guérison complète chez les 3 animaux (sang non infectieux à la dose de 30-40 ce).

2 veaux, nés d'animaux vaccinés, sont inoculés avec le virus précédent : infection légère et de courte durée. Schilling y voit une indication pour faire la vaccination dès le jeune âge.

Enfin Schilling fait traverser à 6 bovidés une région fortement infestée de tsétsés : 5 contractent une infection, 2 en meurent, 2 sont encore infectés 9 mois après, le 5" guérit vite. Or, parmi ces 6 bovidés, il y en avait 3 du lot des vaccinés : l'un d'eux est mort, l'autre s'est infecté, le 3"= n'a rien contracté. Ce résultat prouve combien il faut être réservé dans l'appréciation de l'intéressante tentative de vaccination de Schilling.

Ce procédé est, en tout cas, de valeur nulle pour la vaccination des Equidés.

Les recherches de virulence comparée entreprises par Martini, à la suggestion de Koch, avaient pour but principal de découvrir, dans la voie tracée par Koch et Schilling pour la vaccination des bovidés, un moyen d'immuniser les Equidés contre le nagana.

Martini a constaté que les ânes qui ont contracté une infection légère à la suite de l'inoculation du virus de passage par souris

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(voir p. 473), résistent à une inoculation virulente qui a tué les témoins en 96 et 54 jours. Ces ânes ont reçu, ultérieurement,

5 inoculations intraveineuses (Kleine et MoUers '), : la première, qui fut assez mal supportée, de sang de cobaye défibriné, riche en trypanosomes, les 4 autres (à 2 semaines d'intervalle) de trypan. de gros rats, débarrassés complètement des globules par centrifugation d'abord, puis par lavage dans du sérum dâne (les globules agglutinés sont précipités). Les 2 ânes qui, pendant cette période, s'étaient cachectisés, ont fini par succomber; leur sang était infectant pour le chien à la dose de 20 ce.

Diverses tentatives out été faites pour tirer parti des propriétés protectrices des sérums des animaux guéris. Mais on a dû reconnaître que, comme dans le cas des autres trypanosomes, ce pouvoir était toujours faible.

Le sérum des ânes de Kleine et Mollers a atteint son pouvoir optimum après la deuxième inoculation aux ânes de trypan. de rat. Il protégeait la souris à la dose de 1/2 ce, inoculé soit 24 h. avant le virus, soit en même temps que lui : sérum inoculé sous la peau, virus dans le péritoine. Donné 24 heures après le virus, le sérum protège encore, à condition de renouveler plusieurs fois les injections de 1/2 ce.

Mesnil et Brimont (/. c.) ont vu que le sérum de leur bouc protégeait complètement, en mélange avec les trypan., à partir de la dose de 1/20 ou 1/iO ce. Des souris, ainsi protégées, n'acquéraient de ce fait aucune immunité. Des souris, traitées par des trypan. sensibilisés, n'ont présenté à l'inoculation virulente que quelques jours de retard sur les témoins.

Nous citerons à cette place, bien que la nature du virus reste indéterminée, la tentative de Diesing d'utiliser du sérum d'ânes hyperimmunisés pour préserver des animaux devant traverser une région à tsétsés.

Les ânes de l'Adamaoua (Cameroun) s'infectent, mais guérissenL On peut ensuite les hyperimmuniser. C'est le sérum de ces ânes que Diesing a utilisée

Un premier essai avec 2 lots de 20 bovidés a complètement échoué. Un autre qui a porté sur 152 bovidés a mieux réussi; chacun des bovidés avait reçu 40 à 50 ce. de sérum de baudet ayant subi 3 à

6 inoculations de sang très virulent; un faible pourcentage a contracté l'infection durant les voyages. Il semble que l'immunité ne dure pas plus de 15 jours.

C'est sans doute avec le Tr. togolense que Schilling a obtenu les

1. Kleine et Mollers, Zeitschr. f. Hyg., t. LU, 1905, pp. 229.

2. Diesing, Arch. f. Sch. u. Trop. Hyg., t. IX, 1905, p. 427.

intéressants résultats de vaccination, par trypan. tués à Témétique, dont nous avons parlé au chapitre ix; les détails que nous avons donnés nous dispensent d'y revenir ici.

Les règles de prophylaxie générales en matière de trypanosomiases et celles spéciales aux maladies convoyées par les tsétsés, sont applicables à la trypanosomiase que nous venons d'étudier (voir chapitres Surra et Nagana).

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