E. RouBAL'D, Acad. des Sciences, 17 février
2. Bullet. of sleep. sickn. Bureau, 1910, t. 11, p. 218, t. III, p. 426 et t. IV, p. 195.
7 82 TRYPANOSOMES ET TUYPANOSOMIASES
Les nouveaux villages ne seront pas installés à une distance trop grande des cours d'eau navigables, la voie fluviale étant indispensable pour les transports dans des pays où les routes font défaut et où les animaux de bât sont, en général, rares.
En dehors du débrousseraent et du déplacement des villages, un certain nombre de mesures ont été préconisées dans le but de détruire les glossines ou du moins de réduire leur nombre.
R. Koch ayant constaté que les glossines se nourrissaient souvent sur les crocodiles, a recommandé de détruire ces animaux*. La destruction des crocodiles est évidemment désirable, mais à un autre point de vue, et nous croyons qu'on ne doit pas fonder de grandes espérances sur ce moyen de lutte contre la maladie du sommeil, on peut même se demander si les glossines, ne pouvant plus se nourrir sur les crocodiles, ne piqueraient pas les hommes plus fréquemment encore qu'elles ne le font aujourd'hui et ne deviendraient pas, par suite, plus dangereuses.
La destruction du gros gibier dans le voisinage des agglomérations a été souvent recommandée; il est possible en efîet que le gros gibier, les antilopes en particulier, servent parfois de réservoir au virus, mais on a vu (p. 755) que ce mode de propagation paraît être de peu d'importance en regard de la contagion interhumaine.
Dans l'île du Prince, un arrêté du Gouverneur de San Thomé, du 10 février 1911, a prescrit la destruction du gros gibier et l'extermination des porcs ^ ; ces mesures nous semblent excessives, d'autant que les porcs sont peu sensibles au Tr. gambiense.
Le gros gibier et les animaux domestiques paraissent jouer un rôle plus important dans la propagation du Tr. rhodesiense que dans celle du Tr. gambiense; dans les régions où la maladie du sommeil est produite par le Tr. rhodesiense, il est indiqué de détruire le gros gibier au voisinage des agglomérations.
M'aldonado a proposé d'employer la glu pour détruire les tsétsés; on s'est servi aussi du latex de Loranthus, de Ficus ou d'Eiiphorbia. Dans les endroits où abondent les glossines, on tend des toiles noires enduites de glu ou bien on garnit une partie du corps des animaux domestiques ou des indigènes avec des morceaux de calicot noir, enduits de glu *.
Ce. procédé a été employé avec un certain succès à l'île du Prince et au Nyassaland.
Koch qui a expérimenté dans l'Afrique orientale allemande, la glu à tsétsés de Cleve (latex d'une Euphorbiacée), est arrivé à des conclusions peu favorables à ce procédé de destruction des glossines.
1. R. Koch. Deutsche med. Wochenschr., 1906, n° 51 et 10 janvier 1907.