C.-W. Daniel?. Journ. of trop. med. a. hyg., juin
^uéri après avoir avorté de 3 petits morts; elle a eu ensuite une portée de 5 petits dont 3 sont morts rapidement et 2 ont survécu. Le cobaye, qui depuis 74 jours n'avait plus montré de trypanosomes et dont la guérison ne semblait pas douteuse, a été réinoculé avec le Tr. rhodesiense, il s'est réinfecté. Les deux petits, inoculés en même temps que la mère, se sont infectés comme des cobayes neufs, ils n'avaient donc pas acquis Tirfimunité.
Lapins. — Deux lapins inoculés avec le Tf. rhodesiense sont morts en 24 et 32 jours; tous deux ont présenté, à la dernière période de l'infection, de l'œdème de la tête, delà blépharo-conjonctivite et du jetage par les narines. Chez un des animaux (une femelle), il y avait en outre de l'œdème des organes génitaux externes. Trypan. presque toujours rares ou très rares dans le sang (A. Laveran).
Rats. — Mesnil et Ringenbach ont constaté que le Tr. rhodesiense tuait les rats en 9 jours en moyenne (maximum 12 jours; minimum 7 jours). Pour 24 rats blancs inoculés par Laveran, la durée moyenne de l'infection a été de 8 jours 1/2 ; maximum 18 jours ; minimum 6 jours; à la suite d'une série de passages par rats, la virulence du Tr. rhodesiense a doublé pour ces animaux. Les parasites apparaissent dans le sang au bout de 2 à 3 jours (après inoculation sous-cutanée) et leur nombre s'accroît ensuite rapidement et régulièrement; ils sont extrêmement nombreux au moment de la mort.
Souris. — La durée de l'infection chez les souris est de 4 à 5 jours, d'après Mesnil et Ringenbach. Laveran a trouvé, pour 10 souris, une durée moyenne de 6 jours 1/2; ici, comme chez les rats, la virulence du trypanosome s'accroît rapidement à la suite de passages successifs par souris ; durée des o premiers passages par souris : 8 jours; durée des 5 passages suivants : 4 jours, 8. Les trypanosomes apparaissent dans le sang au boutde 24 heures après inoculation dans le péritoine, au bout de 48 heures environ après inoculation sous la peau ; ils augmentent ensuite rapidement et progressivement de nombre; ils sont extrêmement nombreux au moment de la mort.
Chèvres. Moutons. — On a vu plus haut que les infections produites par le Tr. gambiense chez les chèvres et chez les moutons ne se traduisent d'ordinaire par aucun symptôme apparent et se terminent souvent par guérison; les infections produites par le Tr. rhodesiense se comportent très différemment chez ces animaux.
Bevan et Yorke ont insisté sur la gravité, chez les chèvres et les moutons, des infections dues au Tr. rhodesiense.
Trois chèvres inoculées par Yorke sont mortes en 55, 46 et 45 jours.
Chez deux moutons et chez une chèvre inoculés par Mesnil et Ringenbach, la maladie s'est terminée par la mort, en 59 et 25 jours chez les moutons, en 53 jours chez la chèvre.
Chez 2 moutons et 3 chèvres inoculés par Laveran, la maladie
sest terminée par la mort, eu 44 et oi jours chez les moutons, en -48, 43 et 35 jours chez les chèvres.
La fièvre, qui peut apparaître dès le 2" jour de l'inoculation, est très forte; la température atteint souvent, et dépasse môme, 41°. Au lieu de procéder par poussées, comme cela a lieu d'ordinaire dans les trypanosomiases des chèvres et des moutons, la fièvre est continue ou du moins on n'observe que de très courtes rémissions. La tempé-
Fig. cm.
Chèvre infectée par le Tr. r/io(lesiense.La tète œdématiée do la chèvre est vue de face à gauche, de profil à droite. (Cliché de Mesnil et Ringcnbach.)
ratOrc s'abaisse généralement à la période ultime, et les animaux meurent en hypothermie.
L'œdème de la tête s'observe fréquemment chez les moutons et chez les chèvres; cet œdème est parfois si prononcé que les animaux ne peuvent plus ouvrir les paupières et que l'alimentation devient difficile, par suite du gonflement des lèvres (voir l'observation de la chèvre donnée plus loin).
Chez les animaux inoculés à la base d'une des oreilles, on observe un œdème dur, persistant, qui débute au point d'inoculation et qui s'étend ensuite aux parties voisines.
Les trypanosomes sont rares ou très rares dans le sang; on est parfois obligé de recourir aux animaux d'épreuve pour constater l'existence des parasites.
720 TKYPANOSOMES ET TRYPANOSOMIASES
W, Yorke a observé, chez 2 chèvres inoculées avec le Tv. rhodesiense, des kératites interstitielles transitoires et, chez une troisième chèvre, une opacité d'une des cornées qui a persisté jusqu'à la mort.
Une des chèvres inoculées par Laveran a présenté une opacité persistante des deux cornées et, à l'autopsie, on a trouvé dans rhumeur aqueuse de cet animal, des trypanosomes non rares; Mesnil et Ringenbach ont trouvé des trypanosomes dans l'humeur aqueuse dune chèvre qui avait succombé à une infection produite par le Tr. r/iodesiense et qui ne présentait aucune altération apparente des globes oculaires.
Nous résumons l'observation d'une chèvre chez laquelle l'œdème de la tête a été très marqué et nous donnons, avec le tracé thermométrique de cette chèvre (fig. CIV), celui d'un mouton qui, inoculé de Tr. rhodesiense le 27 décembre 1911, est mort le 9 février 1912 (fig. CV) (laboratoire de M. Laveran).
