KÉRANDEL, Soc. de path. exotique, 14 octobre
7. Préparations de Ruelle, détermination de Mesnil (Soc. de path. exotique, 1908, t. I, p. 519).
8. A. Balfour, Second report of the Wellcome research laboratories, 1906. — A. Balfour et C.-M. Wenyon, Third lieport, 1908 (même collection).
9. F.-K. Kleine et W. Fischer. Zcilschr. f. Hyg. u. Infektionskr., 1911, t. 70, p. 19.
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kératite, de Tiritis avec douleur à la pression du globe oculaire et de riiypopyon.
D'après Cazalbou, les symptômes cutanés revêtent plusieurs formes : élevures en boutons ou linéaires, plaques semblables à celles de la dourine ou plus larges que ces dernières. Ces éruption» sont fugaces; elles apparaissent brusquement, d'ordinaire à la suite des accès fébriles; persistent quelques heures, 24 ou 48 heures au plus, puis disparaissent. Leur siège d'élection est à l'encolure, sur les parties latérales et supérieures du corps, ou bien à la partie supérieure des membres.
Les élevures en boutons sont discrètes ou confluentes. Les élevures linéaires atteignent parfois plusieurs décimètres de long, notamment sur les flancs.
Les plaques, h bords nettement limités sont circulaires, de 2 à 8 cm. de diamètre, avec un relief de quelques millimètres, comme dans la dourine, ou bien elles prennent des dimensions plus grandes et leur forme est irrégulière; elles peuvent couvrir alors une partie de la croupe, de l'encolure, de la cuisse; elles s'accroissent parla périphérie, tandis qu'au centre les téguments reprennent l'aspect normal.
Des œdèmes du tissu conjonctif sous-cutané se produisent presque toujours quelques semaines après le début de l'infection; ils siègent d'ordinaire au scrotum, au fourreau, à la partie inférieure des membres ou à la face ventrale. Les membres postérieurs sont plus souvent atteints que les antérieurs.
Dès l'invasion, le cheval devient mou, paresseux, il obéit difficilement, même à l'éperon ; son aspect hébété, sa tête basse, ses yeux mi-clos et larmoyants dénotent un état morbide. Assez rapidement il survient de la faiblesse du rein. En station, les appuis sont bientôt irréguliers; au pas, il existe un balancement de la croupe; le cheval marche large et rabote le sol de ses pinces postérieures. Cette parésie augmente peu à peu et aboutit à la paraplégie. La promenade devient impossible; à l'écurie, le malade risque de choir à chaque tentative de déplacement, surtout s'il est sur une litière épaisse; à la dernière période, il y a paralysie rectale et vésicale, enfin le cheval tombe sur le flanc et meurt.
L'amaigrissement, visible dès les premières semaines, devient de plus en plus marqué, jusqu'au moment de la mort.
La durée de la maladie est de 3 à 4 mois.
Chez l'âne, l'évolution est moins aiguë que chez le cheval, les accès de fièvre sont espacés et, en général, assez légers pour passer inaperçus.
Un âne de 4 ans, exposé sur les rives du Bani aux piqûres des tsétsés, s'est infecté et a succombé seulement 500 jours après avoir
été piqué, l'ne ânesse. exposée dans les mêmes conditions, a survécu plus longtemps encore (Cazalbou).
Bouffard n'a pas observé, chez les chevaux atteints de baleri, les symptômes cutanés décrits par Cazalbou, il conclut de ses recherches qu'il n'est pas facile de différencier la baleri de la souma en s'en tenant à la clinique.
La baleri, écrit Pécaud * se présente, chez les équidés, sous la forme aiguë ou sous la forme suraiguë. Les symptômes oculaires sont communs : blépharo-conjonctivite, kératite interstitielle, iritis. Les symptômes cutanés décrits par Cazalbou sont rares.
Bovidés. — La baleri naturelle des bovidés paraît rare, peut-être parce que, d'un diagnostic difficile, elle est souvent méconnue.
La baleri expérimentale des bovidés évolue d'ordinaire sans autre symptôme qu'un léger amaigrissement. L'incubiition est de 10 jours en moyenne. Les trypan., assez nombreux au début, deviennent bientôt très rares. L'infection, de longue durée, paraît se terminer le plus souvent par guérison.
