‹ Trypanosomes et trypanosomiases [electronic resource]Chapitre 14 sur 410 · Policard, C. R. Soc. Biologie, l. LXVItl, 1010, p · texte numérisé non relu

Policard, C. R. Soc. Biologie, l. LXVItl, 1010, p

TRYPANOSOMES ET TltYPANOSOMIASES

pendante, soit dans des tubes stériles. La condition essentielle pour la conservation est d'avoir du sang recueilli aseptiquement (sangpris à la carotide ou encore mieux dans le cœur chez les petits animaux, à la jugulaire chez les gros animaux) ; ce sang est ensuite mélangé à de l'eau physiologique et défibriné dans des flacons stériles à perles de verre, ou bien mélangé à de l'eau citratée (eau, 1 000; NaCi; 5 gr. ; citrate de Na, o gr.) pour empêcher la coagulation.

Dans ces conditions, les trypan. pathogènes ne se conservent vivants qu'un petit nombre de jours, quelle que soit la température à laquelle on les porte. Les trypan. non pathogènes — c'est le cas du moins du Tr. Lewisi. le seul bien étudié à cet égard — restent vivants longtemps (1 mois ou 2) quand on les garde à la température des glacières (5-7° au-dessus de zéro ').

L'adjonction de sérums divers augmente un peu le temps de conservation.

Noyy et Me Neal2 ont réussi les premiers à réaliser la culture des trypanosomes, d'abord du Tr. Lewisi, puis du Tr. Brucei, puis de divers trypan. d'oiseaux. D'autres savants ont cultivé des trypan. de batraciens, de poissons, et en dernier lieu de bovidés.

Le milieu de culture employé est relativement simple : il se compose de gélose nutritive avec 1 à 3 p. 100 de peplone à laquelle on incorpore du sang défibriné. D'après certaines constatations de Me Neal et Novy, il semble que l'hémoglobine joue un rôle essentiel dans ce milieu, car, dès qu'elle est transformée ou altérée, le milieu n'est plus utilisable ou bien la culture s'arrête.

On prépare la gélose soit suivant la méthode ordinaire, soit suivant la formule ci-jointe [Me Xeal) :

soit en suivant la formule beaucoup plus simple que l'on doit à Ch. Nicolle 3 :

1. Laveran <H Mesnil, C. R. Soc. Biologie, t, LUI, 1000, p. 8IG.

2. Me NEAL cl Novy, Contrib. to medic. Research, dedic. to V. C. Vnughan, juin 1903, Journ. of infect. Dis., t. I, 2 jnnv. 1004. Me Neal, Journ. of inf. Dis., t. I, 1004, p. 517.

3. Ch. Nicolle, C. /?. Acad.. Sciences, I. CXL, 1008, p. 842.

Extrait de 125 gr. de boeuf dans eau distillée. 1 000 ce.

Gélose 20 gr.

Pcptone r 20 —

Sel marin. 5 —

Solution normale iWCO''. . . . ' 10 ce.

Gélose . .

Sel marin Eau. . .

14 gr.

900 ce.

Manceaux1 conseille avec raison de laisser la gélose se dégorger 24 heures dans l'eau', renouvelée une fois. Elle se débarrasse ainsi d'impuretés qui gênent parfois la culture.

Quand la gélose est refroidie à 53-oo°, ou lui incorpore une, deux ou trois fois2 son volume de sang défibriné, pris tout à fait asepliquement, de rat, de cobaye ou plus généralement de lapin. Puis les tubes de culture sont inclinés à la manière ordinaire cl on laisse solidifier le milieu. Dès qu'il est bien pris, on redresse les tubes, de façon à avoir rapidement et en grande quantité de l'eau de condensation au fond des tubes. C"est cette eau de condensation qu'on ensemence avec une anse de liquide provenant ou bien du sang d'un animal infecté, ou bien d'une culture précédente.

D'après Matins 3, le milieu gélose-sang peut être chauffé. 11 prépare son milieu comme Novy-Mc Neal en ajoutant 1 partie de gélose nutritive à 1 ou 2 parties de sang défibriné; mais ensuite il chauffe le mélange à 75-80° ou à 100° (1 ou plusieurs fois), ou à 120" (1/2 heure). Le milieu est solidifié en plan incliné et on ensemence l'eau de condensation.

Dans ces conditions, le sang de nïmporte quelle espèce animale peut être employé (en particulier de bœuf et de cheval), qu'il soit recueilli aseptiquement ou sans précautions aucunes; les milieux se conservent longtemps de composition fixe, et ils sont débarrassés des substances toxiques pour les trypanosomes que renferment lessangs non chauffés.

Avec ces milieux chauffés, Mathis a cultivé avec succès le Tr. rolalorium des grenouilles (et, avec Léger, divers trypan. de vertébrés à sang Iroid), le Tr. Lewisi et un trypan. de l'hirondelle isolé par Sergent en Algérie. Woodcock les recommande pour la culture des trypan. d'oiseaux.

Comme les tubes sont souvent conservés des mois, des précautions sont prises pour éviter toute évaporation de l'eau de condensation. Si les cultures sont faites à 20-23°, Me Neal et Novy ont d'abord conseillé de les fermer à la cire; ils sont maintenant d'avis de leur mettre des capuchons de caoutchouc très épais; ce dernier mode de fermeture nous a également réussi. A 34-37°, les savants américains groupent les tubes dans un grand exsiccateur ou un appareil pour

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