‹ Trypanosomes et trypanosomiasesChapitre 41 sur 412 · CONSERVATION · texte numérisé non relu

CONSERVATION

même espèce animale. Ces phénomènes ayant surtout bien été étudiés pour le Tr. Lewisi, nous renvoyons au chapitre qui le concerne pour leur exposé détaillé.

Nous allons maintenant envisager Taction des divers agents : physiques, chimiques, organiques, sur les trypanosomes ainsi conservés.

Action de la température. — Les trypan. conservés en sang défibriné ou en eau citratée, sont extrêmement sensibles à la chaleur. Par exemple, la plupart des trypanosomes pathogènes résistent très peu de temps dès que la température dépasse ou même atteint 40°; on trouvera des chiffres précis dans le chapitre relatif au Tr. Brucei. Le Tr. Lewisi est plus résistant aux températures supérieures à 40°; mais sa sensibilité est encore très grande et.il ne résiste jamais plus de 12 heures dans ces conditions.

Dès que la température s'abaisse, les trypanosomes résistent plus longtemps. Le cas est particulièrement net pour le Tr. Lewisi qu'on arrive à conserver jusqu'à deux mois à la température de 5-7°. Entre 40° et 5'^, on a tous les intermédiaires au point de vue de la survie de ce trypanosome.

C. et R. Biot et Richard (/. c.) ont attribué un rôle au glucose dans cette longue conservation du Tr. Lewisi à la glacière. Cette idée leur est venue de la constatation de la survivance des trypan. dans le foie des cadavres. Ils ont apporté à l'appui <^e leur manière de voir l'expérience suivante : le Tr. Lewisi, gardé à 17° en ampoule scellée dans du sang citrate, reste vivant 10 à 13 jours (au lieu de 4 à 5), quand on ajoute du glucose au sang'. Miss Porter- avait déjà montré que le glucose active très notablement la division de Criihidia melophagi.

En revanche, quelle que soit la température, les trypanosomes pathogènes ne se conservent jamais plus de 5-6 jours. La température la plus convenable ne serait pas au voisinage de 0° pour les Tr. Brucei et equinum, étudiés par Yakimoff', mais celle de 20". Ainsi, dans le sang défibriné, le Tr. Brucei reste vivant et virulent moins de 2'4 heures à 36°, 6 jours à 20°, 48 heures seulement à la glacière. Dans de nouvelles recherches qui ont porté sur Tr. equiperdum, Yakimoff* a reconnu que la température de 0'^ était la plus favorable à la conservation.

1. C. Fleig (C. R. Soc. BioL, t. LXXI, 23 nov. 1911, p. o27) qui a étudié « la survie (lu Tr. Brucei dans quelques milieux d'origine biologique et non biologique », note aussi que le glucose « favorise à un haut degré la survie du Tr. Brucei, surtout lorsqu'à son action se joint celle d'une basse température, facteur adjuvant très important ».

2. A. Porter, Quart. Journ. of micr. Se, t. LV, 1910, p. 189.

3. Yakimoff, Centralbl. f. Bakter, I, Origin., t. XXVIl, 1904, p. 068.

Page 1