Bouet et Roubaud, Soc. de path. exotique, 13 mars
2. D. Nabarro et E.-D.-W. Greig, Reports of the Slcep. Sickn. Commission of Ihe R. Soc., Rep. 11° V, 20 nov. 1903.
3. Ph.-H. Ross, Slecp. Sickn. Commission of the R. Soc, Rep. vin, février 1907, et East Africa protectorate, App. II, 1908.
M. Taule a repris ces expériences à Niansa, à 3 jours de marche au nord d'Udjidji, sur le Tang^anyka; on ne rencontre aucune espèce de glossine dans cette localité; les Gl. morsitans mères étaient capturées à Udjidji et les pupes étaient envoyées à Niansa.
Les singes servant à infecter les mouches étaient inoculés avec le sang de sujets atteints de la maladie du sommeil (infections par le Tr. gambiense.)
Les Gl. morsitans nourries sur les singes malades, et infectées depuis moins de 21 jours, n'ont pas été infectieuses pour les singes sains, tandis que les mouches nourries depuis 22 à o3 jours sur les singes malades ont donné lieu à des infections. La Gl. morsilans pourrait donc jouer, pour le Tr. gambiense, le rôle d'un hôte véritable, comme la Gl. palpalis, et non pas seulement celui d'un agent mécanique de transport. 282 Gl. morsitans ayant servi aux expériences ont été examinées, 22 fois on a trouvé chez ces mouches des formes de développement du trypanosome '.
Pour expliquer la discordance qui existe entre les expériences faites dans la région du lac Victoria et celles de la station de Niansa, Taute invoque la différence des conditions météoriques; les rives du Tanganyka sont à 400 mètres au-dessous de celles du lac Victoria, la température et le degré hygrométrique sont en général plus élevés au Tanganyka qne dans la région du lac Victoria, ce qui constitue probablement une condition favorable au développement du Tr. gambiense chez la Gl. morsitans.
On peut se demander aussi si quelques-uns des malades qui ont fourni le virus n'étaient pas infectés par /'/•. r/iodesiense plutôt que par Tr. gambiense ; on verra plus loin que Gl. morsitans est l'agent de propagation ordinaire du Tr. rhod^siense.
En admettant même comme démontré que les expériences de Taute aient été faites avec le Tr. gambiense, on ne peut pas en conclure que Gl. morsitans est apte au môme degré que Gl. palpalis à transmettre la maladie du sommeil; des faits nombreux témoignent du contraire; les conditions d'infection par le /'/•. gambiense, normales pour la Gl . palpalis, paraissent exceptionnelles pour la Gl. morsitans.
Schuberg et Kuhn ont réussi deux expériences de transmission du Tr. gambiense (de souris à souris et de souris à rat) au moyen de Slomoxgs calcitrans^, par le procédé artificiel de la succion interrompue qui s'éloigne des conditions habituelles dans lesquelles se produit l'infection naturelle. Jamais les stomoxes n'ont transmis la maladie du sommeil dans les régions où les glossines n'existent pas.
1. M. Taute, Zeilschr. f. Hygiène u. InfekUonskr., 1911, t. LXIX.
2. A. Schuberg et Ph. Kuhn, Arb. a. d. K. Gesundheitsamte, IDH, t. XXXI, fasc. 2,
LwERAN et Mesnh.. — Trypanosomes et Trypanosomiases. 48
Plusieurs observateurs ayant remarqué que la maladie du sommeil était commune dans des régions où ils n'avaient rencontré que de rares glossines, ont émis l'opinion que peut-être les moustiques pouvaient contribuer à la propagation de la maladie. Les Stegomyia et les Mansonia oiit été incriminées en particulier •.
A l'appui de cette opinion on ne peut citer qu'un fait précis : Fiilleborn et Mayer ont réussi à infecter des animaux sains en les faisant piquer par des Stegomyia qui avaient commencé à sucer le sang d'un animal infecté de trypanosomes; pour que l'expérience réussisse, il faut que l'intervalle entre les deux piqûres soit aussi court que possible ^. Cette expérience pourrait sans doute réussir avec la plupart des insectes piquants; on se place dansles mêmes conditions que si l'on faisait une inoculation du sang virulent avec une lancette ou avec une aiguille, conditions qui se rencontrent bien rarement dans la nature.
Tous les eâsais de transmission par les moustiques de l'infection produite par Tr. gambiense ont donné des résultats négatifs quand ils ont été faits en dehors des conditions très spéciales des expériences de Fulleborn et Mayer.
Dutton, Todd et Hanington n'ont pas réussi à transmettre linfection due au Tr. gambiense par les piqûres d'Anophèles nourris sur des animaux infectés ^
Martin, Lebœuf et Roubaud ne citent que des résultats négatifs*.
Beck qui a fait des expériences de transmission du Tr. gambiense avec nos insectes indigènes suceurs de sang (ailés ou aptères) n'a eu que des insuccès ^
La maladie du sommeil a été importée souvent en dehors de l'Afrique, dans des régions, comme les Antilles, l'Amérique centrale, le Sud des Etats-Unis, où les Stegomyia abondent, et jamais elle ne s'est répandue dans ces pays; on ne peut pas citer un seul exemple de contagion en dehors des zones à tsétsés de l'Afrique. 11 paraît démontre que les moustiques ne jouent aucun rôle dans la transmission de la maladie.
C. La transmission peut-elle se faire par la peau ou les MUQUEUSES intactes, PAR LE COÏT? — On a VU (p. 746) que, dans le sultanat de Kisiba, sur la rive ouest du lac Victoria, un foyer de trypanosomiase a été découvert dans une région où l'existence de la Gl. palpalis n'a pas été constatée; les hommes s'infectent dans
1. Rapport de la mission française de la maladie du sommeil, p. 254.
2. Fulleborn et Mayer. Arch. f. Schijfs u. Tropenhygiene, 1907, t. XI, p. 535.
3. J.-E. Dutton, J.-L. Todd et J.-W.-B. Hanington, Annals of trop, med., 1907, p. 201.