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LwERAîi, Soc. de path. exotique, 13 décembre

lesquelles le noyau se trouve à rextrémité postérieure, en arrière du centrosome^, ce sont ces formes courtes et trapues à noyau postérieur, qui, pour Stephens et Fautham, sont caractéristiques du Tr. r/iodesiense^; leur nombre peut atteindre la proportion de 6 p. 100 des trypan. présents dans le sang. Le protoplasme de ces éléments est granuleux, spécialement à la partie antérieure; on distinguerait parfois une ligne colorée entre le noyau et le centrosome.

Les formes à noyau postérieur ont été observées, non seulement chez les rats, mais aussi chez un Macaciis rhésus (Yorke), chez des lapins et chez des cobayes infectés avec le virus de Rhodésia; elles n'ont pas été vues chez le sujet atteint de trypanosomiase qui a fourni le virus, mais les trypan. étaient très rares dans le sang de ce malade.

Les formes courtes et trapues à noyau postérieur n'ont jamais été rencontrées dans les infections produites par Tr. gambiense.

Les formes longues et minces du Tr. rliodesiense ressemblent beaucoup aux formes similaires du Tr. gambiense, cependant la partie postérieure est souvent plus allongée que dans ces dernières.

Les observations de Yorke et Stannus au sujet de la morphologie du Tr. rhodesiense concordent avec celles de Stephens et Fantham -.

Chez des animaux inoculés par Stannus et W. Yorke avec un virus du Nyassaland, le nombre des trypan. à noyau postérieur était de 1 à 4 p. 100; les autres trypanosomes avaient les caractères du Tr. gambiense.

Swellengrebel qui a étudié le Tr. rhodesiense par le procédé biomélrique arrive à conclure que ce trypan. est dimorphe, comme le Tr. gambiense ^

Lorsqu'on examine, non pas une ou deux préparations de sang provenant d'animaux infectés par le Tr. rhodesiense, mais un grand nombre de ces préparations, recueillies chez divers animaux, et à différents stades de l'infection, on est frappé de voir combien sont grandes les différences qui existent, au point de vue morphologique, entre les trypan. d'une préparation à l'autre. Un observateur non prévenu, auquel on présenterait telles de ces préparations, serait certainement induit à conclure qu'il s'agit de trypan. d'espèces différentes. Le polymorphisme du Tr. rhodesiense est beaucoup plus marqué que celui du Tr. gambiense et ce polymorphisme peut être qualifié d'irrégulier.

1. J.-W.-W. Stephens et H.-B. Fantham, Procced. of the R. Soc, novembre 1910. lit Journal ofpathol. a. bacterioL, jatwïer i{i\2.

2. W. Yorke, Annals of trop. mcd. a. parasitol., décembre 1910. — H.-S. Stannus et W. Yorke, Proceed. R. Soc, 18 août 1911 et Annals of trop. med. a. parasitol.. décembre 1911.

3. N.-H. Swellengrebel, Ceutralbl. f. Bakter.. I. Orig., décembre 1911. D'après HiNDLE (Parasitology, 1910, t. III, p. 455) il y aurait trimorphisme du Tr. gambiense.

La figure CIX reproduit les principaux aspects sous lesquels se présente le Tr. r/iodesiense. A côté de formes longues avec partie libre du flagelle (A), qui ne se distinguent par aucun caractère apparent des formes longues du Tr. gambiense, on trouve des formes moyennes, sans partie libre du flagelle, dont le noyau est situé à la partie moyenne (B), et des formes courtes et trapues dont le noyau est plus ou moins rapproché de l'extrémité postérieure (C, D, E, F). Le noyau souvent rapproché du centrosome, parfois même accolé à ce dernier, passe rarement en arrière, comme dans la figure D qui est empruntée à Stephens et Fantham. Les éléments courts, mesurant 10 à 13 u. de long, sur 3 à 4 a de large environ, avec une extrémité antérieure arrondie, un noyau situé près de l'extrémité

Fig. CIX. — Différents aspects du Tr. RHODESUiNSE. A, grande forme. — B, forme courte et trapue à noyau médian. — C,D,B,F, formes courtes et trapues à noj-au postérieur. — G, grande forme en voie de division. Gross. 1 800 D. environ (dessin de A. Laveran).

postérieure, et une membrane ondulante non plissée (E, F), diffèrent notablement des formes courtes et trapues du Tr. gambiense.

On trouve enfin des formes de multiplication; la figure G représente une grande forme en division; les petites formes trapues se multiplient aussi par bipartition.

