‹ Trypanosomes et trypanosomiasesChapitre 76 sur 412 · Franke, Inaugur. Dissert. Giessen · texte numérisé non relu

Franke, Inaugur. Dissert. Giessen

4. Lingard, Centralbl. f. Bakter., 1, Origin., t. XXXVII, 1904, p. 537.

5. Rodet et Vallet, Arck. méd. expérim., t. XVIII, 1906, p. 450, et C. R. Acad. Se, t. GXLIV, déc. 1907.

G. Massaglia, C. R. Acad. Se, t. CXLV, oct. 1907, p. 687.

7. Levaditi et Muteumilch, Zeilschr. f. Imm. forsch., t. II, 1909. p. 702.

8. Léger et Iîingenbach, C. R. Soc. Biol., t. LXX, 1911, p. 343 et t. LXXII, 1912, p. 267.

contenant de nombreux trypan., bien mobiles, pris chez un animal à infection aiguë, tel que la souris ou le rat.

Quand le sérum n'est pas employé dans les jours qui suivent la saignée, il est recommandé de l'inactiver par chauffage d'une demi-heure à 56" et de le réactiver au moment de l'emploi par addition de sérum frais (alexine). Levaditi et Mutermilch indiquent les doses suivantes : 0,2 de sérum inactivé à 56°, 0,3 de complément de cobaye, une goutte de sang de souris trypanosomée. Mais souvent celte précaution n'est pas utile.

Les tubes contenant les mélanges sont portés à Fétuve à 37" et on fait de 1/4 heure en 1/4 heure des prélèvements pour noter l'état des trypan. Quand les sérums sont nettement trypanolyliques, la plupart des parasites sont déjà détruits au bout d'une heure. Quand ils le sont faiblement, la destruction ne se manifeste qu'entre deux heures et quatre heures. Il est bien d'avoir comme témoins des mélanges avec le sérum neuf, par exemple le sérum frais dont on se sert pour réactiver le sérum spécifique.

Massaglia a vu que le sérum de cobaye infecté (de Ti'. Evansi) a déjà un pouvoir trypanolytique assez fort avant la crise, très fort pendant et après.

Rodet et Vallet ont étudié le phénomène et sa marche chez le chien nagané, dont le sang était pris depuis le jour de l'infection jusqu'à celui de la mort. Le sérum, obtenu par défibrination, puis centrifugation du sang, était essayé sur des trypan. pris au début de l'infection du rat. Nulle au début, la propriété trypanolytique du sérum n'a commencé à apparaître que deux jours avant la première crise; pendant celle crise, et dans toute la suite de l'infection, cette propriété a été très forte.

Le chauffage du sérum à 56° supprime cette propriété.

Rodet et Vallet, Massaglia, attribuent les crises trypanolyliques à l'action du sérum sur les trypan. du sang circulant.

Pouvoir agglutinant. — Ce phénomène a surtout été étudié pour ce qui concerne le Tr. Lewisi et nous lui consacrons un paragraphe dans le chapitre qui traite de ce trypan. 11 n'est d'ailleurs vraiment spécifique que dans ce cas, et là il n'est intense que chez les rais hypervaccinés. Cette agglutination offre le caractère très spécial de n'être pas précédée de l'immobilisation des trypanosomes, qui paraissent avoir conservé toute leur mobilité.

Pour les trypan. pathogènes, le phénomène manque de constance et son étude avait été négligée jusque dans ces derniers temps. On ne s'était d'ailleurs occupé que du phénomène microscopique. L'an dernier, Lange ' a attiré lallention sur l'agglutination macrosco-

I. Lange, Centralbl. f. Bakter., I. Refer., t. L, l'Jll, p. 17 J du Suppl.

148 TRYPANOSOMES ET TUYPANOSOMIÂSES

pique des trypan. Il se sert de parasites séparés des hématies par centrifugation et mis en suspension dans Teau physiologique citratée. On peut conserver les émulsions pendant plusieurs semaines en ajoutant un peu de formol.

Les sérums normaux d'homme, de mammifères en général et de poules n'agglutinent pas (c'est-à-dire, ne déterminent pas le dépôt de la suspension) à un degré plus élevé que 1 : 10 à 20; exceptionnellement des sérums de chevaux et de bovidés agissent à 1 : 50 à 100. Le sérum des animaux infectés devient fortement agglutinant : le degré peut atteindre et même dépasser 10000 chez le lapin, chez le cheval douriné.