On trouvera plus loin les observations et les tracés thermométriques d'un bouc et d'une chèvre qui ont succombé à des infections dues au Tr. rhodesiense (V. Identification du Tr. gambiense et du /'/•. rhodesiense).
Une chèvre du poids de 41 kg. est inoculée le 21 octobre 19H. sur un rat infecté de Tr. rhodesiense. A cet effet, quelques gouttes du sang du rat sont diluées dans de l'eau physiologique citratée et injectées sous la peau, à la base de l'oreille gauche.
La température de la chèvre, qui était de 38" avant l'inoculation, sélève à 38'\4 I3 25 octobre, à 38°,6 le 2 et à 41° le 3 novembre. Des examens du sang faits les 28 octobre, 1"", 3, 4, 5 et 6 novembre sont négatifs au point de vue de l'existence des trypanosomes.
Le 9 novembre, la chèvre pèse 34 kg., elle a donc maigri de 7 kg. depuis le jour de l'inoculation.
La fièvre, très forte le 3 novembre, persiste les 4 et 5 novembre, après quoi, la température s'abaisse à la normale pendant 48 heures, pour remonter bientôt à 40° et atteindre, le 14 novembre, 41", 4 (fig. CIV).
Le 8 novembre, on note de l'œdème à la base de l'oreille gauche. Il s'agit d'un œdème dur* qui augmente les jours suivants. Examens du sang négatifs.
Du 15 au 3jO novembre, la fièvre persiste, elle est continue avec des maximums de 40", 7.
Le 23 novembre, l'œdème de l'oreille gauche persiste et on note une légère tuméfaction de la tête, visible principalement aux paupières et aux lèvi'es.
25 novembre. L'œdème de la tête s'accentue. Les examens du sang étant négatifs, on inocule 2 cobayes qui reçoivent chacun, dans le péritoine, 5 ce. du sang de la chèvre. Ces 2 cobayes se sont infectés.
29 novembre. L'œdème de la tête augmente: la chèvre ouvre difficilement les yeux, on peut s'assurer cependant que les cornées sont intactes; l'œdème des lèvres gêivô l'alimentation.
Du i''" au 5 décembre, la température de la chèvre se maintient aux environs de 40». Le 2 décembre, la chèvre pèse 33 kg.
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0 décembre, la chèvre qui est aveuglée par la tuméfaction des paupières ne mange presque plus et s'affaiblit rapidement. 6 décembre, la chèvre est couchée sur le flanc et ne peut plus se
Lavehan et Mesnil. — Trypanosomcs et Trvpanosomiases. '«Ô
relever; la température s'abaisse, elle est de 39° le 6, de 38°, 2 le 7 à ' 8 h. du soir, de U°,9 le 7 à iO h. 1/2 du soir.
La chèvre est trouvée morte le 8 décembre 1911 au matin; elle ne pèse plus que 23 kg.
Autopsie. Ganglions inguinaux très gros, mous, fortement injectés, non caséeux. Un ganglion mésentérique énorme, du poids de 180 gr. renferme de la matière caséeuse. On ne trouve pas, dans les viscères, d'autres lésions pouvant se rapporter cà la tuberculose.
La rate pèse 140 gr., le parenchyme est ramolli. Foie, reins, d'aspect normal; urine claire, légèrement albumineuse.
Péricarde, cœur, à l'état normal. Forte congestion à la base du poumon droit. La chèvre était couchée de ce côté quand elle est morte.
Moelle épinière ; pas d'altérations macroscopiques. — Cornées transparentes.
Porcs. — Un jeune porc, inoculé sous la peau par Mesnil et M. Blanchard, a contracté une infection qui a duré au moins 80 jours. L'examen histologique du sang a toujours été négatif; mais ce sang s'est montré infectant, à petite dose, pour la souris. Ce porc a succombé le 106^ jour; son sang n'était plus infectant pour les animaux sensibles '.
Equidés. — Deux ânes et un cheval, inoculés par W. Yorke avec le Tr. rhodesiense, ont succombé assez rapidement à l'infection. La durée de la maladie a été de M et de 28 jours chez les ânes, de 38 jours chez le cheval. Des trypan. ont été observés régulièrement dans le sang de ces animaux (W. Yorke, op. cit.).
Inoculation du Tr. rhodesiknse a des Oiseaux. — Mesnil et M. Blanchard ont constaté {op. cit.) que le Tr. rhodesienae était inoculable aux poules dans les mêmes conditions que le Tr. gambiense (voir p. 713) et qu'il produisait chez elles les mêmes accidents.
Lavcran et Roudsky ont inoculé 3 poules et 1 coq avec le Tr. rhodesiense; les inoculations ont été faites dans les caroncules avec du sang de souris très riche en trypan., et répétées trois fois chez deux des oiseaux; les résultats ont été complètement négatifs.
Il ressort manifestement de l'étude comparative des infections expérimentales produites par Tr.gambiense et par Tr. rhodesiense que la virulence de ce dernier trypanosome est plus grande que celle du premier pour la plupart des espèces animales.
Tr. gambiense a, pour les souris et les rats, une virulence très variable; certains de ces Rongeurs se montrent réfractaires à ce virus, d'autres ont des infections légères qui se terminent par guérison, d'autres enfin ont des infections longues; la virulence du Tr. gambiense peut d'ailleurs être exaltée pour la souris et le rat, à