H.-L. Duke, Proceed. of the R. Soc, B, avril
Laveran et Mesnil. — Trypanosomes et Trypanosomiases. 41
vantes : œdème gélatineux du tissu conjonctif; ganglions lymphatiques hypertrophiés et hémorragiques, à la base du cou et dans le mésentère. Méningite chronique de la pie-mère, avec adhérences aux circonvolutions. Le foie et la rate ont l'aspect normal;, ils ne sont ni congestionnés ni hypertrophiés.
La mort est la terminaison ordinaire; Balfour, auquel nous avons emprunté la description qui précède, pense que la maladie peut guérir naturellement.
Tr. naniim s'inocule facilement de bovidé à bovidé; il n'est pas inoculable aux petits mammifères de laboratoire, et c'est là un de ses principaux caractères.
Balfour a inoculé sans succès, avec le sang des bovidés infectés : 2 lapins, 2 chiens et 2 cercopithèques (C. sabœus): les examens du sang faits chez ces animaux, au point de vue de la présence des trypan., ont toujours été négatifs et aucun symptôme morbide n'a été observé à la suite de l'inoculation.
Bruce et ses collaborateurs ont constaté à Mpumu, comme Balfour à Khartoum, que les petits mammifères de laboratoire : singes, chiens, rats, souris, sont réfractaires au Tr. nanum. Quatre chèvres" inoculées avec ce trypan. se sont infectées, la durée moyenne de la maladie, terminée chez les i chèvres par la mort, a été de 71 jours. Une seule expérience faite sur un mouton a donné un résultat négatif. L'inoculation à des équidés n'a pas pu être faite. Il y a là une lacune regrettable dans l'histoire du Tr. nanum.
§ 3. — Agent patliogène.
Laveran a décrit comme il suit le Tr. nanum.
« Les trypanosomes mesurent 10 à 14 tx de long, sur 1 a 1/2 à 2 a de large. Leur structure est celle des Flagellés du genre Trypanosoma; cependant, contrairement à la règle, le protoplasme se prolonge à la partie antérieure, de telle sorte qu'il n'y a pas de flagelle libre, ou que la partie libre du flagelle est extrêmement courte. La membrane ondulante est très étroite et par suite peu apparente. L'extrémité postérieure est conique, non effilée, de forme un peu variable d'ailleurs.
« Le noyau, ovalaire, est situé vers la partie moyenne du corps du parasite. Le centrosome, arrondi, assez gros, se trouve près de l'extrémité postérieure.
<i Le protoplasme est homogène, sans granulations.
« Quelques éléments, un peu plus grands que les autres, montrent deux centrosomes et un flagelle divisé dans une étendue plus ou
INFECTIONS A TR. NANUM 643
moins grande à partir de l'insertion centrosomique ; il s'agit évidemment de formes de multiplication K »
Bruce et ses collaborateurs indiquent pour le Tr. nanum de l'Ouganda : longueur moyenne 13 tx, 6 (minimum 11 a, maximum 16 u.); largeur 1 [x, 5 à 2 [i, 5.
Ces observateurs qui ont pu comparer des préparations du Tr. nanum du Soudan anglo-égyptien aux préparations du Tr. nanum de l'Ouganda, n'ont pas de doutes sur l'identité des trypanosomes des deux provenances.
La culture du Tr. nanum sur le milieu de Novy n'a pas été essayée.
§ 4. — Mode d'infection.
D'après D. Bruce, il est probable que le Tr. nanum peut être propagé par des mouches piquantes autres que les Glossina.
Duke a fait, dans l'Ouganda, des expériences intéressantes de transmission du Tr. nanum en se servant de Gl. palpalis élevées au laboratoire [op. cit.).
Un veau a été infecté par des Gl. palpalis qui avaient été nourries sur un mouton infecté par Tr. nanum.
5 p. 100 environ des mouches nourries sur le mouton se sont infectées (15 sur 322). D'après Duke, le développement du Tr. nanum dans les Gl. palpalis commence dans la partie postérieure du tube digestif et s'étend ensuite, par les parties moyenne et antérieure, jusqu'au proboscide (infection totale comme chez Tr. dimorphon). Le labre est le siège d'élection des flagellés; dans un cas seulement, des trypan. en petit nombre ont été vus dans l'hypopharynx. Les glandes salivaires ne paraissent pas être envahies.
§ 5. — Identification du Tr. nanum.
Au point de vue morphologique, le Tr. nanum présente une grande ressemblance avec le Tr. dimorphon et surtout avec les Tr. congolense et Tr. pecorum.
Tr. dimorphon, à côté de formes courtes de 10 à 15 (x de long, présente des formes longues de 20 à 25 ul de long qu'on ne rencontre pas, même en petit nombre, dans le sang des animaux infectés par Tr. nanum.
