‹ Trypanosomes et trypanosomiasesChapitre 350 sur 412 · ARBOREA · texte numérisé non relu

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son flagelle; le blépharoplaste et le noyau se divisent; d'après França et Athias, il semble que le blépharoplaste joue un rôle centrosomique dans la division du noyau ; ce rôle serait particulièrement net au moment du passage du stade à 2 noyaux à celui à 4 noyaux. Dans leur mémoire sur le trypan, d'Hjjla arborea, França et Athias ont donné d'excellentes figures de ces transformations nucléaires (fig. CXLVI, 2).

D'après les descriptions des auteurs, on n'est pas fixé sur le nombre des éléments qui dérivent d'un trypan. du sang; le chiffre serait 8 ou plus élevé. Les divergences peuvent tenir à ce que ce nombre

varie avec le volume du trypan. qui se divise. Nous avons énoncé cette règle au chapitre v.

2. Marche des cultures. — Au bout de 24 heures, on commence à voir dans les cultures, des formes Le/>/omonas et Crithidia que Ton retrouvera pendant toute la durée de celles-ci. Nous avons insisté au chapitre V sur la disproportion entre le volume de ces éléments et celui des trypan.

initiaux (voir fig. XIX,

Fiff. CXLVI.

Tr. hyl.ï: (d'après França et Athias).

, Forme du sang avec noyau fusiforrae n portant le centrosome c à une de ses extrémités; — 2, passage du stade à 2 noyaux au stade à 4 noyaux ; les centrosomes c sont aux pôles des noyaux n.

Lewis et Williams ^ ont les premiers obtenu ces formes dans l'eau de condensation d'un milieu gélose à laquelle quelques gouttes de sang de grenouille ou de crapaud avaient été ajoutées. Mais ils n'ont obtenu qu'un seul réensemencement. La culture en série a été obtenue pour la première fois par Bouet, à l'Institut Pasteur, en se servant du milieu Novy-Mc Neal ordinaire, puis par Mathis avec son milieu chauffé. Doflein a consacré à cette question un long mémoire très documenté. Lebedeff a obtenu aussi des cultures sur milieu Novy; mais elles ont toujours montré, tardivement, des impuretés bactériennes; Lebedeff voit leur origine dans une bactérie [B. hydrophilus fuscus) présente dans le sang de la grenouille.

Dans les laboratoires de nos pays, le trypan. de la grenouille constitue, avec le Tr. Lewisi, un matériel de choix quand on veut obtenir des cultures de trypan. pour démonstrations.

D'après Bouet, les premières cultures apparaissent au bout de

1. Lewis et Williams, Amer. Mcdec, t. XI, 25 mars 1905, p. 491.

TRYPANOSOMES DES BATRACIENS 869

4-5 jours; dans les réeiisemencements, Tapparition est plus variable (de 3 jours à 1 mois). Les flagellés sont les plus nombreux du 18" au 25* jour; mais ils peuvent rester vivants des mois dans un môme tube. Bouet a observé, dans ces conditions, des colonies en dehors de l'eau de condensation, directement sur la gélose.

Les formes de culture sont du type Leplomonas et surtout du type Crithidia; les flagellés mesurent en moyenne 25 [x, flagelle compris, sur 2 [x. Souvent, ils s'agglutinent entre lame et lamelle. Le sérum d'une grenouille infectée a des propriétés agglutinantes que ne possède pas celui d'une grenouille indemne.

Doflein a donné une description minutieuse des flagellés des cultures observés à l'état frais. Il distingue 7 catégories d'individus : foliacés, — fusiformes, — en massue (les individus de ces 3 catégories sont plus ou moins du type Leplomonas, on les rencontre surtout au début des cultures), — crithidiformes, — trypanosomes typiques (avec extrémité postérieure extrêmement longue et fine et membrane ondulante large et très plissée), — spirochétiformes (ils se rencontrent au début des cultures, avec les individus des trois premières catégories), — arrondis.

