Lingard, Summary of further report
2. G.-H. Evans. Journ. of trop, vêler. Se., 1910. t. V, n° 2. — G.-1I. Evans et T. Hennie. même Rec. or.t. 1910.
3. Le colonel Evans a bien voulu adresser au Dr A. Laveran des préparations du trypanosome de l'éléphant de l'Inde.
i. D. Bruce, Hamerton, Hateman et Mackie, Proceed. of the R. Soc, ocl. 1909. C.-S.-H. BALDREY, Journ. of trop, veter. Se, oct. f 910.
SURBA 357
('..-II. Evans relativement à l'existence du surra des chiens à Mandalay (Birmanie) et celle de H.-T. Pease sur le surra des chiens dans le district de Karnal (Punjab).
En 1891, une maladie qui paraît devoir être rapportée au surra règne dans plusieurs meutes de Bombay. En 1893, Lingard 1 observe une épizootie de surra sur des chiens anglais destinés à la chasse au renard.
Les principaux symptômes notés sont les suivants : poussées fébriles, anorexie, œdème de la tète et de la gorge, injection des conjonctives; dans quelques cas, épanchements intra-articulaires, opacité de la cornée avec cécité partielle ou totale.
L'examen histologique du sang, fait au moment des paroxysmes fébriles, révélait l'existence des trypanosomes.
Pendant l'épidémie de Maurice, un certain nombre de chiens sont morts du surra, nous reviendrons plus loin sur ces faits; le mode d'infection, chez les chiens, ne paraît pas être le même que chez les chevaux et les bœufs, ce qui rend compte de la rareté relative de la maladie chez les premiers de ces animaux.
Il est facile d'infecter de surra les chiens par inoculation souscutanée du virus.
Lingard a infeclé 7 chiens; ils ont succombé 14 jours 1/2, 21, 27 1/2, 29, 34, 36, 47 et 97 jours après l'inoculation de sang provenant d'animaux divers. Le chien mort en 97 jours avait été inoculé avec le sang d'un bovidé atteint de surra (la période d'incubation n'avait été que de S jours).
Les cas expérimentaux de surra présentent les mêmes symptômes que les cas relevant de l'infection naturelle.
Les trypan. apparaissent dans le sang des chiens, inoculés sous la peau, de o à 7 jours après l'inoculation. La température s'élève à ce moment et les poussées fébriles se répètent dans le cours de la maladie, comme on le voit sur les tracés ci-après (fig. LU et LUI). La pullulation des trypanosomes n'est pas régulière, le nombre des parasites diminue à certains moments, mais ces périodes d'arrêt ou de recul dans la multiplication des trypan. sont courtes. Dans les derniers jours de la maladie, les trypan. sont très nombreux dans le sang; leurs mouvements ralentis annoncent l'approche de la mort.
Le surra du chien est toujours mortel. Dans nos expériences, la durée moyenne de la maladie a été de 28 jours.
Nous donnons ci-dessous les observations de deux chiens inoculés
1. Lingard, Rapport de 1894. D'après Lingard, le surra des chiens régnait dès 186!) aux chenils de Ootacamund et, en 1884, 14 couples de chiens succotnhèrcnt, dans les meutes de Madras, à la môme maladie dont la véritable nature fut méconnue jusqu'en 1803. — Voir aussi S.-R. Christophers, Scienlif. mem. by Offic. of Ihe med. a. san. dep. of Ihe Gov. of India (new séries), 1904, n° 11, p. 20.
358 TRYPANOSOM ES ET TRYPANOSOMIASES
de surra, le premier dans la veine, le deuxième sous la peau.
Chien n° 4. Poids : il kg. Le 20 octobre 1903, le chien est Inoculé dans la veine, on injecte i ce. de sang dilué de souris infectée de surra. La température de l'animal prise avant l'injection esl de 39°. Le 23 octobre, l'examen histologique du sang révèle l'existence de trypan. rares; en môme temps on constate une poussée fébrile bien marquée! (41°, 4). Du 24 au 30 octobre, la fièvre persiste avec des rémissions peu marquées; le nombre des trypan. augmente rapidement du 23 au 25, puis reste à peu prés stationnaire jusqu'au 31 octobre. Les 31 octobre
Fig. LU.
I racé thermométrique du cbien nc 4 infecté do surra par inoculation intra-veincusc. Los signes qui figurent dans la colonne Trypan. doivent être interprétés comme il suit : 0, pas de trypan. à l'examen microscopique; -+- trypan. rares; ++ assez nombreux; -h-M- nombreux ou très nombreux.
1er et 2 novembre, la température s'abaisse (39°, 4 à39°,8), les trypan. sont très nombreux dans le sang. Les 3 et 4 novembre, poussée fébrile (41°, 4); le nombre des trypan. diminue, les parasites sont assez rares le 4 novembre. Le 5, défervescence. Le 6, accès de fièvre (41°,2). La température s'abaisse les jours suivants et le chien a, le 11 novembre, une température de 37°, 8, notablement inférieure à la normale. A partir du • novembre, et jusqu'à la mort qui survient dans la nuit du 11 au 12, les trypan. sont notés comme très nombreux.
Le chien a maigri, il ne pèse plus au moment de la mort que 9 kg. 800. Hypersplénie très marquée; la rate pèse 210 gr., soit environ 10 fois le poids normal.
