Saboia, Brazd inedico, 8 janvier 1912, n
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Chez la Jument, les symptômes sont moins visibles que sur rétalon. Ils consistent au début en un gonflement unilatéral ou bilatéral de la vulve, remontant parfois jusqu'à Tanus; la muqueuse vaginale est d'un rouge vif; il y a un écoulement muqueux ou poisseux, peu prononcé au début.
L'appétit est toujours conservé; la température oscille entre 38° et 38°, 5. Le coït est encore possible, les chevaux entrant facilement en érection.
Plus tard, un mois après l'apparition des premiers symptômes, Tengorgement du début se résorbe et se localise aux parties génitales, en diminuant toutefois de volume. Quelquefois il disparaît totalement; seule, l'extrémité de la verge reste infiltrée.
A ce moment, les reins sont sensibles à la pression; ils s'affaissent quand ils reçoivent le poids d'un cavalier. Le cheval est essoufflé après un court temps de trot; on note un commencement d'amaigrissement.
2c Période. Période des plaques. — Caractérisée par l'apparition du seul symptôme pathognomonique de la maladie : les plaques '.
Elles apparaissent ordinairement 40 à 45 jours, quelquefois 2 mois, après le coït infectant.
A leur niveau, on dirait qu'on a glissé un disque de métal sous la peau; leur diamètre varie de celui d'une pièce de 2 francs à celui de la paume de la main; le poil de la région est hérissé et la peau épaissie.
Quelquefois, au lieu de plaques nettement circulaires, on aperçoit simplement de petits soulèvements de poils dans les régions où les plaques se trouvent habituellement. Sur certains étalons, elles sont parfois œdémateuses; dans ce cas, lorsqu'elles s'effacent, elles laissent transsuder un peu de sérosité qui agglutine les poils.
La durée des plaques est très variable; apparues le matin, elles peuvent disparaître dans la nuit qui suit. Elles peuvent aussi durer 5 à 8 jours. On les observe le plus souvent sur les côtes et sur la croupe, parfois sur l'encolure, les cuisses, les épaules.
A cette période (fig. LXXIII), l'amaigrissement s'accentue; les animaux restent longtemps couchés, et ils se relèvent avec difficulté comme si l'arrière-train était paralysé. En marche, ils rasent le sol avec les pieds de derrière, il y a flexion brusque des boulets au moment de l'appui du membre. Les engorgements des synoviales articulaires et tendineuses des membres postérieurs sont fréquents. Les ganglions inguinaux deviennent énormes et peuvent s'abcéder; ceux de la poitrine et de l'auge s'engorgent.
1. Lingard, aux Indes, cite un étalon arabe qui a présenté 85 plaques réparties on 278 jours, une jument australienne qui n'a eu que 4 plaques et une jument néozélandaise qui n'en a pas eu du tout.
L'appétit est conservé : les malades mangent comme avec rage; l'œil est souvent fixe; la température monte fréquemment le soir à 39° pour descendre à 38°, 5 le matin. Le coït est presque impossible pour les étalons. Les juments avortent la plupart du temps.
3^ Période. Période d'anémie profonde et de paraplégie. — A cette phase de la maladie, les muqueuses ont une teinte pâle; l'amaigrissement est considérable; les malades ne peuvent se déplacer sans buter, tellement leur faiblesse est grande; l'appétit devient irré-
Fijr. LXXIII.
Cheval douriné à la fin de la deuxième [lôriode. Remarquer Tcxtrôrae maigreur do l'animal, l'affaissement du train postérieur et la flexion du boulot do la jambe postérieure gauclie. (Photographie do la collection Nocard, communiquée par M. Vallée.)
gulier. Il se produit souvent des abcès superficiels qui ont peu de tendance à la guérison; quelquefois il y a des troubles oculaires : conjonctivite, kératite ulcéreuse. La miction est difficile, l'urine est chargée; les articulations des membres et du rachis deviennent le siège de craquements au moindre déplacement; les fractures sont fréquentes.
Vers la fin, la paraplégie s'établit complètement : l'animal tombe pour ne plus se relever; on peut le piquer, inciser sa peau sans qu'il manifeste la moindre douleur, tellement sa sensibilité est diminuée. Nous verrons que ces lésions nerveuses correspondent souvent à des foyers de ramollissement de la moelle.
La durée de l'affection est variable : deux à dix mois, exceptionnellement une ou deux années.
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Schneider et Buffard» signalent deux cas de guérison. N'y a-t-ii jjas eu plus tard une rechute?
Dourine aiguë. — Quelquefois, la dourine prend un caractère nettement aigu; à Tengorgement du début, succèdent une paralysie aiguë soudaine ou des accès de vertige qui emportent le malade en quelques jours. Chez la jument, la forme aiguë est moins rare que chez rétalon; c'est ordinairement quelques jours après l'apparition des plaques que la paralysie arrive soudainement.
Les observations de ces dernières années des cas européens et américains de dourine ont ajouté quelques données à celles consignées dans la description qui précède.
Motas, en Roumanie, insiste sur deux particularités de son cas : plaies ulcéreuses, analogues à celles de la syphilis de l'homme, des articulations métacarpo-phalangiennes; température élevée pendant toute la durée de la maladie.
