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AUTRES INSECTES CONVOYEURS

Les œufs sont déposés en masse sur les plantes ou dans les débris végétaux; ils donnent naissance à des larves longues et fusiformes, souvent ornées de verrues en divers points de leurs anneaux. Ces larves carnivores ou omnivores vivent dans le sol, dans les détritus,

Fig. CXCI. — Chrysops cjecutiens L., petit Tabanide européen; femelle.

Fig. CXCIl. — Tabanus bovinus L.,TaoD européen de grande taille; femelle.

OU dans l'eau; elles se transforment en nymphes ovoïdes et immobiles qui se tiennent dans les mêmes milieux.

Les Tabanidés femelles poursuivent l'homme et les grands Mammifères durant la journée, surtout quand il fait chaud. Les mâles se contentent de butiner sur les fleurs.

Le rôle de ces insectes dans le transport du surra aux Indes, du debab en Algérie, paraît bien établi.

HiPPOBOSCiDÉs. — Les Hippoboscidés, dit Bouvier, sont appelés"

Fig. CXGIII. — HiPPOBOSCA EQUINA L.,

un Pupipare européen; femelle.

Fig. CXGIV. — Le Mélophage du Mouton (Melophagus ovinus L.); un Pupipare européen dépourvu d'ailes; femelle.

aussi Pupipares à cause de la propriété qu'ont les femelles de produire des larves qui se transforment en pupes au moment de la nais-

sance

Les Hippoboscidés ont des formes lourdes, une tête peu épaisse et

TRYPANOSOMES ET TllYPANOSOMIASES

souvent rétractile contre le thorax, un abdomen où la segmentation s'atténue, des téguments élastiques et de fortes griffes au bout des pattes. Ils volent peu et mal, et souvent même sont dépourvus d'ailes. Les Hippobosques (fig. GXCIll et fig. XLVll, p. 340) attaquent les chevaux, les ruminants et les chiens; les Orniihomyia vivent aux dépens des oiseaux; les uns et les autres ressemblent à des mouches

déprimées et présentent encore des ailes qui, au repos, s'appliquentlune sur l'autre comme celles des glossines. Les Lipoplena vivent aux dépens des Cervidés, et perdent rapidement leurs ailes; ils ne dé passent guère 3 mm.

(Europe, Amérique du Nord, Malacca). Les Mélophages sont représentés par une seule espèce, le Melophagus ovinus (fig. CXCIV), qui est toujours aptère et se tient dans la toison des moulons.

CONORHINUS. — Le genre Conorhinus a été créé pour des insectes hémiptères hétéroptères de la famille des Réduvidés. Les Réduvidés diffèrent des Punaises ou Cimicidés en ce que les ailes sont bien développées et que le ventre est volumineux et saillant. Cette famille est représentée dans nos pays par les genres Rediivius et Harpaclor qui piquent accidentellement l'homme. Les Conorhinus sont aussi sanguivores que les punaises, par exemple. Ils ne fréquentent que des endroits habités; on les rencontre de préférence dans les habitations mal tenues; pendant le jour, ils se logent dans les interstices des murs et y pondent leurs œufs.

Ces insectes ne piquent que la nuit; la piqûre est peu douloureuse.

Les œufs ont 2 mm. sur 1 mm.; blanc-crême au moment de la

ponte, ils prennent peu à peu une teinte rose. L'éclosion a lieu du 25-

Fig. GXGV. — GoNORiuNus megistus femelle

(d'après Chagas).

Gr. = 2 D. 1/2. Cliché du Précis de Parasitologie de Bhumpt

AUTRES INSECTES GONVOYEUKS

au 30* jour au Brésil dans les mois chauds, du 30" au 40" dans les mois froids. La larve devient plus rapidement brune et subit 4 mues avant d'atteindre la période nymphale; durant ce temps, elle suce le sang et s'accroît. La période nymphale dure 1 mois 1/2, l'insecte fait alors de longs repas de sang. L'adulte a besoin de se nourrir de sang 8 jours après sa sortie de l'enveloppe nymphale. L'accouplement a lieu et la femelle commence à pondre 53 jours après le 1" repas. La ponte se fait par poussées successives. Neiva/, à qui nous empruntons ces détails, cite une femelle qui, en 4 mois, a pondu 218 œufs. Le cycle évolutif complet, d'œuf à œuf, demande, dans les conditions optima, 324 jours.

PÉDiGULiNES. — Le seul pou qui, pour le moment, intéresse l'étude des trypanosomiases, est VHsematopinus spinulosus du rat. Les Hsematopinidœ sont très voisins des Pedi- CLilidse qui comprennent les poux humains (genres Pediculus et Phthirius); ils en diffèrent surtout en ce que le pharynx est long et mince et la trompe très longue. Nous représentons (fîg. CXCVI) la femelle de H. spinulosus; le mâle est de plus petite taille et plus dégradé -.

