‹ Trypanosomes et trypanosomiasesChapitre 231 sur 412 · G. PÉCAUD, Revue vétér. militaire, 30 septembre · texte numérisé non relu

G. PÉCAUD, Revue vétér. militaire, 30 septembre

première. Le 18 août, les trypan. sont non rares; on inocule avec le sang de la vache : une chèvre, un chien et trois cobayes.

A partir du 10 octobre, la température de la vache est normale: Texamen du sang, fait à plusieurs reprises, est toujours négatif.

La chèvre inoculée le 18 août sur la vache (10 ce. de sang sous la peau) a eu, le 27 août, une poussée fébrile (40°, 7) et l'examen du sang, fait à ce moment, a permis de constater l'existence de nombreux trypan. Jusqu'à la fin d'octobre, on a constaté de petites poussées fébriles avec multiplication des trypan. dans le sang au moment de ces poussées.

Depuis le 1" novembre 1906, la température est normale et on ne

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Fig. LXX.

Tracé thermométrique de ia vache bretonne inoculée de souma le 26 juillet 1906.

trouve plus de frypan. dans le sang (note remise le 14 avril 1907 par M. Vallée).

Le chien qui avait reçu, le 18 août, 10 ce. du .sang de la vache sous la peau et 10 ce. dans le péritoine ne s'est pas infecté.

Les 3 cobayes inoculés le 18 août 1906, chacun avec 4 ce. de sang dans le péritoine, n'ont jamais rien présenté danormal.

Chez les bovidés qui succombent à la forme aiguë ou subaiguë de la maladie, on observe dans les séreuses : péricarde, péritoine surtout, des épancheraents séreux ou sanguinolents. Les hémorragies sous-muqueuses sont communes dans le tube digestif. Le foie est congestionné, la rate est hypertrophiée et ramollie. Les méninges sont hyperémiées. Ces lésions font défaut dans les formes chroniques (Boufîard).

Eqlidés. — Chez le cheval, la maladie est caractérisée, au début surtout, par des poussées fébriles. Vers le deuxième mois, Tamai-

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grissement est sensible; quelques animaux ont du larmoiement et des pétéchies sur les conjonctives. On note souvent du relâchement et de l'engorgement des enveloppes testiculaires, des œdèmes assez légers du fourreau et de la partie inférieure des membres. On observe parfois des éruptions cutanées ressemblante de l'urticaire (Pécaud).

Lanémie va en augmentant, les muqueuses se décolorent; à la dernière période, la parésie de Tarrière-main est de règle. L'incoordination des mouvements domine dans certains cas.

Pécaud distingue une forme aiguë (durée moyenne 50 jours), une forme suraiguë (durée moyenne 15 jours) et une forme lente (six à quinze mois). Cazalbou a vu la maladie se prolonger pendant une année.

Chez le mulet, la maladie affecte une forme plus lente que chez le cheval (Pécaud).

L'âne, qui joue au Soudan un grand rôle dans les transports commerciaux, est très souvent infecté. Les ânes atteints de souma maigrissent, leur poil est piqué et leurs yeux larmoient; ils sont d'autant plus dangereux, au point de vue de la transmission de la maladie, que, anémiés et affaiblis, ils deviennent insensibles aux piqûres des diptères qui s'acharnent après eux.

La souma des équidés se termine quelquefois par guérison (Pécaud).

Chèvres, moutons. — La chèvre et le mouton s'infectent facilement, l'incubation a une durée de 10 à 15 jours.

La réceptivité des moutons varie avec la race. Les plus sensibles sont les moutons de grande taille (races peulhe, maure, du Macina); les petits animaux de la race du Fouta-Djallon sont au contraire très résistants, la guérison naturelle est chez eux la règle (Pécaud).

Les principaux symptômes chez les chèvres et chez les moutons, sont : la fièvre, l'amaigrissement, l'anémie, l'affaiblissement, la kérato-conjonctivite.

La fièvre se manifeste par des poussées qui durent 8 à 10 jours ou même davantage. Le plus souvent, la température s'élève au-dessus de 40°. La mort survient en hyperlhermie. ou bien elle est précédée d'une chute rapide de la température et elle se produit en hypothermie (Laveran).

L'amaigrissement est le symptôme le plus constant.

L'anémie est, en général, très prononcée à la période terminale de la maladie, les muqueuses sont décolorées.

Chez 3 chèvres sur 3, inoculées par Laveran, les observations font mention de kérato-conjonctivites précoces qui, sans traitement, se sont terminées par guérison, bien que ces trois animaux aient succombé à la trypanosomiase.

A la dernière période, on observe un affaiblissement qui est

Laveran et Mesnil. — ïryi>anosomos ot Trypanosomiases. 35

marqué surtout dans le train postérieur; les animaux marchent en écartant les membres postérieurs qui fléchissent sous le poids du corps; ils tombent enfin sur un côté et ne tardent pas à succomber.

Contrairement à ce qui arrive d'ordinaire dans les trypanosomiases des chèvres, l'examen histologique du sang révèle souvent l'existence de trypan., parfois non rares. La multiplication des trypan. semble se faire par poussées, tous les quinze jours environ; dans l'intervalle de ces poussées, l'examen du sang est le plus souvent négatif.

