‹ Trypanosomes et trypanosomiasesChapitre 62 sur 412 · Martin Mayer, Ibid., t. XXI, 1911, p · texte numérisé non relu

Martin Mayer, Ibid., t. XXI, 1911, p

En se servant surtout de Ciilex annulatus nés au laboratoire, Mayer a obtenu d'une façon constante la production de flagellés intestinaux en nourrissant les insectes sur des chouettes ayant de nombreux Halteridium; les témoins nourris sur canaris sains ne donnaient rien. Dans ces cas, Mayer a pu obtenir une série, encore incomplète, de figures reliant les ookinètes de V Halteridium aux flagellés. L'auteur a d'ailleurs cherché une preuve indirecte contre l'origine trypanosomienne en faisant piquer, à des Culex et à des Slegomyia, des rats à Tr. Lewisi et des padda à Tr. paddœ : il n'y a pas eu multiplication dans l'intestin des insectes.

On peut, en partant de ces flagellés de l'intestin des moustiques, obtenir des cultures sur milieu Novy qui se sont montrées comme morphologie et comme résistance, comparables à celles obtenues directement du sang de la chouette.

Avec les Halleridium des padda et des pigeons, on n'obtient aucune culture.

Cette dernière série de faits peut encore s'interpréter .par l'existence d'un trypan., très rare dans le sang de la chouette, et qui se développerait particulièrement bien dans le tube digestif du moustique.

Quelques chouettes avaient aussi des Leucocytozoon et ces gros tiypan. que Schaudinn a regardés comme les formes femelles mobiles des premiers. En partant d'une chouette avec nombreux Leucocytozoon (s. s.), l'auteur a obtenu, chez les Stegomyia qui l'ont piquée, de nombreux flagellés, longs et minces, se mouvant à la façon des spirochètes. 11 rapproche encore cette observation, évidemment très incomplète, de celles de Schaudinn sur L. Ziemanni.

Enfin, la publication d'ensemble des œuvres de Schaudinn ' contient quelques faits en faveur de la même thèse. Hartmann fait connaître qu'il a observé, en culture, des ookinètes de Hœmoproteus; puis, au bout de 48 heures, des trypan. du type de ces ookinètes.

Gomme on le voit, il est encore prudent de rester dans l'expectative au sujet des faits publiés par Schaudinn. Mais de nouveaux faits, que nous allons passer en revue, ont été observés, qui prouvent que les groupes des Flagellés et des Hémocylozoaires ne sont pas aussi séparés qu'on le pensait autrefois.

C'est d'abord la découverte des Leishmania, faite par Leishman et Donovan en 1903. Dans la première description qui ail été donnée de la Leishmania Donouani, nous avions cru devoir classer provisoirement cet organisme parmi les piroplasmes. La découverte, faite l'année suivante par Rogers, que ce parasite donne, en culture, des flagellés voisins des organismes que nous avons appris à connaître

1. Fritz Schaudinn's Arboilen, L. Voss, Hambourg et Leipzig, 1911.

SOUS le nom de Leptomonas, en fait une forme de transition entre le fj^roupe des piroplasmes et celui des trypanosomes.

Dans lorf^anisme humain, les Leishmania parasitent le plus souvent de grandes cellules mésodermiques du type macrophage. Ce sont donc des parasites endocellulaires.

L'Endotri/panum Schaiidinni réalise le type d'un organisme, assez voisin des Crilhidia, qui, à certaines phases au moins de son existence, vit à l'intérieur des globules rouges.

Chagasa décrit, chez son Schizotrypanum Criizi, déjeunes stades, non flagellés, à l'intérieur des hématies; il déclare que les formes trypanosomes peuvent pénétrer dans les globules.

Garini ' a tracé, pour divers trypanosomes d'un batracien commun en Amérique du Sud, le Leptodactylus ocellatiis, une série de stades endoglobulaires, les uns avec noyau unique, les autres avec noyau et centrosome; à ce stade, le parasite endoglobulaire est môme capable de se diviser. Il a tous les caractères cytologiques des trypan. que l'on trouve libres dans la préparation.

Dès 1904, Billet avait cherché à montrer que les hémogrégarines bien connues des grenouilles étaient capables de se tranformer dans le trypan. décrit peu de temps auparavant par Edm. et Et. Sergent sous le nom de Tr. inopinatum; les hémogrégarines acquerraient d'abord un centrosome, puis une membrane ondulante; la transformation inverse pourrait aussi s'observer. Ces faits n'ont pas été confirmés, en particulier par Brumpt qui a étudié d'une façon spéciale le cycle évolutif du Tr. inopinatum.

On a aussi cherché à retrouver, chez divers parasites endoglobulaires déjà classés, tels que les hématozoaires pigmentés, des traces d'un second noyau ou d'un appareil flagellaire rappelant celui des trypanosomes.

Certains Leucocytozoon renferment, à côté ou à l'intérieur du noyau, un gros grain ressemblant tout à fait au centrosome des trypanosomes. A cet égard, ils rappellent le Trypanosoma Challoni.

Hartmann - a cherché à faire la synthèse de tous ces faits et il a créé, pour l'ensemble des organismes dont nous venons de parler, un groupe spécial, celui des Binucleata dont les caractères essentiels sont basés sur les 2 noyaux tels qu'ils existent chez les trypanosomes. Hartmann et Jollos, plus récemment (/. c), ont partagé les Binucleata en un certain nombre de familles, dont la première est celle des Trypanosomidse, qu'ils comprennent comme nous-mêmes. Ils n'y placent pas le genre Leishmania qu'ils classent dans une autre famille avec les Piroplasma et Toxoplasma.

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