Aphaxiptères ou SiPHONAPTÈRES. — On sait le rôle capital que joue une puce, Ceratophyllus fasciatus (fig. GXCVII), dans l'évolution et la transmission du Tr. Lewisi. D'après diverses constatations, d'autres puces sont capables de remplir un rôle analogue; tel

est le cas de Ctenophthalmus agyrtes, d'après Nuttall, Strickland et Swellengrebel, de Ctenocephalus serraticeps canis, d'après le travail récent de Nôller '. Les autres trypan. non pathogènes des rongeurs doivent être aussi transmis par des puces.

1. Neiva, iMjem. do Inst. Osw. Cruz, t. II, 1910, p. 207. — Brumpt et Piraja da Silva, Bull. Soc. Palh. exot., t. V, 1912, p. 22.

2. Voirpour lesectoparasites des Rongeurs, Tiraboschi, Arch. Parasitologie, t. VIII, 1904 et t. XI, 1907, et les Rapports de la Commission anglaise de la Peste aux Indes, suppl. du Journ. of llyg., t. VI-VllI, 1906-1908. — On trouvera dans Edm. Sergent, Les Insectes piqueurs et suceurs, Encyclopédie scientif. Doin, de bons tableaux de détermination.

3. Cette figure et la suivante sont des réductions de figures du tableau intitulé : Les ecloparasites du rat, dressé par le D"' Raynaud, chef du service sanitaire maritime d'Algérie.

4. NôLLER, Arch. f. Protislenk., t. XXV, 1912, p. 386. Nous n'avons pu, au chapitre X, que donner l'indication bibliographique de ce travail. Ajoutons ici que NôUer, après avoir prouvé que la puce du chien est infectante au bout d'une semaine, cherche la façon dont se fait cette infection et il cite de nombreuses expé-

Fig. CXCVI. - ILïMA-

TOPINUS SPINULOSCS FEMELLE 3.

TRYPANOSOMES ET TIIYPANOSOMIASES

Les puces sont des insectes aptères, à corps comprimé latéralement et à pièces buccales faites pour piquer et sucer. Les larves, qui vivent dans la poussière des lieux fréquentés par l'homme ou les animaux que piquent les adultes, ont l'apparence de vers annelés; la tète est distincte et porte des mâchoires.

Toutes les puces qui nous intéressent appartiennent à la famille des Pulicidœ, sous-famille des Piilicinœ. Les Ceratophyllus et Ctenophthalmus ont des pattes grêles ; les femelles portent 2 à 5 soies anté-

l'ig. CXC\ II. — Ceratophyllus fasciatus.

pygidiales de chaque côté. Les Ctenophlhalmus ont des peignes à la tête alors que les Ceratophyllus n'en portent qu'au prothorax.

Les Ctenocephalus ont, comme les Pulex, des pattes fortes et épaisses; les femelles ne portent qu'une soie antépygidiale de chaque côté. Les C lenocephalus portent ^ peignes (céphalique et thoracique), les Pulex (y compris les Lœmopsylla) pas du tout.

§ 3. — Hirudinées.

Toutes les sangsues signalées jusqu'ici comme hôtes des ti*ypanosomes ou des trypanoplasmes, appartiennent au groupe des Rhynchobdelles, sangsues à bouche non armée, munie d'une trompe protractile; la ventouse antérieure est circulaire. La figure XVII (p. 71) donne une idée de l'organisation digestive de ces sangsues.

Le groupe se divisie en 2 familles, les Glossosiphonides et les Ichthyobdellides.

riences qui l'amènent à conclure que le rat s'infecte en léchant les excréments trypanosomés des puces. L'infection peut se faire aussi par le contact de ces excréments avec une autre muqueuse ou avec un point blessé de la peau.

HIRUDINEES

La l'" renferme les genres Glossosiphonia (dont une espèce, d'après Miss Roberlson, transmet le Tr. vitlalse d'une tortue de Ceylan), Ilelobdella (l'espèce algira transmet le Tr. inopinalum et, d'après França, le Tr. rotatorium des grenouilles,) et Hemiclepsis {H. marginala transmet divers trypan. de poissons d'eau douce). Ces 3 genres présentent en commun la bouche au fond de la ventouse antérieure et diffèrent par la taille, le nombre des yeux, les dimensions des papilles... Ces sangsues portent leurs œufs à la face ventrale et couvent leurs petits (fig. CXGVIII).

La famille des Ichthyobdellides comprend 3 genres qui nous intéressent : l'un de grande taille, à grosses verrues, Pontobdella (l'espèce muricata convoie les trypan.

de Sélaciens); un autre de petite taille, Piscicola, regardé par Keysselitz comme transmettant les trypanoplasmes du sang des Poissons; enfin le genre Trachelobdella ou

Callobdella qui diffère des précédents par l'existence d'une région antérieure rétrécie formant cou.

Fig. CXCVUI. — HeLOBDELLA ALGIRA

(d'après Brumpt, Précis de Parasitologie) *.

A pauche, face dorsale ; à droite, faco ventrale avec la ponte. — Clr. = 5 fois.

1. Paris. Masson et G'". On trouvera dans cet ouvrage des tableaux dichotomiques de détermination des genres.

I. Distribution géographique des trypanosomiases animales. . o

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