V. Morax. Ann. de l'Iiist. Paslcur. 1907, t. XXI, p
3. E.-A. MiNCiiiN, Parasitology, 1908, t. [, p. 236 et Quartcrly Jouni. of rnicrosc. Science, mars 1908. — Ed. Hindle, Parasitology, 30 décembre 1910. — D. Bruce, Proceed. oftheR. Soc, nov. 1911, B, t. 84, p. 327.
flagelle libre ; 2" des formes courtes et larges, sans flagelle libre ; 3" des formes intermédiaires, de beaucoup les plus communes.
La figure CVII représente, au milieu d'hématies, une forme longue et mince du Tr. gambiense avec un flagelle libre (A), et une forme courte et trapue sans partie libre du flagelle (B). Les premières formes sont toujours beaucoup plus communes que les secondes; nous reviendrons plus loin sur leur interprétation.
L'extrémité postérieure du trypan. est tantôt effilée (fig. CVIII, 1), tantôt arrondie (3); dans ce dernier cas, le trypan. est plus court,
GAMDIENSE AU MILIEU D HEMATIES.
A, forme longue et mince avec un flagelle libre; B, forme courte et trapue, sans flagelle libre : G, forme en voie de division, on distingue 2 noyaux, 2 centrosomes. 2 membranes ondulantes. Gross. : 1 800 diamètres environ.
presque toujours, que dans le premier. Il semble bien que ces deux aspects de l'extrémité postérieure se rapportent à des changements de forme du parasite qui se ramasse sur lui-même à certains moments, pour s'allonger et s'effiler ensuite; la dessiccation rapide du sang le fixe tantôt dans la première de ces positions, tantôt dans la deuxième. La membrane ondulante est étroite. Le noyau, ovalaire, est situé vers la partie moyenne du corps. Le centrosome est bien visible, après coloration. Quand la partie postérieure est effilée, le centrosome est plus éloigné de l'extrémité que lorsqu'elle est arrondie; la distance qui sépare le centrosome de l'extrémité postérieure est donc variable et ne peut pas servir de caractère spécifique. On voit fréquemment, à côté ou autour du centrosome, un espace clair ou vacuole (fig. CVIII, 2, v); Castellani a attribué une grande importance à ce détail. D'après cet observateur, chez Tr. ugandense, le centrosome, très voisin de l'extrémité postérieure, est situé en
dehors de la vacuole qui se trouve à cette extrémité, tandis que, chez Tr. gambiense, le centrosome, plus éloigné de l'extrémité postérieure, se trouve dans l'intérieur de la vacuole.
Ces distinctions sont artificielles. Quand les trypan. ont été bien fixés dans des préparations de sang, par les vapeurs d'acide osmique, avant dessiccation, on ne distingue pas de vacuoles; ces vacuoles se montrent surtout dans les préparations mal fixées qu'on obtient avec le liquide cérébro-spinal ou avec du sang de sujets très anémiés.
Le protoplasme contient souvent des granulations chromophiles
Fig. GVIII.
1. Tr. yg,mbiense, bien fixé dans le sang. — 2. Tr. gambiense mal fixé dans de la sérosité ; V. vacuole. — 3. Trypan. dont l'extrémité postérieure est arrondie et dont le protoplasme est riche on granulations chromopliiles. — 1. Trypan. en voie de division. Gross. : 2 000 diamètres environ.
qui, parfois, sont remarquables par leur nombre et par leur volume, (fig. GVIII, 3;).
La multiplication se fait par bipartition, le centrosome et le noyau se divisent, le flagelle et la membrane ondulante se dédoublent (G, fig. GVII), enfin le protoplasme se divise. Les éléments en voie de division sont plus longs et surtout plus larges que les autres.
D'après Swellengrebel ', il y aurait chez le Tr. gambiense. comme chez d'autres trypan., un filament axial s'insérant au voisinage du centrosome et parcourant le trypan. dans toute sa longueur. Ge filament traverserait d'ordinaire le noyau; parfois il passerait en dehors, mais il' lui serait relié alors par des tilaments chromatiques. Le filament axial se diviserait longitudinalement lors du partage du trypan. L'existence de ce filament nous paraît très douteuse.
