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la maladie. L'œdème de l'oreille droite a augmenté, l'oreille est tombante; cornées intactes.
10 décembre. Léger œdème de la tête. L'état général est bon.
18 décembre. La chèvre a maigri, elle ne pèse plus que 49 kg. L'œdème de l'oreille droite a diminué; mais l'œdème de la tête a un peu augmenté; les paupières sont tuméfiées.
25 décembre. La chèvre s'affaiblit; elle marche difficilement et se tient d'ordinaire couchée.
28 décembre. La chèvre est toujours couchée, elle ne peut plus se tenir sur ses pattes. L'œdème dv^ la tête a diminué.
l"^"" janvier 1912. La chèvre s'affaiblit: elle ne peut plus se relever. Les deux cornées se sont opacifiées très rapidement, plus fortement à droite qu'à gauche. La chèvre mange et boit encore, mais il faut mettre les aliments et l'eau à sa portée. La température s'abaisse le l""" janvier au soir à 37",6.
2 janvier. L'opacité des cornées a augmenté. La température est inférieure à la normale : 37°, 8 le matin, 37°, 4 le soir.
4 janvier. La chèvre est couchée sur le flanc, elle ne peut même plus soulever la tête. A 4 heures du soir, la température est de 36", 9.
La chèvre meurt le 4 janvier, dans la soirée. Autopsie faite le 5 janvier au matin. La chèvre pèse 44 kg. Les œdèmes de la tête et de l'oreille droite ont disparu. Les ganglions inguinaux sont hypertrophiés, plusieurs ont le volume de noisettes. Epiploons chargés de graisse. La rate pèse 113 gr. Le foie a son aspect normal. Les reins, noyés dans la graisse, sont congestionnés. Organes thoraciques à l'état sain. La moelle épinière ne présente pas d'altérations macroscopiques. Cornées opaques. L'examen histologique de l'humeur aqueuse révèle l'existence de trypan. non rares, encore bien mobiles.
Le bouc immunisé contre le Tr. gambiense s'est donc montré aussi sensible au Tr. rhodesiense, voire môme plus sensible, que la chèvre neuve. Si le Tr. rhodesiense n'était qu'une variété du Tr. gambiense, plus virulente que le Tr. gambiense ordinaire, le bouc aurait pu s'infecter, mais la trypanosomiasc aurait pris chez lui une forme atténuée; or, le bouc a succombé plus rapidement que la chèvre témoin.
Il serait désirable que l'on pût faire la contre-épreuve en inoculant avec le Tr. gambiense un animal ayant l'immunité pour le Tr. rhodesiense, mais comme toutes les chèvres et tous les moutons inoculés jusqu'ici avec le Tr. rhodesiense, sont morts, la réalisation de l'expérience paraît assez problématique chez ces animaux; peut-être seraiton plus heureux avec les bovidés. Le fait que toutes les chèvres et tous les moutons inoculés avec le Tr. rhodesiense succombent, tandis que, chez ces animaux, l'infection produite par le Tr. gambiense se termine souvent par guérison, vient d'ailleurs à l'appui de l'opinion des auteurs qui pensent que le Tr. rhodesiense ne doit pas être identifié au Tr. gambiense.
Laveran a constaté, à trois reprises, que des souris ayant acquis l'immunité pour le Tr. gambiense s'infectaient par le Tr. rhodesiense et mouraient aussi rapidement que les souris témoins. Nous résumons une de ces expériences.
Une souris blanche est inoculée le 25 juin 1911, dans le péritoine, avec le sang d'un lérot fortement infecté par Tr. gambiense (virus de l'Ouganda). Le 28 juin, la souris a des trypan. rares. Tous les examens postérieurs sont négatifs; la souris a donc guéri à la suite d'une très courte infection.
27 octobre 1911, la souris est réinoculée dans le péritoine sur un cobaye fortement infecté par Tr. gambiense, elle ne se réinfecte pas, bien que l'inoculation ait été faite avec une forte dose de sang virulent; il y a donc immunité pour le Tr. gambiense.
20 novembre, la souris est inoculée avec le Tr. rhodesiense sous la peau, en même temps qu'une souris témoin. — 23 novembre, la souris a des trypan. rares. — 24 novembre, trypan. non rares. — 25 novemljre, trypan. nombreux.
La souris meurt le 26 novembre, elle pèse 27 gr. ; la rate est hypertrophiée, elle pèse 0 gr. 50.
Une souris neuve inoculée avec le Tr. rhodesiense le 20 nov., dans les mêmes conditions que la souris dont l'observation précède, a une infection de même durée; elle meurt le même jour (26 novembre).
Mesnil et Léger ont recherché si des souris infectées par le Tr. rhodesiense, et guéries à la suite d'un traitement par rarsénophénylglycine, avaient une immunité temporaire pour Tr. gambiense, comme pour Tr. rhodesiense (voir p. 210). Les résultats obtenus ont été inconstants; en général, les souris guéries d'une infection à Tr. rhodesiense se sont infectées par Tr. gambiense avec un relard sur les souris témoins, ce qui, daprès les auteurs, tend à montrer que, si Tr. gambiense et Tr. rhodesiense appartiennent à deux espèces distinctes, ces espèces sont voisines *.
Nous croyons pouvoir conclure de tous les faits exposés ci-dessus que Tr. gambiense et Tr. rhodesiense appartiennent à des espèces voisines, mais bien distinctes.
Low-aémis l'hypothèse que le Tr. rhodesiense n'était autre que le Tr. Brucei; hypothèse basée principalement sur ce fait que les deux trypan. sont convoyés par la même Glossina, Gl. morsitans. Il était donc important de savoir si des animaux ayant l'immunité pour le Tr. Brucei pouvaient s'infecter par le Tr. rhodesiense.
L'expérience suivante, faite par Laveran, a résolu ce problème ^
\jn bélier et un mouton guéris d'infections produites par le Tr. Brucei et ayant acquis l'immunité pour ce trypanosome, ont été inoculés avec le Tr. rhodesiense, le premier le 3 décembre 1911, le second le 27 décembre 1911. Les deux animaux ont présenté des infections aiguës, caractérisées surtout par une fièvre vive et continue avec des températures qui ont atteint ou même dépassé 41".
\. F. Mesnil et M. Léger, Soc. de Biologie, 27 avril 11)12.