Carini, Rev. med. de S. Paiûo, 30 nov
TRYPANOSOMES DES BATRACIENS
le corps, 15 à 25 ;jl pour le flagelle, largeur 2 ,u, 5 à 4 ,a, 5. Le centrosome n'est qu'à 2 ,u, 5 du noyau ; il est à 10-15 a de l'extrémité postérieure, souvent très effilée.
Il y a parfois presque autant de parasites dans le sang que d'hématies. Les trypan. sont souvent disposés en rosaces de o à 30 éléments, avec flagelles au centre; mais de plus grosses agglomérations se rencontrent dans le rein.
Carini a décrit ultérieurement d'autres formes rencontrées chez le leptodactyle avec la préoccupation de rattacher ces trypan. à des formes endoglobulaires.
Une description d'ensemble a été donnée par Astrogildo Machado.
Fig. GXLVII. — Trypan. du Leptodagtylus (d'après Astr. Machado).
1, Grande forme allongée; — 2, forme discoïde; — 3, division nucléaire chez la forme discoïde; — 1, forme de multiplication; — 5, petite forme allongée.
Il signale des grandes formes allongées avec membrane ondulante bien développée, flagelle libre et noyau assez éloigné du centrosome (fig. GXLVII, 1). Il a vu, sur le vivant, ces formes allongées se transformer en formes arrondies ou plus exactement en disques minces plus ou moins circulaires, à la surface desquels la membrane ondulante apparaît comme un gros pli. Le cetitrosome vient au voisinage du noyau. Un certain nombre de changements s'accomplissent dans le noyau (en particulier dissolution du caryosome) et finalement le centrosome y pénètre (fig. 2).
On trouve enfin de petits trypan. allongés (fig. 3) qui dériveraient des précédents (voir ci-dessous).
Toutes ces formes sont caractéristiques des infections récentes, rencontrées chez les leptodactyles les plus jeunes.
Dans les infections anciennes, on observe ce que Machado appelle des formes larges; les dimensions en sont très variables; elles commencent à celles des petites formes allongées. Le cytoplasme renferme souvent des granulations chromophiles. D'après les figures données, on ne se fait pas une idée précise de la structure du noyau. 11 est possible qu'il soit du type fusiforme que nous avons décrit dans le paragraphe précédent. Ces formes larges seraient susceptibles de se diviser en deux, mais aucune figure démonstrative n'est donnée.
Carini et Machado {op. cit.) ont décrit des formes assez particulières rentrant dans le cycle de ces trypanosomes.
Pour le premier de ces observateurs, certains des types flagellés du sang ont pour point de départ des formes endoglobulaires (hématies ou hématoblastes), d'abord uninucléées, qui grossissent en s'individualisant peu à peu dans la cellule-hôte, apparaissent avec un noyau et un centrosome et finissent par prendre tous les caractères d'un vrai trypan., identique aux trypan. que l'on trouve libres dans le plasma. Il peut y avoir des divisions en 2 à l'intérieur de la cellule-hôte.
Ultérieurement, Carini a décrit, à l'intérieur de cellules mononucléaires, des formes ovoïdes, avec noyau et centrosome, ressemblant à des Leishmania, et, dans le plasma, des formes crithidiennes disposées en rosace.
Astr. Machado décrit une multiplication des formes discoïdes. Le noyau modifié subit un certain nombre de divisions successives (fig. CXLVII, 3), les unes du type égal, les autres d'un type inégal; il se forme ainsi un nombre de noyaux allant de 5 à 17, répartis dans la masse cytoplasmique. Autour de ces noyaux s'individualisent des territoires cytoplasmiques et on aboutit ainsi à des éléments ovoïdes, uninucléés, logés dans l'enveloppe périplastique qui est restée indivise (fig. 4). Ces éléments se transforment dans les petits trypan. allongés dont nous avons déjà parlé (fig. 5).
L'auteur assimile la division multiple de son trypan. à la division pulmonaire gamétogonique du Schizotrypanum Cruzi; sa division binaire à la division intramusculaire du même trypan. qui est aussi binaire, et a lieu sous la forme Leishmania.
Tr. rotatorium, auquel il assimile son trypan. du Leptodactylus, étant l'espèce type du genre Trypanosoma, Machado propose de faire entrer la notion de la division multiple dans la diagnose de ce genre.
Il a obtenu des cultures sur milieu Novy-Mc Neal. Il a suivi cette culture dès le début, a vu les formes allongées, grandes et petites, s'arrondir, et toutes les catégories de formes se diviser de façon à arriver à égaliser les volumes des petites boules aflagellées qui se transforment en Crithidia; la partie postérieure est généralement
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mince et pointue. Chez quelques individus, le centrosorae est en arrière du noyau et il y a une membrane ondulante bien développée; cette apparition de trypan. paraît liée à la présence dans le sang ensemencé de grandes formes allongées.