Tr. pecorum est de même longueur à peu près que Tr. nanum, mais il est un peu plus large, sa membrane ondulante étant plus
1. A. Laveran, C. R. Soc. de Biologie, 18 février 1905, t. .j7, p. 292.
développée que celle du Tr. nanum. Largeurmoyenne du Tr. pecorum, 3 [l; largeur du Tr. nanum, 1 ;ji, 5 à 2 a, 5 (Bruce).
C'est le Tr. congolense qui, au point de vue morphologique, se rapproche le plus du Tr. nanum.
Le principal caractère différentiel entre les Tr. congolense et Tr. pecorum et le Tr. nanum est fourni par ce fait que les deux premiers trypanosomes sont inoculables aux petits mammifères de laboratoire tandis que Tr. nanum n'est pas inoculable à ces animaux. Dans la pratique, *ce caractère permet de reconnaître facilement si rinfection d'un bovidé est produite par Tr. nanum ou bien par un des trypanosomes quf ont avec lui une grande ressemblance morphologique; il suffit d'inoculer un chien ou un singe et de constater si l'animal s'infecte ou non.
Tr. Cazalboui n'est pas inoculable non plus aux petits animaux de laboratoire, mais il diffère trop, au point de vue morphologique, de Tr. nanum pour qu'une confusion soit possible entre ces deux trypanosomes. Rappelons que Tr. Cazalboui mesure en moyenne 21 jx de long et que le flagelle a une partie libre.
Tr. Monlgomeryi qui a été trouvé par Montgoraery et Kinghorn dans le sang d'une vache de la Rhodésia, atteint des dimensions plus grandes que Tr. nanum, jusqu'à 19 a de long, et surtout il est plus large que ce dernier; les petites formes elles-mêmes atteignent 3 u. à 3 (j-, 75 de large; enfin le flagelle présente parfois une partie libre très courte. Le trypanosorae est inoculable aux petits mammifères.
Les petites formes du Tr. Pecaudi ressemblent un peu au Tr. nanum mais, chez les animaux infectés de Tr, Pecaudi., on trouve toujours, à côté des petites formes, des éléments qui mesurent 25 à 35 [x de long et chez lesquels le flagelle a une partie libre. En outre Tr. Pecaudi est inoculable aux petits mammifères.
Le trypanosome qui a été décrit par Weissenborn sous le nom de Tr. Froheniusi ressemble, au point de vue morphologique, à Tr. nanum, mais il est inoculable aux petits mammifères de laboratoire, à l'exception des cobayes; de plus il a été trouvé chez des équidés et non chez des bovidés.
§ 6. — Traitement. Prophylaxie.
Le traitement des infections dues au Tr. nanum n'a fait l'objet d'aucune recherche spéciale.
Les mesures de prophylaxie préconisées dans le surra paraissent applicables à ces infections.
INFECTIONS A TU. PEGORUM 645
IL — Infections produites par le Tr. pegorum, Bruce et collabor.
§ 1. — Historique. Répartition.
D. Bruce, Hamerton, Bateman et Mackie ont observé la trypanosomiase que nous allons décrire, dans l'Ouganda, chez des bovidés et aussi chez un cheval. Les bovidés infectés provenaient d'Entebbe, de Kampala, de Namukekera, de Kabula-Muliro et de Mabira; le cheval était arrivé d'Abyssinie à Nairobi, dans TEst africain anglais. Il s'agit en somme d'une épizootie très répandue parmi les bovidés dans rOuganda et très grave; D. Bruce et ses collaborateurs qui ont donné au trypanosome, agent de la maladie, le nom nouveau de Tr. pecoriim, ont inscrit en tête du travail consacré à cette trypanosomiase, parmi les synonymes de Tr. pecorum, les dénominations de Tr. dimorphon et de Tr. congolense'. Si cette synonymie était démontrée, il faudrait, d'après les règles de la nomenclature, adopter la dénomination la plus ancienne et un chapitre sur le Tr. pecorum n'aurait pas sa raison d'être; la dénomination proposée par Bruce et par ses collaborateurs nous paraît devoir être conservée précisément parce que la synonymie indiquée par eux est inexacte.
Au mois d'octobre 1910, le Colonel Sir D. Bruce a bien voulu envoyer au D" Laveran deux rats inoculés à Londres avec le Tr. pecorum de l'Ouganda et il résulte des expériences faites à l'Institut Pasteur^, expériences qui seront résumées plus loin, que Tr. pecorum constitue une espèce nouvelle qui doit être décrite séparément, bien qu'elle se rapproche de Tr. dimorphon, de Tr. congolense et de Tr. nanuni qui forment un groupe naturel (voir p. 246).
§ 2. — Évolution de la maladie. Symptômes.
Bovidés. — L'incubation, chez les bovidés inoculés avec le Tr, pecorum, est, en moyenne, de 6 jours, 7.
Les symptômes observés chez les bovidés, infectés naturellement ou inoculés, sont : l'amaigrissement, l'anémie et un affaiblissement progressif; à l'autopsie, les principales altérations sont celles de l'anémie.