Chèvres. Moltoxs. — Chez la chèvre et chez le mouton, l'infection est en général légère. Sur 2 chèvres et 2 moutons, la maladie s'est terminée trois fois par guérison. Laveran n'a observé, chez ces animaux, ni poussées fébriles bien marquées, ni œdèmes, ni ophtalmies. Le seul symptôme a été l'amaigrissement qui était très marqué chez la chèvre dont l'infection a été mortelle. Cette chèvre a succombé en 48 jours après avoir présenté des mouvements convulsifs; l'autre chèvre paraissait guérie au bout de 5 jnois.
Des 2 moutons, l'un a guéri au bout de 4 à 5 mois; l'autre était guéri au bout de 7 mois.
Chez ces animaux, l'existence des trypan. n'a jamais pu être constatée directement dans le sang, ce qui montre que les parasites y sont toujours en très petit nombre, contrairement à ce qui arrive dans l'infection produite parle Tr. Cazalboui.
Nous résumons l'observation de la chèvre qui a succombé et celle d'un des moutons qui ont guéri.
L — Une chèvre neuve est inoculée le 25 mai 1906 avec le Tr. Pecaudi. A cet effet on injecte sous la peau, à la base d'une des oreilles, du sang d'une souris fortement infectée de Tr. Pecaudi, mélangé à de l'eau physiologique citratée. Le 31 mai, la chèvre pèse 28 kg.
L'examen histologique du sang de la chèvre fait à plusieurs reprises, pendant les mois de juin et de juillet, est toujours négatif.
Le 9 juin, on inocule 4 souris, qui s'infectent en 5 à 7 jours et meurent en 10, 17, 18 et 23 jours.
Le 19 juin, la chèvre pèse 25 kg., elle a donc maigri. On n'observe pas d'autres symptômes morbides. Les yeux sont à l'état sain.
1. G. PÉCAUD, Revue vétérinaire militaire, 30 septembre 1911.
BALERI 661
Le 10 juillet, on inocule 3 souris qui s'infectent en 6, 8 et 10 jours et meurent en 18, 28 et 34 jours.
Le 12 juillet, la chèvre a des espèces d'attaques avec mouvements convulsifs; elle est trouvée morte le 13 juillet 1906.
Autopsie faite le 13 juillet. La chèvre pèse 23 kg. oOO.
Pas dœdèmes sous-cutanés. Un peu de sérosité citrine dans le péritoine et dans le péricarde. La rate pèse 70 gr. ; le parenchyme est ramolli. Les ganglions lymphatiques sont augmentés de volume surtout aux aines. P»eins congestionnés. Poumons congestionnés. Cœur normal. Le crâne n'a pas été ouvert.
IL — Un mouton qui a été inoculé à Ségou au mois de mars 1906 sur un cheval, mais qui ne sest pas infecté, est en très bon état le 1" septembre 1906. L'examen du sang a toujours été négatif; aucun des animaux (souris, rat, chien, cobaye) inoculés sur le mouton ne sest infecté. Le mouton a augmenté de poids; il pèse actuellement 3'J kg.
Le 3 septembre 1906, le mouton est inoculé avec Tr. Pecaadi. A cet effet on injecte sous la peau, à la base dune des oreilles, du sang d'un cobaye fortement infecté de Tr. Pecaudi, mélangé à de l'eau physiologique citratée.
18 septembre. L'examen du sang du mouton est négatif. On inocule
2 rats (1 ce. de sang à chaque). Les rats s'infectent en 4 jours et meurent en 12 et 13 jours.
1" octobre. Le mouton pèse 37 kg.; il a donc un peu maigri; on ne constate aucun autre symptôme morbide.
18 octobre. On inocule 3 souris qui s'infectent en 5 et 7 jours et meurent en 15 et 24 jours.
Le 3 novembre, le mouton pèse 40 kg. Aucun symptôme morbide. Le 18 novembre, on inocule 2 souris qui s'infectent en 8 jours et meurent toutes deux en 13 jours.
!«■■ décembre. Le mouton pèse 38 kg. 500. Le 18 décembre, on inocule
3 souris qui ne sinfectent pas.
Le 7 janvier 1907, un chien reçoit, dans le péritoine, 25 ce. du sang du mouton. Le chien s'infecte en 24 jours et meurt en 32 jours.
Le 15 janvier, le mouton pèse 37 kg. 500. Le 7 février, un chien reçoit, dans le péritoine, 30 ce. du sang du mouton, il s'infecte en 15 jours.
Le 17 févi-ier, le mouton pèse 45 kg., et le 4 mars 44 kg. Le 9 mars, un chien reçoit, dans le péritoine, 30 ce. du sang du mouton; il ne s'infecte pas.
