Ziemann, Deutsche med. Wochensclir., 2 avril
3. G. PiiTALUGA, La Trypanosomiasis humana en las possessiones espaiiolas del golfo de Guinea, Madrid, 1910.
4. Rapport de la mission portugaise de la maladie du sommeil dirigée par le D' GorreaMendes, Archiv. do Hyg. e Pathol. exoticas, t. II, fasc. 1 et 2, Lisbonne, 1909.
r>. Au sujet de la répartition de la maladie du sommeil au Congo français, consulter : Kermorgant, Ann. d'hyg. et de méd. colon., 1906, t. IX, p. 126. — G. Martin, Leboeuf et RouBAUD, Soc. de path. exotique, 11 mars 1908, 11 février 1909 et La maladie du sommeil au Congo français, Paris, 1909. — Kérandel, Soc. de path. exotique, 13 mai 1908, et Ann. d'hyg. et de méd. colon., 1909, t. XII, p. 107. — Hecken- ROTH, Ann. d'hyg. et de méd. colon., 1909, t. XII, p. 663.
la Haute-Sangha; la région de Carnot notamment, encore indemne en 1906, a été très éprouvée. Au nord de Carnot, la maladie s'est répandue depuis peu sur les rives de la Mambéré; elle est inconnue dans les bassins de TOuhame et du Logone et dans tout le Kanem '. Un petit foyer a été observé au Chari.
La Glossina palpalis existe sur les rives de tous les cours d'eau du Gabon, du Bas et du Moyen-Congo français, seule ou associée à la Gl. fusca qui est toujours beaucoup plus rare.
Dans le bassin du Chari, les GL palpalis deviennent de plus en plus rares à mesure qu'on remonte vers le nord, tandis qu'apparaissent 1-es Gl. tachinoides et les Gl. morsitans. Sur les rives du lac Tchad on ne rencontre plus aucune Gl. palpalis, tandis que les Gl. tachinoides abondent -. Quelques cas de maladie du sommeil ont été signalés en dehors de la zone des Gl. palpalis, mais il est probable qu'il s'agissait de cas d'importation.
Dans l'Angola (Congo portugais), la maladie règne principalement dans la région de Quissama et sur les rives de la Cuanza^ Dans la ville de Dondo et aux environs, sur 2000 nègres ou métis, il y a eu, en 1900, 98 décès dus à la maladie du sommeil ; à Tombo, près de l'embouchure de la Cuanza, presque toute la population a disparu.
Au Benguela, la maladie est moins fréquente qu'au Loanda, et, plus au sud encore, elle disparaît complètement, notamment dans la province de Mossamedes.
D'après Wellman, la rivière Cuanza paraît marquer la limite au Sud de l'endémie. Au nord de cette rivière, les Gl. palpalis typiques abondent, au sud on trouve une variété de cette espèce qui a été décrite sous le nom de Gl. palpalis Wellmani.
Le Congo belge est fortement atteint par l'endémie *.
On observe des cas sporadiques à l'Ouellé, à Basako, à Bangala,
1. Decorse, Ann. d'hyg. et de méd. coloniales, 1905, t. VIII, p. 17-3. — Couvy, même Rcc, 1909, t. XII, p. 148. — G. Martin et Ringendach, Soc. de palh. exotique, 12 oclol)re 1910. — F. Ouzilleau, même Société, 8 mars 1911 vl Ann. d'hygiène et de méd. co'on., 1911, u° 2. — Regnault, Xnn. d'hygiène el de méd. colon., 1911. — P. Albert, même Recueil, 1911, ii° 4. — F. Heckenroth, Soc. de path. exotique, 12 juin 1912.
2. A. Laveran, Acad. des Sciences, 31 octobre 1904. — Decorse, op. cit. — Martin, LEBœuF et HouBALîD, Rapport, p. 223.
3. Rapport de la mission portugaise dont le D' Bettencourt était le chef, Lisbonne, 1903. — Ayres Kopke, Arch. de Hyg. e Pathol. exoticas, Lisbonne, 1905, t. I, fasc. 1. — F.-C. Wellman, Journ. of trop, med., 1905, et Journal of Hygiène, 9 août 1906.
