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I. — Trypanoplasmes sanguicoles des Poissons européens

Tous ces trypanopl. ont été trouvés chez des Poissons d'eau douce.

Les poissons chez lesquels l'existence des parasites a été signalée appartiennent aux familles, genres et espèces dont les noms suivent. On remarquera que les trypanopl. ont été rencontrés principalement chez des Cyprinidœ comme les trypan. et souvent chez les mêmes espèces que ces derniers.

Cyprinidœ. — Cyprinus carpio. — Carassius vulgaris et C. auralus. — Tinca tinca. — Barbus fluviatilis. — Gobio fluviatilis. — Phoxinus Isevis. — Abramis brama. — Leuciscus idus. — L. ruiilus

(gardon). — Scardinius erylhrophtalmus (rotengle). — Squaliiis cephalus (chevaine).

GADID.^î. — Lola vulgaris.

CoBiTiD^. — Cobitis barbatula.

Esocid.î;. — Esox liiciiis.

PerciD/E. — Perça fluviatilis. — Acerina cerniia.

SALMONiDiE. — Salmo fario.

TuiGLiD.E. — Cottus gobio.

Nous commencerons Tétude de ces trypanopl. par celle du Tr. Borreli qui est le premier en date et le mieux connu.

Trpl. Borreli, Lav. et Mesn., 1901. — Ce parasite a été trouvé dans le sang de la moitié des rotengles {Scardinius ery throphtalmus) péchés dans les étangs de Garches. Les jeunes rotengles sont plus rarement infectés que les rotengles qui mesurent 15 à 17 cm. de long. Chez tous les rotengles que nous avons examinés, aussi bien chez ceux infectés naturellement, que chez ceux infectés expérimentalement, les Trypanoplasma étaient en petit nombre dans le sang, un examen prolongé était souvent nécessaire pour les découvrir.

Minchin qui a examiné, à Sutton Broad (Angleterre), le sang de nombreux rotengles n'a vu des trypanopl. que chez un de ces poissons, et les parasites étaient très rares.

Dans les préparations de sang frais, Trpl. Borreli a des mouvements très vifs et il est impossible de se rendre un compte exact de sa structure. On constate seulement que le parasite change souvent de forme ; tantôt il se courbe en C et Ton voit, du côté de la convexité, une membrane ondulante; tantôt il s'étale comme une amibe et le corps devient alors aussi transparent que la membrane ondulante; il se déplace, l'extrémité la plus grosse en avant. On ne distingue ni noyau, ni granulations d'aucune sorte.

Les préparations colorées révèlent une structure bien différente de celle des Trypanosoma.

Le corps des Trpl. Borreli est aplati, souvent recourbé en arc comme l'indique la figure CLIX, 1 (voyez aussi la planche en couleur, fig. 16). La partie située du côté de la concavité est plus épaisse que la partie située du côté de la convexité qui se continue, sans ligne de démarcation nette, avec la membrane ondulante. Celte partie convexe du corps se colore plus faiblement que la région du côté de la concavité; le tout prend une teinte d'un bleu assez homogène, au milieu duquel tranchent parfois des granules foncés. Chez certains exemplaires, l'extrémité postérieure se colore en bleu d'une façon intense alors que l'extrémité antérieure reste claire. L'extrémité postérieure est amincie; tantôt elle se termine brusquement, tantôt elle finit en pointe très aiguë en longeant le flagelle.

Le corps du parasite est soumis d'ailleurs à des déformations nom-

TRYPANOPLASMES DES POISSONS

breuses et il s'en faut de beaucoup qu'il se présente toujours sous l'aspect indiqué en 1 (fig-. CLIX). La forme qui porte le n" 2 (même figure) est assez commune. Parfois le protoplasme est encore plus étalé et les contours dessinent un ovale plus ou moins régulier.

La longueur du corps (flagelles non compris) oscille peu autour de 20 a; la largeur est variable : 3 a à 4 a ou même davantage.

