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Deixonne, Lettre du 29 janv

380 TRYPANdSOMES ET TRYPANOSOMIASES

ment des cobayes infectés de surra sont arrivés aux conclusions suivantes '..

1° Le traitement mixte par l'atoxyl et les sels de mercure (biiodnre ou sublimé) a donné des résultats médiocres (3 guérisons sur L2 cobayes traités;, supérieurs cependant à ceux fournis par latoxyl seul.

2° Aucun des cobayes traités par l atoxyl seul n'a guéri.

3° L'acide arsénieux employé seul a donné des résultats variables suivant le mode d'administration. Les cobayes traités par l'acide arsénieux en ingestion tous les 5 jours (5 doses), suivant la méthode préconisée par Lœffler et Rtilis, sont morts ou ont eu des rechutes; 3 cobayes traités par l'acide arsénieux donné tous les deux jours à doses croissantes (5 doses) ont guéri. Les injections intra-péritonéales de la solution d'acide arsénieux ont donné de mauvais résultats.

4° L'acide arsénieux, alors même qu'il était administré à forte dose, et à doses répétées, n'a montré aucune activité pour la prévention des trypanosomiases chez le cobaye.

5" Le trisulfure d'arsenic employé seul en solution colloïdale (en injections hypodermiques ou par ingestion), ou en ingestion, sous forme de pilules, a donné 6 guérisons sur 13 cobayes traités. L'orpiment en pilules (1 à 4 pilules de 4 mgr. :> pour un cobaye de 500 gr. en moyenne; 5 doses à 2 ou 5 jours d'intervalle) a fourni les résultats les plus satisfaisants (2 guérisons sur 3 cobayes traités).

6° C'est l'emploi alternatif de l'atoxyl en injections hypodermiques et du trisulfure d'arsenic (solution colloïdale en injections hypodermiques ou pilules d'orpiment) qui a donné la proportion la plus forte de guérisons. Sur 7 cobayes traités par cette méthode, il y a eu 7 guérisons. Il s'agissait souvent de cobayes qui, traités antérieurement par d'autres méthodes, avaient eu des rechutes, ce qui est une mauvaise condition au point de vue du traitement.

Les médicaments ont été donnés, alternativement, à 24 ou à 48 heures d'intervalle; l'atoxyl à la dose de 2 cgr. (o doses) et l'orpiment à celle de 9 à 18 mgr. (o doses), pour des cobayes de 500 gr. environ.

L'emploi de l'orpiment par ingestion est préférable à celui de la solution colloïdale de trisulfure d'arsenic en injections hypodermiques, les injections produisant souvent des accidents locaux.

7° Le traitement mixte par l'atoxyl en injections hypodermiques cl l'iodure d'arsenic par la voie hypodermique ou à l'intérieur, en pilules, a donné 3 guérisons sur 8 cobayes traités, résultats de beaucoup inférieurs à ceux du traitement par l'atoxyl et l'orpiment.

8° Le traitement mixte par l'emploi alternatif, à 48 heures d'inter-

I. A. Laveran et A. Tiiihoux, Annales du l'Institut Pasteur, fév. l'Jl)8.

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valle, de l'atoxyl en injections hypodermiques et de l'acide arsénieux à l'intérieur (atoxyl 1 cgr. 50 à 2 cgr. et acide arsénieux, 2 à 4 mgr. : 5 doses de chaque) a réussi 2 l'ois sur 3, mais la toxicité de l'acide arsénieux, dont les doses efficaces sont voisines des closes toxiques, constitue un grave inconvénient de ce procédé.

Les doses maximums d'atoxyl que peut supporter un cobaye de 400 à 600 gr. sont de : 2 cgr. 50 d'atoxyl en deux doses, à 24 heures d'intervalle.

L'orpiment a été employé par Laveran etThiroux à l'intérieur sous forme de pilules ayant la composition suivante :

( >rpi ruent précipité

Gomme arabique pulvérisée . . .

Poudre de réglisse

Eau

Pour 50 pilules de 4 inn''. 5 chaque.

Il est facile de faire prendre les pilules aux cobayes : à Laide d'une pince recourbée dont les mors sont remplacés par des cupules, on introduit les pilules à la base de la langue; elles sont dégluties; l'animal les mâche quelquefois, il est très rare qu'il les rejette; pour être en mesure de remédier à cet accident, il suffit de mettre le cobaye en observation pendant quelques minutes après l'ingestion. On peut aussi introduire un peu d'eau dans la bouche du cobaye après avoir donné la dernière pilule; on provoque ainsi des mouvements de déglutition. La gomme arabique qui fond toujours dans le tube digestif est préférable aux extraits qui se résinifient et peuvent devenir insolubles en vieillissant. 2 pilules suffisent pour faire disparaître les trypan. du sang des cobayes infectés. On peut en donner 3 d'emblée, mais nous pensons que, pour le trisulfure d'arsenic, comme pour l'acide arsénieux, il vaut mieux commencer par des doses qui sont toujours bien supportées et qui ne provoquent pas une diminution de poids.

