Pour la recherche de celle réaction, voirchap. x, p
3. C. Levaditi et S. Mutermilch, Acad. des Se. 31 juillet 1911.
4. A. Laveran et A. Thiroux, Acad. des Sciences, 27 février 1911. — A. Laveran et Nattan-Larrier, Soc. de path. exotiqae, 10 avril 1912.
766 TUYPANOSOMKS ET TRYPANOSOMIASES
la réaction d'attachement a été nulle 2 fois, très incomplète et non caractéristique 2 fois.
Mesnil et Ringenbach • ont constaté également que les résultats donnés par la réaction d'attachement étaient inconstants. D'après ces observateurs, la trypanolyse fournit des indications plus sûres.
La destruction des Tr. gambiense par le sérum des malades atteints de maladie du sommeil est, disent-ils, en général complète, à condition de maintenir jusqu'à 3 heures le contact des trypan. et du sérum.
Mesnil a obtenu les résultats suivants chez i malades atteints de trypanosomiase : pour 3 d'entre eux, la trypanolyse a été complète en 1 heure 1/2, alors que le sérum était frais; avec les mêmes sérums gardés 11 jours à la glacièi*e, la trypanolyse était incomplète, même après 3 heures de contact à 37". Pour le sérum du i" malade, il y a eu trypanolyse partielle au bout de i heure 1/2, mais même au bout de 3 heures, la trypanolyse était incomplète -.
Laveran et Naltan-Larrier {op. cil), ont obtenu de la réaction de trypanolyse des résultats moins favorables ; chez 4 malades, atteints de trypanosomiase bien caractérisée, la trypanolyse a été nette une fois, nulle ou très incomplète deux fois.
La recherche de l'agglutination des trypan. dans le sang d'un animal infecté de Tr. gambiense et fortement parasité, au moyen de l'adjonction dune goutte du sérum d'un malade atteint de trypanosomiase, n'a pas donné de résultats satisfaisants ^
Pour les animaux infectés naturellement de trypanosomiase, dans les pays oii la maladie du sommeil est endémique, on doit souvent se demander s'il s'agit d'infections dues au Tr. gambiense ou à d'autres trypanosomes. La question s'est posée notamment au sujet des chiens indigènes dans différentes régions de l'Afrique.
Le sérum humain qui est actif en mélange sur les parasites des trypanosomiases animalesest au contraire inactif sur Tr. gambiense ; on a donc là un bon moyen d'identifier Tr. gambiense. A. Thiroux et d'Anfreville se sont servis avec succès de ce procédé pour rechercher si des trypan. trouvés chez des chiens du Sénégal devaient être identifiés ou non à Tr. gambiense. Il a été démontré que le sérura humain normal était actif en mélange sur le trypan. des chiens, d'où l'on pouvait conclure qu'il ne s'agissait pas de Tr. gambiense *. Des recherches faites par A. Laveran sur ce virus des chiens du Sénégal il résulte que le trypanosome doit être identifié au Tr. Pecaiidi.
L'existence du Tr. rhodesiense qui, comme nous l'avons vu, est
1. F. Mesnil et Ringenbach, Soc. de Biologie, 9 déceinljro HJIl.
2. F. Mesnil. Soc. de palh. exotique. 10 avril 1912, t. V, p. 223.
3. W. Thomas et A. Breinl, Liverpool Scli. of trop, med., 1905. Mem. XVI, p. 23.
4. A. Thiroux et L. d'Anfreville. Acad. des Sciences. 31 août 1908.
sensible au sérum humain, au moins quand il a subi un certain nombre de passages par animaux, a compliqué la question, mais les infections à Tr. rhodesiense sont heureusement limitées, pour le moment, à une région de l'Afrique équatoriale peu étendue quand on la compare aux vastes zones d'endémicité des infections à Tr. fjambiense.
Nous nous sommes occupés plus haut (voir p. 738) de ridentification du Tr. gambiense et du Tr. r/iodesiense; nous n'y reviendrons pas ici.
