‹ Trypanosomes et trypanosomiasesChapitre 304 sur 412 · Liverpool Scli. of trop, med., 1906, Mem. XXI, p · texte numérisé non relu

Liverpool Scli. of trop, med., 1906, Mem. XXI, p

4. G. Ghristy, Brit. mtd. Journal, 20 novembre 1904. — W. Thomas et A. Breinl, J.-E. Dutton et J.-L. Todd, Liverpool Sch. of trop, med., Mem. XVI, Oct. 1905. — J.-L. Todd, Soc. de path. exotique, 13 juillet 1910.

L'auto-agglulinalion, sans être pathognomonique de la trypanosomiase', peut rendre des services pour le diagnostic de cette infection. L'existence du phénomène chez un malade doit encourager le médecin dans la recherche, parfois difficile, des trypan.; sa persistance chez un sujet traité, ne montrant plus de trypan. dans le sang ni dans la lymphe, doit faire supposer que la guérison n'est pas complète, d'où une indication précieuse pour la continuation du traitement.

2" Examen de la lymphe. — C'est à Greig et à Gray que revient lè mérite d'avoir montré que, dans la lymphe obtenue par la ponction des ganglions lymphatiques hypertrophiés, on pouvait souvent constater la présence des trypan. plus aisément que dans le sang-. De nombreux observateurs ont employé avec succès ce procédé d'investigation qui est très pratique, à la condition que les ganglions soient suffisamment développés.

D.utton et Todd, au cours de leurs recherches sur la trypanosomiase dans l'Etat indépendant du Congo, ont trouvé 97 fois sur 100 des trypan. dans la lymphe extraite des ganglions, alors que l'examen du sang ne révélait l'existence des parasites que chez 13 pour 100 des malades, et chez o4 pour 100 après centrifugation.

D'après Gray et Tulloch, les trypanosomes existent dans les glandes lymphatiques à tous les stades de la maladie.

Todd et Wolbach dont les recherches ont porté sur un grand nombre d'indigènes de la Gambie, en 1911, et qui ont expérimenté les différents moyens de recherche des trypan., concluent que c'est la ponction des ganglions lymphatiques qui donne les meilleurs résultats. On ponctionnera de préférence les ganglions cervicaux.

On se sert d'une seringue à injections hypodermiques tenant bien le vide, munie d'une canule un peu large et stérilisée. Gray et Tulloch [op. cit.) recommandent d'introduire dans la canule un peu d'eau physiologique citratée, afin d'empêcher la dessiccation de la goutte de lymphe qui est aspirée.

Un ganglion superficiel est saisi entre le pouce et l'index de la main gauche et fixé; après avoir prévenu le malade qu'on va lui

1. D'après le D' May, l'aulo-agglutinalion des hématies s'observe chez une forte proportion d'indigènes non trypanosomes de Rhodésia; elle est surtout commune chez les sujets infectés de Filaria perslans {Sleep. Sickn. Bulletin, 1912, t. IV, p. 199).

2. Greio et Gray, Brit. med. Journal. 28 mai 1904, et Rep. of thc Slecp. Sickn. Commis, of thc R. Soc, 190.5, n" G. — Consulter sur la même question : J.-E. Dutton et J.-L. Todd, Liverpool Sch. of trop, med., oct. 1903. Mem. XVI et mars 190G, Mem. XVlll. — A.-C.-II. Gray et F.-M.-G. Tulloch, Reports of thc Sleep. Sichn. Commis, of Ihc R. Soc, février 1907, N° VIII, p. 8. — Hroden, Travaux du laboratoire méd. de Léopoldville, Bruxelles, 1906. — G. Martin et Ledoclf, Ann. de t'Insl. Pasteur, juin 1908 et Soc. de path. exotique, 1-3 oct. 1909. — TiuROUX et d'Anfreville, La maladie du sommeil et les trypanos. animales au Sénégal, Paris 1911. — J.-L. Todd et .S.-B. Wolbach, Ann. of trop. med. a. parasitol., août 1911.

764 THYPANOSOMES ET TRYPANOSOMIASES

faire une petite piqûre, on enfonce la canule dans le sens du g-rand axe du ganglion qui a été choisi et quand il paraît certain que la pointe de la canule a pénétré au centre du ganglion, on aspire lentement.

Avant de retirer la canule, on enlève la seringue, afin que la goutte de lymphe ne soit pas aspirée dans le corps de la seringue où il serait difficile de la recueillir. L'aiguille une fois retirée, on Tadapte de nouveau à la seringue et on refoule, sur une lame couvre-objet, la goutte de lymphe qui se trouve dans la canule. Cette goutte est examinée à l'état frais; si les particules expulsées de la canule sont trop denses, on les dilue avec un peu d'eau physiologique.

Il faut quelquefois ponctionner plusieurs ganglions avant de trouver des trypan. Ce ne sont pas les ganglions les plus gros qui donnent la lymphe la plus riche en trypan. (Broden.)