La figure XC reproduit le commencement du tracé Ihermométrique d'un chevreau qui, inoculé avec le Tr. Pecaudile 31 mai 1908, a succombé par accident le 14 mars 1909, alors qu'il paraissait guéri de la irypanosomiase. 11 n'y a eu qu'une poussée fébrile initiale; à partir du 23 juin 1908, le chevreau n'a plus montré de fièvre. L'examen direct du sang a toujours été négatif, mais les animaux d'épreuve, inoculés de juin à novembre 1908, se sont infectés. Un chien, inoculé le 17 février 1909, ne s'est pas infecté.
La chèvre dont l'observation est résumée ci-dessous a été inoculée
TRYPANOSOMES ET TUYPANOSOMIASES
avec un virus provenant d'un cheval de Gaoua (Haut-Sénégal et Niger), virus rapporté en 1908 par M. Bouet et conservé au laboratoire de M. Mesnil.
l'ne chèvre guérie de mbori (virus mauritanien) est inoculée, le 22 janvier 1912, avec du sang dune souris infectée par le Tr. Pecaudi. L'examen microscopique du sang fait régulièrement, du 26 janvier au 6 février, est toujours négatif.
6 février, 2 souris inoculées avec le sang de la chèvre s'infectent : incubation 5 jours, mort en 10 jours 12. — 29 février, 2 souris inoculées
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Fig. XC.
Commencement du tracé thermométrique d'un chevreau inoculé
avec le Tr. Pecaudi le 31 mai 1908.
s'infectent et meurent en 14 jours 1/2. — 13 avril, 2 souris inoculées s'infectent et meurent en 5 jours.
La chèvre meurt le 13 avril; elle était malade depuis plusieurs jours : .son poids qui était de 41 kg. au moment de linoculation, était tombé à 37 kg. le 20 mars. La fièvre, intermittente au début (avec des températures de 41° et au-dessus, au moment des poussées), était devenue ensuite continue avec de légères oscillations entre 40-5,5 et 4i",2, presque jusqu'à la mort.
Porcs. — Le porc .s'infecte par le Ti\ Pecaudi, mais il est très résistant; d'après Bouet, il ne meurt pas, sauf accidentellement.
Chiens. — On constate quelquefois chez le chien l'infection naturelle parle Tr. Pecaudi (Bouet, Thiroux). D'après Pécaud, les chiens seraient souvent atteints au Dahomey.
Trois chiens inoculés par Laveran sont morts en 14, 16 et 32 jours. Deux de ces chiens avaient des trypan. nombreux dans le sang au moment de la mort; chez le troisième, les parasites étaient rares. Le
BALEIU 663
poids de la rate était fortement augmenté, surtout chez le chien qui a vécu le plus longtemps.
l"'" chien, mort en 14 jours. Poids du corps : 4 kg. 950; poids de la rate : 20 gr.
2" chien, mort en 16 jours. Poids du corps : 12 kg. oOO; poids de la rate : 60 gr.
3" chien, mort en 32 jours. Poids du corps : 8 kg. 500; poids de la rate : 100 gr.
Chez ce dernier, il y avait, au moment de la mort, de Tœdème de
Jours
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Fig. XCl.
Tracé ilierniométriquc (l"un chien infecte de baleri (d'après Bouffard).
la paroi abdominsfle et des épanchements de sérosité dans le péricarde et dans les plèvres. Les reins étaient congestionnés.
BoulTard a noté, dans la baleri expérimentale du chien : une forte lièvre qui persiste jusqu'à la mort (fig. XGl), la perte d'appétit, 1 amaigrissement, la diarrhée, la kérato-conjonctivite, l'œdème des paupières, quelquefois de l'œdème de la paroi thoracique et, à la dernière période, la paralysie du train postérieur. Tr\panosomes toujours présents dans le sang. Mort en 20 jours en moyenne.
A l'autopsie : épanchements citrins, parfois rosés, dans les séreuses (péritoine, plèvres, péricarde). Rate hypertrophiée et ramollie. Foie congestionné. Ganglions engorgés. Suffusions sanguines de l'endocarde et de la muqueuse intestinale. Injection -des méninges, épanchement dans les ventricules.
Chats. — Le chat est très sensible, c'est un bon animal d'épreuve dans les régions où la souma est enzootique, en môme temps que la baleri. L'infection du chat élimine la souma (BoulTard).
