Bruce, ibid., p. I s I
NAGANA 4M
on observe une certaine proportion de trypan. chez lesquels le protoplasme longe le flagelle jusqu'à son extrémité; il n'y a donc pas à proprement parler, dans ces cas, de partie libre du flagelle. Nous avons interprété ces formes particulières comme étant sans doute en rapport avec une division répétée : dans la division d'un trypan. avec flagelle libre, généralement un des deux nouveaux individus conserve la partie libre du flagelle ancien; l'autre a donc au début un flagelle sans partie libre.
La membrane ondulante, bordée par le flagelle, est nettement plissée. La racine du flagelle part de la périphérie de l'espace clair qui entoure le grain centrosomique.
En colorant sur frottis humides, Kùhn et von Schuckmann 1 ont
Fig. LXII. — Multiplication du Tr. Brucei.
1. Individu non encore en division (rt, noyau; b, centrosome ; c, membrane ondulante; d, flagelle). — 2-5. Stades divers de la division. — Gr. 2000 diamètres environ.
distingué dans le noyau 3 parties : un gros caryosome (Binnenkorper), une couche externe alvéolaire et un grain différencié, à position excentrique; le caryosome se colore en bleu par le Giemsa, le reste en rouge lie de vin. Avec l'Heidenhain, suivant la différenciation, ou bien le noyau reste coloré en entier, le caryosome apparaissant simplement en plus foncé, ou bien celui-ci se colore seul; il est alors entouré d'un espace clair; le corps marginal est inconstant.
C'pst pour le Tr. Brucei que nous avons fait connaître le mode de division binaire, longitudinale, des trypan., général chez tous les trypan. pathogènes des mammifères.
Reconnaissable déjà au simple examen du sang frais par l'existence d'individus, plus larges que les autres, avec deux membranes ondulantes, la division ne peut être bien étudiée que sur les prépa-
i Ki un el von Schuckmann, Sitz. ber. d. Ileidelbergcr Akad. <l. Wiss., 11)11, 1'. 2.
452 TKYI'ANOSOMES ET THYPANOSOM I ASES
râlions colorées. Les figures nucléaires sont différentes suivant qu'on ' s'adresse à des préparations manipulées à sec ou à des préparations traitées toujours à l'état humide.
Dans le premier cas, on constate simplement un allongement du noyau, dont la chromatine s'accumule aux extrémités. Il y a ensuite division en deux par étirement.
Dans. le second cas, Breinl et Moore, Kûhn et von Schuckmann décrivent une division amitotique avecslade en haltère du caryosome, sans phénomène particulier du côté de la zone périphérique, en particulier sans individualisation de chromosomes. La division du corps marginal des auteurs allemands, également après étirement en haltère, précéderait celle du caryosome.
Le grain centrosomique se divise également en présentant une forme en haltère, mais jamais aussi allongée que celle du caryosome nucléaire. Cette division du centrosome précède toujours celle du noyau. Elle commande d'une façon évidente celle du flagelle : il y a toujours concordance entre cette division et celle de la base du flagelle, renflée en un petit grain d'après nombre d'auteurs (en particulier Kûhn et von Schuckmann). A partir de la base, le flagelle et la membrane ondulante se dédoublent sur une grande partie de leur longueur.
Les figures LXII, 2 à 5 ci-contre, qui sont la reproduction de celles que nous avons données en 1901, montrent les différents stades de la division. C'est le protoplasme qui se divise le dernier; la séparation peut commencer par la partie antérieure, comme dans la figure 5 (c'est même le cas ordinaire), ou par la partie postérieure.
On observe parfois des formes assez volumineuses avec un nombre de noyaux, de centrosomes, de membranes ondulantes, supérieur à deux. Le trypan. conserve toujours son aspect allongé, il n'a jamais tendance à former des rosaces comme le Tr. Lewisi.
Chez les animaux naganés, on trouve toujours des formes en voie de division dans le sang; elles ne cessent pas d'être mobiles.
L'exsudat péritonéal des animaux inoculés dans le péritoine, les ganglions lymphatiques, la rate, examinés avec soin, ne nous ont pas montré d'autres formes de multiplication. Nous n'avons pas vu les petits éléments que Kanthack, Durham et Blandford ont décrits comme des formes jeunes du trypan. du nagana; nous n'avons pas observé davantage les formes amiboïdes et plasmodiales de Plimmer et Bradford ni les corps latents de Breinl et Moore; en étudiant plus loin l'agglutination des trypan. du nagana et les formes d'involution, nous aurons l'occasion de revenir sur celle question et nous dirons comment Plimmer et Bradford ont pu être conduils à admettre l'existence de conjugaisons et de formes plasmodiales, Breinl et Moore à décrire des formes de résistance.