Un des bovidés inoculés par Bruce et par ses collaborateurs au
1. I). Bruce, A.-E. Hamerton, H.-R. Bateman, F.-P. Mackie, Proceed. of the R. Soc, 1910, B, t. 82, p. 468.
2. A. Laveran, Soc. de path. exotique, 12 octobre et 14 décembre 1910.
laboratoire de Mpumu a vécu 287 jours; chez les autres, la durée de la maladie, toujours terminée par la mort, a été seulement de 26 jours; il semble, d'après ces chiffres, que ce soit une des trypanosomiases les plus graves qui aient été observées chez les bovidés.
La maladie est inoculable à la souris, au rat, au cobaye, au lapin, au chien, au singe, aux caprins. Les expériences sur les équidés font défaut.
Souris. — Bruce et ses collaborateurs ont noté, pour les souris inoculées avec le Tr. peco/nim, une incubation de 14 jours, 7 et une durée moyenne de la maladie de 26 jours, avec terminaison toujours mortelle.
Laveran à Paris a trouvé, pour 8 souris blanches, une durée moyenne de la maladie de 16 jours (minimum : 9 jours; maximum : 36 jours).
La rate était toujours hypertrophiée; poids moyen des souris : 18 gr. ; poids moyen de la rate : 0 gr. 67. Chez la souris qui a eu la survie la plus longue (36 jours), la rate a atteint le poids de 1 gr. 40. Le foie est souvent malade.
Rats. — Bruce et ses collaborateurs ont trouvé, pour les rats blancs inoculés dans l'Ouganda : incubation, 12 jours, 6; durée moyenne de la maladie, 21 jours.
Laveran a inoculé à Paris 9 rats blancs avec les résultats suivants : incubation, 7 jours; durée moyenne de la maladie, 19 jours. Poids moyen du corps, 127 gr. Poids moyen de la rate, 2 gr. 93 (minimum : 1 gr. 20; maximum : 5 gr.). Le foie est souvent malade.
La maladie se termine toujours par la mort chez les souris et chez les rats; à la période terminale, les trypan. sont très nombreux.
Cobayes. — Bruce et ses collaborateurs qui avaient inoculé sans succès plusieurs cobayes dans l'Ouganda, étaient arrivés à conclure que ces animaux étaient réfractaires au Tr. pecorum.
Les cobayes inoculés à Paris par Laveran se sont au contraire facilement infectés ^ Pour 45 cobayes, la durée moyenne de la maladie a été de 17 jours (minimum, 10 jours; maximum, 42 jours, après inoculation des cobayes sur rats, 25 jours après inoculation de cobaye à cobaye).
L'hypersplénie est constante et souvent très forte. Le poids moyen des cobayes étant de 430 gr., le poids moyen de la rate a été de 5 gr. 46 (maximums des poids de la rate : 12 gr., 11 gr., 9 gr., 8 gr.). 5 fois sur 45, des hémorragies intrapéritonéales, occasionnées dans 4 cas par des déchirures de la capsule de la rate, ont été notées. Le foie est souvent gros, marbré. Les ganglions inguinaux et axillaires
1. Bruce et ses collaborateurs ont constaté également, en Angleterre, que Tr. pecorum était pathogène pour le cobaye. (XI'" Report of the sleep. sickn. Commiss. of the R. Soc., Londres, 19il).
INFECTIONS A TR. PEGORUM 647
sont hypertrophiés. Dans 4 cas, les cobayes ont présenté de l'œdème de la paroi abdominale.
La maladie est toujours mortelle chez les cobayes. Les Irypan. sont nombreux ou très nombreux à la dernière période.
Lapins. — Deux lapins inoculés par Laveran ont montré, après une incubation de 12 jours environ, des trypan. très rares et sont morts, l'un 37 jours et l'autre 38 jours après l'inoculation.
Chez un des lapins, on a vu se développer, à la dernière période de la maladie, de l'œdème de la tête.
A l'autopsie, on a noté une hypersplénie très forte, contrairement à ce qu'on observe d'ordinaire dans les trypanosomiases chez les lapins. Un des animaux du poids de 2 kg. 300 avait une rate pesant 9 gr. ; le second, du poids de 2 kg., avait une rate pesant 11 gr.
Chiens. — Bruce et ses collaborateurs ont signalé, pour les chiens : incubation, il jours, 3; durée moyenne de la maladie, 42 jours (minimum, 16 jours; maximum, 98 jours).
Les résultats des observations de Laveran sur 9 chiens, inoculés avec le Tr. pecorum, peuvent être résumés comme il suit : incubation 8 jours environ; durée moyenne, 15 jours, 6; l'incubation est donc longue par rapport à la durée de la maladie; à partir du moment où les trypan. ont apparu dans le sang, l'évolution est très rapide. La maladie s'est terminée par la mort dans tous les cas; les trypan. étaient, en général, assez nombreux dans le sang à la période terminale, parfois rares ou très rares.
