INTRODUCTION VII
suceurs de sang et transmetteurs des trypanosomiases, indispensables pour l'étude de ces maladies et si utiles pour leur prophylaxie.
Les chapitres anciens ont été complétés. De nombreuses additions ont dû être faites notamment au chapitre relatif à la maladie du sommeil. Depuis huit ans, de notables progrès ont été réalisés dans l'état de nos connaissances sur la répartition de cette grave endémie de l'Afrique intertropicale, sur ses symptômes, sur son anatomie pathologique et sur le rôle des tsétsés dans sa propagation. On inclinait naguère à croire que ce rôle était purement mécanique, nous savons aujourd'hui que le Tr. gamhiense, agent de la maladie du sommeil, accomplit une phase de son évolution chez la mouche tsétsé qui est connue sous le nom de Glossina palpalis. Nous avons appris, d'autre part, qu'il existe, dans le nord-est de la Rhodésia, un foyer de trypanosomiase humaine dont l'agent, le Tr. rhodesiense, spécifiquement distinct du 7V. gambiense, est propagé par la Glossina morsitann.
Les nombreuses recherches poursuivies sur la thérapeutique des trypanosomiases en général, et de la maladie du sommeil en particulier, ont donné des résultats importants, bien qu'incomplets. Il était admis naguère que la maladie du sommeil était incurable, on connaît aujourd'hui des cas non douteux de guérison.
La lutte contre la maladie du sommeil a été entreprise dans la plupart des colonies de l'Afrique intertropicale par les Gouvernements intéressés et des résultats partiels ont été déjà obtenus; une entente internationale serait nécessaire pour coordonner ces efforts et les rendre plus efficaces.
La connaissance des trypanosomiases n'est pas nécessaire seulement aux médecins et aux vétérinaires qui exercent dans les régions où régnent ces maladies.
La maladie du sommeil atteint les blancs comme les noirs, et les blancs qui rentrent en Rurope, après avoir contracté la maladie en Afrique, deviennent de plus en plus nombreux, en raison de l'activité toujours croissante des transactions avec les régions contaminées. Les médecins européens sont donc exposés à trouver, parmi leurs malades, des sujets atteints de trypanoso-
VIll INTRODUCTION
miase africaine; il peut leur arriver aussi d'être consultés pour
(les malades atteints de la tr3^panosomiase américaine.
Les trypanosomiases occupent une place des plus importantes en pathologie vétérinaire; les enzooties qu'elles déterminent ne sont pas limitées, comme la maladie du sommeil, à l'Afrique intertropicale; on les rencontre dans le nord de l'Afrique, en Asie, en Amérique et même en Europe (dourine). D'autre part, des exemples mémorables démontrent que certaines de ces trypanosomiases, importées dans des pays indemnes, peuvent provoquer des épizooties désastreuses. A la suite d'une de ces épizoolies qui a débuté en 1902, à l'île Maurice, les habitants de cette île ont perdu presque tous leurs animaux de trait et une grande partie de leurs bovidés. Le surra a été importé également à Java, aux Philippines, en Australie et aux Etats-Unis, mais dans ces pays des mesures sanitaires bien comprises, et énergiquement appliquées, ont empêché l'extension de la maladie. Pour que les vétérinaires soient en état de prescrire les . mesures sanitaires capables d'enrayer les épizooties de cette nature, il est indispensable qu'ils connaissent les trypanosomiases, qu'ils sachent les diagnostiquer et les traiter.
Nous espérons que cet ouvrage sera utile î^ux praticiens comme aux savants qui poursuivent, dans les laboratoires, l'étude des trypanosomes et des trypanosomiases.
Ce livre s'adresse aussi aux Naturalistes, de plus en plus nombreux, qui s'adonnent à l'étude des Protozoaires et aux Entomologistes dont les recherches sont si intimement liées à celles des Pathologistes, depuis qu'il est démontré qu'un grand nombre de maladies sont propagées par les Insectes.
Institut Pasteur, !«'■ octobre 1912.
ET
TRYPANOSOMIASES