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TRYPANOSOMES ET T R Y P A N 0 SO M I A S ES

sistants; on coupe facilement les vertèbres avec le couteau; ce ramollissement du squelette, véritable ostéomalacie, explique que, sous l'influence de la paralysie et des positions vicieuses des membres postérieurs qui en ont été la conséquence, une voussure très marquée de la région dorsale ail pu se produire.

La partie inférieure de la moelle épinière est entourée d'une gaine de substance gélatineuse (sérosité analogue à celle du péricarde, infiltrée dans le tissu conjonctif el coagulée en partie); pas de méningite spinale. La moelle épinière, enlevée en totalité et examinée avec soin, ne présente pas d'altérations macroscopiques; il n'y a aucun foyer de ramollissement.

Le bulbe, le cerveau et le cervelet ont l'aspect normal.

Pas d'hypertrophie de la rate; 20 ce. de sérosité citrine dans le péri carde, un peu dans les plèvres et le péritoine.

Nous avons cité à leur place les lésions externes des lapins et des cobayes, nous n'y revenons pas.

Mention spéciale doit être faite des résultats de Spielmeyer 1 obtenus sur des chiens naganés, ayant résisté 9 à 10 semaines au moins. Cliniquement, ces chiens montraient seulement une diminution des réflexes tendineux des extrémités antérieures. En étudiant les nerfs crâniens par la méthode de Marchi, Spielmeyer a mis en évidence des dégénérescences nerveuses qui affectent généralement les racines postérieures de la moelle, constamment la racine sensitive du trijumeau et plus exceptionnellement le nerf optique (2 fois sur 7, 5 fois sur 19).

Sur 7 chiens, 3 ont montré nettement les phénomènes de dégénérescence des racines postérieures de la moelle (surtout cervicale) ; chez 2, elles étaient seulement esquissées; enfin, les 2 derniers n'avaient que des lésions de la racine du trijumeau. Les 3 premiers chiens étaient 2 roquets (Spitzhunde) et 1 caniche; ils appartenaient donc à des races dégénérées, où les unions consanguines sont fréquentes.

C'est en raison de la dégénérescence élective des racines postérieures que Spielmeyer parle de labes. Comme c'est surtout la moelle cervicale qui est atteinte, on a affaire à un tabès cervical au 1er stade.

La dégénérescence fibrillaire du nerf optique est une des lésions du tabès humain Comme les chiens ont généralement aussi de la kératite et de l'iritis, on pouvait se demander si la dégénérescence des nerfs n'était pas une conséquence de ces lésions. Spielmeyer remarque d'abord que, chez les lapins qui ont les mêmes lésions du globe oculaire, jamais le nerf optique n'est altéré. Mais ce qui lui

i. Spielmeyeh. MUnch. mediz. Woch., 27 nov. 1906, p. 2338; — Klin, Alonalsbl. f. lugenheilk., t. XLV, 1007, p. 5<i5.

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permet de trancher la question par la négative, c'est qu'un des chiens à nerfs lésés n'avait ni kératite ni iritis. Il s'agit donc d'un processus nerveux primaire, comme pour le tabès dorsalis. Un autre point commun consiste en ce que le processus atrophique commence par la périphérie du nerf.

§ L — Agent pathogène .

IWpanosoma Brucei dans le sang des animaux infectés. — Dans le sang- frais, Tr. Brucei se présente sous l'aspect d'un vermicule très mobile muni d'une membrane bien ondulée et d'un flagelle.

Lorsque les mouvements se ralentissent, ce qui arrive rapidement dans. les préparations ordinaires, on voit bien les ondulations en forme de vagues de la membrane ondulante.

L'extrémité postérieure a la forme d'un cône plus ou moins allongé, terminé par une partie arrondie.

Les mouvements qui s'exécutent au moyen de la membrane ondulante et du flagelle ne sont pas très étendus; le parasite se déplace peu dans le champ du microscope ; il n'a pas, en particulier, le mouvement en flèche que nous avons signalé chez Tr. Lewisi et qu'on retrouve à un moindre degré chez Tr. Evàrisi.