Les trypan. s'accolent souvent par deux, en croisant leurs extrémités postérieures; le croisement se fait sur une longueur plus ou
1. Swellengrebel, Tijdschr. d. Ned. Dierk. Verecn., 19tH). Compte rendu in Bullel. Inst. Pasteur, 1910, t. VIII, p. 23.
moins grande des parasites, quelquefois il est assez marqué pour que les noyaux se trouvent à côté lun de Fautre, ce qui pourrait fait croire à l'existence d'un élément en voie de division. La présence des flagelles aux deux extrémités permet d'éviter facilement cette erreur, si les préparations sont bien colorées. Ce phénomène d'accolement de deux trypan. ne paraît pas pouvoir être interprété dans le sens d'une conjugaison.
Salvin-Moorc et Breinl ont décrit, chez le Tr. gambiense et chez d'autres trypan., le processus suivant qu'ils considèrent comme sexuel •.
Le sang ou les frottis de viscères de rats infectés avec le Tr. gambiense sont fixés, à létat humide, au Flemming, et colorés par la méthode de Heidenhain un peu modifiée, ou par une combinaison de deux couleurs basiques. Lorsque le sang est recueilli au moment d'un acmé, et convenablement coloré, on voit apparaître, chez un certain nombre de trypan., une bande colorable (désignée par les auteurs sous le nom de black Une) qui va du centrosome au noyau, sans entrer toujours en contact avec ce dernier. Salvin-Moore et Breinl admettent qu'il y a interaction du centrosome et du noyau.
Laveran a recherché vainement les black Une, bien qu'il ait suivi exactement la technique compliquée recommandée par Salvin-Moore et Breinl.
D'après Minchin, les formes longues et minces avec long flagelle, et les formes courtes et larges sans flagelle libre, correspondraient à des stades sexués du trypanosome. Bevan et Me Gregor"^ ont émis l'hypothèse que, dans les infections dues au trypan. de la maladie du sommeil, comme dans celles dues au Tr. dimorphon, les formes longues se produisent quand les conditions sont favorables au développement des trypan., tandis que les formes courtes dominent dans le cas contraire.
Nous verrons plus loin que Tr. gambiense évolue dans le corps des Gl. palpaUs ; malheureusenïent toutes les phases de cette évolution ne sont pas encore bien connues et on ne peut pas affirmer qu'il existe un processus sexuel précédant la multiplication dans l'hôte invertébré.
D'après Salvin-Moore et Breinl et Fantham, Tr. gambiense et Tr. rhodesiense auraient des formes non flagellées qui se trouveraient surtout dans les poumons, dans la rate et dans la moelle des os, à la suite des crises trypanoly tiques^.
1. J.-E. Salvin-Moore et A. Breinl, Lancel, 4 mai 1907, Annals of trop, med., novembre 1907, t. I, n" 3, p. 441 et Procccd. of the R. Soc, 1908, B, t. 80.
2. E.-W. Bevan et M.-E. Me Gregor, Ballet, of the Sleep. Sickii. Bureau, 1910,. t. II, p. 213.
3. J.-E. Salvin-Moore et A. Breinl, Parasitology , 1907, t. I, fasc. 3. — H.-B. Fantham. Proceed. of the R. So:., 1$, t. 83, p. 212.
Les corps non flagellés ou latent bodies se composeraient du noyau el du blcpharoplaste, une grande partie du cytoplasme et le flagelle ayant disparu ; ces éléments représenteraient une phase du cycle de développement des trypan. dans Thôte vertébré et ils seraient capables de donner naissance à une nouvelle g-énération de parasites flagellés.
Hindle a émis l'opinion que ce sont les noyaux libres de trypan. en voie de destruction qui ont été interprétés comme corps latents; nous partageons cette manière de voir '.
Les formes d'involution des trypan. sont naturellement très nombreuses, dans la rate et dans la moelle osseuse, à la suite des crises trypanolytiques, un grand nombre de parasites étant détruits à ce moment. On trouve, d'une part des trypan. qui se sont mis en boule et dont le flagelle enroulé est difficilement visible, d'autre part, des noyaux isolés qui persistent après disparition du protoplasme et des flagelles, les flagelles, en se séparant des noyaux, entraînant d'ordinaire les centrosomes.
La culture du Tr. gambiense est très difficile.
