‹ Trypanosomes et trypanosomiasesChapitre 248 sur 412 · Thiroux ct Teppaz, Ibid.. t. XXI. 1907, p · texte numérisé non relu

Thiroux ct Teppaz, Ibid.. t. XXI. 1907, p

0. Bouet et Roubaud, Bull. Soc. Path. exot., t. V, 1912, p. 211.

Laveran et Mksxii-. — Trypanosomes et Trypanosomiases. 38

dimorphon tiennent la première place parmi les trypanosomiases ; elles sévissent sur le cheval, Tâne et le mulet, le bœuf, le mouton et la chèvre, le chien, le porc. Dans la Haute-Guinée, on rencontre la souma à côté de la trypanosomiase à Tr. dimorphon\

A Sierra-Leone, Harvey a observé une maladie qui frappe les chevaux et les bovidés, cause une assez grande mortalité, et doit sans doute être rapportée au Tr. dimorphon -.

A la Côte d'Ivoire, le Tr. dimorphon est le seul trypanosome pathogène vraiment autochtone de la Basse-Côte; on Tobserve sur le bœuf, le chien, le porc, plus rarement sur les petits ruminants, mouton et chèvre. A la Haute-Côte, le dimorphon existe aussi, mais on trouve à côté de lui, Tr. Pecaudi et Tr. CazalbouiK

Au Togo, il y a tout lieu de supposer l'existence du Tr. dimorphon; l'espèce, trouvée chez un poney du jardin zoologique de Hambourg, provenant de cette colonie allemande, et décrite par Weissenborn sous le nom provisoire de Tr. Frobeniusi. se rapproche en effet du Tr. dimorphon''.

Le Tr. dimorphon existe dans tout le Dahomey. Dans le Bas- Dahomey, c'est le trypan. le plus fréquent en particulier au-dessous du 10'' parallèle. On le rencontre chez les chevaux, les bovidés, les moutons, les chèvres, le porc, le chien ^

Dans le Soudan français, le Tr. dimorphon paraît plus rare. Les animaux qui ont fourni le virus à Cazalbou provenaient de la Haute- Guinée. Dans le cercle de Koury, Bouffard et Dupont ont observé, en 1907, une trypanosomiase qui causait une forte mortalité sur les chiens et qui paraît relever du Tr. dimorphon (ou d'une espèce voisine)". Depuis, Dupont " a constaté, dans le même cercle, des infections du bœuf et du cheval produites par Tr. dimorphon. D'autre part, Pécaud signale ce trypan dans la boucle du Niger et le long du fleuve.

Plus au sud. dans les colonies de Nigeria et du Cameroun, les renseignements manquent. Au Congo français, Kerandel, Martin, Lebœuf et Roubaud ont signalé des trypanosomiases dont les agents

1. G. Martin, C. R. Soc. Biologie, t. LXI, 21 juillet 1906, p. 197. — Les Trypanosomiases de la Guinée française, Paris, Maloine, 190G, — Ann. Inst. Pasteur, t. XXI, mai 1907. p. 337.

2. Harvey, Journ. R. armymed. Corps, t. X, 1908, p. il et t. XI, 1908, pp. 1 et 145. — Le trypan.. étudié par Mesnil sur une préparation colorée de M. Harvey, a bien le» caractères du Tr. dimorphon.

3. BouET, Ann. Inst. Pasteur, t. XXXI, juill. et décembre 1907, pp. 4G8 et 969.

4. Weissenborn, Arch. f. Sch. u. Trop. Hyg.. t. XV, 1911, p. 477.

5. BOL'ET, Bull. Soc. Path. exol., t. I. 1907, p. 319; — Pécaud, Ibid., t. 11, 1909, p. 127 et 331, t. 111, 1910, p. 331; Reme vétér. mil., 30 sept. 1911; — Bouet et HouBAUD, Ibid., t. III, 1910, p. 722.

. G. Bouffard et Dupont, Bull. Soc. Path. exot., t. V, 1912, p. 278. 7. llenseisrnements inédits.