Sur les préparations bien colorées, on distingue, à l'union du tiers antérieur du corps avec le tiers moyen, deux amas de chromatine qui ont généralement une forme allongée, le grand axe étant parallèle à celui du corps du parasite. De ces deux amas de chromatine, l'un, celui qui est situé d'ordinaire du côté de la convexité, est plus volumineux, moins fortement coloré et plus globuleux que l'autre,

Fig. CLIX. — Trypanoplasma Borreli.

1 ct>2, ïrypanoplasme du rotengle. — 3, 4, Eléments en voie de division, plasmo du vairon. — Gr. = 1 800 diamètres environ.

5, Trypano-

c'est le noyau (fig. CLIX, 1, n); l'autre, situé d'ordinaire du côté de la concavité, plus allongé, plus mince et prenant une teinte violette plus foncée que celle du premier, représente le centrosome (1, c).

Le centrosome donne naissance aux deux flagelles : flagelle antérieur qui devient libre immédiatement {fa) et flagelle postérieur (fp) ; ce dernier contourne l'extrémité antérieure, borde la membrane ondulante et ne devient libre quà la partie postérieure; il se détache souvent du corps du parasite avant d'avoir atteint l'extrémité postérieure, comme cela est indiqué pour les éléments 3 et 5 de la figure eux. La longueur des flagelles antérieur et postérieur (parties libres) est de 15 p. environ.

Nous avons observé quelques formes de division dans le sang de rotengles infectés expérimentalement; le centrosome se divise le premier, les flagelles se dédoublent ensuite; la figure CLIX montre (3 et 4) deux phases de cette division.

Léger a rencontré fréquemment dans le sang des vairons {Phoxinus lœvis Agass.) du Dauphiné, des trypanopl. ayant une

grande ressemblance avec Trpl. Borreli. Chez certains vairons, ces hématozoaires qui existent en très grand nombre produisent une anémie profonde; le poisson décoloré se tient immobile, refuse la nourriture et finit par mourir ^

L'expérience suivante paraît démontrer que, conformémentà l'opinion émise par Léger le trypanopl. du vairon doit être identifié à celui du rotengle -.

Au mois de juin 1904, 13 vairons pêches dans la Marne et n'ayant dans le sang ni trypan. ni trypanopl. sont inoculés, par Laveran, dans le péritoine, avec le sang d'un rotengle provenant de Garches (Seine-et-Oise), ayant dans son sang de rares Trpl. Borreli. 9 des vairons inoculés meurent peu de temps après l'inoculation; chez 2 des survivants, l'examen du sang, fait 13 à 14 jours après l'inoculation, démontre l'existence de trypanopl. ayant tous les caractères du Trpl. Borreli; chez l'un des vairons les trypanopl. sont assez nombreux, ils sont rares chez l'autre. Les 2 derniers vairons ne s'infectent pas.

Le sang d'un des vairons infectés est inoculé à un rotengle chez lequel l'examen du sang avait démontré l'absence de trypanopl., ce rotengle s'infecte.

Trpl. gyprini, M, Plehn, 1903 ^ — Mlle M. Plehna trouvé ce parasite, dans le sang de carpes de diverses provenances, à la station de pisciculture de Munich. Quelquefois les parasites étaient très nombreux et les poissons infectés se reconnaissaient à la pâleur des branchies.

D'après Hofer, cette maladie aurait ravagé certains étangs de l'Allemagne où l'on fait l'élevage des carpes; les carpes malades restent pendant des semaines sur le côté, repliées en arc; quand on les touche, elles nagent pendant quelques instants, mais pour reprendre bientôt leur position première. Les assertions de Hofer sur la cause des épizooties des carpes, de 1900 à 1902, comportent quelques réserves, puisque Trpl. cyprini n'a été décrit qu'en 1903.

Le parasite est assez résistant; dans les préparations faites avec du sang mélangé à de l'eau physiologique, il reste mobile pendant plusieurs jours.

Quand les mouvements se sont un peu ralentis, on distingue les flagelles et la membrane ondulante.

La membrane ondulante commence à la partie antérieure; elle ne va pas jusqu'à la partie postérieure, elle se termine vers le dernier quart du corps.

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