Les Limnodynastes, chez lesquels Clelandet Johnston i ont découvert des trypan. en Australie, appartiennent à la même famille que les Leptodactyliis. Les trypan. observés sont tous du même type : pointu en arrière, avec partie libre du flagelle assez développée, eu avant; le centrosome est à peu près à mi-chemin du noyau à l'extrémité postérieure ; la longueur totale varie de 32 [x à 60 tx; la largeur varie encore plus et va de 3 jx, 4 à 9 [x, ou bien, si on ne compte pas la membrane ondulante, de 1 [x, 6 à 5 [jl, 4; il y a donc des formes minces et des formes trapues.
Pittaluga ^ a créé l'espèce innominalum pour une forme particulière décrite par Mario Lebredo chez des grenouilles (?) de Cuba ^.
§ 4. — Trypan. inopinatum, Ed. et Et. Sergent, 1904, espèce pathogène pour les grenouilles.
Au commencement de 1904, Ed. et Et. Sergent ont signalé une espèce certainement nouvelle de trypanosome de Bana esculenta., qu'ils ont trouvée en extrême abondance dans le sang d'une grenouille de Kabylie. Ils ont donné à cette espèce le nom de Tr. inopinatum. {Soc. de Biologie, l. c.)
« Ce trypan. (fig. CXLVIII, 6 à 10) mesure environ 25 à 30 [jl de long (flagelle compris) sur 3 a de large. Il ressemble beaucoup au Tr. Lewisi des rats; il en diffère en ce qu'il est plus trapu, moins effilé (surtout dans la partie post-centrosomique); son noyau est situé vers le milieu du corps protoplasmique, tandis que, chez le Tr. Lewisi, il est dans la moitié antérieure. Le centrosome est très développé, comme chez le Tr. Lewisi; c'est souvent une masse allongée transversalement et occupant toute la largeur du parasite. La membrane ondulante ne présente généralement pas de plis, elle paraît encore plus rigide que celle du Tr. Lewisi. Bien que la préparation contienne autant de trypan. que d'hématies, tous les parasites observés sont à peu près de même taille, et en fait de formes de division, nous n'avons vu que, chez un seul trypan., le dédoublement du centrosome et du début de la membrane ondulante, les deux cenlrosomes sont au voisinage du noyau, au lieu d'occuper la posi-
1. Gleland et JoHNSTON, Journ. a. Proc. Roy. Soc. New South Wales, t. XLIV, i9H, p. 252.
2. Pittaluga, Rev. R. Acad. de Ciencias, Madrid, t. II, 1905.
3. Lebredo, Rev. de Med. y Cirurg. de la Habana, 25 nov. 1903, p. 488.
TRYPANOSOMES ET TRYPANGSOMIASES
tion normale du centrosome. Chez quelques autres parasites, nous avons également vu le centrosome voisin du noyau; il s'agissait sans doute de formes se préparant à la division. » (Ed. et Et. Sergent.)
Billet, qui a retrouvé le Tr. inopinalum en Algérie, a cherché à établir qu'il existe des relations ontogéniques entre ce trypan. et une hémogrégarine de la grenouille. Les observations subséquentes de Brumpt et de França n'ont pas confirmé cette manière de voir. Au cours de ses recherches, Billet est arrivé à l'opinion qu'une sangsue {Helobdella algira)^ ectoparasite des grenouilles, est l'hôte intermédiaire normal du Tr. inopinalum qui montre, dans le tube
Fig. CXLVIII. — Tr. inopinatum (d'après Brumpt).
1-5, Formes évolutives chez Helobdella aUjira; — 6 à 15, formes du sang de la grenouille ; — 6-10, Tr. inopinatum s.s.: — 11-13, formes intermédiaires de Brumpt (= Tr. elegans França et Athias); — 13-15, formes géantes de Brumpt {— Tr. undulans F. et A.). (Figure empruntée au Précis de parasitologie de Brumpt). — Gr. = 1200 D. environ.
digestif des sangsues, une grande variété de formes qu'il ne présente jamais dans le sang de la grenouille.
Guidé par ces constatations de Billet, Brumpt a fait venir à Paris des hélobdelles infectées d'Algérie et il a pu, en leur faisant piquer des grenouilles vertes, fournir la preuve indiscutable que ces sangsues sont bien les hôtes du Ti\ inopinatum (espèce tout à fait inconnue chez les grenouilles de France). França a vérifié le fait au Portugal K
D'après Brumpt, chez les grenouilles piquées par les sangsues, l'incubation est de 8 à 10 jours. Les parasites inoculés pullulent