‹ Trypanosomes et trypanosomiases [electronic resource]Chapitre 118 sur 410 · Swingle, Journ. of inf. Dis., t. VIII , 1911, p · texte numérisé non relu

Swingle, Journ. of inf. Dis., t. VIII , 1911, p

TRYPANOSOMA LEWIS] 291

doute ces trypan. trapus qui servent à l'infection. Toute cette évolution se passe dans l'intestin. Les auteurs n'ont jamais rien observé ni dans les glandes salivaires ni dans la trompe; l'inoculation d'émulsions de glandes salivaires et de tubes digestifs ne donne rien *.

Les auteurs établissent les nombreux points de ressemblance entre cette évolution et celle qui se passe dans les cultures et ils insistent sur cette différence, essentielle selon eux, que les petits trypan., qui apparaissent en dernier lieu, ne se montrent jamais dans les cultures. Nous avons vu que Delanoë avait retrouvé ces trypan. dans les cultures.

Swingle, qui opère dans le Nebraska, a obtenu l'évolution du

Fig. XXXIX. — Évolution du Tr. Lewisi chez la puce du rat (d'après Swellengrebel et Strickland).

1. Forme du sang; 2-3, formes crithidiennes ; 4-5, formes en boule et leur division; 6-8, petites

formes crithidiennes; 9, petits trypan.

Tr. Lewisi chez un Ceratophyllus voisin de lucifer, et un Pulex brasiliensis (espèce voisine de cheopis). Parmi les formes qu'il rapporte à cette évolution, il convient de signaler des kystes polyédriques, à angles accusés.

Mais, en présence de ce développement, localisé à la partie postérieure du tube digestif, séparée de l'armature buccale par 2 valves qui empêchent une régurgitation, la question s'est naturellement posée de savoir comment le flagellé est inoculé au rat par la puce.

Strickland et Swellengrebel2, en se servant, non seulement de Ceratophyllus fasciatus, mais encore, à la suite de Nuttall, de Ctenophtalmus agyrles, puce qui vit exceptionnellement sur Mus decumanus, ont d'abord reproduit les résultats de Minchin et Thomson,

1. Minchin et Thomson ont depuis confirmé ce fait (voir Sleeping Sickness Bull., 1U12, p. 130).

2. Strickland et Swellengrebel, Parasitoloyy, t. 111, 11)10, p. 43(5.

292 THYl'ANOSOMES ET TRYPANOSOMIASES

qui démontrent que les puces deviennent infectantes après une certaine incubation. Mais ils ont aussi observé des cas très nets de la transmission dite « mécanique »; quand on substitue Tr. Brucei à Tr. Lewisi, on n'obtient aucun cas positif. Pas un seul cas de transmission héréditaire du Tr. Lewisi par des puces filles n'a pu être observé.

Pour serrer de près la question du mécanisme du passage du trvpanosome de la puce au rat. Strickland et Swellengrebel ont tenté des essais d'infections en faisant piquer les puces à travers une fine gaze, de façon à ce que leur trompe seule soit en contact avec le rat. Ils ont obtenu ainsi des résultats positifs seulement dans les essais de transmission mécanique. La piqûre ne suffit donc pas dans les transmissions à longue échéance.

Strickland1 a poursuivi seul la solution du problème. Il a d'abord constaté que des puces infectées, placées une demi-heure seule ment sur des rats, ne les infectent pas; si on les abandonne, on peut avoir des infections (il en a eu ainsi 2 sur 7). Mais il a eu la plus forte proportion de succès (6 sur 9) en écrasant les puces avec une pince et les faisant avaler à des rats, mélangées à de la soupe au pain.

Se basant sur cette expérience, Strickland est persuadé que, dans les conditions naturelles, les rats s'infectent en mangeant des puces dont l'intestin postérieur est contaminé; les « petits trypanosomes », qui s'observent à la fin de l'évolution chez la puce, seraient surtout aptes à traverser la paroi intestinale.

Le résultat, assez inattendu, est particulièrement suggestif. Mais Minchin et Thomson2 qui, eux aussi, oui réalisé l'infection des rats par la voie intestinale en partant des puces, sont d'avis que ce mode esl secondaire vis-à-vis du mode — normal dans les diverses infections à hématozoaires — d'infection par piqûre de l'invertébré. Ces savants citent des expériences dans lesquelles ils ont obtenu l'infection du rat en plaçant dans la cage une seule puce infectée, que l'on retrouvait vivante au moment où l'on arrêtait l'expérience; il faut seulement, suivan! eux. laisser la puce un temps suffisant, — 3 jours dans leurs expériences, — en contact avec le rat que «l'on veut infecter.

En se servant d une seule puce, Minchin et Thomson ont même pu contaminer toute une série de rats. Dans l'espace de 3 mois, une de ces puces, prise dans la cage aux rats infectés, a été successivement en rapport avec 47 rats neufs, le temps de contact avec chaque

1. Strickland, Brilish med. Journ., G mai 1911, p. 1049. — Voir aussi Nôlleh. Arck. f. Prolislcnh., t. XXV, 1912, p. 386.

Page 1