‹ Trypanosomes et trypanosomiases [electronic resource]Chapitre 155 sur 410 · P, H. Baldrey, Journ. of trop, velcr. Se, juill · texte numérisé non relu

P, H. Baldrey, Journ. of trop, velcr. Se, juill

372 TKYPANOSOMES ET TltYPANOSOMIASES

Dans 15 expériences, le contenu d'une mouche a été inoculé à des chevaux à des intervalles de 1 à 19 jours après le repas infectant; 1 poney inoculé avec le contenu d'une mouche sacrifiée aussitôt après le repas infectant s'esl seul infecté.

En somme, les seuls résultats positifs ont été obtenus en inoculant le contenu de mouches qui avaient sucé le sang depuis moins de I 3 heures, ce qui équivaut à une inoculation directe de sang virulent; ces expériences ne sont donc pas en faveur d'un cycle de développement du Tr. Evansi dans les mouches; l'examen histologique des mouches tend au contraire, dit Baldrey, à faire admettre que ce cycle existe. On trouve dans le tube digestif des mouches qui oui été nourries sur des animaux infectés de surra, des flagellés de formes variées que Baldrey qualifie de mâles, femelles et indifférenciées; il y aurait des conjugaisons. La relation de ces flagellés avec Tr. Evansi n'est pas établie.

Nous ne suivrons pas Baldrey dans les hypothèses qu'il émet sur révolution du Tr. Evansi; l'insuccès de ses expériences d'inoculation peu! 1res bien s'expliquer par ce fait qu'il s'est placé dans des conditions qui s'éloignent beaucoup des conditions ordinaires et par cel autre fait que les taons et les stomoxes n'ont pu être gardés qu'une dizaine de jours, un seul taon a survécu 19 jours au repas infectant. Dans ces conditions, il serait impossible de constater l'évolution de Tr. Brucei et de Tr. gambiense chez les tsétsés.

Les Carnassiers peuvent contracter le surra en mangeant des animaux atteints de cette maladie, mais l'infection n'est possible que s'il existe, à la peau qui est souillée par le sang ou surtout à la muqueuse buccale, des plaies ou de simples érosions. Ce mode de propagation du surra n'est pas rare chez les chiens.

Sleel a constaté qu'un jeune chien nourri de viande de mule morte de surra, avait, 13 jours après, des parasites dans le sang; ce chien a eu une lièvre relativement peu accentuée. Dans le cours de la maladie qui a duré 51 jours, il a montré de l'hypertrophie des ganglions inguinaux gauches, de l'œdème du périnée, du gonflement de la tète.

Penning cite le cas d'un chien qui s'est infecté en mangeant le foie et la rate d'un lapin mort du surra.

Lingard rapporte les faits suivants : le 8 janvier 1893, \ chiens de chasse et un terrier sont mordus par une hyène, pendant une chasse, les 5 chiens deviennent aveugles et meurent du 12 mars au Ifi avril. Les animaux chassés avaient élé. outre l'hyène, le renard et le chacal. Un chien qui n'avait pas assisté à la curée resta en parfaite santé. 11 est probable, dit Lingard, que les chacals et les renards sont souvent infectés de surra; en 1893, pendant une chasse, quelques-uns de ces animaux parurent malades; incapables de fuir, ils

SU ltll A 373 furent dévorés par les chiens dont plusieurs contractèrent la maladie '.

A Maurice, des chiens se sont infectés en buvant le sang' de bœufs qu'on saignait. Deixonne qui signale ces faits ajoute que les chiens ont très souvent des blessures de la muqueuse buccale '.

Gaiger a constaté un cas de surra chez un chien qui probablement s'était infecté en mangeant de la viande d'un cheval atteint du surra 3.

Lorsqu'on fait manger à des animaux sensibles au surra les viscères d'animaux atteints de cette maladie, on constate que l'infection se produit rarement, à moins qu'on ne lèse au préalable la muqueuse buccale. L'expérience suivante nous paraît intéressante à ce point de vue.

Le 18 octobre 1903 nous donnons à manger, à J.> jeunes rats (poids moyen 63 gr.), les viscères d'une souris ayant des trypan. du surra en grand nombre. Le 19 octobre, on donne aux mêmes rats les viscères d'un rat qui vient de mourir de surra (trypan. en grand nombre et encore très mobiles au moment de l'autopsie du rat). On s'assure que chacun des rats mange une part des viscères.

Le 27 octobre, le sang d'un des rats contient de nombreux trypan. et ce rat meurt le 28 octobre. Les quatre autres rats ne s'infectent pas.

Le 14 novembre, on inocule le surra (inoculation sous-cutanée) à deux des rats qui s'infectent comme des rats neufs.

Le 19 novembre, on entaille légèrement La lèvre supérieure des deux rats encore indemnes et on leur donne à manger les viscères d'un rat infecté de surra; le 25 novembre, on constate l'existence de nombreux trypan. dans le sang des deux rats.

Il ne paraît pas douteux que le rat qui s'est infecté seul dans la première partie de l'expérience, et qui est mort le 28 octobre, devait avoir quelque érosion de la peau ou de la muqueuse buccale qui a servi de porte d'entrée aux trypan., et qu'il n'y a pas lieu d'incriminer, dans ce cas, l'ingestion des trypan., ingestion qui n'a produit aucun accident chez les autres rats.

D'après Yakimoff et Schiller et Terry, l'infection dans les trypanosomiases pourrait se faire par la muqueuse digestive intacte *.

En résumé, le surra est propagé par différentes mouches piquantes, Tabanus, Hsematopota, Stomoxys] le Tr. Evansi est transporté et inoculé par ces insectes, il ne paraît pas accomplir chez eux une phase de son évolution, comme Tr. gambiense chez Glossina pal-

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