L'hypersplénie est constante; poids moyen du corps des 9 chiens, 11 kg. ; poids moyen de la rate, 103 gr. Les autres lésions, notées à l'autopsie, sont : hypertrophie des ganglions mésentériques, congestion du foie et des reins, néphrite interstitielle (2 cas, complication probablement indépendante de la trypanosomiase).
Aucun des chiens n'a présenté de complications du côté des yeux; un des chiens est mort avec une paralysie bien marquée du train postérieur.
Singes. — Bruce et ses collaborateurs ont ti'ouvé, pour les singes inoculés dans l'Ouganda : incubation; 12 jours, 3; durée moyenne de la maladie, 64 jours. La maladie paraît toujours mortelle chez le singe, mais sa durée peut être fort longue : un singe a vécu 181 jours, un autre (sp. ?) était encore vivant 216 jours après l'inoculation.
Chèvres. Moutons. — D'après les expériences de la Commission anglaise, l'incubation est de 11 jours, 6 chez les chèvres, de 16 jours chez les moutons. La durée de la maladie n'a pas pu être établie ; les expériences n'ont porté que sur un petit nombre d'animaux et, d'autre part, ces animaux se trouvaient à Mpumu dans de mauvaises conditions. Un mouton est mort au bout de 168 jours, un autre était encore vivant 170 jours après avoir été inoculé.
TRYPANUSOMES ET TRYPANOSOMIASES
Lavcran a inoculé à Paris 2 chèvres neuves, un bouc et un mouton; ces deux derniers animaux avaient l'immunité pour Tr.
congolense et pour Tr. dimorphon. Des deux chèvres, Tune est morte 39 jours après l'inoeulation, nous donnons son observation ci-après, Tautre a guéri, la durée de Tinfection a été, dans ce cas, d'une année.
Le bouc et le mouton qui avaient l'immunité pour le Tr.
congolense et pour le Tr. dimorphon se sont infectés par le Tr. pecorum et ont succombé à l'infection; nous donnerons plus loin leurs observations, ainsi que celle de la chèvre qui, après guérison de l'infection produite par le Tr. pecorum a été inoculée avec succès par le Tr. congolense (voir Identification du Tr. pecorum).
L'incubation, chez les caprins, est de 8 jours environ. Le début de l'infection est marqué par une poussée fébrile pendant laquelle la température monte à 40°, ou même au-dessus; une chèvre a eu des frissons avec tremblement bien marqué. A ce moment l'examen direct du sang permet de constater l'existence de trypan. parfois non rares (fig. LXXXVIIl et LXXXIX). Chez les animaux qui doivent guérir, la température s'abaisse assez rapidement à la normale et les trypan. deviennent très rares, si bien que, pour constater la persistance de l'infection, il est nécessaire de recourir aux animaux d'épreuve.
Les figures LXXXVIIl et LXXXIX reproduisent : le tracé thermo-
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INFECTIONS A TR. PECORUM 649
métrique de la chèvre neuve qui a succombé 39 jours après l'inoculation du Tr. peconun, et le commencement du tracé du bouc qui a succombé 4oo jours après l'inoculation; le tracé s'arrête au 14 janvier 1911, à partir de cette date on na plus constaté de fièvre.
Chez les animaux qui ont des formes graves, les poussées fébriles se répètent, on observe de l'amaigrissement, une anémie profonde, et un affaiblissement qui augmente jusqu'à la mort.
Nous résumons l'observation de la chèvre neuve qui a succombé rapidement à l'infection produite par le Tr. pecoriim. Le froid vif auquel la chèvre a été exposée, alors qu'elle était manifestement malade, a paru avoir hâté la mort.
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Une chèvre du poids de 30 kg.
est inoculée le 15 octobre 1910 sur rat; l'inoculation est laite à la base d'une des oreilles. —
22 octobre, trypan. très rares: poussée fébrile : 39<',7; 39", 6 le 23. — 26, 29 et 31 octobre, trypan.
non rares. Pas de fièvre, anémie marquée, muqueuses décolorées, sang pâle; la chèvre est moins vive qu'à l'ordinaire. — 3 nov., 39°, 7 ; trypan. rares. — :j nov. Poussée fébrile : 40^,4; trypan. très rares. — Du 8 au
23 nov., tous les examens du sang sont négatifs. La chèvre jiiaigrit et s'affaiblit, elle mange peu. Le 16 nov., la chèvre pèse 26 kg. — Le 21, poussée fébrile :
39",9. Diarrhée.
Le froid est vif et la chèvre déjà malade reste assez longtemps dehors le 22 nov. ; elle est trouvée morte le 23 novembre.
P = 23 kg. 700. La rate pèse 167 gr. Sérositéjaunâtre assez abondante dans le péritoine. Intestin vide. Poumons fortement congestionnés.
