‹ Trypanosomes et trypanosomiases [electronic resource]Chapitre 191 sur 410 · Gonder ot Sieber, Ibid., t. XLIX, 1909, p · texte numérisé non relu

Gonder ot Sieber, Ibid., t. XLIX, 1909, p

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Lapins. — La durée d'incubation indiquée par Kanlhack, Durham et Blandford esl de 8 jours. Dans nos expériences, nous avons maintes fois constaté (inoc. intra-veincuses ou sous-cutanées) qu'elle n'était que de 2 ou 3 jours.

La marche de la température est excessivement variable. Quelquefois, chez les lapins cachectiques qui succombent vite, on a une poussée au moment de l'apparition des trypan. dans le sang. Chez les lapins plus résistants, dans les 8 à 10 jours qui suivent l'inoculation, la température reste au-dessous de 40°, puis on a une fièvre intermittente avec poussées irrégulières entre 40° et Al", dépassant rarement 41°. Ces poussées ne paraissent pas coïncider nécessairement avec des poussées dans le nombre des parasites (cf. K., D. et Bl.); nous avons parfois vu la première poussée de température coïncider avec l'apparition des œdèmes.

La durée totale de l'infection varie, d'après Kanthack, Durham et Blandford, entre 13 et 58 jours (moyenne 30 jours) ; elle peutatteindre trois mois (Bradford et Pliiumer); d'après nous, elle oscille entre 10 et 50 jours en ne tenant pas compte, bien entendu, des lapins cachectiques au moment de l'inoculation.

Chez les lapins qui résistent plus de 20 jours, il y a à noter un certain nombre de symptômes locaux. 11 se produit tout d'abord un peu de blépharo-conjonctivite avec du coryza; bientôt surviennent des œdèmes qui se localisent surtout à la tête (en particulier à la base des oreilles), à la muqueuse anale et aux organes génitaux externes. On observe des congestions des testicules ou de véritables orchites. Le poil tombe autour des yeux et du nez. à la base des oreilles, parfois dans certaines régions du ventre et du dos.

Si ranimai résiste longtemps, ces plaques dénudées peuvent s'ulcérer et laisser suinter un liquide purulent. Dans les mêmes conditions, la blépharo-conjonctivite s'aggrave et devient purulente; il se forme des croûtes qui agglutinent les paupières; le pus s'accumule derrière les paupières et la cornée ne tarde pas à s'altérer; elle s'opacifie rapidement et la cécité peut suivre.

Chez les animaux qui succombent rapidement, les trypan. sont assez fréquemment observables à l'examen microscopique, mais ils ne deviennent assez nombreux que dans les 2-3 jours qui précèdent la mort. Dans les cas où la maladie suit une marche relativement lente, l'examen microscopique peut être constamment négatif; mais l'inoculation à une souris prouve l'existence des trypan. dans le sang.

Cette extrême rareté des trypan. dans la circulation des lapins infectés a donné l'idée à plusieurs observateurs de les rechercher dans les organes. Durham '.en a trouvé dans la moelle osseuse. Mais

i. Durham, Parasitology, t. I, 1908, p. 227.

N A G A N A **1 c'est surtout à van Durme 1 que nous devons nos connaissances sur la distribution des trypan. chez le lapin.

Le parasite se multiplie d'abord à l'endroit d'inoculation (ainsi le péritoine en présente jusqu'au 10" jour seulement quand l'inoculation a été faite par cette voie). Une poussée se produit ensuite dans le sang (c'est à cette période de début qu'ils y sont le plus abondants). Bientôt les trypan. se localisent dans les testicules (on a vu que ces organes sont frappés d'orchite et de lésions concomitantes). Les ganglions sont attaqués à leur tour; puis la conjonctive, la peau aux endroits œdématiés, la muqueuse nasale. Dans tous ces organes ou tissus, le nombre des trypan. suit d'abord une progression croissante pour décroître ensuite, à mesure que les altérations s'accentuent. Cet ordre correspond donc parfaitement à la succession des symptômes cliniques. Les sécrétions (sperme, pus conjonctival) se sont montrées exemptes de parasites.

Dans la rate, les glandes salivaires, le foie, les reins, les capsules surrénales, les poumons, le cerveau, la moelle épinière, les glandes lacrymale et thyroïde, le thymus, la moelle osseuse et l'ovaire, l'examen a toujours été négatif (sauf une fois pourles deux premiers).

