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A. Laveran, Acad. des Sciences, 29 mars

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constate que la laine du mouton tombe par places; les conjonctives sont injectées, il existe du larmoiement; le mouton maigrit rapidement, il pèse : 57 kg. le 31 mars, 50 kg. le 8 avril, 43 kg. le 2 mai, et le jour de la mort, le 11 mai, son poids nest plus que de 34 kg. La rate pèse 150 gr. On ne trouve pas d'altérations macroscopiques des autres viscères.

Le mouton guéri de l'infection par le Tr. Pecaudi, et ayant l'immunité pour ce virus, s'est donc infecté par le Tr. dimorphon et il a succombé à une réinfection par ce trypanosome.

IL — Un mouton, inoculé le 8 mars 1906 à Ségou, avec le trypanosome qui a été décrit postérieurement par Laveran sous le nom de Tr. Pecaudi, est ramené en France au mois de mai 1906. L'examen direct du sang du mouton est négatif, mais 2 cobayes et 2 souris inoculés le 6 mai s'infectent. Deux cobayes et deux souris inoculés le 16 juillet sur le mouton ne s'infectent pas. Le 3 août, un chien reçoit, dans le péritoine, 30 ce. du sang du mouton ; il ne s'infecte pas.

8 septembre 1906. Le mouton est réinoculé sur un cobaye fortement infecté de Tr. Pecaudi. Le 24 septembre, un chien reçoit, dans le péritoine, 30 ce. du sang du mouton; il ne sinfecte pas. Le mouton est donc guéri de son infection par le Tr. Pecaudi et il a l'immunité pour ce virus; il est en très bon état. Le poids qui, le 19 juin, était de 23 kg., est, le 16 octobre, de 29 kg.

3 novembre 1906. Le mouton est inoculé avec le Tr. dimorphon. Le 18 novembre, l'examen histologique du sang du mouton est négatif, mais trois souris inoculées le 20 novembre, chacune avec un quart de centimètre cube du sang du mouton, s'infectent. De décembre 1906 à mai 1908, des animaux (souris, cobayes, chiens), inoculés presque chaque mois- sur le mouton, s'infectent. Le mouton se porte d'ailleurs très bien : le 15 janvier 1907, il pèse 30 kg; le 16 janvier 1908, 35 kg.; le l""" mai, 39 kg.; le 15 juin, 43 kg. Le 17 juin, un chien reçoit, dans le péritoine, 30 ce. du sang du mouton; il ne s'infecte pas.

24 juillet 1908. Le mouton est réinoculé avec le Tr. dimorphon sur une souris ayant de nombreux trypan. Le 26 août, un chien reçoit, dans le péritoine, 30 ce. du sang du mouton, il ne s'infecte pas. Le 29 septembre, le mouton est réinoculé pour la seconde fois avec du sang très riche en Tr. dimorphon. Le 15 octobre, un chien reçoit, dans le péritoine, 30 ce. du sang du mouton; il ne s'infecte pas.

16 décembre 1908. Les chiens inoculés les 17 juin, 26 août et 15 octobre ne se sont pas infectés; il paraît évident que le mouton est guéri de l'infection produite par le Tr. dimorphon et qu'il a acquis l'immunité pour ce virus. Le mouton pèse 46 kg.; il est inoculé avec le Tr. congolense. L'inoculation est faite sous la peau, à la base d'une des oreilles, avec du sang de cobaye riche en Tr. congolense.

31 décembre. L'examen du sang du mouton révèle l'existence de trypan. très rares. Trois souris inoculées avec le sang du mouton (un quart de centimètre cube de sang à chaque souris) s'infectent. La température s'élève à 39°, 5 les 27 et 30 décembre.

Les 2, 4, 6, 8, 11 et 12 janvier 1909, poussées fébriles bien marquées;

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la lenipérature atteint 41° le 6 janvier, et ii^,2 le 12. L'existence des trypan. est constatée directement dans le sang du mouton les 2, 5, 6, 9, 10, 13, 14 janvier. Le 16 janvier, le mouton pèse 42 kg. Les 20 et 24 janvier, poussées fébriles moins fortes que les premières; le 24, la température s'élève à 40"^, 4. Le 20, l'examen direct du sang frais du mouton révèle l'existence de trypan. non rares et, le 24, de trypan. très rares.