On ne dislingue, à l'état frais, ni le noyau, ni les granulations qui deviennent très apparents après coloration.

Pourtant le rouge neutre, le bleu de toluidine et le bleu de méthylène colorent des granulations dans l'intérieur des trypan. vivants. Mais lorsque l'action de ces substances continue un certain temps, les parasites sont tués et la coloration se fait alors en masse.

D'après Bruce, le trypan. du riagana se présenterait avec des aspects différents dans le sang des différentes espèces animales. Chez le chien, le parasite serait épais, ramassé, relativement court, avec une extrémité postérieure mousse; chez le cheval, ses dimensions seraient presque doublées et l'extrémité postérieure serait effilée.

D'après Plimmcr et Bradford, la grosseur et la longueur du parasite varieraient avec la période de la maladie et l'espèce animale : les formes les plus grosses s'observeraient chez le rat, au moment de la mort; les plus petites, chez le lapin, dans les premiers jours de la maladie.

Nous avons observé Tr. Brucei chez différentes espèces animales : rat, souris, cobaye, lapin, chien, cheval, âne, mouton, chèvre, et nous n'avons pas vu des différences aussi importantes que celles signalées par ces auteurs quand on passe d'une espèce animale à l'autre.

Lavhiian ot Mesnil. —

Trypanosomei ot Trypanosomiasos.

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D'après nos mensurations, faites sur préparations de sang bien ' fixées (alcool après dessiccation) et bien colorées, le Tr. Brucei serait un peu plus long chez les Equidés que chez les Rongeurs ou chez le chien : dans le 1" cas, la longueur moyenne; atteindrait 28 à 33 u.; elle ne serait que de 26 à 27 |i dans le second cas (toujours y compris le flagelle).

En mesurant un grand nombre de formes du trypan. de l'Ouganda, Bruce et ses collaborateurs 1 se sont attachés à mettre en évidence la variation du parasite clans le sang d'un même animal. Leurs nombreuses mensurations leur ont permis de dresser des tableaux de fréquence des diverses formes et des courbes de Galton montra ni clairement cette fréquence. La longueur varie de 15 à 34 a; il va un maximum pour 20 u; puis on observe, à peu près à égalité, des formes allant entre 21 et 30 t/.. Les formes courtes et trapues ont 2 p., 5 de largeur, et manquent généralement de flagelle libre; les formes allongées n'ont que 1 |x, 5 de large.

Les savants anglais ont soumis à une étude analogue le Tr. Brucei type, du Zoulouland. Les 2 courbes de Galton présentent, à côté de quelques différences, de telles ressemblances que les auteurs en tirent argument en faveur de l'identité des 2 virus. Dans un travail ultérieur, Bruce2 a montré que la courbe du Tr. Evansi offre, en revanche, de notables différences : le polymorphisme est bien moinmarqué chez cette espèce, la grande majorité des individus mesurant de 24 à 27 y. de long.

Nous avions déjà insisté en 1904 sur les différences morphologiques des 2 espèces (voir chap. xiv. p. 374).

Après coloration par le procédé éosine-bleu de méthylène, le protoplasme se teinte assez fortement en bleu et on distingue d'ordinaire dans ce protoplasme, principalement dans la moitié antérieure, des granulations assez grosses qui se colorent fortement (fig. LXII, 1). L'extrémité postérieure du parasite a souvent l'aspect d'un cône tronqué.

Le noyau, situé vers la partie moyenne du corps, est allongé; on voit à l'intérieur de nombreuses granulations qui se colorent plus fortement que la masse chromatique principale (fig. LXII, 1 a).

Près de l'extrémité postérieure, le centrosome (6) se colore plus fortement encore que le noyau; il est souvent entouré d'une petite zone claire. C'est en parlant d'une race de nagana (nagana ferox Ehrlich), et en faisant agir sur ce trypan., chez la souris, divers composés chimiques, que Werbitzki a obtenu une variété acentrosomique, caractérisée par la disparition du grain centrosomique.

Le flagelle présente généralement une partie libre antérieure. Mais

1. liitucE, ÏÏAMERTON, BatemaN et Mackie, Pro'c. Roy. Soc. R.. t. LXXXIII. p. t.

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