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intensité csl variable avec les différentes espèces. Par exemple, le Tr. Lewisi traverse facilement le champ du microscope avec un mouvement de flèche; les trypanosomes du type Brucei ne se déplacent guère, à l'exception du Tr. Evansi et du Tr. Cazalhoui, que l'on voit non rarement traverser le champ du microscope; le Tr. Cuzalboui a souvent la vitesse du Tr. Lewisi. Mention spéciale doit être faite du mouvement des Tr. dimorphon et congolaise : on a dit souvent qu'ils se meuvent comme des têtards de batraciens; la comparaison est juste à condition de faire remarquer qu'ici c'est la queue du têtard qui est en avant.
Les mouvements de contraction du corps protoplasmique s'observent fréquemment chez les trypanosomes des Poissons : par exemple, les trypanosomes de l'anguille ou des Sélaciens que l'on voit souvent tourner et se pelotonner sur eux-mêmes. Ils sont encore plus nets chez les trypanoplasmes dont les mouvements rappellent ceux d'une pièce de drap qui. se" froisse dans tous les sens. Nous verrons que le cuticule de ces derniers organismes est particulièrement mince.
Enfin, le Tr. rotatorium des grenouilles montre surtout des mouvements amiboïdes : rétraction des extrémités du corps, surtout de la postérieure, changements de forme incessants.
g 2. — Étude cytologique.
Protoplasme. — Le protoplasme des trypanosomes et des trypanoplasmes se colore en bleu plus ou moins foncé, par le mélange bleu à l'argent-éosine, en violet ou en lilas par les autres méthodes dérivées du Romanowsky; cette teinte est due à une infinité de granules, microsomes, à la limite de la visibilité; la teinte est plus intense pour certaines espèces que pour d'autres; ainsi, les trypanosomes pathogènes des Mammifères, les trypanosomes des Poissons, se colorent d une façon plus intense, à épaisseur égale, que le Tr. Lewisi des rats ou les trypan. du même groupe. La teinte bleue n'est jamais répartie d'une façon très uniforme ; il y a toujours des zones plus claires ; mais, et c'est là un point sur lequel il nous semble utile d'insister, ces zones nous ont paru toujours réparties d'une façon assez irrégulière et nous n'avons jamais trouvé, même pour une espèce déterminée, rien de caractéristique ni dans leur forme, ni dans leur distribution.
Les méthodes d'Heidenhain ou dérivées mettent en évidence une structure alvéolaire; Moore et Breinl 1 distinguent un spongioplasme
1. Salvin-Moohe cl BREINL, Aim. of trop. Med. a. Parasil., t. I, 1007, p. 441.
constituant les mailles du réseau protoplasmique el renfermant eulre ses mailles de la cytolymphe.
La vacuole claire de l'orme ovale que des auteurs ont signalée dans la moitié postérieure de certains trypanosomes et qu'ils ont assimilée a la vacuole contractile des Flagellés à vie libre, nous a paru de forme variable quand elle existe. 11 nous semble qu'on ne peut guère attribuer à la présence, à la forme ou à la position (par rapport au centrosome) de ces vacuoles, d'importance spécifique.
Le pi'oloplasme renferme souvent des granulations chromophiles qui se colorent en violet foncé et qui sont très variables de nombre, de forme et de dimensions ; elles sont généralement un peu irpégulières, plus ou moins rondes et ne dépassent pas 1 ix.de diamètre. Certaines espèces n'en présentent pas; chez d'autres, elles sont rares, peu volumineuses, souvent localisées au voisinage immédiat du noyau; chez d'autres enfin, elles sont nombreuses et réparties par tout le corps protoplasmique. Par exemple, ces granulations n'existent généralement pas chez Tr. Lewisi, sont encore assez rares chez Tr. climorphon et Tr. Evansi, moins rares et plus grosses chez Tr. Brucei et chez Tr. equinum; chez celle dernière espèce, on en trouve même parfois 1 ou 2 dont le volume dépasse 1 p., bien rondes et que l'on est exposé, dans certains cas, à prendre pour le petit noyau. Jusqu'à un certain point, la considération de ces granules aide à la caractéristique des espèces; mais c'est encore un caractère dont il faut user avec prudence, d'autant plus que, dans une certaine limite, il dépend de l'état de santé de l'individu considéré : lorsque la mort d'un animal parasité approche, les trypanosomes sont généralement atteints dans leur vilalilé et leur protoplasme renferme plus de granules que chez les individus normaux; il en est de môme pour les trypanosomes touchés parles médicaments actifs.
Ce sont sans doute ces granules que met en évidence la coloration vitale par le rouge neutre, telle que l'a pratiquée Policard 'voir page 23).
Swcllengrebel 1 a fait une étude spéciale de ces granules. Au point de vue chimique, il les considère comme formés de voluline, ou substance inélachromatir/ue7 bien caractérisée par les travaux de < luilliermond etd"A. Meyer chez un grand nombre de Protistes. C'est un produit de transformation de la chromatine. Dans le cas des trypanosomes, Swcllengrebel a cherché à tracer leur genèse à partir du noyau. Ils y prendraient naissance, puis, longeant un filament
1. Swf.llengredel, C. /?. Soc. Biologie, t. LXIV, 1008, p. 38, cl Tijdschr cl. Nnd Uicrk. Vcrccn, t. XI, 190!), p. 80.