Grâce aux recherches poursuivies par Thiroux et Teppaz au Sénégal, le traitement des trypanosomiases du cheval, et du surra en particulier, est entré dans la pratique. Nous résumons les résultats auxquels sont arrivés ces observateurs.

Depuis que l'atoxyl a été employé dans les trypanosomiases, les chevaux ont été reconnus comme le supportant moins bien que les autres espèces animales. Parmi les chevaux, il semble môme y avoir des races plus sensibles que d'autres. Thiroux et Teppaz1 ont obtenu des succès quand ils ont opéré sur des chevaux de la taille des arabes, et qui en sont d'ailleurs issus, mais lorsqu'ils ont voulu

0 gr. 225 Q. S.

I. A. Thiroux et L. Teppaz. Ann. Insl. Pasteur, mars 1 «00 et mars 10 10.

traiter à l'atoxyl des chevaux Baiards, plus petits, de la taille des poneys, les doses de 5 gr. et même de 4 gr. se sont montrées toxiques. Les animaux mouraient en lc2 et 48 heures, de diarrhées cholériformes, d'accidents paralytiques, débutant par les membres postérieurs, ou d'accidents nerveux, caractérisés par une sorte de fureur, accompagnée de mouvements en cercle, l'animal ne s'arrêtanl que pour tomber et mourir. D'autre part, les doses de 2 gr. 50 à 3 gr. d'atoxyl se sont montrées inefficaces. Les rares animaux- qui ont supporté une ou plusieurs doses de 5 gr. ont guéri, tandis que tous ceux qui n'en ont reçu que des doses de 2 gr. 50 à 3 gr. ont présenté des réduites. Il est donc indispensable de déterminer très exactement pour chaque race de chevaux la dose d'atoxyl à employer et, pour certaines races, la dose efficace est pratiquement trop près de la dose toxique pour être administrée sans danger.

L'émétique de potassium a donné des résultats satisfaisants, mais l'emploi des injections intra-veineuses présente, chez le cheval, des difficultés.

« Il semble très facile, aa premier abord, de placer une aiguille dans la jugulaire, et de ne monter la seringue dessus, que lorsque le sang s'écoule par le chas de l'aiguille, mais il faut compter avec les mouvements du cheval, qui au beau milieu de l'opération, même maintenu par un tord-nez, fait sortir l'aiguille de la veine ou la fait traverser le vaisseau de part en part. A la suite des injections défectueuses, on observe des tuméfactions très étendues de toute l'encolure. La suppuration est exceptionnelle lorsqu'on opère proprement, et avec des instruments bouillis; mais lorsqu'on incise les tumeurs, il s'en écoule un liquide brunâtre, résidu de l'injection irritante, entouré d'une véritable coque de tissu sclérosé. Ces tumeurs, abandonnées à elles-mêmes, finissent par se résorber; cependant, il faut plusieurs mois pour les voir disparaître. En outre qu'elles peuvent immobiliser le cheval pour un temps assez long, elles ont aussi l'inconvénient d'empêcher d'atteindre la jugulaire pour les injections suivantes. Dans le cas où cet accident arriverait successivement des deux côtés, on peut facilement faire des injections intraveineuses dans les veines dites antibrachiales qui se trouvent à la face interne des membres antérieurs, à la condition, l'animal étant maintenu par le tord-nez, de lui faire tenir relevé le pied du côté opposé à celui que l'on doit injecter'. »

L'orpiment a été employé de la manière suivante. « Pour un cheval de la taille des chevaux arabes ou des chevaux du pays, dits Baiards, la dose d'orpiment nécessaire pour faire disparaître les trvpanosomes de la circulation dans les vingt-quatre heures est de

I. A. TmftOUX et L. Teppa/., Ann. Insl. Pasteur, 1010, t. XXIV, p. 222.

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lo gr. Les premières closes d'orpiment occasionnent souvent une diarrhée assez intense. Nous conseillons d'espacer les prises de médicament et, dans le cas où la diarrhée se prolongerait, de remplacer une dose d'orpiment par une injection de 5 gr. d'atoxyl. Il sera très rare que l'on soit ohligé de remplacer ainsi deux doses successives d'orpiment, la seconde n'occasionnant généralement qu'une diarrhée 1res légère et passagère; mais on ne devra élever la quantité administrée que lorsque le médicament sera parfaitement toléré. On pourra alors donner d'abord 20 et ensuite 25 gr. de trisulfure d'arsenic, mais on ne devra pas dépasser cette quantité.