Ces formes, qui ont généralement de 20 à 30 m^ de long sur 4 jji de large en moyenne, peuvent être beaucoup plus petites, par exemple : 2 à 4 !-i de long sur 1/2 à 1 [x de large, si l'on fait la culture dans le milieu où le sang est. à la gélose dans la proportion de 1/10.

La division est souvent inégale et c'est ainsi qu'apparaissent les éléments spirochétiformes qui ont aussi la mobilité si spéciale des spirochètes et en particulier la faculté de s'enrouler sur eux-mêmes. Ces éléments si minces seraient en relation avec des périodes de jeûne. Ils ont un noyau aussi typique que les autres formes.

Souvent on trouve des associations de deux individus de taille inégale. Il s'agit en principe de la fin d'une division et il n'y a aucune raison d'y voir un début de copulation.

Modes de transmission. — Malgré l'ubiquité du Tr. rolalorium, jusqu'ici, un seul observateur, França', a publié des faits au sujet de l'hôte invertébré du trypan, en question.

Ayant trouvé, sur des grenouilles de Cintra, dont le sang contenait des Tr. costatum et rotatorium, de petites sangsues {Helobdella algira) renfermant dans leur intestin des Leplomonas, França a inoculé avec ce contenu intestinal 6 grenouilles paraissant indemnes; 3-4 jours plus tard, ces grenouilles avaient, dans leur sang, de nombreux Tr. coslalum et rolaloriuni.

Des sangsues, qui avaient sucé quelque temps auparavant des grenouilles infectées par le Tr^ coslalum, sont portées surdes grenouilles

l. França, Bull. Soc. portug. Se. nat., t. I, séances du 18 juin et du 20 nov.

indemnes et depuis un an dans le laboratoire. Quelques jours après, presque toutes étaient infectées.

Des coupes, colorées au Giemsa, de sangsues ayant sucé des grenouilles à trypan., montrent une localisation des formes Leptomonas et Crilhidia contre les parois des caecums gastriques et intestinaux.

Helobdella algira, au Portugal tout au moins (car l'espèce manque en France), sert donc d'hôte invertébré, non seulement au Tr. inopinatum (voir ci-dessous), mais encore au Tr. rotaloriiim.

França a pensé qu'on pourrait revenir aux formes trypanosomiques en soumettant le sang renfermant les formes culturales à un mouvement rythmique et constant. Il y est parvenu en opérant avec le contenu intestinal à' Helobdella infectées mélangé à du sang de grenouille non parasité. Ce mélange est introduit dans des tubes capillaires à l'intérieur desquels on détermine des variations de pression à l'aide d'une poire en caoutchouc rythmiquement comprimée. Au bout de 48 heures, les deux tiers des flagellés sont devenus des trypan. rappelant le Tr. inopinatum.

Inoculations expérimentales. — Nous avons essayé de réaliser expérimentalement l'infection de grenouilles vertes avec le sang d'autres grenouilles ayant des trypan. Ce sang était inoculé soit dans le sac dorsal, soit dans le péritoine. Nos résultats qui portent sur 7 à 8 grenouilles ont été négatifs, à une exception près ; une grenouille a montré, du 4^ au 8*= jour après l'inoculation, de rares trypan. dans son sang.

D'après Lebedeft", le Tr. rotatorium n'est inoculable qu'à certaines phases de son cycle évolutif, rares dans les infections naturelles.

Cinq fois, Lebedeff a réussi à infecter des grenouilles neuves en leur inoculant des cultures dans le péritoine : 3-4 jours plus tard, on observait dans le sang des trypan. du type « ordinaire »; ils n'y persistaient jamais longtemps. Par comparaison avec l'échec des inoculations du sang trypanosomé, le résultat est à souligner.

Bouetn'a eu que des résultats négatifs dans ses essais d'inoculation des cultures.

§ 3. — Trypan. des Leptodactylus américains et genres voisins d'Australie.

Carini a fait connaître, en 1907, un trypan. du Leptodactylus

ocellatus de Saint-Paul (Brésil) sous le nom de Tr. leptodactyliK

Voici les dimensions de la forme décrite. Longueur, 30 à 35 [Jt pour

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