A l'autopsie, on ne trouve pas d'œdèmes, pasd'épanchements dans les séreuses. Les organes sont anémiés. La rate est peu hypertrophiée. Les ganglions lymphatiques sont souvent augmentés de volume.

Les trois chèvres inoculées par Laveran ont succombé; la durée de la maladie a été respectivement de 58, 45 et 96 jours. La chèvre inoculée à l'Ecole d'Alfort sur une vache (voir p. 544) a guéri.

Le bélier inoculé à Ségou, et ramené en France, est mort en 62 jours. De deux moutons inoculés de souma à Paris, l'un a guéri, l'autre a succombé à la trypanosomiase.

Nous résumons l'observation du bélier inoculé à Ségou et les observations de deux chèvres inoculées à Paris,

I. — Un bélier est inoculé le 20 mars 1906, à Ségou, avec le sang d"un cheval qui s'est infecté au mois de juillet i905 dans la région du Bani. M. Cazalbou a constaté, à plusieurs reprises, l'existence de trypan. chez ce cheval. Un mouton inoculé à Ségou sur le cheval est mort le 29" jour après l'inoculation, un autre mouton inoculé sur le premier a succombé 13 jours après l'inoculation.

Le bélier ramené en l'rance, au mois d'avril 1906, par M. Cazalbou, arrive le 3 mai à l'Institut Pasteur.

L'examen du sang du bélier fait le 4 mai est négatif. Le 9 mai, on inocule deux cobayes et deux souris; les cobayes reçoivent chacun, dans le péritoine, 3 ce. du sang du bélier; les souris reçoivent chacune 0 ce, 25 du sang. Ces animaux ne se sont pas infectés à la date du 8 juillet.

Le 17 mai, l'examen du sang du bélier révèle l'existence de trypan. rares. Un chien reçoit, dans le péritoine, 5 ce. du sang du bélier. A la date du 8 juillet, le chien ne s'est pas infecté.

17 mai. Le bélier est très malade, il est couché sur le flanc.

20 mai. Le bélier s'affaiblit de plus en plus. Amaigrissement, anémie. On inocule deux rats qui, à la date du 8 juillet, ne se sont pas infectés.

Le bélier est trouvé mort le 21 mai. Il pèse 11 kg.

Autopsie. — Les poumons sont hépatisés à la partie antérieure; il y a de petits foyers de suppuration. La pneumonie a dû contribuer beaucoup à amener la mort. Un peu de sérosité dans le péricarde, taches laiteuses sur le péricarde viscéral. La rate pèse 30 gr. Pas d'œdèmes. Les ganglions cervicaux et inguinaux sont notablement augmentés de volume.

II. — Chèvre achetée sur le marché de Paris. Le 21 juin 1900, on injecte

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sous la peau du cou, o ce. du sang d'une chèvre infectée de souma.

Du 21 au 25 juin, la température de la chèvre est normale. A partir du 26 juin, la température s'élève; elle atteint 40°, 4 le 29, et 40°, 6 le 30 (voir le tracé, fig. LXXl).

Le 29 juin, on constate l'existence d'une kérato-conjonctivite double avec pannus. L'examen du sang ne révèle pas la présence de trypan.

6 juillet. La température se maintient entre 40" et 40", 6. La chèvre maigrit. Le 29 juin, elle pesait 30 kg. 500; le 6 juillet, elle pèse 29 kg. La kérato-conjonctivite double s'est aggravée. Les examens du sang faits les l'''", 3 et 5 juillet sont négatifs; le 9 juillet, on note des trypan. rares.

9 juillet. On inocule, sur la chèvre, les animaux qui suivent : un chien (10 ce. de sang dans le péritoine); 2 cobayes (3 ce. de sang à chacun dans le péritoine); 4 souris. Aucun de ces animaux ne s'est infecté.

12 juillet. La chèvre maigrit. Poids :

28 kg.

19 juillet. Depuis le 9 juillet, la température se maintient entre 39'^ et 39", 7, La chèvre s'affaiblit, elle marche en écartant les pattes de derrière.

Les kérato-conjonctivites ont disparu presque complètement.

If^'" août. L'amaigrissement fait des progrès; poids : 26 kg. 800. Depuis le 19 juillet, la température s'est maintenue entre 39 et 39", 7 L'examen du sang fait le 1" août révèle des trypan. très rares.

4 août. Anémie très marquée, muqueuses décolorées. Faiblesse générale, apparente surtout pendant la marche. Les pattes postérieures sont maintenues écartées et elles vacillent. Température 39", 4. Les yeux sont en bon état. L'examen du sang révèle l'existence de rares trypan.

5 août. Température : 39°, 6. La chèvre s'affaiblit rapidement.

La chèvre est trouvée morte le 6 août au matin, la chaleur est très forte et le cadavre a subi, au moment de l'autopsie, un commencement de putréfaction. On ne note rien d'anormal en dehors des altérations dues à la putréfaction.

111.— Une chèvre achetée à Paris reçoit, le 15 juillet 1906, sous la peau

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du cou, 10 ce. du saug de la chèvre qui fait Tobjet de l'oliservation II.

