Voir Patton et Strickland, Parasitology, t. I, p
TRYPANOSOMIDES ET TRYPANOPLASMES D'INVERTÉBRÉS 949
Le Tr. Grayi (fîg. CLXVII) qui, à notre avis, est une Crithidia, est encore plus intéressant puisqu'il a été regardé successivement
Fig. CLXVI. — Crithidia melophagi (d'après Roubaud). 1-4, formes diverses de l'intestin moyen; 5-6, kystes de l'ampoule rectale. Gr. = 1 600 D.
comme appartenant au cycle évolutif du Tr. gambiense (Gray et Tulloch; V. p. 39 et 747), comme flagellé propre aux insectes (Novy),
Fig. CLXVII. — Crithidia (Tr.) Grayi, Novy (d'après Minchin).
1-6, formes monadiennes diverses; dans 3, le centrosome est en arrière du noyau; 4 correspond aux formes femelles des auteurs, 5 aux formes mâles; 6 est une forme particulièrement allongée; 7-9, formation des kystes. Gr. = 1 600 D.
comme faisant partie du cycle évolutif de trypan. d'oiseaux (Minchin), et enfin de reptiles, surtout de crocodiles (Koch, Kleine; voir p. 844). Kleine, qui a surtout soutenu cette dernière opinion, n'a pas revu les kystes décrits par Minchin (et retrouvés dernièrement par Roubaud) , caractéristiques du Grayi type. Pour le moment,
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nous nous en tenons à la manière de voir de Novy. Roubaud a fait l'intéressante constatation de formes fixées dans la trompe des glossines. C'est là un lien entre Tr. Grayi et les trypan. sanguicoles. Roubaud fait de plus remarquer que la ressemblance des formes intestinales avec celles des trypan. du type dimorphon, exclut l'idée que Tr. Grayi pcul se rapporter à un trypan. d'oiseau ou de reptile'.
Une mention spéciale doit encore être faite des espèces décrites par Novy sous les noms de Tr. Christophersi (parasite de l'ixodidé Bhipicephalus sanguineus) et de Tr. culicis, qui sont aussi des Crithidia^; le dernier de ces parasites offre un intérêt particulier en raison <le ses rapports possibles avec les formes évolutives des trypan, d'oiseaux.
Novy et Knapp^ ont réussi à obtenir, à partir des Crit/iidia des moustiques, d'abord des cultures dites pures mixtes (avec une seule 43spèce microbienne); puis, au moins pour la Cr. fasciciilata., de véritables cultures pures par séparation sur boîtes de Pétri ensemencées en stries. Ces cultures pures ont pu être conservées des années sur gélose-sang et même sur gélose ordinaire ; elles croissent d'une façon luxuriante, en colonies glaireuses, à la surface du milieu*. Pour Cr. fasciculata comme pour Tr. culicis, les formes des cultures ne diffèrent pas de celles que Ton observe chez le moustique.
§ 4. — Genres Leptomonas, Herpetomonas et Cercoplasma.
Les autres trypanosomides d'insectes, rentrant, comme les précédents, dans la famille des Trypanosomidse (v. p. 109), ont des caractères communs. La forme la plus fréquente est un organisme acicuiaire chez lequel le flagelle prend naissance très en avant et qui ne présente jamais de membrane ondulante proprement dite (parfois une mince bande, sorte de ruban, longe le flagelle). Ces formes conduisent à des éléments à corps plus ramassé et à flagelle court ou parfois complètement intracellulaire, qui se fixent aux cellules de i'épithélium intestinal (f. grégariniennes de Léger qui les a bien
i. Novy, Journ. of iiif. Dis., t. III, 1906, p. 394, — Minchin, Gray et Tulloch, Proc. lioy. Soc, B., t. LXXVIIi,' 1906, p, 242, — Minchin, Ibid., t. LXIX, 1907 et Quart. Journ. of micr. Se, t. LU, 1908, p. 159. — Roubaud, C. R. Soc. Biologie, t. LXXII, 1912, p, 440,
2. On a vu (p, 107) que Novy, Me Neal et Torrey ont fait entrer le genre Crithidia dans le gfinre Trypanosoma.
3. Novy et Knapp, Bull. Inst. Pasleur, t, IV, 190G, p, 244, — Novy, Me Neal et TORKEY, Jonrn. of inf. Dis., t. IV, 1907, p. 223,
4. Mesnil a pu garder à son laboratoire pendant plus de trois ans une de ces cultures de Crilhidia qui lui avait été envoyée par M. F, G, Novy,
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étudiées '). La division de ces diverses formes est longitudinale et égale, sauf qu'il y a toujours un flagelle de nouvelle formation, le flagelle ancien passant dans un des éléments-fils (voir fig. XIII, p. 53).
A côté de la forme aciculaire type, forme monadienne, on rencontre parfois des éléments plus petits, avec centrosome situé dans la partie postérieure du corps; le flagelle part de ce centrosome, mais ne borde pas une membrane ondulante; il est, ou interne, ou à la surface du corps sans y faire saillie (leptotrypanosomes ou trypanoïdes de Chatton et A. Léger-).
Les kystes dérivent en général des grégariniens; d'après Chatton et A, Léger, ils pourraient aussi dériver de formes mobiles. Dans les deux cas, le noyau et le centrosome peuvent venir en contact dans la partie postérieure du corps (stades spermoïdes de ces observateurs). Ces kystes se constituent comme chez les Crithidia. Ils apparaissent d'autant plus vite chez l'insecte que les conditions de vie sont moins bonnes. Chez des mouches bien nourries, Patton^ n'a vu apparaître les kystes que le Vi" jour, alors qu'ils se montraient dès le 6' jour chez des mouches mal nourries.
Le déplacement du centrosome, sa mise en contact plus ou moins intime avec le noyau, l'émission de chromidies (Chatton et A. Léger, Roubaud), au cours de la transformation des trypanoïdes en monadiens, ont été interprétés comme phénomènes sexuels. On assiste en effet à des modifications simultanées des dimensions et des caractères chromatiques des deux éléments, précédant des stades d'accolement étroit, parfois de fusion complète, accompagnés ou non d'émission chromidiale (Roubaud). D'après Roubaud, chez les Trypanosoma (et sans doute chez les Crithidia), ce processus se placerait au stade monadien; il y aurait donc inversion *.
Les monadiens et les trypanoïdes s'observent dans l'intestin moyen des insectes. Nous avons déjà appelé l'attention (p. 941) sur ce fait que les flagellés peuvent être endotrophiques ou péritrophiques. Dans l'intestin postérieur (rectum), on observe des grégariniens et des kystes (formes post-flagellées de Patton). Certaines espèces habitent les tubes de Malpighi.
Les kystes sont tout naturellement les agents de propagation de l'infection d'un animal à l'autre "\ Mais leur présence ne semble pas indispensable. Les expériences de Patton paraissent bien prouver que la forme flagellée peut aussi servir à l'infection (cas de contagion