650 TRYPANOSOMES ET TRYPANUSOMIASES
Contrairement à ce qu'on observe d'ordinaire dans les trypanosomiases des chèvres et des moutons, la rate est assez souvent hypertrophiée chez ceux de ces animaux qui succombent à l'infection produite par le Tr. pecoriim. La rate de la chèvre dont nous venons de donner l'observation résumée pesait 167 gr. ; la rate du mouton dont l'observation sera donnée plus loin pesait 820 gr.
La comparaison des résultats obtenus par la Commission anglaise dans rOugaiida et par Laveran à Paris montre qu'à la suite de nombreux passages par différents animaux la virulence du Tr. pecorum s'est notablement accrue, notamment pour les souris et pour les chiens; les cobayes qui, dans l'Ouganda, s'étaient montrés réfractaires sont devenus très sensibles. Il faut, à la vérité, tenir compte aussi des différences de races des animaux ayant servi aux inoculations.
§ 3. — Agent pathogène.
Tr. pecorum, observé dans une préparation de sang frais, ressemble beaucoup, par ses dimensions et par la nature de ses mouvements, au Tr. congolense. Comme ce dernier trypanosome, il se meut le plus souvent sur place, sans sortir du champ du microscope.
Dans les préparations de sang desséché et coloré, le parasite présente aussi une grande ressemblance avec Tr. congolense.
La longueur moyenne est de 13 p., 3; maximum, 16 [x; minimum, 10 [JL, 6. La largeur, membrane ondulante comprise, est d'environ 3 a. L'extrémité postérieure est arrondie, conique; l'extrémité antérieure est effilée. La membrane ondulante est bien développée, plus large que chez Tr. naniim. Le flagelle n'a pas de partie libre. Le noyau ovalaire est situé vers le milieu du corps. Le centrosome petit et arrondi est situé près de l'extrémité postérieure. Le protoplasme est généralement homogène; quelques granulations chromophiles se voient parfois dans la moitié antérieure.
D'après Bnuce et ses collaborateurs, Tr. pecorum se cultive bien sur sang-agar; après 48 heures, la culture est déjà assez abondante; après 6 jours, elle est très abondante; les flagellés dégénèrent ensuite, puis disparaissent. Les flagellés trouvés dans les cultures sont énormes par rapport au Tr. pecorum. Il serait intéressant de savoir si les tubes qui ont donné des cultures avaient été ensemencés avec du sang de bovidés, ou si le milieu de culture n'avait pas été préparé avec du sang de bovidés; la Commission anglaise, faute de sang de lapin, était obligée d'employer le sang d'autres animaux, et notamment de bovidés, or on sait avec quelle facilité on obtient des cuIt tures du grand trypanosome, non pathogène, si commun chez les bovidés dans toutes les parties du monde.
INFECTIONS A TR. PECORUM 651
Laveran a essayé, sans succès, de cultiver le Tr. pecorum sur milieu de Novy ordinaire ou simplifié.
§ 4. — Mode d'infection.
D. Bruce, Hamerlon et Bateman ont institué, dans l'Ouganda, des expériences pour rechercher si les tabanides pouvaient convoyer le Tr. pecorum '. Tabanus secedens, T. thoracinus et T. marginatus ont paru incapables de transmettre le trypan. mécaniquement des animaux malades à des animaux sains. En raison de la courte vie de ces tabanides en captivité, il a été impossible de dire s'ils devenaient ou non infectieux, après une période de développement du trypan. dans leur corps.
Trois types de flagellés trouvés chez T. secedens et chez T. thoracinus paraissent être les stades de développement d'un parasite non virulent de ces insectes.
Dans leurs dernières publications, Bruce et ses collaborateurs expriment l'opinion que Tr. pecorum peut être transmis par Glossina palpalis, mais que cette mouche n'est pas le seul convoyeur du trypanosome, les infections produites par Tr. pecorum ayant été observées en dehors des zones à Gl. palpalis ^
§5. — Identification du Tr. pecorum.
C'est évidemment de Tr. congolense, de Tr. dimorphon et de Tr. nanum que Tr. pecorum se rapproche le plus; nous avons vu que Bruce et ses collaborateurs s'étaient prononcés pour l'identification de Tr. congolense, de Tr. dimorphon, et de Tr. pecorum.
Laveran, en s'appuyant sur des expériences de séro-diagnostic et sur ce fait qu'un animal ayant l'immunité pour le Tr. congolense et le Tr. dimorphon s'infecte par le Tr. pecorum comme un animal neuf, est arrivé à conclure, au contraire, que Tr. pecorum constitue une espèce distincte de Tr. congolense et de Tr. dimorphon '.
Expériences de séro-diagnostic faites avec le sérum d'un bouc ayant acquis l'immunité pour Tr. congolense et pour Tr. dimorphon; l'observation de ce bouc est donnée plus loin.
