‹ Trypanosomes et trypanosomiases [electronic resource]Chapitre 181 sur 410 · Martoglio, Ann. d'Ig. sperim., t. XXI. déc. 1011, p · texte numérisé non relu

Martoglio, Ann. d'Ig. sperim., t. XXI. déc. 1011, p

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bien certain quelle est incomplète. On peut dire qu'à très peu d'exceptions près, tous les Mammifères sont sensibles au nagana. Un certain nombre d'espèces, appartenant en particulier au groupe des Ruminants, et vivant à l'état sauvage, paraissent avoir une très grande tolérance; ils peuvent avoir des Tr. Brucei dans leur sang, sans être autrement incommodés; mais il ne saurait être question d'un véritable état réfractaire. Nous aurons d'ailleurs l'occasion de revenir sur ces cas, en particulier dans le chapitre relatif au mode de propagation du nagana.

Par une heureuse exception, l'homme paraît réfractaire à cette redoutable maladie. Livingstone, Foà et tous les voyageurs qui ont traversé des régions où sévit le nagana racontent qu'ils ont été piqués des milliers de fois par des mouches tsétsé sans éprouver autre chose que des accidents locaux légers, analogues à ceux que produisent les moustiques.

Les cynocéphales (genre Papio) partagent avec l'homme la propriété d'être réfractaires au nagana.

En dehors de la classe des Mammifères, on rencontre encore des vertébrés qui présentent, sinon une sensibilité, du moins une tolérance vis-à-vis du Tr. Brucei : le sang des oies, des poules, des couleuvres à collier, inoculées avec ce trypan., reste virulent un temps plus ou moins long.

Chez certains animaux et en particulier chez les rats et les souris, Tr. Brucei se multiplie rapidement et régulièrement, de sorte que l'examen histologique du sang suffit pour apprécier les progrès de l'infection; chez d'autres animaux, les trypan. sont très rares, au moins à certaines périodes cle la maladie, si bien que le diagnostic ne peut plus être fait par le seul examen histologique du sang. Il est indispensable alors d'inoculer 1 à 3 ce, et parfois plus, du sang de l'animal suspect à un animal chez lequel l'évolution du nagana est rapide et régulière. On trouvera dans ce chapitre des faits nombreux qui montrent qu'il est souvent indispensable de recourir aux animaux d'épreuve pour s'assurer si un animal est infecté ou non. (Voir notamment les observations qui concernent le porc, le mouton, la chèvre, le bœuf).

La durée de la maladie produite par Tr. Brucei varie beaucoup :i\ ec les espèces animales et l'origine du virus. Pour ce qui concerne le trypan. utilisé dans les laboratoires d'Europe, habitué à vivre chez les petits rongeurs : rats, souris et cobayes, on peut diviser les Mammifères en trois groupes :

1° Animaux chez lesquels le nagana a les allures d'une infection aiguë : souris, rat, campagnol, marmotte, hérisson, chien, singe;

2 Animaux chez lesquels le nagana a les allures d'une infection subaiguë : lapin, cobaye, mulot, lérot, équidés, porc;

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3° Animaux chez lesquels le nagana a les allures d'une infection chronique : Bovidés, Caprins, Ovinés.

Nous commencerons par les Mammifères qui présentent des infections naturelles : Equidés, Ruminants, Chiens.

Equidi£S. — On a de nombreux renseignements sur la marche de la maladie chez les Equidés; ce sont eux surtout qui sont atteints par la maladie naturelle dans l'Afrique australe; de plus, Bruce a expérimenté sur un certain nombre de ces animaux. Le cheval, l'âne, la mule et, d'après les expériences de Kanthack, Durham et Biandford. les hybrides du zèbre et du cheval (zèbre d" et jument, cheval et zèbre P) et du zèbre et de l'âne (âne d* et zèbre P) sont sensibles.

Lorsque la maladie des Equidés est contractée à la suite de piqûres de tsétsés, l'incubation est de 10 jours en moyenne. K., D. et Bl. notent une incubation de 7 jours; chez le cheval et l'âne sur lesquels nous avons expérimenté, l'incubation a été de 4 jours; dans ces cas expérimentaux, la quantité de virus inoculée était considérable, relativement à celle que peuvent convoyer des tsétsés, même en grand nombre.

La fièvre fait son apparition en même temps que les trypan. du sang. C'est toujours une fièvre rémittente ou continue et qui dure jusqu'à la mort; certains animaux succombent même en hyperthermie.

La première poussée fébrile dépasse généralement 41°, et peut aller à 42°; nous retrouverons cette forte poussée initiale chez les divers Ruminants. Les autres poussées dépassent rarement 41°. Les tracés qui accompagnent l'observation de notre âne et de notre cheval (fig. LVIII) synthétisent bien les deux types de fièvre, rémittente et continue.

La mort survient au bout d'un temps variable de 15 jours à 2 ou 3 mois et qui dépend, dans une large mesure, de la résistance de l animal. Notre cheval qui était vieux a résisté 27 jours; notre âne qui était jeune et vigoureux, 59 jours. Les hybrides de cheval et de zèbre, d'âne et de zèbre, ont succombé en 8 semaines.

Les Equidés naganés peuvent présenter, pendant le cours de la maladie, un certain nombre de symptômes bien notés par Bruce.

« Chez un cheval atteint de nagana, dit-il, on est frappé par I aspect particulier de son poil (the coat slares) et l'écoulement aqueux des yeux et du nez. Peu après, il y a enflure de la région abdominale ou gonflement du fourreau et l'état général de l'animal devient mauvais. Les membres postérieurs ont une tendance générale à enfler, mais ces diverses enflures sont variables d'un jour à l'autre, étant plus ou moins marquées et même disparaissant complètement. Pendant ce temps, l'animal maigrit de plus en plus; il a l'air hébété, sa tète pend, son poil devient rugueux et rare par

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places. Les muqueuses des yeux et les gencives sont pâles et, généralement, pu observe un aspect légèrement laiteux de la cornée.

Dans les cas graves et aux dernières périodes de la maladie, un cheval présente une apparence misérable. Il est devenu un véritable épouvantai!, couvert de poils rudes et rugueux, absents par places.

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