Laveran, Bull. Soc. Path. exot., t. IV. 101 1, p
NAGANA ' 443
cobaye, certaines formes lentes, durant plus de 100 jours, plus fréquentes avec le virus Werbitzki qu'avec le virus souche. Ces formes lentes sont caractérisées par la rareté des parasites dans la circulation, par la forte hypertrophie des ganglions inguinaux, et. à la dernière période de la maladie, par un volumineux œdème abdominal.
Koch, en Afrique orientale allemande, n'a pas réussi à infecter deux cobayes avec le sang d'un bœuf nagané. C'est un exemple de l inconstance avec laquelle le cobaye s'infecte quand on part de la maladie naturelle. Durham (/. c.) a noté de son côté la grande résistance de quelques cobayes au Tr. Brucei; certains ne s'infectent pas ou guérissent, mais ils n'ont pas l'immunité; une inoculation subséquente peut les infecter et les tuer.
Singes. — Les macaques et les cercopithèques s'infectent facilement. En revanche, les cynocéphales sont réfractaires : Bruce1, nous-mêmes -, avons inoculé des babouins sans succès. Mesnil et Lebœuf n'ont pas été plus heureux avec une race de Tr. Brucei qui, chez la souris, résistait à 2 ce. d'un sérum très actif de Papio anubis, et qu'ils ont inoculée à la même espèce. Ils ont reconnu aussi que le mandrill (Mormon maimon) est réfractaire au nagana normal comme au nagana résistant3.
Chez les singes sensibles au Tr. Brucei, les trypan. se multiplient rapidement dans le sang où on les rencontre en grand nombre. La maladie dure quinze jours à un mois et se termine par la mort.
Les principaux symptômes sont : la fièvre, l'anémie, les œdèmes (très légers dans le cas observé par nous), l'affaiblissement général très marqué à la dernière période de la maladie. Vers le quatrième jour après l'inoculation, la température monte de la normale (37°, 5 chez le singe) aux environs de 40°; la fièvre persiste pendant plusieurs jours, puis la température s'abaisse. Le singe, dont on trouvera l'observation ci-dessous, est mort dans un état d'hypothermie tout à fait remarquable; la veille de la mort, la température rectale s'est abaissée à 28°, 5 et elle a dû tomber au-dessous de ce chiffre le jour de la mort.
Kanthack, Durham et Blandford ont expérimenté sur un Macacus rhésus : il a survécu 2 semaines à l'inoculation et il est mort dans « un état avancé de tuberculose pulmonaire...; la présence d'abondants hématozoaires a été constatée dans le sang durant la vie jusqu'au moment de la mort. »
Nocard (/. c.) a opéré sur « un vieux macaque, vigoureux et très méchant, qui reçoit sous la peau de la queue quelques gouttes de