Le 2 novembre 1910, 4 souris blanches sont inoculées dans les conditions suivantes :
1. D. Bruce, A.-E. Hamerton, H.-R. Bateman, Proceed. of the R. Soc, B, t. 82, 1910 et t. 83, 1911.
2. Reports of the sleep. sickn. Commiss. of the R. Soc, n" XI, Londres, 1911.
3. A. Laveran, Soc. de pathol. exotique, 14 décembre 1910 et 12 juin 1912.
1" souris (témoin), reçoit du sang dilué d'un rat infecté avec Tr. pecôram ;
2'' souris, reçoit la même dose de virus que le témoin, mais après mélange à 0 ce. 25 du sérum du bouc;
3" souris, reçoit la même dose de virus que le témoin, mélangée à 0 ce. 50 du sérum ;
i" souris, reçoit la même dose de, virus que les 3 premières, mélangée à 1 ce. du sérum.
Les 4 souris se sont infectées, la 1'*^ est morte en 9 jours, les 3 autres sont mortes en 10 (souris 2 et 3) et 15 jours (souris 4).
Des expériences portant chacune sur 4 souris et calquées sur la précédente ont été faites avec Tr. congolense et Tr. dimorphon.
Le témoin de l'expérience relative au Tr. congolense est mort au bout de 34 jours, les trois autres souris ne se sont pas infectées.
Le témoin de l'expérience relative au Tr. dimorphon est mort au bout de 10 jours, les 3 autres souris ne se sont pas infectées.
Il ressort clairement de ces expériences que le sérum du bouc, très actif sur Ti\ congolense et sur Tr. dimorphon, s'est montré inactif sur Tr. pecorum puisque, en mélange et à la dose de 1 ce, il n'a produit qu'un très faible retard dans l'évolution de l'infection, retard qui ne dépasse pas la limite des écarts qu'on observe chez des souris inoculées avec le même virus, dans des conditions qui paraissent identiques.
Les deux observations qui suivent montrent qu'un bouc et un mouton ayant l'immunité pour le Tr. congolense et pour le Tr. dimorphon, inoculés avec le Tr. pecorum, ont contracté des infections qui se sont terminées par la mort. Il faut noter, à propos de ces observations, que les infections produites par le Tr. pecorum sont beaucoup plus graves chez les chèvres et chez les moutons que les infections produites par le Tr. congolense.
1" Un jeune bouc est inoculé, le 6 décembre 1906, avec Tr. congolense. Les examens microscopiques du sang faits du mois de décembre 1906 au mois d'avril 1907 permettent, à plusieurs reprises, de constater la présence de trypan. rares ou très rares; à partir du mois de mai, ces examens sont négatifs. Les animaux d'épreuve (souris, chiens) inoculés en février, juin, juillet et août 1907 s'infectent.
Au mois d'octobre 1907, le bouc est guéri; un chien inoculé (30 ce. de sang) ne s'infecte pas.
Le 13 novembre 1907, le bouc est réinoculé avec Tr. congolense; il se réinfecte, mais très légèrement: au mois de janvier 1908, il est définitivement guéri et il a l'immunité pour Tr. congolense.
Le 23 juin 1908, le bouc est inoculé avec Tr. dimorphon; à la suite de cette inoculation, on observe des poussées fébriles et les examens histologiques du sang faits pendant le mois de juillet permettent de constater, à plusieurs reprises, l'existence de trypan. très rares. Les animaux] d'épreuve (souris, chiens) inoculés du mois d'août 1908 au mois d'avril 1909 s'infectent.
INFECTIONS A TR. PEGORUM 653
Un chien qui a reçu, le 20 mai 1909, 30 ce. de sang dans le péritoine ne s"infecte pas. Le bouc, réinoculé à deux reprises (le 19 juillet et le 11 octobre 1909) avec Tr. dimorphon, ne se réinfecte pas, il a donc acquis une immunité solide pour ce virus.
Le 4 avril 1910, le bouc qui est en bon état (poids 34 kg.} est inoculé avec Tr. congolense. A la suite de cette inoculation, la température reste normale et on ne voit pas de trypan. dans le sang, mais un chien inoculé le 20 avril (30 ce. du sang du bouc) s'infecte. Le bouc n'avait donc plus une immunité complète pour Tr. congolense, mais la nouvelle infection par ce virus est très légère; dès le mois de juin, le bouc est guéri; un chien qui a reçu, le 20 juin, 30 ce. de sang dans le péritoine ne s'infecte pas. Le bouc pèse, le 1'''' août 1910, 37 kg.
27 août 1910, le bouc est réinoeulé avec Tr. congolense: aucune réaction consécutive à l'inoculation. Le 24 septembre un chien reçoit, dans le péritoine, 25 ce. du sang du bouc et le l*"" octobre un autre chien reçoit 30 ce. du même sang.