Après inoculation sous-cutanée, l'incubation est de 3 à 6 jours. On
constate de la fièvre au début, un amaigrissement rapide, parfois des œdèmes siégeant surtout aux paupières et de la dépilalion à la tête; la kératite interstitielle manque rarement. Les trypan. sont toujours présents dans le sang au début; ils se montrent ensuite par poussées suivies de crises trypanolytiques. La mort se produit en hypothermie, la durée moyenne est de 3 mois. La seule lésion est l'hypertrophie de la rate.
Singes. — Les cercopithèques s'infectent facilement, les cynocéphales sont réfractaires (Bouffard).
L'incubation est de 6 à 15 jours.
Les principaux symptômes de la maladie sont : une fièvre vive, continue au début, puis intermittente; l'amaigrissement; de l'œdème des paupières avec larmoiement, sans kératite. Somnolence très accusée à la dernière période. Mort en hypothermie (34" à 35"). Les parasites sont toujours présents et parfois très nombreux.
A l'autopsie : épanchements dans les séreuses et dans les ventricules du cerveau. Rate hypertrophiée et ramollie. Foie congestionné. Engorgement ganglionnaire généralisé. Cœur feuille morte (Bouffard).
Cobayes. — Chez des cobayes, au nombre de 25, inoculés par Laveran, la durée moyenne de la maladie a été de 40 jours;, minimums : 18 et 23 jours; maximums : 97 et 91 jours.
Chez 18 cobayes, du poids moyen de 342 gr., le poids moyen délai rate a été de 1 gr. 50; maximums : 5 gr. et 3 gr.
D'après Bouffard, l'incubation est très longue chez le cobaye (23 à 26 jours). Les trypanosomes sont toujours présents dans le sang et souvent en grand nombre. Un seul des cobayes inoculés a succombé, accidentellement dit Bouffard, à une rupture de la rate. Au contraire tous les cobayes inoculés par Laveran ont succombé à la trypanosomiase. Il y a là une divergence difficile à expliquer.
Avec le trypanosome de Gaoua, Mesnil a constaté que la durée moyenne de. l'infection chez le cobaye était de 22 jours; une seule fois la survie a atteint 54 jours.
Rats. — Chez les rats, au nombre de 6, inoculés par Laveran, la durée moyenne de la maladie a été de 19 jours; minimum : 12 jours;. maximum : 39 jours.
Pour un poids moyen du corps de 118 gr., le poids moyen de la rate a été de 2 gr. 58; maximums : 6 gr. chez un rat de 275 gr. et
3 gr. chez un rat de 76 gr.
Sur 28 rats inoculés, Bouffard a constaté que l'incubation était de
4 jours et que la mort survenait rarement avant le 20" jour.
Souris. — Chez les souris, au nombre de 29, inoculées par Laveran, la durée moyenne de la maladie a été de 17 jours; maximum : 34 jours.
BALERI 665
Le poids moyen du corps a été de 16 gr., et le poids moyen de la rate de 0 gr. G5; maximum : 1 gr. 10.
Le virus de Gaoua est devenu rapidement très virulent pour les souris qu'il tue en quelques jours.
Chez les chiens, les cobayes, les rats et les souris inoculés par Laveran, la maladie s'est toujours terminée par la mort. Les Irypan. étaient nombreux ou très nombreux, chez ces animaux, à la dernière période de la maladie.
§ 3. — Agent pathog-ène.
Dans le sang frais, les mouvements du trypanosome sont très vifs,.
Fijr. XG!I.
Sang de rat infecté avec Tr. Pecaudi. 1, grande forme mince du parasite. •?, 3, petites formes
larges. 4, grande forme en voie do division. Gr. ISOO D. environ. (Cliché de A. Laveran. 1
ce qui ne permet pas de constater qu'il se présente sous deux formes bien distinctes.
Dans les frottis de sang desséché, fixé et coloré par les procédés ordinaires, on distingue, comme l'indique la figure XCIl, des formes longues et minces et des formes courtes et larges.
1° Formes longues et minces. — Ces trypan. mesurent de 25 ix à 35 [ji. de long, sur 1 a, 5 environ de large. L'extrémité postérieure est plus ou moins effilée, parfois comme épointée. La membrane ondulante est étroite. Le flagelle a une partie libre assez longue. Vers la partie moyenne du corps, on distingue le noyau qui est allongé dans le sens de l'axe du corps. Le centrosome, bien visible, est situé en général assez loin de l'extrémité postérieure. Le protoplasme est homogène.