La réaction n'est pas étroitement spécifique, en ce sens qu'elle se produit aussi avec un trypan. hétérologue, quoiqu'à un moindre degré qu'avec le trypan. homologue. Elle ne peut donc servir à la différenciation des trypanosomes, mais paraît appelée à rendre des services pour le diagnostic de trypanosomiase dans des cas difficiles, par exemple dans la dourine. Nous y reviendrons à ce propos.

Pouvoir attachant. — Levaditi et Mutermilch • ont étudié la phagocytose in vitro des trypan. en se servant de leucocytes d'exsudat péritonéal de cobaye, de sérum trypanolytique de cobaye inactivé à 56°, et de sang de souris à Tr. Brucei. Ils ont retrouvé les deux temps de la phagocytose que nous avons signalés et se sont attachés à l'étude du premier temps.

Ils constatent que cette première phase est indépendante de l'activité phagocytaire des globules blancs, car on l'obtient encore avec des leucocytes tués (par refroidissement, chauffage à 42-60°, etc.) ou placés à une température (0") à laquelle la phagocytose ne se manifeste pas. Le phénomène est néanmoins spécifique, car ils ne l'observent qu'entre trypan. sensibilisés et cellules du groupe leucocytaire (leucocytes, cellules de la rate, des ganglions lymphatiques, de la moelle des os). Ils nient l'attraction du globule blanc par le trypan., et pensent que l'attachement résulte de la rencontre fortuite du phagocyte et du trypan. La chimiotaxie serait donc exclue de cette phagocytose des trypanosomes.

Les auteurs ont donné à ce phénomène le nom à\il lâchement. Ils le réalisent pratiquement en se servant : 1° de sérum de cobaye trypanosomé pris après la crise, chauffé à 55" et conservé aseptiquement; 2° de leucocytes obtenus en injectant de l'aleurone (ou de l'aliment Mellin) dans le péritoine des cobayes ou la cavité pleurale des lapins. Ces leucocytes émulsionnés dans l'eau physiologique sont gardés à la glacière. Il est préférable de les employer alors

1. Levaditi et Mutermilch, G. R. Soc. Biologie, 1910, t. LVIII, p. 1079, et t. LIX, p. 033; G. R. Acad. Sciences, t. CLIII, juill. 1911, p. 366.

qu'ils ne sont plus très actifs. On évite ainsi l'englobement phagocytaire qui pourrait masquer le phénomène que l'on désire observer.

On mélange Occ.,1 de sérum pur (ou, s'il est très actif, dilué), 0 ce, 1 de Témulsion de leucocytes, et le sang à trypanosoraes. On porte à l'étuve à 37° pendant 1 heure.

Le pouvoir attachant des sérums est parfois assez élevé. Levaditi et Mutermilch citent un sérum de cobaye, encore actif à la dilution de 1 p. 5 000.

D'après ces auteurs, le sérum des divers animaux qui contractent une trypanosomiase chronique et de l'homme atteint de maladie du sommeil présente cette propriété vis-à-vis du trypan. correspondant.

Levaditi et Mutermilch l'ont reconnue chez plusieurs Macaques infectés de Tr. gambiense et plusieurs malades du sommeil. Elle paraît persister un temps assez long après la guérison naturelle ou provoquée par un traitement approprié.

Laveran et Thiroux ' ont aussi observé ces phénomènes d'attachement avec divers sérums; mais ils ont constaté que certains sérums, même pris à une période de crise, ne sont pas attachants. Mesnil et Ringenbach-, étudiant le phénomène en rapport avec l'identification du Tr. rhodesiense, ont aussi noté des cas assez nombreux où le sérum n'avait pas d'action attachante sur le trypan. homologue.

DÉVIATION DU COMPLÉMENT. — Toutc uuc série de travaux destinés à mettre en évidence une déviation de complément avec le sérum des animaux trypanosomés en présence d'un antigène soit spécifique ^ (extraits de sang riche en trypan.), soit non spécifique (par exemple extrait de foie ou de cœur de cobaye normal*), ont donné des résultats souvent nuls, en tout cas inconstants et sans spécificité. Levaditi et Yamanouchi ont eu des résultats avec le procédé de Poires plus ou moins modifié.