Pronostic. — La plupart des observateurs admettent que la maladie du sommeil est toujours mortelle quand elle est abandonnée à elle-même. Il est possible que cette opinion soit trop absolue et que, chez les noirs, qui ont des infections à marche moins aiguë en général que les Européens, la maladie même non traitée, puisse se terminer par guérison, mais à l'appui de cette opinion on ne peut citer aucun fait précis.
La virulence du Tr. gambiense n'est pas la même dans toutes les régions de l'Afrique équatoriale. Dans l'Ouganda et au Congo français, par exemple, la trypanosomiase humaine prend des formes plus aiguës qu'au Sénégal et en Gambie.
Nous n'avons pas de données suffisantes pour comparer, au point de vue de leur gravité, les infections produites, chez l'homme, par le Tr. gambiense, aux infections produites par le Tr. rhodesiense. On a vu que, chez les animaux, ces dernières infections ont en général plus de gravité que les premières
Le pronostic est d'autant plus favorable que la maladie est moins avancée dans son évolution au moment où le traitement est institué.
Les formes nerveuses précoces (médullaires ou cérébrales) sont d'un pronostic grave.
Chez les individus épuisés par des maladies antérieures, ou par les privations, la trypanosomiase prend des formes particulièrement sévères.
La résistance des accidents à un traitement bien conduit, et les rechutes qui surviennent rapidement après une période d'amélioration, sont d'un mauvais pronostic.
Lorsque les accidents nerveux tardifs ont apparu, le pronostic est fatal, au moins avec les moyens de traitement dont nous disposons aujourd'hui*.
Il est difficile de dire dans quelle proportion les malades soumis à un traitement rationnel guérissent. Pour affirmer qu'un malade est guéri, il faut pouvoir le suivre pendant plusieurs années après
1. L. Martin et H. Darré, Soc. de path. exotique, 8 juin 1910.
la cessation du traitement, ce qui est rarement possible avec les indigènes d'Afrique. Les statistiques portant sur des Européens peuvent seules èlre utilisées dans ce but.
Les chiffres suivants ont été donnés par L. Martin et Darré'. Sur 26 malades reçus à l'hôpital Pasteur en 5 ans 1/2, 10 sont morts, dont 2 avant d'avoir été traités et 2 à la suite de complications. Sur 22 malades traités, 6 sont morts; 2 étaient, au mois de mai 1910, dans un état grave; chez 4 le pronostic était encore incertain; 6 malades étaient en très bon état et A pouvaient être considérés comme guéris, soit une proportion très belle de guérisons de 18 p. 100.
Sur 50 cas de maladie du sommeil chez des Européens qui ont été relevés dans le Bullelin of sleep. sickn. Bureau en 1910, 30 étaient morts, 11 survivaient, dans 9 cas les renseignements concernant la terminaison faisaient défaut. Il y a lieu d'espérer que parmi les survivants plusieurs ont guéri, mais on n'a aucune certitude à cet égard. 11 est à noter que, parmi les décédés, 4 ont vécu 2 ans ou plus après que la maladie avait été diagnostiquée, 3 ans 1/4 dans un cas, G ans dans un autre.
§ 11. — Traitement.
Nous avons vu que la maladie du sommeil se termine, sinon toujours, presque toujours par la mort quand elle n'est pas traitée, et que les médications dont nous" disposons sont à peu près impuissantes quand la maladie est arrivée à la période des accidents nerveux; il importe donc d'instituer aussi rapidement que possible un traitement rationnel.
Le traitement delà trypanosomiase humaine a été l'objet d'un très grand nombre de travaux; nous ne reviendrons pas sur l'étude expérimentale des ditTérents produits qui ont été préconisés, étude qui a été déjà faite, à propos de la thérapeutique générale des trypanosomiases (voir chap. ix, p. 186j.
Nous plaçant au point de vue de la pratique médicale, nous étudierons d'abord les médications simples et ensuite les médications mixtes ou associées que l'on peut opposer à la maladie du sommeil, enfin nous dirons quelques mots des adjuvants du traitement.