Le 30 novembre, les chiens inoculés les 24 septembre et l*"" octobre ne se sont pas infectés. Le bouc est inoculé avec Tr. pecoram; on injecte, sous la peau d'une des oreilles, un peu de sang de cobaye infecté par Tr. pecoruni, et sous la peau de l'autre oreille, un peu de sang de rat infecté avec le même trypanosome. Le 1='' décembre le bouc pèse 41 kg.
Le 7 décembre, l'examen du sang révèle l'existence de trypan. très rares. Le 9 décembre, les trypan. sont moins rares' que le 7. Du 10 au 14 décembre, le bouc a une poussée fébrile bien caractérisée : la température se maintient entre 39", 7 et 40^1 (température normale : 38°, 5). Les 9 et 10 décembre, on constate dans le sang du bouc l'existence de trypan. rares et, le 11 décembre, de trypan. non rares. Le 21 décembre 1910, on trouve encore des trypan. très rares dans le sang; tous les examens postérieurs à cette date sont négatifs.
Le 3 janvier 1911, le bouc a encore une petite poussée fébrile, la température monte à 40'^, 2, après quoi elle redevient normale. A partir du 11 février, on ne prend plus la température.
Des chiens inoculés les 2 mars, 12 mai, 17 juillet, 19 septembre, 19 décembre 1911 et 19 février 1912 s'infectent.
Le bouc maigrit, il a depuis longtemps des arthrites des genoux qui se sont aggravées et qui l'empêchent de se mouvoir.
Le 27 février, le bouc tombe sur le flanc et il meurt le 28 février 1912.
Autopsie. Le bouc ne pèse plus que 23 kg. Un peu d'œdème de la paroi abdominale. Les ganglions inguinaux et axillaires sont hypertrophiés. La rate pèse 90 gr. Le foie et les reins ont l'aspect normal. Les organes thoraciques sont à l'état sain. Lésions profondes d'arthrite sèche des genoux, «sure des cartilages, altérations et déformations des os; ces lésions dont le début est antérieur à l'inoculation du bouc avec le Tr. pecoram n'ont évidemment rien à voir avec l'infection qui a entraîné la mort.
2° Un mouton africain qui a été infecté successivement avec Tr. Pecaudi, Tr. dimorphon et Tr. congolense, et qui a acquis" l'immunité pour ces virus, est en bon état au mois de juin 1911 ; il pèse 50 kg.
Le 22 juin 1911, le mouton est inoculé sur un cobaye infecté de Tr. pecoriim; quelques gouttes du sang du cobaye, mélangées à de l'eau
physiologique citratée,. sont inoculées à la base d'une des oreilles.
Du 22 juin au 6 juillet, la température du mouton est normale, 38'',4 à 39°. Des examens du sang faits les 29 juin et 4 juillet sont négatifs.
Du 7 au 11 juillet, poussée fébrile; la température s'élève le 8 juillet à 40'^, 8. Les examens du sang révèlent l'existence de trypan. rares le 8 juillet, très rares le 10 juillet.
Températures normales du 12 au 15 juillet; examen du sang négatif le 13 juillet.
Nouvelle poussée fébrile du 16 au 22 juillet; un examen du sang fait le 18 juillet est négatif.
A partir du 23 juillet, la température du mouton reste normale et tous les examens histologiques du sang sont négatifs. L'état général est satisfaisant. Le l'"'"août le mouton pèse 53 kg.
25 août. Un chien reçoit, dans le péritoine, 30 ce. du sang du mouton, il s'infecte et meurt le 6 septembre.
Le 5 octobre, le mouton pèse 48 kg. et le 2 décembre 54 kg. Le 26 décembre, un chien reçoit, dans le péritoine, 30 ce. du sang du mouton; il s'infecte et meurt le 12 janvier 1912.
Le 2 janvier 1912, le mouton pèse 50 kg.; le l^' février, il pèse 44 kg. et le 2 mars, 39 kg. Le mouton maigrit et s'affaiblit visiblement. Pas d 'œdèmes; rien d'anormal du côté des yeux.
Mort le 23 mars 1912. Les ganglions inguinaux sont assez gros. Le péritoine contient de la sérosité citrine en petite quantité. La rate, volumineuse, pèse 820 gr. Il y a de la périsplénite. Foie, reins d'aspect normal. Organes thoraciques à l'état sain.
L'observation suivante démontre qu'une chèvre ayant acquis l'immunité pour le Tr. pecorum, inoculée avec le Tr. congolense, sinfecle comme un animal neuf, ce qui complète rexpérience d'immunité croisée relative à Tr. congolense et à Tr. pecorum.
3'^ Une chèvre neuve du poids de 37 kg. est inoculée le l*"" décembre 1910 avec le sang d'un cobaye fortement infecté par le Tr. pecorum. A Cet effet quelques gouttes du sang du cobaye, diluées dans de l'eau physiologique citratée, sont injectées sous la peau, à la base d'une des oreilles.