Levaditi et Mutermilch ' ont fait la critique de tous ces travaux et ont insisté sur la cause d'erreur qui réside dans l'emploi d'un antigène spécifique, dont la préparation n'était pas assez soignée.

1. Laveran et Thiroux, C. R. Acad. Sciences, t. GLU, 1911, p. 487.

2. Mesnil et Ringenbach, C. R. Soc. BioL, t. LXXI, !911, p. 609.

3. Citron, Deutsche mediz. Woch., 1907, n" 29; Webeb, Zeitschr. f. experim. Path. u. Ther., t. IV, 1907; Levi della Vida, Ann. d'Ig. sperim., t. XVII, 1907; Manteufel, Arb. a. d. Kais. Gesundheitsamte, t. XXVIII, 1908; Manteufel et Woithe, Ibid., t. XXIX (y. p. 473).

4. Landsteiner, MCller et Pôtzl, Wiener klin. Woch., 1907, n"' 46 et 50; Levaditi et Yamanouchi, Bull. Soc. Path. exot., 1908, t. I, f. 3; Hartoch et Yakimoff, Wiener klin. Woch., 1908, n° 21; Blhmenthal, Berl. mediz. Ges. in Berl. klin. Woch., 1908; Schilling et von Hôsslin, Deutsche mediz. Woch., 1908; Manteufel et Woithe, Arb. a. d. Kais. Gesundeitsamle, t. XXIX, 1908.

ô. Levaditi et Mutermilch, Zeitschr. f. Imm. forsch., t. II, 1909, p. 702.

loO TRYPANOSOMES ET TRYPANOSOMIASES

Les extraits renfermaient des débris d'organes ou de globules, en d'autres termes des substances riches en lipoïdes globulaires, susceptibles d'engendrer le phénomène de la déviation non spécifique du complément.

Levaditi et Mutermilch ont repris la question en se servant de suspensions ou d'extraits secs de trypan. bien débarrassés du sang par deux centrifugations successives, dans des tubes de très petit calibre, de sang de rat riche en parasites. Le sérum était fourni par des cobayes préparés par des injections répétées d'extraits de trypan. purs, ou en pleine évolution de trypanosoriiiase.

Dans ces conditions, les auteurs ont constamment obtenu la déviation du complément en se servant de trypan. homologues. Ajoutons de suite qu'en se servant de trypan. hétérologues, les résultats sont inconstants; tantôt il n'y a pas déviation du complément, d'autres fois la réaction est aussi nette qu'avec les trypan. homologues. Cette réaction ne peut donc servir à différencier les trypan. Mais elle est caractéristique du genre Trypanosoma, car si Ton prend pour antigène des extraits de vibrions cholériques, ou de foie humain, on n'a plus de déviation du complément et c'est précisément l'avantage du sérum de cobaye d'éviter la réaction des lipoïdes.

Cette propriété des sérums de dévier le complément n'est certainement pas à confondre avec les autres propriétés étudiées précédemment. Par exemple, bien qu'il y ait souvent coïncidence avec la propriété trypanolytique, on ne saurait confondre les deux pouvoirs, car il y a des cas où les deux phénomènes ne coexistent pas.

Origine des anticorps. — Mutermilch ' a cherché récemment à résoudre cette question en s'adressant à des cobayes infectés de Tr. Briicei et en recherchant, dans leur sang et les extraits de leurs organes, l'apparition de la propriété trypanolytique.

On sait que, d'une façon générale, le rôle formateur d'anticorps est attribué à la rate en première ligne, puis à la moelle osseuse et aux leucocytes du sang et des exsudats.

Certains faits expérimentaux obtenus par Mutermilch l'amènent à penser que, aussi dans le cas des trypanosomes, la rate et la moelle osseuse jouent un rôle formateur d'anticorps. Mais les trypanolysines passeraient rapidement dans le sang; c'est là surtout où on les retrouve avec facilité.

Vacci.nadox des trypan. contre les propriétés des sérums. — Nous avons vu que les diverses propriétés que nous venons d'étudier se produisaient au cours de l'infection. Pour les mettre en évidence, nous nous sommes toujours servis de trypan, pris chez un animal

Page 1