Lorsque le sang qui contient des Tr. gambiense est mélangé à de leau physiologique ou à du sérum de cheval, les trypan. restent vivants pendant 5 à 6 jours, à la température ordinaire du laboratoire. La survie est beaucoup plus longue dans le milieu de Novy. Dans des tubes ensemencés le 11 janvier 1904 avec le sang d'un rat fortement infecté de Tr. gambiense, placés à 22°, ou trouvait encore, le 30 janvier, des trypan. mobiles assez nombreux. Un certain nombre de ces trypan. avaient des dimensions anormales, jusqu'à 35 à 40 u. de long; les formes en voie de division étaient communes, mais on ne trouvait pas de rosaces. Les réenseraencements n'ont pas réussi, on ne peut donc pas affirmer que, dans ce cas, il y a eu culture in vitro. Les inoculations faites à deux rats, le 18 janvier, avec le contenu d'un des tubes (7 jours après l'ensemencement), n'ont rien donné.
Thiroux a montré que le sérum des malades atteints de trypanosomiase acquérait des propriétés préventives (en mélange avec du sang contenant des Tr. gambiense) ^, propriétés que ne possède pas le sérum humain normal ^
1. Ed. lIiNDLE, Parasilology, décembre 1910. — A. Laveran, Acad. des Sciences, 9 octobre 1911.
2. A. Thiroux, Soc. de Biologie, 3 mai 1906 et Soc. de palh. exotique, 10 novembre
3. A. Laveran, Acad. des Sciences, 22 février 1904. — Mesml et Ringenbach ont constaté qu'une race de Tr. gambiense conservée depuis 7 ans, au moyen de passages par rats et souris, avait acquis une certaine sensibilité pour le sérum humain (Acad. des Sciences, 1" juillet 1912). Une race de Tr. gambiense conservée depuis 9 ans par Laveran au moyen de passages par animaux (par cobayes principalement), est
De même que \e sérum des sujets atteints de la maladie du sommeil, le sérum des animaux qui ont acquis l'immunité pour le Tr. yambiense et celui des animaux en cours d'infection par ce trypan. acquièrent des propriétés préventives en mélange avec le sang virulent.
On a vu (p. 702) que le sérum des cynocéphales qui ont l'immunité naturelle pour le Tr. gambiense est actif sur Tr. gambiense.
D'après Beck *, le sérum des animaux (chèvres, singes et porcs) qui ont reçu, à plusieurs reprises, de fortes doses de sang riche en Tr. gambiense est doué de i)ropriétés préventives et même (à un faible degré) curatives. Le sérum des mêmes animaux est agglutinant et paralysant pour les Tr. gambiense, alors que les sérums normaux des mêmes espèces sont inactifs; le phénomène de ragglulination ne se produit pas, ou bien il se produit à un degré beaucoup moindre avec les trypan. autres que le Tr. gambiense.
D'après le même observateur, une toxine du Tr. gambiense peut être mise en évidence par le procédé suivant : du sang recueilli sur un animal infecté avec le Tr. gambiense est mélangé à de l'eau physiologique (parties égales), on filtre sur bougie et on injecte le liquide dans le péritoine de rats ou de souris; les animaux-sont pris de somnolence; les souris meurent, les rats résistent. Des troubles ont été constatés aussi chez des lapins inoculés dans les veines.
Laveran a constaté que lorsqu'on injecte à des souris de fortes doses de Tr. gambiense desséchés et réduits en poudre, on produit, chez ces animaux, des accidents caractérisés surtout par un abaissement de la température, pouvant se terminer par la mort-.
II. Tr. rhodksiense, Stephens et Fantham, 1910. — Tr. rhodesiense présente, comme Tr. gambiense, des formes longues et minces et des formes courtes et trapues, mais ces éléments, les seconds surtout, se distinguent des éléments similaires du Tr. gambiense par des caractères sur lesquels Stephens et Fantham ont appelé l'attention.
Chez les rats inoculés avec le trypan. de Rhodésia, les formes longues apparaissent vers le 3* jour, les formes trapues spéciales se montrent vers le 5- jour, et vont, en général, en augmentant de nombre jusqu'au 7' ou 11'' jour de l'infection.
Les formes trapues mesurent 17 à 21 a de long, sur 2 à 3 ja de large. La position du noyau dans ces éléments est variable; en partant des formes dans lesquelles le noyau est situé vers la partie moyenne du corps, on a toutes les transitions jusqu'aux formes dans
restée aussi pou sensible au sérum humain qu'au premier jour (Laveran et Natta n- Larrieb, Acad. des Sci'nces, 2 janvier 1912).
1. M. Beck, Arb. a. d. Kais. Gesundhcitsamte, août 1910, t. XXXIV, fasc. 2.