3" Examen du liquide cérébro-spinal. — Cet examen est indiqué chez les sujets qui sont arrivés à la deuxième période de la trypanosomiase. Les trypan. ne se trouvent pas dans le liquide cérébrospinal au début de la maladie; ils s'y l'encontrent toujours à une période avancée.

On pratique la ponction lombaire'. Chez l'adulte, il faut retirer 10 ce. au plus de liquide, moitié moins chez l'enfant. Quand on dépasse ces quantités, on observe souvent des accidents : céphalalgie, rachialgie, vertiges, etc. Le malade doit rester couché pendant 2-4 heures au moins à la suite de la ponction.

Le liquide cérébro-spinal est rarement aussi limpide qu'à l'état normal, quand il s'agit de malades arrivés à la deuxième période de

1. Nous croyons devoir donner ici les indications indispensables au médecin pour pratiquer la ponction lombaire; nous empruntons ces indications à Texcellent travail de M. le 1)' ïuffier sur V Analgésie chirurgicale par voie rachidienne, Paris, lUOl.

On emploie une aip:uille en platine iridié facilement stérilisable, do Scenlimèlres de long, s'adaptant sur une seringue à injection hypod.: diamètre extérieur de l'aiguille 0 cm. 10, diamètre intérieur 0 cm. OG. La portion pi(|uant(> est taillée en l)iseau très court.

Il est inutile de recourir à l'anesthésic locale. Le patient est assis les deux bras portés en avant. La région lombaire est aseptisée. Les crêtes iliaques sont repérées, la ligne transversale qui les réunit passe au niveau de la quatrième vertèbre lombaire (apopbyse épineuse).

L'index gauche marquant l'apophyse épineuse, on recommande au malade d'incliner fortement la tète en avant de façon à faire « gros dos ». Ce mouvement a pour effet d'écarler les lames vertébrales des vertèbres entre lesquelles doit passer l'aiguille. Il faut prévenir à ce moment le malade qu'on va le piquer et qu'il doit rester immobile, afin qu'il ne se redresse pas brusquement. I/aiguillede la seringue convenablement stérilisée, est enfoncée à 1 centimètre environ delà ligne épineuse, tout contre le bord de l'index qui repère l'apophyse. L'aiguille est dirigée légèrement en dedans et en haut; quand elle pénètre dans l'espace sous-dural, on sent nettement que la résistance fait défaut, on voit sourdre aussitôt un liquide clair que l'on recueille directement ou bien en adaptant une seringue à la canule.

Voir aussi, au sujet de la techniciue de la ponction lombaire : A Saissi, Monde médical, 3 octobre iOOU.

la trypanosomiase; le nombre des leucocytes (lymphocytes principalement) est presque toujours augmenté.

Le liquide cérébro-spinal est centrifugé et on examine au microscope, à l'état frais, le dépôt qui se forme au fond du tube. Dans les frottis faits avec ce dépôt et desséchés, les trypan. sont moins bien fixés que dans le sang, de là les aspects signalés par Castellani comme spéciaux à Tr. ugandense.

A" Animaux d'épreuve. — Un bon procédé de diagnostic consiste à inoculer à des animaux qui s'infectent facilement par le Tr. gambiense, 10 à 20 ce. du sang ou 10 ce. du liquide cérébro-spinal des malades chez lesquels on soupçonne l'existence de la trypanosomiase. Ce procédé ne présente qu'un inconvénient, c'est qu'il exige un temps assez long. Il faut choisir avec soin les animaux d'épreuve.

Les rats et les souris ne conviennent pas; chez ces animaux, l'évolution de l'infection produite par le Tr. gambiense est irrégulière ; il y a des infections légères qui peuvent passer inaperçues et qui se terminent par guérison, et certains de ces animaux sont tout à fait ré frac ta ires.

Les lapins ne conviennent pas davantage; les trypan. sont ton jours rares dans le sang, ce qui ne permet pas de constater facilement l'existence ou l'absence de l'infection.

Les cobayes, les chiens, les macaques, les cercopithèques*, se prêtent bien à l'expérience; ils s'infectent facilement et l'existence des trypan. qui se multiplient beaucoup dans le sang est facile à constater chez eux. Les cynocéphales sont presque toujours réfractaires.

5° Epreuves de séro-diagnoslic. — Levaditi et Mutermilch ont proposé d'utiliser la réaction d'attachement des trypan. aux leucocytespour le diagnostic de la maladie du sommeil. Ces observateurs ont examiné le sérum de 7 malades qui tous avaient été traités; ils ont enregistré une réaction positive dans tous les cas, mais l'intensité de la réaction a varié; très forte chez 3 sujets, elle a été moyenne ou faible chez les 4 autres '.

Laveran, Thiroux et Nattan-Larrier ont montré que la réaction d'attachement était souvent infidèle, notamment dans les infections produites par le Tr. gambiense^. Chez 4 malades atteints de trypanosomiase bien caractérisée, examinés par Laveran et Nattan-Larrier,

1. ÏHiROUX et d'Anfreville ont employé avec beaucoup de succès le Cercopt7/ieci(s riiber ou palas comme animal d'épreuve dans la maladie du sommeil {Soc. de palli. exotique, 10 mars 1009.)

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