CONSERVATION
les plus réfraclaires à l'inoculation du même Tr. Evansi. Ce pouvoir trypanocide paraît être en rapport avec la toxicité de ces sérums pour les Mammifères; la même température de 58" détruit l'un et l'autre. Ils convient pourtant de remarquer que cette règle ne s'applique pas au cas des grenouilles : le sérum de la grenouille verte est plus trypanolytique que celui de la rousse et leur toxicité est à peu près la même.
D'autres sérums, doués d'action préventive (sérum de mouton et Tr. Dulloni, d'après Thiroux) ou, à la fois, d'action préventive et curative (sérums de Primates et trypan. pathogènes), n'agissent pas in vitro sur les trypan.
Nous traiterons, dans un autre chapitre, de l'action trypanocide qu'acquièrent les sérums de certains animaux au cours de leur trypanosomiase.
Certains extraits d'organes (foie, rate, rein) d'animaux normaux paraissent doués de propriétés trypanocides. Mais, d'après les travaux de Jaiîé *, pour que ces propriétés se manifestent, il faut que l'organe soit conservé un certain temps dans les conditions de l'autolyse aseptique. L'autolysat de 48 heures est deux fois plus toxique que celui de 24 heures. On peut alors dessécher l'extrait et le reprendre, pour l'étude, par l'eau physiologique. La solution supporte le chauffage à 60° sans perdre ses propriétés.
Pour élucider la nature de celte substance active, Jaffé a eu l'idée de la comparer à celle à laquelle est due l'action hémolytique des organes et qui a été spécialement étudiée par Friedemann - et il a reconnu que ces deux substances se manifestaient dans les mêmes conditions; par exemple, l'éther les précipite de la solution alcoolique. Ce sont probablement des lécithides.
Ces substances n'ont aucune action curative dans les trypanosomiases. Elles n'ont rien à faire avec l'action des arsenicaux sur les trypanosomes.
Ces constatations donnent peut-être l'explication des résultats trypanoly tiques obtenus par Hodet et Vallet^ avec l'extrait de rate, résultats que n'ont pu confirmer Laveran et Thiroux (/. c). opérant avec des extraits frais de cet organe.
Neufeld et Prowazek^ Levaditi et Rosenbaum '' ont montré que ce parallélisme entre la propriété hémolytique et la propriété trypanolytique se poursuit pour toute une série de substances organiques. C'est ainsi que la saponine, la bile (et plus particulièrement
1. Jaffé, Centralbl. f. Bakter., I, Origiii., t. LV, l'JlO, p. 319.