GOEBEL, Ann. Soc. Méd. de Gand. t. LXXXVl, 190(5, p
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isotoniques, ils restent mobiles. Enfln, dans les solutions faibles, les trypan. se déforment et prennent des formes d'involution.
Le facteur capital qui entre en jeu, est le degré de concentration saline. Ainsi pour tous les sels alcalins monobasiques, 0,3 N est la limite supérieure compatible avec la mobilité des trypan., 0,08 N la limite inférieure. Pour les sels alcalino-terreux et les sels potassiques des acides bibasiques, la limite supérieure n'est que de 0,2 N et la limite inférieure 0,0i N.
Les trypan. immobilisés par une solution trop concentrée, restent néanmoins vivants pendant un certain temps (par ex. : 1 h. dans une solution de NaCl normale, c'est-à-dire à une concentration au moins triple de celle tolérée). On leur rend la mobilité et aussi la virulence en diluant convenablement le liquide qui les contient.
Il y a concordance générale entre Faction des solutions sur les hématies et sur les trypanosomes; peut-être les hématies sont-elles un peu plus sensibles que les trypan.
L'urée se comporte vis-à-vis des trypan. comme vis-à-vis des hématies : même à la concentration de 10 p. 100 dans l'eau distillée, elle n'empêche pas la dissolution immédiate des trypanosomes; ajoutée à la mêmexîoncentration aux solutions de NaCl, elle n'influe en rien sur leur action.
Dans le but d'apprécier l'influence de la densité des liquides sur la conservation des trypanosomes, Laveran et Thiroux ont expérimenté avec trois solutions de chlorure de sodium chimiquement pur que O. Gœbel a indiquées comme permettant une survie plus ou moins prolongée des trypan.'. Ces solutions sont faites aux titres de 5 gr. 85, 11 gr. 75 et 17 gr. 50 de NaCl par litre d'eau distillée. On mélange une goutte de sang riche en trypan. et une goutte de chacune des solutions, sans défibriner, et on examine au microscope.
Au bout de 30 minutes, la mobilité des trypanosomes est la même dans les trois préparations. A partir de ce moment, la mobilité diminue dans les trois préparations : c'est dans la préparation faite avec la solution de chlorure de sodium à 17,5 p. 1 000 que les trypan. se conservent le mieux et gardent le plus longtemps leur mobilité. Au bout de 3 heures, les préparations sont à peu près au môme point, on n'y rencontre que des trypan. rares à mouvements très lents. Au bout de 20 heures, on trouve des trypan., très rares et à mouvements très lents, dans toutes les préparations; au bout de -44 heures, on en rencontre encore quelques-uns.
En résumé, le plus grand nombre des trypanosomes qui se trouvent dans une goutte de sang s'immobilisent au bout de 2 à
i. A. Laveran et A. Thiroux, Ami. de VInst. Pasteur, t. XXI, 1907, p. 393.
5 heures quand on mélange le sang à une solution de chlorure de sodium de 6 à 17 p. 1000; un petit nombre restent encore mobiles après un laps de temps qui peut atteindre 48 heures. Les choses se passent de même quand on ajoute à Teau salée des extraits de foie ou de rate qui, par eux-mêmes, n'ont pas d'action trypanolytique.
Miss Robertson '. en ajoutant de l'eau ordinaire en égal volume au sang de poisson contenant des trypanosomes, a précisé les conditions de la division des trypanosomes, qui se produit dans le mélange •auboutde6à9 heures, on observe une première division du type inégal ; les produits se divisent au bout du même temps ; puis une S*" division intervient. Des expériences variées ont convaincu miss Robertson que la division est déterminée par l'abaissement de la pression osmotique du liquide.
Action trypanocide de substances diverses. — Un très grand nombre de substances ont été ajoutées aux trypan. conservés in vitro. En particulier les nombreuses substances médicamenteuses qu'on a voulu faire agir sur les trypan. ont d'abord été essayées in vitro.
Nous avons déjà dit que les sérums d'animaux normaux, ajoutés au sang défibriné ou citrate renfermant des trypanosomes, augmentaient en général la durée de conservation.
Il y a un certain nombre de sérums normaux qui détruisent in vitro les trypanosomes. Nous citerons d'abord le sérum de rat qui, d'après Levaditi et Sevin ^, a la propriété d'immobiliser et de détruire pl^is ou moins intégralement le 7V. paddœ. Sous l'influence de ce sérum, ce trypanosome s'arrondit, devient vacuolaire et ne laisse voir qu'uji vestige de membrane ondulante et de flagelle. Cette propriété trypanolytique du sérum de rat disparaît après le chauffage de ce sérum à 56° et ne peut être régénérée ni par le sérum de cobaye, ni par celui de souris. Elle est indépendante de la propriété hémolytique pour les hématies du Padda, car le mélange sérum chaufte de rat -f- sérum de cobaye est redevenu hémolytique.
Il est probable que le sérum de chèvre a une action analogue sur le Tr. Grayi des mouches tsétsés (sans doute forme d'évolution du trypan. du crocodile) : l'absorption de sang de chèvre par les tsétsés a pour résultat de faire disparaître les Tr. Grayi de l'intestin de ces insectes.
Laveran et Pettit^ ont vu que le sérum des Vertébrés à sang froid est plus ou moins trypanolytique (le Tr. Evansi a servi de test.) Les sérums les plus actifs proviennent des animaux {Triton vulgaris, Rana esciilenta, Cyprinus carpio, Angiiilla vulgaris) qui se montrent
1. Miss Robertson, Philos. Trans., Boy. Soc. of London, t. CCII, 1911.
2. Levaditi ol Sevin, C. /?. Soc. Biologie, t. LVIII, 190.5, p. 664.
3. Laveran et Pettit, C. B. Acad. Sciences, t. CXLIX. 1909, p. 500.