INFECTIONS DUES AU TRYPAN. UIMORPHON 595

ressemblent à Tr. dimorphon. Il ne faut pas oublier que, dans ce même bassin, sur la rive belge, sévissent les infections à Tr. congolense, espèce voisine, mais distincte de Tr. dimorphon. Ces observateurs rapportent d'ailleurs la majeure partie de leurs trypan. au Tr. congolense '.

Dutton, Todd et Kinghorn désignent sous le nom de Tr. dimorphon l'agent de la trypanosomiase bovine qui s'observe à peu près dans tout le Congo belge. Mais ces savants n'attribuent pas au Tr. dimorphon le même sens que nous. La lecture de leur important mémoire montre qu'ils ont eu affaire, comme Dutton et Todd en Gambie, à un mélange d'espèces-.

Il est fort possible que les trypanosomiases animales rencontrées par Rodhain^, dans TOubangui, chez le bœuf, le mouton, le chien, le cheval et la chèvre, soient à rapporter à Tr. congolense et non à Tr. dimorphon.

Dans la Rhodesia*, dans l'Afrique orientale portugaise % au Zoulouland*, à Zanzibar \ des trypan, du type dimorphon ont été signalés. Il est possible que, pour quelques-uns d'entre eux, il s'agisse soit du Tr. congolense de Broden, soit du Tr. pecoriim, nom créé par Bruce et ses collaborateurs pour une espèce de l'Ouganda. Il convient pourtant de noter que Bevan signale que les individus de 18 à 20 (il de long sont communs et qu'il y en a même de plus longs, et que, d'après Bruce, Hamerton et Bateman ^ le trypan. découvert à Zanzibar par Edington serait à rapporter à Tr. dimorphon, et non à Tr. congolense (à relever entr'autres Texistence d'éléments ayant plus de 20 !jt, de long).

Au Somaliland italien, dans les vallées de la Djouba et de l'Ouébi- Chébeli, Mortoglio' a décrit, sous les noms indigènes de ghindi et de gobiat, deux trypanosomiases des bœufs, chevaux, chameaux et moutons, qu'il rapporte à deux espèces nouvelles. Tr. somalilense et /'/•. Cellii. Or la morphologie d'une partie des formes englobées dans ces deux espèces, surtout dans la première, rappelle d'assez près le Tr. dimorphon (existence de formes courtes et de formes longues, les unes et les autres sans flagelle libre). Il est donc fort

1. Rapport Mission d'études de la maladie du sommeil au Congo français, Paris, l'JO',).

2. Dutton, Todd et Kinghorn, Ann. of trop. Med. a. Par., t. I, 1907, p. 233.

3. RoDiiAiN, Arch.f. Sch. u. Trop. Hyg., t. XI, 1907, p. 283.

4. MONTGOMERY et KiNGHORN, Ann. of trop. Med. a. Paras., t. II, 1908, p. 97; — Hevan, Bull, sleep. sickn. Bureau, t. II, p. 137.

."). JowETT, Journ. of comp. Path. a. Ther., t. XXIII, sept. 1910 et t. XXIV, mars 191 1. G. Theiler. Bull. Soc. Path. exot., t. II, 1909, pp. 39 et 392.

7. Edington, Proc. Roy. Soc. B. t. LXXV, 1908, p. .ai."); da Cunha, Veter. Journ., juin 1911, p. 3.56.

8. Bruce, Hamerton et Bateman, Proc. Roy. Soc, B., t. LXXXI, 1909, p. li.

9. Martoglio, Ann. d'ig. sperim., t. XXI, déc. 1911, p. 4.53.

596 TRYPANOSOMES ET ÏRYPANOSUMIASES

possible que Tr. dimorphon existe sur la côte des Somalis.

Peut-être enfin quelques-unes des formes vues par Wenyon chez des chameaux Irypanosomés du Bahr el GhazaI, sont-elles à rapporter au Tr. dimorphon; il en est de même de certaines des formes assimilées par ce savant au Tr. nanum et qui ne correspondent pas à la description du nanum type'.

Le Tr. d'morphon apparaît donc comme un des plus répandus des Irypanosomés pathogènes africains.