Zwick et Fischer, qui ont eu à leur disposition 26 chevaux à infection naturelle (24 juments et 2 étalons), ont fait une étude extrêmement complète de la maladie. Nous n'en relèverons que les points les plus saillants, dont plusieurs sont nouveaux : durée variable de l'incubation (de 8 jours à une année et plus); — atrophie pigmentaire dans la région du vagin, de l'anus et de la mamelle des juments; — urticaire et plaques cutanées (que les auteurs attribuent à une angioneurose de la peau); — paralysies du nerf récurrent, du facial, du nerf du pénis et de divers nerfs du train postérieur; — hyperesthésie cutanée; — amaigrissement, atrophie de la musculature de la croupe; — kératite passagère vue deux fois; en plus, dans un cas expérimental, irido-choroïdite.
Mohler, aux États-Unis, note, en particulier chez les juments, des périodes de rémission; mais la maladie reste latente et peut évoluer à nouveau; un coït avec un étalon, même sain, peut être le point de départ de cette nouvelle poussée.
D'après Watson, la maladie, au Canada, affecte depuis 1904 une allure de plus en plus chronique ; on peut trouver des trypan. chez des animaux infectés depuis des années et ne présentant aucun signe clinique. La mortalité n'atteindrait que 30 p. 100. On peut juger le chiffre un peu bas, mais on ne saurait guère douter de la réalité des guérisons, c^erlains chevaux étant suivis depuis des années.
Les chevaux qui guérissent ont généralement l'immunité; le fait a été constaté pour 3 juments sur 4.
Dourine expérimentale. — L'inoculation sous-cutanée du virus reproduit la maladie naturelle, chez le cheval ou chez l'âne; l'incu-
1. Schneider et Buffard, Joum. Méd. vét. et Zootechnie, 1901,. p. 380. Laveran et Mesnil. — Trypanosomes et Trypanosomiases. 36
bation varie entre 7 et 20 jours, suivant la quantité de trypanosomes injectés.
Il n'y a aucune espèce de distinction à établir, tant au point de vue des symptômes qu'à celui des lésions, avec la dourine spontanée. En particulier, les tracés thermiques sont généralement identiques. On a, parfois, dans ces cas, des températures très élevées rappelant tout à fait celles du début du nagana et du surra. Nocard en a eu plusieurs exemples très nets. « J'ai pu, écrit Nocard {Soc. Biologie, 4 mai 1901), tuer des chevaux vigoureux en 4, 6 et 8 semaines, et la courbe de leur température était identique à celle qui caractérise le surra et le nagana. »
Nous reproduisons (fig. LXXIV, A) un tracé de dourine expérimentale où la température, dans le second septénaire qui a suivi l'inoculation (de 5 ce. de sang virulent de chien), a été plusieurs jours au-dessus de 39", 5. Mais on a observé des cas de dourine naturelle avec, au début, une élévation thermique allant jusqu'à 40° (voir aussi supra l'observation de Motas).
Watson, qui a fait des passages en série en se servant de poulains, a vu la virulence de sa dourine s'élever et en même temps la fièvre dominer le tableau symptomatique de la maladie. Les animaux du 7" au 10* passage ont succombé en 41, 41, 51 et 101 jours (les 3 premiers étaient des mâles; la 4", une pouliche).
Ane. — Les symptômes de la dourine sur le baudet ou l'ânesse sont très discrets; le plus souvent, on reconnaît qu'un baudet est dourine aux victimes qu'il a faites dans la région où il opère.
Schneider et Buffard avaient donné, comme seul signe ne faisant jamais défaut, un œdème de l'extrémité du pénis. D'après Monod, ce signe peut manquer et les auteurs précités ont reconnu qu'il en était bien ainsi*.
L'œdème du fourreau se montre assez tard. Les plaques se montrent très rarement (seulement chez 2 p. 100).
Sur les baudets les moins résistants à la maladie, la dourine évolue comme chez le cheval. Mais ces cas sont rares. L'amaigrissement est très accentué ; le fourreau et les bourses s'engorgent, enfin la paralysie s'établit.
Certains baudets résistent plus de 3 ans à la dourine. Les Arabes prétendent même qu'il y en a qui guérissent. Mais, on ne connaît aucun cas authentique de guérison.
La dourine expérimentale du baudet a les allures cliniques de la dourine spontanée chez cet animal (voir fig. LXXIV, B).
Recherche du parasite. — « La recherche du parasite sur l'animal
1. Monod. Bull. soc. cent. méd. vél., 30 sept. 1907, p. 448; Schneider et Buffard, Ibid., 30 nov. 1907, p. 520.
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naturellement infecté est difficile. On le trouve dans le sang prélevé au niveau des engorgements et des plaques, mais nous l'avons rarement décelé dans celui des vaisseaux. La sérosité qui s'écoule tout dabord, après ponction des œdèmes ou des plaques, paraît en être dépourvue : elle ne le contient que si elle est teintée de sang, les parasites étant d'autant plus nombreux que la teinte hématique est plus prononcée, ce qui permet d'établir, d'une part, que le trypano-