« L'orpiment a été donné par la voie stomacale en bols ou en électuaire. Les bols sont composés d'orpiment mélangé à de la mélasse, du miel ou à une solution de gomme épaisse, ils sont amenés à une consistance pâteuse au moyen cle poudre de réglisse, de lycopode, ou plus simplement de farine, et ils sont roulés dans ces poudres comme de grosses pilules. Pour les administrer, on les pique à l'extrémité de petites branches flexibles, on fait ouvrir la bouche du cheval par un aide, et on les porte rapidement, d'un seul coup, jusque dans le pharynx, à la base de la langue. La boule enfarinée, composant le bol, doit être assez peu adhérente à la baguette pour se détacher facilement et rester dans le gosier. 11 arrive que les chevaux, au bout de quelques séances, deviennent de plus en plus difficiles à manier, qu'ils se cabrent, reculent et, contractant leur œsophage, rejettent le bol; dans ce cas, on peut essayer de leur donner l'orpiment en barbotage, mélangé à du son mouillé, mais ils en laissent le plus souvent une partie, et il vaut mieux leur donner le médicament en électuaire. L'électuaire est une sorte de confiture, composée de mélasse, de miel ou de solution de gomme épaisse, dans laquelle on incorpore le poids du médicament à absorber. On enduit la langue du cheval avec une petite quantité de cette mixture, l'animal salive et fait des mouvements de déglutition pour se débarrasser du corps collant qui compose l'électuaire. On arrive ainsi à lui faire absorber, parpetitesquantités,la totalitédel'orpimentàavaler.

« On lui donne ensuite un peu de fourrage sec, dont les brindilles enlèvent ce qui reste dans la bouche. Il faut se garder de faire boire les animaux à ce moment, car l'électuaire se dissoudrait dans l'eau et une partie cle l'orpiment s'en irait clans l'abreuvoir. Malgré ces précautions, il se perd, par cette méthode, une petite quantité du médicament, laquelle peut être évaluée au maximum à 7 gr., qui restent sur les mains de l'opérateur, sur la spatule, ou la paroi des récipients, aussi pensons-nous que lorsqu'on administre l'orpiment en électuaire, on peut forcer les doses indiquées plus haut de G gr. '. .>

I. A. Tinnoux et L. Teppaz, Ann. Inst. Pasteur, 1009, t. XXIII, p. 244.

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Il importe de n'employer que l'orpiment médicinal (trisulfure d'arsenic précipité); on trouve dans le commerce de l'orpiment très impur contenant de l'acide arsénieux qui est beaucoup plus toxique que l'orpiment médicinal

Les conclusions de Thiroux et Teppaz au sujet du traitement du surra des chevaux sont les suivantes.

« Nous donnons la préférence au traitement mixte, orpiment-émétique (2 guérisons, sur 2 traités) qui, très actif, peut, dans certains cas. être très court

« Etant donnée la difficulté relative de pratiquer des injections intraveineuses d'émélique, nous conseillons aux personnes qui n'ont pas une grande habitude de ces injections, le traitement par l'orpiment seul, qui est plus long, mais nous a donné des résultats tout aussi bons, 2 animaux guéris, sur 2 traités.

« L'émétique employé seul donne de moins bons résultats que les deux traitements précédents, nous n'avons obtenu avec celte médication que 2 succès sur A animaux traités.

« Nous ne pouvons conseiller l'emploi de l'atoxyl qu'avec une extrême prudence chez des chevaux dont la sensibilité vis-à-vis de ce médicament n'est pas parfaitement connue. Des doses de moins de 'i gr. nous semblent insuffisantes.

« Les rechutes au début et même au milieu du traitement n'empêchent pas les animaux de guérir, elles ne peuvent être considérées comme d'un mauvais pronostic que lorsqu'elles se reproduisent jusqu'à la lin du traitement. Un certain nombre de nos chevaux ont en effet guéri après avoir l'ait plusieurs rechutes au cours du traitement.

« Nous avons enfin observé des dépila tions étendues après la fin de la médication chez des animaux dont la guérison s'est affirmée depuis. Ces dépilations ne doivent donc pas toujours être considérées comme un signe d'infection. Elles semblent, au contraire, dans les deux cas que nous avons observés, coïncider avec une période de convalescence. »

Pécaud, qui a obtenu de bons résultats de l'orpiment chez les équidés surrés. donne les conseils suivants pour l'emploi de ce médicament chez les équidés et chez les bovidés-.

Pour un cheval de taille moyenne ou pour un bœuf de 300 kg.', on prescrira : le l'1' jour, 15 gr. d'orpiment; le 3° jour, 20 gr. ; le 6e jour, 25 gr.; le 9e jour, 30 gr.; le 12° jour, 30 gr. Repos de 10 à 15 jours, puis deuxième traitement.

On modifiera ce traitement suivant les circonstances, en tenant

1. A. LàVERAN, Soc. de palh. exotique, 1908, t. t, p. 018. — P. Adam, liée. méd. vélér., 15 déc. 1909.

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