En somme, le Tr. Brucei, chez le lapin, peut être plus abondant dans certains organes que dans le sang. Ces organes sont précisément ceux qui présentent des troubles fonctionnels et des lésions macroscopiques.

Cobayes. — Kanthack, Durham et Blandford notent une période d'incubation de 5 à 7 jours. Dans nos expériences, elle a été de 2 à

Pendant toute la maladie, les cobayes montrent une fièvre continue avec de rares intermittences ; la température est généralement au-dessus de 40°.

Les cobayes de K., D. et Bl. ont succombé entre 20 et 183 jours (moyenne 50 jours). La durée de la maladie peut atteindre 18 semaines (Bradford et Plimmer). La majeure partie de nos animaux sont morts de 15 à 30 jours après l'inoculation sous-cutanée ou intrapéritonéale; quelques-uns sont morts 5 à G jours après; deux cobayes ont survécu 46 et Gl jours.

Notre virus a été gardé sur cobayes du 26 avril 1903 à mars 1905. Cette période peut être subdivisée en deux : l'une va jusqu'en mai L904; l'autre part de juillet 1904. La lr,! comprend 34 cobayes (il y avait toujours 3 ou 4 cobayes infectés à la fois) et donne une moyenne de •'!! jours pour la durée de l'infection; la seconde porte sur 28 cobayes et donne une moyenne de 22 jours 1/2. La virulence

I. Van Durme, Ann. Soc. Méd. de Gand, t. XXXV, 1005, p. 231, el Arch. ParasiloL, t. X, 1900, p. 100.

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paraît donc avoir augmenté avec les passages. Mais si Ton examine les chilïres de près, on constate que 55 chiffres sur 62 forment un bloc compact allant jusqu'à 44 jours. Les 7 autres chiffres sont assez disséminés de 56 à 102 jours. On peut donc dire qu'à côté des cobayes de sensibilité ordinaire, quelques-uns sont particulièrement résistants. Si on les retranche des deux groupes, on obtient une moyenne de 21 jours 1/2 pour le Ie', de 19 jours pour le second, chiffres assez voisins. 11 reste que les chiffres élevés sont plus commun- dans le 1er groupe que dans le second (Mesnil).

Quand la maladie dure plus de 20 jours, l'animal montre généralement des lésions des yeux (perte des poils autour des yeux, un peu de conjonctivite purulente), de l'œdème de la vulve ou du fourreau et de l'anus.

Sauf dans les cas où la mort survient rapidement, le nombre des parasites dans le sang ne suit pas une marche ascendante régulière. On découvre, à l'examen microscopique, des parasites durant quelques jours, puis on ne voit plus rien les jours suivants; les trypan. reparaissent et ainsi de suite. En règle générale, les parasites sont beaucoup moins rares dans le sang que chez le lapin; parfois même, ils sont nombreux ou très nombreux plusieurs jours de suite. Chez les 2 cobayes qui ont résisté 46 et 61 jours, les trypan. ont été visibles au microscope du cinquième au onzième jour après l'inoculation; on n'a pu les rencontrer ensuite, à l'examen microscopique, que dans les derniers jours de la maladie.

Markl1, en se servant du virus du Zoulouland, a constaté que les cobayes succombent en 11 à 68 jours (moyenne 29 jours), chiffres tout à fait semblables aux nôtres.

L'incubation dure 3 à 8 jours; puis les trypan. augmentent lentement clans le sang jusqu'à un maximum qui est suivi d'une baisse brusque : on trouve alors dans le sang des formes en involution et des noyaux libres, en même temps qu'une leucocytose notable. Les trypan. reparaissent ensuite dans le sang et la môme marche oscillatoire peut se reproduire plusieurs fois ; finalement, les animaux meurent brusquement, soit avec un grand nombre de trypan., soi! peu après une de leurs disparitions.

Jamais Markl n'a constaté de symptômes externes durant la maladie; l'hyperthermie est rare; il pense, sans avoir pu en fournir de preuves, que la mort est due à des Ihromboses ou à des embolies des capillaires.

En comparant la race dite « nagana ferox » d'Ehrlich avec la variété acentrosomique Wcrbitzki, Laveran "- a observé, chez le

1. Markl, Ccntralbl. f. Baltler., I, Origin., t. XXXVll. 1004, p. 530.

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