§ 2. — Evolution. Symptômes. Anatomie pathologique.

Equidés. — Des descriptions de Dutton etTodd, nous retiendrons surtout ce qui concerne l'étalon VI, qui a fourni le virus conservé dans les laboratoires.

Ce cheval a été examiné le 30 octobre 1902 et reconnu trypanosomé. Il avait alors le poil luisant et paraissait en excellente condition. Le propriétaire avait pourtant remarqué que le cheval avait perdu de sa vivacité et de sa vigueur.

Jamais ce cheval n'a montré dœdèmes, d'hémorragies ni de paralysie. De légers écoulements des yeux ont été observés, mais mis au compte dune conjonctivite intercurrente. Les organes génitaux étaient relâchés, donnant l'impression inexacte d'un gonflement.

Les parasites n'étaient jamais nombreux dans le sang et apparaissaient périodiquement. La température variait ordinairement autour de 39", allant de 38 à 39^5, cette dernière température coïncidant avec les poussées parasitaii'es.

V.n mars 1903, le cheval est passé par une période de grande faiblesse et d'émaciation. Dutton et Todd l'ont ramené à Livcrpool en août 1903 et placé sous la surveillance de Thomas et Breinl qui ont donné la suite de l'observation ^.

Deux ans et 5 mois après le diagnostic de la maladie, le cheval était encore vivant, en bonne santé apparente, avait gagné en poids bien que la température fût restée au voisinage de 38°, avec poussées à 39° et 39<^5 et que l'animal fût toujours infecté. Mais pour obtenir l'infection des petits animaux, on ne pouvait plus se contenter d'injecter! ce. ou 1 ce. 5 de sang; il fallait donner 3 ce. 5 au lapin.

Cette observation met bien en évidence le caractère chronique que l'infection à Tr. dimorphon peut revêtir chez le cheval.

D'après Pécaud, l'allure assez lente de la maladie est ordinaire chez le cheval. Les accès de fièvre sont un peu plus rapprochés que dans la forme lente de la souma, pendant la première

1,. Wenyon, 5" Report Wellcome Trop. lies. Lab.. 19l)8.

2. Thomas cl Breinl, Livcrpool School of trop Med., mém. XVI, 1905.

INFECTIONS DUES AU TRYPAN. DIMORPHON

période. Les symptômes externes sont peu accusés. Les œdèmes sont rares. Il y a surtout amaic*^rissement marqué, faiblesse, et

■^ '^rilï-::

Si— -^

oo a - - "■

to

.__ t Js. +

oo «.

■Jr"'' +

s^ jÇ t^.

a ' tr

- t îî'

..L jt.__i i:

i o <r. oo "s ^ * « to J;

parfois cachexie. La mort ne survient, en général, qu'au bout de plusieurs mois. Mais on peut observer des chevaux qui suc-

TRYPANOSOMES ET TKYPANOSOMIASES

is

zz

-rtr-rH--±j;---

-ttl-^^Mu*

ri 1 j

Ei^&SrË

l-#Pl^

Ttt|ltttft =

Tlj

-H Hif+ti--*^

il''

-H- '-Vr-'-r-r

Cj

^^±--!^rft

.es

-Etr^î-

rTr--t+°

: : ' iP 1 M !

i: j::: ±r.jt"±ti -T— L-^^4l--4+T

îfezMJ

^-h^^.-I-hL^ 0

• i j KH

cJ

Zllt

; ;.i rtn î : : :

-H^^j'lHk

— ^ — ^ Is-ri" T—

rj ^

': -:fil!4^-r^

-fr^

?fe=i°

=^?^=wi^

Tiir— î-m::-^

1 ■ Il 0

=3::5::ffi::d

J |--i rr- <=

' 4<i TT ' '

- 4-riil^ 0

7!>Tif 1 1' !i'

; ' ! 1 ' Il °

j-^— 1 1 cr

- — 1 - J i ! il 1

.. li t

— ^3t^::it

Té:zr-:l-7-

pj

a±itt::::::ïi irtrxt::::::::|-

ir:

Page 1