Laveran et Mesnil, Acad. des Se, 29 octobre
Tr. Remaki var. parva mesure en moyenne 28 à 30 [x de long, flagelle compris; le corps entre pour 15 à 20 [x dans ce chiftVe. Nous avons mesuré des exemplaires atteignant 42 jx (25 pour le corps, 17 pour le flagelle), tandis que d'autres n'avaient que 20 [/. (10 [x -h 10 p.). Cette variation dans la taille ne paraît pas être en rapport avec la division des parasites, car nous l'avons notée chez des brochets où il n'y avait pas de formes de division. La largeur est de 1 a, 4 environ.
La figure CLII (1, 2 et 3) donne une bonne idée des aspects que présente Tr. Remaki var. parva. Le corps protoplasmique se colore assez faiblement et prend une teinte bleue homogène où l'on ne distingue pas de granules particuliers. Le noyau n et le centrosome c se colorent en violet foncé.
Le noyau., généralement ovalaire, se trouve à l'union du tiers moyen avec le tiers antérieur du corps; il est constitué par de fins granules de chromatine, très serrés les uns contre les autres, entourant une vacuole centrale où l'on remarque souvent un granule plus gros que les autres.
Le centrosome, sphérique, est assez petit si on le compare à ceux des autres espèces de trypanosomes de poissons. Le flagelle qui borde la membrane ondulante aboutit au centrosome.
La membrane ondulante est peu plissée (au maximum 5 à 6 plis) ; elle rappelle beaucoup celle du Tr. Lewisi.
La partie du corps, on arrière du centrosome, est très courte, et a la forme d'un cône obtus.
Tr. Remaki var. magna (fig. CLII, 4) mesure au minimum 45 tx de long (dont 26 à 28 tx pour le corps du trypan.) sur 2 [x à 2 [x 1/2 de large. Certains exemplaires ont jusqu'à 57 a de long.
En dehors de ses dimensions, cette variété attire encore l'attention par ce fait que le protoplasme se colore plus fortement en bleu que dans la var. parva (il faut noter que l'épaisseur est plus grande); la teinte bleue est assez homogène comme chez cette dernière variété. La structure est d'ailleurs très semblable à celle de la var. parva : le noyau ovalaire est formé de nombreuses granulations de chromatine très serrées les unes contre les autres; le centrosome est situé tout près de l'extrémité postérieure; la membrane ondulante est peu plissée.
Ces grands trypan. ne sont pas des formes en voie de division du Tr. Remaki, car nous n'en avons jamais vu montrant des signes de division.
Chez les brochets infectés naturellement, nous n'avons jamais vu de formes nettes de division; nous avons simplement observé de rares individus de la var. parva qui avaient leur noyau divisé en deux. Nous n'avons rencontré des formes en voie de multiplication
TRYPANOSOMES DES POISSONS 895
que chez les deux brochets que nous avons infectés expérimentalement. Le sang du brochet qui a servi à infecter ces deux brochets ne contenait que des Tr. Bemaki war. parva. Toutes les formes vues chez ces deux brochets ont présenté aussi les caractères de la var. parva.
Les trypan. ont montré les mêmes variations de taille que ceux des brochets à infection naturelle; nous en avons trouvé assez souvent en voie de division durant les 10 à 15 jours où les parasites ont été les plus nombreux dans le sang.
Le trypan. qui va se diviser augmente un peu de volume, surtout en largeur. La longueur des éléments parasitaires en voie de division variait de 28 a à 35 ix. La division peut commencer par le
Fig. CLIII. — Différents stades de la division longitudinale du Tr. Remaki.
Gr. 2 000 diamètres environ.
noyau (fig. CLIII, 3); le plus souvent c'est le centrosome qui [se divise le premier (2 et 4).
Le centrosome s'élargit (1), puis se divise en deux petites masses sphériques qui, accolées d'abord, se séparent ensuite en restant unies par un pont (forme en haltère) pendant un certain temps. En même temps, le flagelle se divise à sa base (partie aboutissant au centrosome) (2 et 4) et ensuite dans toute sa longueur.
Le noyau qui va se diviser s'allonge dans le sens du grand axe du trypan. (1 et 4)); la chromatine s'accumule aux deux extrémités du noyau. Finalement, on a deux noyaux situés l'un derrière l'autre (fig. 3 et 5). La division nucléaire est du type direct.
A un moment donné, le trypan. présente deux noyaux, deux centrosomes, deux membranes ondulantes et deux flagelles; la division du protoplasme se fait alors rapidement.
La division est égale ou subégale, si bien que les trypan. de nouvelle formation se distinguent difficilement des trypan, plus anciens. Ce mode de division est identique à celui du 7>. Brucei.
Les grandes et les petites formes que nous avons décrites constituent-elles deux espèces distinctes ?
Chez les brochets qui renfermaient ces deux variétés parua et magna, nous n'avons pas trouvé de formes nettement intermédiaires. Les grands trypan. ne coexistent pas toujours avec les petits. Enfin, nos infections expérimentales, faites à partir de Tr. Remaki var. parva, ne nous ont donné que des \ar. parva. Ces faits plaident en faveur d'une dualité spécifique, mais ils ne sont pas décisifs. La grande ressemblance des petits et des grands trypan. en dehors de leurs dimensions, plaide d'autre part en faveur d'une seule espèce. Il est possible que les trypan. de la var. magna n'apparaissent que chez des brochets infectés depuis longtemps par la var. /jarya. Nous espérons qu'on arrivera, par la voie expérimentale, que nous avons ouverte, à résoudre cette question.
Minchin a constaté comme nous que les variétés joarya et magna du Tr. Remaki étaient bien marquées, sans formes de transition. D'après cet observateur, dans la variété parua, la partie libre du flagelle est plus longue que dans la variété magna, et le cytoplasme de la variété parva est plus clair que celui de la variété magna qui contient de nombreuses granulations se colorant en rouge par le Giemsa (Minchin, op. cii).
Tr. perce, Brumpt, 1906. — L'existence de ce trypan. dans le sang de Perça fluviatilis (perche) a été signalée pour la première fois par Danilewsky. Le parasite mesure 57 ;jl de long dont IB a pour le flagelle et 3 tx de large ^
Minchin a fait une étude très complète de ce trypanosome -.
L'examen du sang frais montre que les parasites peuvent être divisés en grands et petits; les grandes formes étant de beaucoup les plus communes.
Le corps est en fuseau ; l'extrémité qui porte le flagelle est très effilée; l'autre l'est moins. La membrane ondulante et le flagelle se voient bien, surtout quand les mouvements du trypan. se sont ralentis. Un corpuscule réfringent se voit toujours à la partie postérieure, il s'agit sans aucun doute du centrosome.
Les trypan. de la perche ont une grande tendance à se tordre et à s'enrouler sur eux-mêmes comme font les serpents; tantôt ils se meuvent ainsi sans changer de place, tantôt ils se déplacent avec le flagelle en avant.
Tr. percse n'a pas la grande vitalité du Tr. granulosum, il ne vit que peu d'heures in vitro.
Dans les préparations de sang desséché, fixé et coloré, on distingue facilement les grandes et les petites formes; la partie libre du