La relation numérique existant entre les formes longues et minces et les formes courtes et trapues est très variable ; tantôt ces dernières formes sont très rares, tantôt on les observe en assez grand nombre. Quant aux formes courtes et trapues à noyau postérieur, leur présence est loin d'être constante; comme Stephens et Fantham l'ont indiqué, c'est chez les animaux qui sont arrivés à une période avancée de l'infection, et qui ont de nombreux trypan., qu'il faut les rechercher.

J.-G. Thomson* a réussi à obtenir des cultures du Tr. rhodesiense en modifiant comme il suit le milieu Novy, Me Neal, Nicolle : on

1. J.-G. Thomson, Bril. med. Journ., 30 mars 1912. et Ann. of trop. med. a. parasUoL, 1912, t. VI, p. 103.

Laveran et Mesnil. — Trypanosomes et Trypanosomiasos. 47

remplace le sang défibriné de lapin par du sang de rat citrate, chauffé à 43" G. pendant une demi-heure, et le sel marin est substitué au chlorure de sodium. Tr. rhodesiense a été cultivé pendant deux semaines à la température de 25" à 28° G. et des réensemeneements de la culture ont continué à se développer pendant 11 jours, après quoi les formes flagellées ont disparu. D'après Thomson, on trouve dans les cultures des formes analogues à celles qui existent dans le tube digestif des glossines infectées.

Le sérum des animaux en cours d'infection par le Tr. rhodesiense acquiert des propriétés préventives quand il est injecté en mélange avec du sang provenant d'un animal infecté par Tr. rhodesiense; il est inactif sur le Tr. gambiense.

Gontrairement à ce qui a lieu pour le Tr. gambiense, le sérum humain normal est actif, en mélange, sur le Tr. rhodesiense, au moins sur les trypanosomes qui ont subi un certain nombre de passages par des espèces animales (voir infra). Le sérum des cynocéphales et celui des mangabeys {Cercocebiis fuliginosus) sont doués de la même propriété; le sérum des mandrills est moins régulièrement actif '.

III. Identification du Tr. gambiensi; et du Tr. rhodesiense. — Nous avons déjà signalé quelques-uns des caractères différentiels qui existent entre le Tr. gambiense ci le Tr. rhodesiense : contrairement à ce qui arrive pour les infections à Tr. gambiense, les infections à Tr. rhodesiense ont été rencontrées dans une région où la Glossina palpalis n'existe pas; les infections expérimentales par Tr. rhodesiense sont plus aiguës et plus graves, notamment chez le singe, le chien, le rat, la souris, la chèvre et le mouton, que les infections dues au 7r. gambiense; enfin on vient de voir, qu'il existe des différences morphologiques entre le Tr. gambiense et le Tr. rhodesiense.

Ces faits permettaient de supposer que le Tr. gambiense et le Tr. rhodesiense appartenaient à des espèces distinctes, ils ne permettaient pas de conclure; il a donc été nécessaire de recourir aux méthodes spéciales d'identification des trypanosomes pour trancher la question.

1° Epreuves de séro-diagnostic. — Mesnil etRingenbach ont obtenu, dans les expériences d'attachement avec Tr. gambiense et Tr. rhodesiense, des résultats favorables, dans leur ensemble, à la différenciation des deux trypan., mais inconstants'-. Laveran et Nattan- Larrier ont constaté que les réactions d'attachement obtenues avec le /'/'. gambiense et le Tr. rhodesiense étaient très infidèles et qu'elles

1. F. Mesml. a. Leboeuf ot J. Ringenbach, Soc. de Biologie, 13 janvier 1912. — F. Mesnil, même Soc, 9 mars 1012.

2. F. Mesml et J. Ringenbach, Soc. de Biologie. 9 décembre 1911

ne pouvaientpasservirdebaseâridentificationdeceslrypanosomes '.

La réaction de trypanolyse, qui fournit des résultats meilleurs que la réaction d'attachement (Mesnil et Ringenbach), n'est pas non plus assez constante pour servir ici de critépium (Laveran et Nattan- Larrier).

La manière dont les deux trypan. se comportent par rapport au sérum humain fournit un caractère dilTérentiel intéressant.

Laveran a montré que le sérum humain, actif (en mélange ou à titre curatif) sur différents virus de trypanosomiases animales, était inactif sur le Tr. gambiense -.

Mesnil et Ringenbach ont constaté au contraire que le sérum humain était actif, en mélange, ou à titre curatif, sur le Tr. rhodesiense^; fait imprévu pour un trypan. de provenance humaine, comme le Tr. gambiense.