Aucun symptôme n'a été noté du côté des yeux; au moment de la mort, les cornées sont transparentes: il n'y a pas d'œdèmes.
Chien n° 5. Poids 12 kg. 500. Le 20 octobre 1903, le chien est inoculé sous la peau avec 1 ce. de sang dilué de souris infectée de surra. Le 20 octobre, la température du chien est de 39", 8. Le 23, la température monte à 41", 1 (fig. LUI); cependant l'examen histologique du sang est
SIMlltA
négatif. Le 24, les trypan. sonl très rares; ils sont rares le 25, assez, nombreux Les jours suivants. A. partir du 28, on observe une lièvre intermittente ou rémittente. Le 18 novembre, veille delà mort, la température est de 40°, 4. L'existence des trypan. a été constatée Ions les jours de la maladie, avec des variations dans le nombre des parasites qui sont indiquées sur le tracé thermométrique. Le 18 novembre, les trypan. étaient très nombreux. On n'a noté, ni œdèmes, ni symptômes oculaires.
Mort le 19 novembre. Poids : 12 kg. 200. La rate pèse 170 gr., soit 5 l'ois environ le poids normal. L'autopsie ne révèle rien d'autre d'anormal.
Fi g. LUI.
Tracé thermométrique du chien n" 5 inoculé de surra le 20 octobre 1903. mort, le 19 novembre 1903.
En dehors des espèces animales chez lesquelles le surra a été observé à l'état naturel, Tr. Evansi est inoculable à un grand nombre de Mammifères; nous rangerons ces animaux par ordre de sensibilité décroissante au virus.
Souris. — Les trypan. apparaissent, en moyenne, le cinquième jour après inoculation sous la peau, le quatrième jour après inoculation dans le péritoine.
A partir du moment où les trypanosomes se sont montrés dans le sang, ils augmentent progressivement de nombre; pendant les derniers jours, ils sont très nombreux. Leurs mouvements sont très ralentis dans les heures qui précèdent la mort.
La maladie, abandonnée à elle-même, se termine toujours par la mort; dans les derniers jours, la souris perd sa vivacité habituelle; elle reste immobile, ramassée sur elle-même, le poil hérissé. La durée moyenne de la maladie, après inoculation sous-cutanée, a été de 11 jours et demi.
Chez quelques souris, inoculées avec du sang de chèvre ou de chien surrés, l'évolution de la maladie a (Hé anormale. Les trypan., après s'être montrés dans le sang, diminuaient de nombre ou même,
360 TRYPAN0S0MES ET THYPANOSOM I ASES
disparaissaient (à l'examen histologique) pour reparaître bientôt et se multiplier jusqu'au moment de la mort; la durée de la maladie était de 14 à 16 jours; dans un cas, elle a été de 24 jours. Chose curieuse, sur trois souris inoculées dans des conditions qui paraissent identiques, l'évolution du surra peut être anormale dans un cas, normale dans les deux autres.
Le sang de chèvre ou de mouton surré est d'ordinaire très pauvre entrypan., ce qui explique en partie l'évolution anormale du surra chez les souris inoculées avec le sang de cette provenance.
Terry 1 a noté que, après des passages répétés par cobayes, la virulence pour les souris était beaucoup diminuée. Une souris ayant résisté n'avait pas l'immunité; le sang de 2 souris chez lesquelles depuis 4 à 7 semaines on ne voyait plus de parasites était encore virulent.
Rats. — Après inoculation sous la peau, les trypan. du surra apparaissent du cinquième au sixième jour dans le sang des rats blancs; ils augmentent rapidement de nombre et sont toujours très nombreux au moment de la mort. La terminaison est mortelle; la durée de la maladie est en moyenne de 11 jours. Dans les derniers jours, les rats infectés de surra sont manifestement malades, ils se ramassent sur eux-mêmes, leur poil se hérisse; nous n'avons pas observé de morts subites avec mouvements convulsifs, comme dans le nagana.
Singes. — Steel a mis en évidence la sensibilité du singe au surra. 11 a inoculé un singe de la « variété commune birmane » (probablement un macaque), sous la peau de la face interne de la cuisse, avec une seringue de sang. Il y avait des trypan. dans le sang le troisième jour après l'inoculation, plus rien le cinquième jour et ainsi pendant 4 jours consécutifs, puis les trypan. ont reparu.
Il y a eu poussée de température dès le soir du deuxième jour; ultérieurement, nombreuses poussées. La courbe de température donnée par Steel est très intéressante, mais ne porte que sur le premier mois. Le singe devint très faible, l'air hagard. Après le second mois, grande faiblesse des membres; gonflement des pieds; puis ulcères aux pieds, l'os est mis à nu. Finalement, paupières supériem-es œdémateuses; l'animal meurt après quelques heures de coma et de léger délire.
Carougeau, Musgrave, Williamson et Clegg (loc. cit.) ont aussi constaté la sensibilité du singe au surra.
Les Cynocéphales, faisant exception à la règle, sont réfractaires; Laveran a montré que le sérum normal de ces singes avait une activité marquée sur Tr. Euansi -.
1. B.-T. TEBRY, Journ. of cxperim. med., 11)10, t. 3QI, n° 2.