A partir du 25 janvier, les poussées fébriles s'espacent et deviennent moins fortes; l'examen du sang est souvent négatif. Des poussées fébi'iles sont notées les 7, 20 et 27 février et le 14 mars. L'examen du sang, au point de vue de la présence des trypan. est positif les 2, 20 et 23 février, 3 et 7 mars, et négatif les 7, 11, 15, 21 et 27 février, 10, 13 et 18 mars. Le mouton supporte très bien l'infection; il maigrit à peine. Les !•■'■ et 13 février et 15 mars il pèse 41 kg.

Le 31 mars 1909, 2 souris inoculées avec le sang du mouton s'infectent. Le 22 juin, un chien inoculé (30 ce. de sang) s'infecte. Le l" juillet, le mouton pèse 44 kg. et, le 14 septembre, 45 kg. Un chien inoculé le 14 septembre (30 ce. de sang) s'infecte.

16 novembre 1909. Un chien inoculé avec 30 ce. du. sang du mouton ne s'infecte pas. Le 21 janvier 1910, le mouton est réinoculé avec le Tr. congolense; il ne se réinfecte pas.

Le 11 avril 1910, le mouton réinoculé avec le Tr. diinorphon ne se réinfecte pas.

Le 24 septembre 1910, le mouton i-éinoculé avec le Tr. congolense ne se réinfecte pas.

Le 3 janvier .1911, le nlouton réinoculé avec le- Tr. congolense ne se réinfecte pas.

Enfin le 22 juin 1911 le mouton est inoculé avec le Tr. pecorum, il s'infecte et il succombe à cette dernière infection le 23 mai's 1912. Cette partie de l'observation a été citée déjà au chap. xxvi, p. 653.

L'observation de ce mouton africain présente un grand intérêt, non seulement pour l'étude de la baleri, mais encore pour celle de plusieurs autres trypanosomiases.

1° Le mçuton, inoculé à Ségou par M. Cazalbou et ramené en France, sert aux recherches de Laveran sur le Tr. Pecaiidi.

"1" Le mouton guéri de la baleri et ayant acquis l'immunité pour celte trypanosomiase, est inoculé avec le Tr. dimorphon; il s'inîecle, ce qui fournit une preuve de la non identité du Tr. Pecaudi et du Tr. dimorphon.

3" Le mouton guéri de l'infection produite par le Tr. dimorphon, et ayant acquis une immunité solide pour ce virus, est inoculé avec le Tr. congolense; il s'infecte, ce qui fournit une preuve de la non identité de ces deux trypanosomes.

-4" Le mouton guéri de l'infection produite par le Tr. congolense, et ayant acquis l'immunité pour ce virus comme pour le Tr. dimorphon, est réinoculé à plusieurs reprises avec l'un ou l'autre de ces trypan. , il ne se réinfecte pas, ce qui témoigne en faveur de la longue durée

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de rimmunité acquise à la suite des infections produites par les trypanosomes \

5" Enfin le mouton inoculé avec le Tr. pecorum contracte une infection mortelle, ce qui montre que ce dernier trypan. ne doit être identifié ni à Tr. dimorphon, ni à Tr. congolense.

Chez les animaux infectés par Tr. gambiense, on trouve, à côté de grands trypanosomes à flagelle libre, des trypanosomes courts et larges, sans flagelle libre; le diagnostic différentiel avec T/\ Pecaudi peut donc présenter des difficultés. Dans un cas semblable, Thiroux et d'Anfreville^ ont utilisé la propriété qu'a le sérum humain d'agir, en mélange, sur les virus des trypanosomiases animales, alors qu'il est inactif surle Tr. gambiense^. C'est là un bon moyen de diagnostic, auquel on devra recourir à l'occasion, sans oublier que le Tr. rhodesiense, voisin du Tr. gambiense. ne se comporte pas comme ce dernier vis-à-vis du sérum humain (voir ch. xxviii).

Montgomery et Kinghorn ont observé, dans le nord de la Rhodésia, une trypanosomiase des bovidés caractérisée par la présence dans le sang de trypanosomes courts et très larges rappelant de très près les petites formes du Tr. Pecaudi^; les grandes formes à flagelle libre faisant ici défaut, la confusion avec la baleri n'est pas à craindre.