Laveran et Nattan-Larrier ont vérifié que le sérum humain normal était tout à fait inactif sur le Tr. gambiense, alors môme qu'on employait un trypanosome qui depuis neuf années était conservé par passages chez les animaux (presque toujours par cobayes), et qui, par suite, aurait pu devenir sensible au sérum humain, à l'action duquel il se serait déshabitué; lessérums humains expérimentés avec Tr. rhodesiense se sont montrés au contraire actifs, mais à des degrés très variables \

Le sérum humain injecté en mélange avec du sang contenant des Tr. rhodesiense ne fait parfois, que retarder l'évolution de ce trypan., ce qui explique que le Tr. rhodesiense puisse être infectant pour certains sujets; de plus le trypan. devient rapidement résistant au sérum humain % mais cette propriété se perd à la suite d'un certain nombre de passages par animaux. Une race résistante de Laveran et Nattan-Larrier avait perdu presque complètement sa séro-résistance au '(0*= passage par souris, une autre au 73" passage; une race résistante de Mesnil et Ringenbach avait perdu sa résistance au sérum humain au 31' passage ".

Il paraît évident que le Tr. rhodesiense qui existe dans le sang de Ihomme est résistant au sérum humain et qu'il n'y devient sensible qu'à la suite d'un certain nombre de passages par les animaux ; par suite, si au lieu d'expérimenter avec un virus conservé depuis longtemps dans les laboratoires, on examinait un virus recueilli depuis

1. A. Laveran et N.'VTtan-Larrier, Soc. de pathol. "xotique, 10 avril 1912.

2. A. Laveran, Acad. dès Sciences. 1" avril 1902, 6 juillet 1903 et 22 février 190i.

3. F. Mesnil et J. Ringenbach, Acad. des Sciences. 27 nov. 1911 ot f'^juill. 1912.

4. A. Laveran et Nattan-Larrier, Acad. des Sciences. 2 janvier 1912.

o. Id., op. cit. — F. Mesnil, A. Leboeuf et J. Ringenbach, Soc. de Biologie, 13 janvier 1912.

6. A. Laveran et Nattan-Larrier. Soc. de path. exotique, 12 juin 1912. — F. Mesnil et J. Ringenbach, Ibid.

peu sur l'homme, il ue faudrait pas s'attendre à trouver la réaction de sensibilité au sérum humain.

Mesnil et Ringenbach ont constaté que le sérum d'une chèvre infectée par le Tr. rhodesiense, employé en mélange avec le Tr. rliodesiense, était très actif, alors que, dans les mêmes conditions, son action était nulle sur le Tr. gambiense '.

Laveran a fait l'expérience suivante avec le sérum d'un bélier infecté par le Tr. rhodesiense. 2 cobayes inoculés avec un mélange de sang à Tr. rhodesiense et de sérum (1 ce. pour un des cobayes, 1 ce. 1/2 pour l'autre) ne se sont pas infectés, alors qu'un témoin ayant reçu le virus pur s'infectait et succombait en 30 jours à la trypanosomiase. 2 cobayes inoculés avec un mélange de sang à Tr. gambiense et de sérum (1 ce. pour l'un, 1 ce. 1/2 pour l'autre) se sont au contraire infectés comme un témoin.

2° Epreuves d'immunité croisée. — Il était indiqué d'avoir recours aux épreuves d'immunité croisée qui ont été utilisées si souvent par nous avec succès pour l'identification des trypanosomes.

Un Macacus rhésus guéri d'une infection à Tr. gambiense, et ayant l'immunité pour ce trypan., inoculé par MesniT et Ringenbach avec le trypan. de Rhodésia, a contracté une infection à évolution plus lente que celle diin témoin; l'infection s'est terminée parla mort, mais à la suite d'une complication streptococcique-.

On devait se demander dans ce cas si l'infection produite par le trypan. de Rhodésia n'avait pas été atténuée par l'état d'immunité pour le Tr. gambiense dans lequel se trouvait le macaque.

L'expérience suivante faite par Laveran démontre qu'un animal ayant une immunité solide pour le Tr. gambiense, inoculé avec le Tr. rhodesiense, s'infecte comme un animal neuf ^

Cette expérience a porté sur un bouc qui avait une immunité solide, éprouvée à deux reprises, pour le Tr. gambiense, et sur une chèvre neuve qui a servi de témoin; les deux animaux ont été inoculés dans les mêmes conditions, le 22 novembre 1911, ils se sont infectés en même temps, ont présenté à peu près les mêmes symptômes et sont morts à quelques jours d'intervalle; il est à noter que le bouc, qui paraissait cependant plus vigoureux que la chèvre, est mort avant elle. Nous résumons les deux observations.

L Un jeune bouc, qui est guéri d'une infection par le Tr. soudanense et qui a acquis l'immunité pour ce trypan., est inoculé avec le Tr. gambiense de l'Ouganda le 28 septembre 1909.

1. F. Mesnil et J. Ringenbach. Soc. de Biologie, 13 janvier 1912.

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