4. Van Gampenhout et Dryepondt, Rapport sur les travaux du laboratoire médical de Léopoldville en 1899-1900, Bruxelles, 1901, et Congrès internat, de Paris 1900 (Section de médecine coloniale). — J.-E. Dutton, J.-L. Todd et G. Ghristy, Drit. med. Journal, 23 janvier et 20 août 1904, et Reports of the Trypanosomiasis expédition to Ihe Congo, 1903-1904; Livcrpool Sch. of trop, med., Mem. XIII. — Su. Neave (La maladie du sommeil au Katanga) Bullet. Insl. Pasteur, 1909, t. VII, p. 83. — A. Pearson, Brit. med. Journal, 17 octobre 1908. — Une carte de la répartition de la maladie du sommeil au Congo belge a été publiée en Belgique, le Bulletin of Sleep. Sickn. Bureau en a donné une réduction, 1911, t. III, n» 20.
68G TRYPANOSOMES ET TRYPANOSOMIASES
à Léopoldville, à Borna ; la maladie règne endémiquement dans la région des Cataractes, à Banza Mantéka notamment. A Berghe- Sainte-Marie, au confluent de la rivière Kasaï et du Congo, dans la colonie scolaire, les cas de léthargie sont très nombreux. La mortalité, qui était en 1896 de 13 p. 100 et en 1897 de 19 p. 100 s'est élevée, dans les années suivantes, à 39, à 22 p. 100 et. dans le premier trimestre de 1900, à 73 p. 100! La plupart des enfants mouraient de léthargie. Au momentoùlcD' van Campenhouta visité cette colonie, il y avait 82 malades atteints de léthargie venant à la visite, et beaucoup n'y venaient pas.
Toute la population de la rive gauche du Congo, depuis l'embouchure du Kasaï jusqu'à Bolobo en amont, est en proie à ce fléau, qui a décimé les villages Botanguis.
Dutton, Todd et Christy ont examiné, au cours de leur expédition au Congo belge, le sang de 1 172 indigènes dont plus de la moitié étaient sains en apparence. 103 ont montré des trypanosomes ; dans 57 cas, le diagnostic de maladie du sommeil avait été porté. En Gambie, Dutton et Todd avaient examiné 1 043 indigènes et n'avaient rencontré que 6 fois des trypanosomes. Ces chifl"res montrent bien quelle est la fréquence relative de la trypanosomiase humaine au Congo et en Gambie.
Depuis 4 ans, le Bas-Katanga a été envahi, il est aujourd'hui fortement atteint.
La trypanosomiase n'existe pas à l'état endémique dans la région d'Elisabethville et de Kambove (Haut-Katanga); l'aire de la Gl. palpalis ne s'étend pas à cette altitude (1 400 à 1 500 mètres) '.
En dehors de cette région, la G/.yja/pa/Zs est extrêmement répandue au Congo belge-; on la rencontre le long de la plupart des grands cours d'eau.
Dans l'Est africain, la maladie du sommeil est beaucoup moins répandue que dans l'Ouest, mais la région la plus éprouvée par cette endémie s'y rencontre, c'est l'Ouganda '.
Cook le premier a signalé, en 1900, l'existence de la maladie dans cette région où elle a été importée probablement par des indigènes venant du bassin du Congo. Le centre de l'endémie est sur les rives du lac Victoria, dans l'Usoga et le Chagwe, autour d'Entebbe et
1. 0. GoEBEL, Trois années de pratique médicale dans le Haut-Katanga, Bruxelles, 1911. — F.-O. Stohr, La maladie du sommeil au Katanga, Londres, 1912.
2. Outre les ouvrages cités plus haut, consulter : A. Laveran, Acad. des Sciences. 4 décembre 1903 et 11 mars 1907 et Soc. depath. exotique, 13 mai 1908.
3. Au sujet de la maladie du sommeil dans l'Ouganda, consulter les travaux suivants : Royal Society, Reports of tfie Sleep. Sickn. Commis., Rapports de Bruce, Nabarro et Greig, de Low et Gastellani. de G. Ghristy, de Hodges; et Bulletin of the Sleep. Sickn. Bureau, passim, notamment travaux de B.-W. Gherrett, J. Plgh, A.-D. MiLNE et G. Ghristy sur la maladie du sommeil et les tsétsés dans le Protectorat anglais de l'Est africain, Bulletin, n" 28, 1911.
dans les îles voisines. La maladie n'a pas pénétré dans Tintérieur du pays à une distance de plus de 30 à 40 railles du lac; ce sont les villages situés sur les rives du lac et dans les îles qui ont été les plus éprouvés, beaucoup ont perdu les deux tiers de leurs habitants.