Du Id au 19, la température. se maintient entre 38°, 4 et 38 ",9. Le poids de la chèvre est de 21 kg.

Le 20 juillet, légère élévation de la température .(390,4). Du 24 au 30 juillet, poussée fébrile bien marquée (40° et 40°, 2).

L'examen du sang fait le 25 juillet révèle l'existence de trypan. rares. On note ce même jour une conjonctivite double.

31 juillet. La conjonctivite s'est compliquée de kératite à gauche.

l'"'' août. La chèvre maigrit; poids : 19 kg. Des examens du sang faits les 28 juillet et 1'"' août sont négatifs. Du l'"'' au 3 août, la température de la chèvre se maintient aux environs do 40°. A partir de ce moment, la température s'abaisse un peu; pendant tout le mois d'août et pendant les premiers jours de septembre, elle se maintient aux environs de 39"^, 5.

4 août. Trypan. non rares dans le sang de la chèvre. 2 cobayes sont inoculés, ils reçoivent chacun, dans le péritoine, 3 ce. du sang de la chèvre. L'un des cobayes meurt rapidement par accident, l'autre ne s'infecte pas.

16 août. Faiblesse générale, marquée surtout dans les extrémités postérieures que la chèvre écarte pendant la marche. Anémie, muqueuses décolorées. Les kérato-conjonctivitcs ont disparu. Examen du sang négatif.

3 septembre. La chèvre va un peu mieux, la faiblesse est moins grande. Yeux normaux. Examen du sang négatif.

Du 6 au 9 septembre, poussée fébrile: le 9, la température s'élève à 40*^,5. La chèvre s'affaiblit de nouveau, elle mange peu et maigrit. Poids le 10 septembre : 17 kg.

Du 10 septembre au 11 octobre, la température se maintient entre 39\3 et 39", 8. Le 10 septembre, trypan. rares. 15 septembre, poids : 16 kg. 500. Des examens du sang faits les 20 et 26 septembre et l*^"" octobre sont négatifs.

6 octobre. La chèvre s'affaiblit: elle .est le plus souvent couchée. Anémie profonde, sang pâle. Trypan. non rares. Poids : 15 kg.500.

14 octobre. Poussée fébrile, la température monte à 40", 5: les jours suivants, la température s'abaisse rapidement; 17 octobre, trypan. non rares.

18 octobre. La chèvre, couchée sur le flanc, ne peut plus se relever. 38", 3 le matin, 37°, 2 le soir.

19 octobre. Trypan. non rares. Hypothermie très marquée : 33°, 6 le matin, 34°, 2 le soir. La chèvre meurt le 19 au soir.

Autopsie. — Elle est faite le 20 octobre au matin. La chèvre pèse 15 kg. 500. Pas d'œdèmes. Les ganglions inguinaux sont augmentés de volume. Tous les tissus et les viscères sont profondément anémiés. Pas d'épanehements dans les séreuses. La rate pèse 70 gr. Poumons, cœur, rien d'anormal.

Un mouton ramené par Bouet du Dahomey en juillet 1908 et qui paraissait guéri, a succombé le 5 décembre 1910, à l'Institut Pasteur, à une rechute de souma; 10 jours avant la mort, on avait constaté un affaiblissement des membres qui alla en augmentant. L'examen du sang révéla Texistence de trypan. très rares les 24 et 30 novembre,

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de trypaii. non rares du 1" décembre jusqu'à la mort. Au moment de la mort, le mouton avait de la kératite interstitielle (Mesnil) .

i; 3. — Agent patliogène.

Laveran a décrit, en 1906, le trypanosome de la souma sous le nom de Tr. Cazalboui^.

Tr. Cazalboui présente la structure typique des Flagellés du genre Trypanosoma; sa longueur (flagelle compris) est de 21 a, sa largeur de 1 a, 5. Ces dimensions varient peu. Le noyau est ovalaire, situé

Fi g. LXXII.

Tr. Cazalboui. 1. 2, 3, formes ordinaires du trypanosome; l'extrémité postérieure est plus ou moins arrondie. — 4, un trypan.en voie do bipartition. Gr. 1800 D. environ (Cliché de Laveran!.

vers la partie moyenne. Le centrosome, arrondi, bien visible, est situé très près de Textrémité postérieure qui est arrondie, non effilée. Dans le protoplasme on distingue, sur les préparations colorées, de fines granulations. La membrane ondulante est très peu plissée, comme chez Tr. Lewisi; elle est bordée par le flagelle qui a toujours une portion libre. La division, qui se fait par bipartition, commence d'ordinaire par le centrosome.

La figure LXXII représente différents aspects du Tr. Cazalboui dans un frottis de sang de chèvre, desséché et coloré.

Dans le sang frais, le trypan. a des mouvements très vifs; il se meut tantôt sur place, tantôt en flèche et, dans ce cas, il sort rapidement du champ du microscope.

D'après Rodhain, Pons, Van den Branden et Bequaert [op. cil.) les trypan. rencontrés chez les Antilopes du Bas-Katanga ont des

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