Fischer et Fehlandt ont observé, au Tanganyka, chez des chèvres, un trypanosome qui se présente sous les aspects suivants : 1" formes longues, avec partie libre du flagelle, mesurant 31 a de long, sur 2 a, 5à 3 [j. de large; ^" formes courtes saus flagelle libre, ou avec un très court flagelle, mesurant 18 à 20 a de long, sur 2 p. à 2 [jl, 5 de large; 3" formes intermédiaires. Les formes courtes de ce trypanosome qui a été désigné par Kleine sous le nom de Tr. caprce sont moins larges que celles du Tr. Pecaudi, de plus le Tr. caprœ paraît être particulier à la chèvre et au mouton'.

On pouvait se demander si la baleri n'était pas le résultat d'une infection double; cette hypothèse qui a été faite par Cazalbou et Pécaud, très admissible au début des recherches sur la baleri, est infirmée aujourd'hui par un grand nombre de faits.

Pécaud n'a jamais réussi à séparer la grande forme du trypan. de la petite, et Laveran n'a pas été plus heureux que lui.

1. A. Laveban, Acad. des Sciences, 9 janvier 1911 et p. 16a de cet ou-vrage.

2. A. Thiroux et L. d'Anfreville, Acad. des Sciences, 31 août 1U08.

.3. A. Laveran qui a pu étudier, à Paris, le virus en question a reconnu qu'il s'agissait du Tr. Pecaudi.

4. R.-E. Montgomery et A. Kinghorn, Annals oftrop. med. a. parasiloL, 20 oct. 1909, t. 111, p. .354.

."). Kleine, Deutsche med. Wochenschr., 28 juillet 1910. — W. FisclfER, Zeitschr, f. Hyg. u. Infektionskr., 1911, t. LXX, p. 97. — Fehlandt, Untersuch. iiber Trypanosonien, Inaugural Dissertation. Leipzig, 1911.

Comme la grande forme, avec flagelle libre, ressemble à Tr. Evansi et que la mbori est enzootique au Soudan français, il était intéressant d'inoculer le virus de la baleri à un animal ayant l'immunité pour la mbori et de voir si, dans ces conditions, les petites formes se développeraient seules. Une chèvre guérie de mbori et ayant l'immunité pour celte trypanosomiase, s'est infectée de baleri, et chez les animaux d'épreuve inoculés sur la chèvre, on a retrouvé les deux formes caractéristiques du Tj\ Pecaudi : forme longue, effilée, avec flagelle libre, et forme courte, trapue, sans flagelle libre '.

§ 6. — Traitement. Prophylaxie.

Thiroux et Teppaz ont obtenu de bons résultats avec Torpiment dans le trait-ement de la baleri des équidés^. Pécaud a été moins heureux {op. cit.). Le mode d'emploi de l'orpiment dans les trypanosomiases du cheval a été exposé à propos du surra (p. 382); nous n'y reviendrons pas,

La prophylaxie doit être basée sur ce fait, aujourd hui bien démontré, que la maladie est propagée par les glossines. Ces mouches vivent sur les rives boisées des cours d'eau et s'en éloignent peu, si bien qu'on peut trouver des stations salubres non loin de localités insalubres.

On choisira, pour l'emplacement des parcs à bestiaux et des pâturages, des localités non fréquentées par les glossines.

Les troupeaux en voyage dans les régions où la baleri est enzootique seront parqués dans des localités salubres, à 3 km. au moins des troupeaux sédentaires. Dans les régions contaminées, on choisira des voies de transit qui traversent les cours d'eau en des endroitsoù les glossines sont rares. Au besoin on fera opérer le débroussement sur les points de passage ordinaire des bestiaux qui sont conduits d'une région dans une autre et des caravanes servant aux transports.

On surveillera l'état sanitaire des marchés de bestiaux. Les animaux infectés seront abattus (Bouffard).

1. A. Laveran, Ann. de Vlnslit. Pasteur, 1907, t. XXI, p. -346.

2. .\. Thiroux et L. Teppaz, Acad, des Sciences, H jazîvier 1909 et Ann, de rinstit. Pasteur, 1909, t. XXIII, p. 426.

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