La multiplication se fait par bipartition. La division qui commence
par le centrosome se poursuit par le flagelle, par le noyau, et enfin par le protoplasme.
Il n'est pas très rare de trouver de grandes formes avec 4 noyaux et 2 ou 4 centrosomes.
S** Formes courtes et larges. — Ces trypan. mesurent de 14 à 20 a de long, sur 3 [x et parfois 4 [x de large. L'extrémité postérieure forme un cône très court. La membrane ondulante, très large, est peu plissée (3 à 4 plis); le flagelle n'a pas de partie libre, le protoplasme se prolongeant jusqu'à l'extrémité antérieure. Vers la partie moyenne du corps, on trouve un noyau arrondi; le centrosome est situé près de l'extrémité postérieure (distance un peu variable). Le protoplasme est homogène ou bien il montre des granulations chromophiles.
Les formes de division par bipartition sont plus rares que pour les grands trypanosomes.
Le rapport existant entre le nombre des grandes formes et celui des petites est très variable; tantôt les grandes formes dominent de beaucoup, tantôt ce sont les petites formes qui sont les plus nombreuses. Chez un même animal, on peut observer à cet égard de grandes modifications. Un rat dont le sang a été examiné à difl'érentes reprises avait, au début, de grandes formes minces en nombre bien supérieur à celui des petites formes larges; pendant le cours de l'infection, les petites formes dominaient; enfin, à la dernière période, c'étaient de nouveau les grandes formes qui étaient devenues les plus nombreuses.
Chez tous les animaux en expérience, du mois de mai 1906 au mois d'avril 1907, Laveran a constaté l'existence des deux formes.
Les stades intermédiaires sont rares.
«^ 4. ^ — Modes d'infection.
D'après Boufîard, ce sont les glossines et en particulier les Gl. palpalis et les Gl. tachinoldes qui propagent la baleri. Au cours d'un voyage sur la Haute-Volta noire et sur le Bani, Boufl'ard a emmené des chiens qui, piqués par des centaines de tsétsés {Gl. palpalis pour le plus grand nombre), se sont infectés rapidement par le Tr. Pecaudi\
Les tsétsés abondent dans toutes les régions où la baleri est enzootique.
D'après les recherches de Bouet et Roubaud, la transmission du Tr. Pecaudi a lieu d'ordinaire par Gl. longipalpis ou par Gl. lachi-
1. BouFFARD, Ann. de VInstit. Pasleur, l'JiJS, t. XXII, p. 13.
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noides; c'est Gl. longipalpis qui représente l'hôte de choix. L'infection de la Gl. palpalis par ce virus serait exceptionnelle. Avec Gî. tachinoides, l'infection -est possible, mais beaucoup moins facile qu'avec Gl. longipalpis.
Les infections des mouches par Tr. Pecaudi sont du type des infections totales, c'est-à-dire que la multiplication des trypan. a lieu dans toute la longueur du tube digestif et dans la trompe. Si les conditions salivaires sont favorables, les flagellés intestinaux pénètrent dans la trompe, ils se fixent aux parois du labre (forme Leptomonas), puis aux parois de Thypopharynx (trypanosomes salivaires); c'est alors que les mouches deviennent infectantes i.
Au Soudan nigérien, Bouet et Roubaud ont obtenu, en saison sèche, des transmissions du Ti\ Pecaudi au moyen de Gl. morsilans ayant vécu en liberté '.
L'infection du chat par ingestion de débris d'animaux infectés de baleri s'obtient facilement.
Bouffard a tenté plusieurs fois sans succès de produire l'infection en déposant du sang très virulent sur les muqueuses oculaires et vaginales.
§ 5. — Diagnostic. Identification du Tr. Pecaudi.
Le dimorphisme très marqué du Tr. Pecaudi permet de reconnaître facilement le parasite sur des préparations histologiques bien colorées.
Le dimorphisme du Ti\ dimorphon est beaucoup moins marqué que celui du Tr. Pecaudi; la forme allongée du Tr. dimorphon n'a pas de flagelle libre et la petite forme n'atteint pas les dimensions en largeur de la forme trapue du Tr. Pecaudi. Dutton et Todd ont décrit, à la vérité, sous le nom de Tr. dimorphon, un trypanosome ayant de grandes formes avec flagelle libre et de petites formes trapues sans flagelle libre "', mais on peut se demander, ainsi que nous l'avons fait remarquer précédemment (voir chap. xxiv, p. 392), si ces auteurs n'ont pas observé Tr. Pecaudi, en môme temps que Tr. dimorphon.