Christy donne les dates suivantes pour l'apparition de la maladie dans les différentes régions de TOuganda : quelques parties du Busogo ou des îles Buvuma 1890 (D'" Hodges), Kampala février 1901, Sud du Kavirondo octobre 1901, îles Sese décembre 1901, Kasagunga janvier 1902, îles Lusinga mars 1902, Kasachonga mai's 1902, Kisengere mai 1902, Est africain allemand septembre 1902.
D'après ces dates, la marche de la maladie est nettement envahissante et il est à craindre que le chemin de fer qui va de la côte est d'Afrique au lac Victoria ne facilite son extension; le terminus du chemin de fer sur le lac Victoria est infecté.
De 1905 à 1909, le nombre des décès dus à la maladie du sommeil dans l'Ouganda a dépassé 24000 dont 19000 pour le Buganda'.
Les Gl. palpalis abondent dans toutes les localités de l'Ouganda où existe, à l'état endémique, la maladie du sommeil; il suffit, pour s'en convaincre, de jeter les yeux sur les deux cartes de la répartition de la maladie du sommeil et de la répartition des Gl. palpalis dans l'Ouganda qui ont été publiées en 1903 par la Commission anglaise de la maladie du sommeil -.
La maladie du sommeil qui s'était d'abord localisée aux rives nord du lac Victoria s'est répandue depuis plusieurs années dans rUnyoro, sur les rives du lac Albert, et sur celles du Nil qui en sort; on en a observé des cas jusqu'à Ouadelaï. La Gl. palpalis existe dans les mêmes régions ■'.
La maladie du sommeil a été observée dans l'enclave de Lado (rive gauche du Nil, au-dessous du Balir-el-Ghazal) ; sur 6 708 indigènes examinés dans la vallée du Yei, 269 ont été trouvés infectés. La maladie n'existe pas dans le nord de l'enclave. Gl. palpalis a été rencontrée dans toute la région*.
Dans le Bahr-el-Ghazal, on a recherché vainement jusqu'ici des cas de trypanosomiase chez les indigènes, mais on a constaté la présence de Gl. palpalis; cette région est évidemment menacées
1. Ballet, of Sleep. Sickn. Bureau, 1910, t. II, p. 218, fasc. 18.
2. Reports of the Sleep. Sickn. Commission., n" IV, novembre 1903.,
3. E.-D.-W. Greig, Reports of the Sleep. Sickn. Commission, n" VI, 190.J. — E.-B. Adams, même Rec, n" VIII, février 1907. — A.-D.-P. Hodges, même Rec, même fascicule.
4. C. Mackenzie, Ballet, of Sleep. Sickn. Bureau, 1911, t. III, p. 89. — R.-J.-G. Thompson, même Recueil, 1911, t. III, p. 326. — C.-M. Dhew, Bullet. of Sleep. Sickn. Bureau, 1911, t. III, p. 473.
"). A. Balfour, Third Report Wellcome research Laboratories. Khartoum, 1908. — . 11. Ensor, même flfc. i'IJoarn. R. army med. Corps. 1909. — H.-B. Mathias, Fo«///ifîcp. Wellcome research Labor., t. A, médical, Khartoum 1911, p. 31.
Plusieurs tribus vivent partie au Bahr-el-Ghazal, partie au Congo français et le commerce de Tivoire donne lieu à de continuels déplacements des indigènes'. Deux cas de trypanosomiase ont été observés à Ragaa (dans le Sud du Bahr-el-Ghazal), mais il s'agissait d'indigènes arrivés depuis peu du Congo français.
Certaines parties de l'Est africain allemand, naguère indemnes, sont aujourd'hui contaminées-.
L'endémie de l'Ouganda a gagné la rive orientale du lac Victoria en territoire allemand; dans certains villages, 20 p. 100 des habitants sont infectés. Feldmann estime que, sur les rives de la rivière Mori qui se jette dans le lac Victoria, la proportion des indigènes infectés atteint parfois 70 p. 100.
Les GL palpalis abondent sur la rive orientale du lac Victoria et sur les bords de la Mori.
Un foyer de trypanosomiase a été constaté sur la rive ouest du lac Victoria, dans le district de Kisiba.
Les rives sud du lac sont indemnes, mais comme les Gl. palpalis y abondent, ainsi que dans les îles, elles sont évidemment très menacées.