La tempéi^ature de la chèvre qui, avant l'inoculation, était de 38^,4, s'élève, le 10 décembre, à 40^,4; le 11 décembre, elle est de 39", 8 et, le 12, de 40'', 2. Les examens du sang faits le 10 et le 12 décembre révèlent l'existence de trypan. non rares; le 15 on trouve des trypan. rares. - Le 16 décembre, on note encore une température fébrile (39", 6), après quoi, la température s'abaisse au-dessous de 39», et peut être considérée comme normale.
La chèvre va bien; elle pèse 37kg. le 3 janvier 1911, 39 kg. le 1" février, 40 kg. le l*"" mars, 43 kg. le 1"" avril et le l'^'" mai, 40 kg. en juin, juillet et août, 41 kg. le 1" septembre, 49 kg. le 5 octobre, 44 kg. le 2 décembre.
Les examens du sang ayant toujours été négatifs, à partir du 16 décembre 1910, on inocule des animaux d'épreuve.
Les 17 février, 7 avril, 22 mai, 7 juillet, 31 août, 30 octobre 1911 des chiens reçoivent, dans le péritoine, 30 ce. du sang de la chèvre, ils s'infectent tous.
INFECTIONS A TR. PECORUM 635
Le 30 décembre 19H, un chien reçoit 30 ce. du sang de la chèvre, il ne s'infecte pas.
!«'• février 1912, la chèvi'e est réinoculée avec une forte dose du sang d'un cobaye infecté par le Tr. pecorum. La chèvre pèse 40 kg.
22 février, un chien reçoit, dans le péritoine, 30 ce. du sang de la chèvre; il ne s'infecte pas.
H avril 1912. La chèvre est inoculée avec le Tr. congolense; à cet effet on lui injecte sous la peau, à la base de l'oreille droite, quelques gouttes du sang d'un cobaye infecté par Tr. congolense, diluées dans de l'eau physiologique citratée.
La température de la chèvre qui, avant lïnoculation, était de 38'^, 2 s'élève à 38o.9 le 18 avril, à 39o,4 le 20 et à sg^ô le 21 ; l'examen histologique du sang fait par le procédé ordinaire, les 19 et 21 avril, révèle l'existence de trypan. rares.
Les 23, 24 et 25 avril, on note encore des températures légèrement fébriles de 39°, 4 et 39°, 2; après quoi, il se produit une défervescence avec 37°, 8 le 28 avril. Des examens du sang faits les 24 et 27 avril sont négatifs.
A partir du 29 avi"il, jusqu'au 18 mai, la température de la chèvre se maintient entre 38°,4 et 39°. L'état général est bon. Le 1«'' mai, la chèvre pèse 40 kg. Il n'y a pas d'œdèmes, notamment au point d'inoculation. Rien à noter du côté des yeux. Le l^"" mai, on trouve à l'examen du sang des trypan. très rares. Les examens faits du 4 au 19 mai sont négatifs.
Les 19 et 23 mai, la chèvre a des poussées fébriles; la température monte le 23 mai à 40", 3, et l'existence de trypan. non rares est constatée à l'examen direct du sang.
Du 25 mai au 11 juin, la température oscille entre 38°, 5 et 39°, 4. Le 2 juin, l'examen du sang révèle l'existence de trypan. rares. Les deux cornées sont voilées.
Le 5 juin, la chèvre pèse 41 kg. Le 12 juin, la température monte à 40°. La kératite interstitielle est moins marquée que les jours précédents.
Les examens du sang faits les 5 et 12 juin sont négatifs.
Bien que robservation ne soit pas terminée, on peut dire que l'infcclion produite par le Tr. congolense a évolué chez cette chèvre, qui avait l'immunité pour le Tr. pecorum, comme elle aurait évolué chez une chèvre neuve.
De tous ces faits on doit conclure que Tr. pecorum et Tr. congolense appartiennent à des espèces bien distinctes.
La question d'identification du Tr. pecorum et du Tr. nanum a été examinée déjà à propos du Tr. nanum. Ces trypanosomes ont évidemment- une grande ressemblance au point do vue morphologique, mais le fait que Tr. nanum produit, chez les bovidés, une infection qui ne peut pas ôtre inoculée aux petits animaux de laboratoire, constitue un caractère différentiel dont l'importance n'est pas contestable.
ij 6. — Traitement. Prophylaxie.
Le traitement des infections produites par le Tr. pecorum n'a pas été Tobjet de recherches spéciales; il est indiqué d'employer ici les médications qui ont donné de bons résultats dans le traitement du surra (voir p. 378).
La maladie étant propagée par des mouches piquantes, comme le surra et le nagana, les mesures qui ont été recommandées pour empêcher la propagation de ces épizooties trouvent aussi leur application dans la prophylaxie des infections dues au Tr. pecorum.