Au point de vue symptomatique, on note des difl'érences assez sensibles entre les infections produites par le Tr. dimorphon et par
1. G. Bouet et E. Roubaud, Ann.Jnst. Pasteur, 1910, t. XXIV, p. 664 et 667 et Soc. de palh. exotique, 9 novembre 1910. — Roubaud, Acad. des Sciences, 12 décembre 1910.
2. G. Bouet et E. Roubaud, Soc de palh. exotique, 11 octobre 1911.
3. J.-E. Dutton et J.-L. Todd, First Rep. of the trypanosomiasis exped. to Senegninbia, Liverpool Sch. of trop, med., Mem. XI, 1903. Voir notamment planche I. — Des mêmes, Trypanosomes, trypanosomiasis, etc., même Bec., Mem. XVI, 1905, p. 25.
668 TRYPANUSOMES ET TIIYPANOSOMIASES
le Tr. Pecaudi. C'est ainsi que, chez les souris inoculées avec le Tr. Pecaudi, on n'observe pas les infections à marche lente, avec hypertrophie énorme de la rate, qui ont été notées quelquefois chez des souris inoculées avec le Tr. dimorphon^.
Il était important de rechercher si un anirnal ayant résisté au Tr. Pecaudi, et ayant acquis une immunité solide pour ce virus, aurait également l'immunité pour le Tr. dimorphon. Les observations suivantes ne laissent pas de doute à cet égard.
I. — Un mouton du poids de 30 kg. est inoculé avec le Tr. Pecaudi le 3 septembre 1906. L'inoculation est faite sous la peau, à la base d'une des oreilles, avec le sang d'un cobaye fortement infecté. L'examen direct du sang du mouton fait à différentes reprises, du l*"" octobre 1906 au l" mars 1907, est négatif, mais des rats, des souris et des chiens inoculés avec le sang du mouton s'infectent. Le mouton ne paraît pas malade; il pèse le 4 mars 44 kg. Un chien qui a reçu, le 9 mars, 30 ce. du sang du mouton ne s'infecte pas.
Le 9 avril 1907, le mouton est réinoculé avec le Tr. Pecaudi sur un cobaye. 24 avril, un chien reçoit, dans le péritoine, 30 ce. du sang du mouton ; il ne s'infecte pas. Le mouton est donc guéri de l'infection produite par le Tr. Pecaudi, et il a acquis l'immunité pour ce virus.
26 juin 1907. Le mouton .qui va très bien (poids 50 kg.) est inoculé sous la peau, à la base d'une des oreilles, avec le sang d'une souris fortement infectée par le Tr. dimorphon.
L'examen direct du sang du mo.uton fait à différentes reprises, du 11 juillet au 31 août, ne révèle qu'une fois l'existence de trypan. rares, à la date du 4 août. Des souris inoculées les 11 juillet, 23 août, 23 septembre, 7 novembre et 23 décembre 1907, s'infectent. On inocule chaque fois 3 souris et chaque souris reçoit, dans le péritoine, 1/4 de ce. du sang du mouton.
7 février 1908. Trois souris inoculées sur le mouton ne s'infectent pas, mais un chien, qui reçoit, le 8 avril, 30 ce. du sang du mouton dans le péritoine, s'infecte.
9 juin 1908. Un chien reçoit, dans le péritoine. 30 ce. du sang du mouton; il ne s'infecte pas. Le mouton peut être considéré comme guéri de l'infection 'produite par Tr. dimorphon. Au cours de cette infection, le mouton n'a pas présenté de symptômes morbides, il a continué à augmenter de poids; au mois de janvier 1908, il pèse (50 kg. et, au mois de juin, 73 kg.
24 juillet 1908. Le mouton est réinoculé de Tr. dimorphon. 27 août. Un chien reçoit dans le péritoine 30 ce. du sang du mouton, il s'infecte. 3 septembre. Le mouton pèse 75 kg. 28 septembre. Un chien reçoit, dans le péritoine, 30 ce. du sang du mouton; il ne s'infecte pas. La réinfection a donc été très légère. Le mouton pèse, le 15 octobre, 74 kg. et, le 16 novembre, 70 kg.
l9 novembre 1908. Le mouton est réinoculé, pour la deuxième fois, avec le Tr. dimorphon. Des chiens inoculés les 5 décembre 1908 et 20 janvier 1909 avec 30 ce. du sang du mouton s'infectent. Au mois de mars, on