Des cas de maladie du sommeil ont été observés sur les rives anglaises des lacs Tanganyka et Mweru ou Moero \
On a vu plus haut que le Katanga était fortement atteint et beaucoup d'indigènes du nord de la Rhodésia et du Nyassaland vont travailler aux mines du Katanga.
Des cas de trypanosomiase humaine ont été signalés, en 1910 et 1911 (28 cas en 1910), dans la vallée de la Luangwa au nord-est de la Rhodésia et à l'extrémité sud du lac Nyassa. Dans ces régions, la Glossina palpalis n'existe pas; on rencontre seulement des Gl. morsitans en grand nombre et de rares Gl. fiisca \ Les malades n'avaient pas quitté le pays.
Ces faits qui, si les renseignements que nous possédons sont exacts, sortent de la règle concernant le rôle de Gl. palpalis dans la transmission de la trypanosomiase humaine, ont donné lieu à plusieurs interprétations ^
Plusieurs observateurs ont supposé qu'il s'agissait de la trypanosomiase ordinaire, produite par Tr. gambiense, mais que, dans la
1. Garroll, Bullet. of Sleep. Sickn. Bureau, 1910, t. II, p. 17U, n° 17.
2. Feldmann, Deutsche med. Wochenschr., 2 avril 1908. — Rapport de la mission allemande pour l'étude de la maladie du sommeil, Berlin, 1909.
3. A. KiNGHORN et R.-E. Montgomery, Annals of trop. med. a. parasitology. 9 juin 1908 et 20 oct. 1909.
4. Voir in Sleep. Sickn. Bulletin, 1912, t. IV, p. 197, une carie du nord de la Rhodésia avec la distribution approximative des glossines.
5. Sanderson, Stanncs, Low, Neave cités in Bulletin of Sleep. Sickn. Bureau, 1910, t. II, p. 197, p. 321, p. 334, p. 415.
vallée de la Luangwa, sous l'influence de conditions particulières, Gl. fiisca ou Gl. morsitans devenaient aptes à transmettre la maladie, ou bien que la transmission avait lieu par d'autres insectes piquants.
Sanderson et Stannus ont- émis l'opinion que le trypanosome de Rhodésia appartenait à une autre espèce que Tr. yambiense; Stephcns et Fantham ont décrit sous le nom de Tr. rhodesiense un trypanosome provenant d'un Européen qui s'était infecté dans la vallée de la Luangwa '.
Yorke est arrivé à la môme conclusion que Stephens et Fantham -.
Cette opinion, d'abord contestée \ est aujourd'hui admise par la majorité des observateurs.
La maladie du sommeil n'a pas été signalée au Mozambique. Gl. palpalis ne paraît pas exister dans cette région *.
En résumé, sur la côte Ouest de l'Afrique, depuis le Sénégal jusqu'à Saint-Paul-de-Loanda, la plupart des régions sont atteintes mais, en général, l'endémie n'y exerce pas de grands ravages; au' contraire la maladie du sommeil sévit avec force au Congo français, dans certaines parties du Congo belge et dans l'Ouganda; elle est dans ces pays en voie d'extension.
Glossina palpalis existe dans toutes les zones d'endémicité de la trypanosomiase humaine, à une exception près, la Rhodésia nordest, et cette exception s'explique par le fait que l'agent de la maladie, dans cette région, n'est pas l'agent ordinaire.
§ 3. — Causes prédisposantes. Influence de l'âge, du sexe, de la profession, de la race, etc.
L'âge paraît être sans influence marquée. C. Christy a constaté les symptômes de la maladie du sommeil chez beaucoup d'enfants de 18 mois à 2 ans, et ces enfants avaient été infectés, évidemment, à une époque antérieure de beaucoup °.
Les deux sexes sont atteints dans la même proportion.
L'influence de la profession et de la position sociale est très marquée. Ce sont les individus les plus exposés par leur profession, ou par leurs occupations habituelles, aux piqûres des tsétsés qui paient à la maladie le plus lourd tribut.
Les hommes employés sur les steamers fluviaux, ou sur les
i. J.-W.-W. Stephens et H.-B. Fantham, Proceed. of the R. Soc, iiov. 1910.
2. W. Yorke, Annals of trop. ined. a. parasitai., décembre 1010.
3. L.-E.-W. Bevan, Journ. of trop. med. a. hyg., 16 janvier 1911.