‹ Trypanosomes et trypanosomiasesChapitre 399 sur 412 · AUTRES INSECTES CONVOYEURS · texte numérisé non relu

AUTRES INSECTES CONVOYEURS

L'espèce la plus répandue dans le monde entier, Stomoxys calcitrans, vit uniquement au voisinage des écuries. D'autres espèces, étudiées par Roubaud en Afrique, affectionnent les pâturages, le bord des eaux courantes, la brousse à gros gibier, les lagunes salées, etc.

Les conditions de développement des larves, suivant les espèces, sont aussi variées que la localisation des adultes, d'après les recherches récentes. St. calcitrans dépose ses œufs dans les fumiers des écuries ou dans la terre souillée d'urine et de crottin de cheval. Dans les régions soudanaises, en saison sèche, c'est au bord des

Fig. CXC.

Stomoxys nigra (cliché du Sleeping Sickness Bureau). Gr. = 5D.

eaux que s'effectue la ponte, l'insecte abandonnant momentanément le sol desséché des écuries. D'autres espèces recherchent pour pondre les pâturages humides, le sable littoral des fleuves ou des lagunes (Roubaud).

Les larves ont une croissance relativement lente (deux ou trois semaines). Elles redoutent l'action du soleil et meurent à une température supérieure à 30°. Les pupes éclosent en une quinzaine de jours.

Si le rôle des stomoxes dans le transport des trypanosomiases, surtout celles du type surra, est désormais hors de conteste, on n'est pas fixé sur le rôle des genres voisins : Hœniaiobia, Robin. Desv., 1830, Lyperosia, Rond., 1862 et Beccarimyia, Rond., 1873, qui se distinguent immédiatement du genre Stomoxys par la dimension des palpes maxillaires, aussi longs ou presque que la trompe.

moxys calcitrans, Newstead. Ann. of trop. Med. a. Par., t. I, 1907, p. 75; pour celle des diverses espèces et la diagnose des Stomoxys et des Lyperosia, Roudaud, Bull. Soc. Path. exoL, t. IV, 19H, pp. 122, 396 et 544; C. R. Acad. Sciences, 15 mai 19H.

980 ÏRYPANOSOMES ET TRYPANOSOMIASES

Les Hsemalobia se rencontrent fréquemment en Europe sur les bestiaux. Elles ont à peu près le port et la taille des stomoxes; elles s'en distinguent par des palpes allongés en cuiller, presque aussi longs que la trompe, par la tête aussi large que haute, et par une convergence plus grande au bord de l'aile des nervures longitudinales 3 et 4 (voir fig. CLXXVII).

Les Lyperosia, très répandues en Europe et en Afrique, et qui doivent être suspectées en ce qui concerne les trypanosomes, sont des mouches de petite taille dont les ailes au repos se croisent complètement sur le dos. Les palpes sont allongés, parfois en forme de baguettes grêles [L. longipalpis Roub.); les nervures longitudinales 3 et 4 sont presque contiguës au bord deTaile. Ce sont des parasites plus parfaits que les autres représentants de la famille, en ce sens que, comme les hippobosques, ils ne quittent guère le corps de leurs hôtes.

Le genre Beccarimyia n'est représenté que par une espèce abyssinine.

Tabanidés. — Nous empruntons à Bouvfer^ les lignes suivantes concernant les tabanidés.

Les Tabanidés ou Taons forment une famille des plus riches où l'on compte de nombreux genres et près de 1,600 espèces; ils sont répandus partout, principalement au voisinage des lieux fréquentés par les grands Mammifères herbivores, sauvages ou domestiques.

Ces mouches ne présentent jamais de dimensions très réduites; une des plus petites est notre chrysops aveuglant {Chrysops csecutiens, fig. CXCI) qui mesure environ 7 millimètres de longueur, et les plus grandes ne dépassent guère notre taon du bœuf {Tabanus bouinus, fig. CXCII) qui peut atteindre près de 30 millimètres.

Les Tabanidés se reconnaissent à leurs formes un peu lourdes, à leur corps sensiblement déprimé, à leur tête convexe en avant et un peu concave en arrière, à leurs yeux énormes qui montrent des reflets irisés, à leurs ailes un peu écartées en arrière pendant le repos.

Ils présentent souvent des taches ou des bandes sombres (fig. CXCI) sur ces dernières, et leur troisième article antennaire conserve à son extrémité libre les restes d'une segmentation. Leur trompe est de coutume dirigée vers le bas, recouverte en avant par les gros palpes maxillaires ; chez certaines Pangonia, elle devient fort longue et alors fait saillie en avant. Les yeux des mâles sont contigus sur le vertex comme dans les Simulies de même sexe; ceux des femelles sont séparés par une bande étroite, à bords presque parallèles.

I. Op. cit. On trouvera dans cet opuscule, édité à part par l'Institut Pasteur et mis à la disposition de tous ceux qui désirent récolter des insectes piqueurs dans les pays chauds, des conseils pratiques pour la conservation de leurs captures.

Page 1