NAGANA 453
Durée de conservation dans le sang « in vitro ». — D'après Bruce, le sang des animaux atteints de nagana est encore infectieux 4 jours après qu'il a été recueilli in vitro, s'il ne s'est pas desséché; le sang desséché peut être encore infectieux au bout de 24 heures, mais c'est là une exception.
Il résulte des recherches de Kanthack, Durham et Blandford que Tr. Brncei reste vivant, in vitro, de 1 à 3 jours, exceptionnellement de 4 à G.
Dans des préparations de sang bordées à la paraffine, Plimmer et Bradford ont trouvé quelquefois des trypan. vivants au bout de o à 6 jours. Du sang recueilli avec pureté et conservé au contact de l'oxygène, garde sa virulence au moins pendant trois jours, d'après les mêmes observateurs.
Du sang contenant des trypan. du nagana, recueilli avec pureté, mélangé à de l'eau physiologique citratée et conservé à la température du laboratoire, peut être encore virulent au bout de trois jours; mais ce n'est pas là un résultat constant; du sang conservé depuis 48 heures seulement a parfois perdu sa virulence. D'après Yakimoff (/. c), la température de 20° est plus favorable pour la conservation du Tr. Brncei que celle de la glacière.
Nous avons vu déjà que, chez les animaux inoculés avec des trypan. conservés in vitro, l'apparition des parasites dans le sang retarde beaucoup; c'est là un fait dont on doit tenir grand compte dans ces expériences, faute de quoi on s'exposerait à noter comme négatives des inoculations dont les effets ne sont que retardés.
Les trypan. se conservent mieux, restent plus longtemps mobiles, dans le sang mélangé à du sérum que dans le sang pur. Nous avons vu des trypan. encore mobiles, au bout de trois jours pleins, dans du sang de rat défibriné et mélangé à parties égales à du sérum de cheval; dans le sang pur, on ne trouvait plus, au bout de 24 heures, aucun trypan. mobile.
Le sérum humain et celui des animaux réfractaires ou peu sensibles au nagana (Oiseaux), ne sont pas moins aptes à la conservation des trypan. que lessérums des animaux les plus sensibles. (Voir, plus loin, Cultures.)
Action du froid. — Nous avons signalé la longue conservation à la glacière du trypan. des rats, Tr. Lewisi. Le trypan. du nagana ne jouit pas de la môme propriété, il ne se conserve pas mieux à la glacière (5° à 7° au-dessus de zéro) qu'à la température du laboratoire.
L'inoculation du sang conservé trois à cinq jours à la glacière nous a donné, à plusieurs reprises, des résultats négatifs; les résultats peuvent être négatifs alors môme qu'on trouve encore, dans les pn'-parations conservées, quelques trypan. un peu mobiles.
Les trypan. se déforment rapidement dans le sang qui est mis à la
*S4 THYPANOSOMES ET Tl! YPANOSOMIASBS
glacière; nous décrirons plus loin ces altérations, qui ne sont pas ■
spéciales à l'action prolongée du froid (Voir Formes d'involution.)
Les mouvements des trypan. sont ralentis par l'action du froid; ils s'accélèrent quand le sang se réchauffe, au sortir de la glacière.
Si les trypan. du nagana supportent mal l'action prolongée d'un froid modéré, par contre ils résistent très bien à des abaissements brusques de température à 50, 55° et môme 191° au-dessous de zéro, comme le montrent les expériences suivantes dont nous donnons seulement un rapide résumé.
Dans toutes ces expériences, on s'est servi de sang de rat riche en Tr. Brucei, dilué dans l'eau physiologique citratée.
Exp. 1. — Sang soumis 1/2 heure à une température qui varie entre
— î-jo et 18„ c
Exp. 2. — San»- soumis 20 minutes à la température de — 15° et ensuite, pendant 8 minutes, à une température de — 25° à — 30°.
Exp. 3. — Sang soumis 30 minutes à la température de — 15° ei ensuite, pendant 5 minutes, à une température de — 50° à — 55°.
Exp. 4. - - Même expérience que Ja précédente, à cela près que le réchauffement du sang- a été brusque et non lent comme dans l'expérience 3.
Dans tous ces cas, au bout de deux heures, on trouve dans le sang, qui s'est décongelé et réchauffé à la température du laboratoire, beau coup de trypan. d'aspect normal et mobiles.
Les souris inoculées dans le tissu conjonctif sous-cutané avec ces trypan. (2 souris par expérience) sont mortes du nagana aussi rapidement que les souris témoins, sauf dans l'expérience 4, où il y a eu un retard sur le témoin.
Exp. 5. — Du sang de rat riche en Tr. Brucei, dilué dans l'eau physiologique citratée, est soumis à la température de l'air liquide pendant des temps variables de 5 à 25 minutes. Il sert après réchauffement à inoculer des souris qui contractent une infection typique, avec un retard de 3 jours sur les témoins, sauf la souris inoculée avec le sang laissé le plus longtemps à la glacière, qui est infectée avec un retard insignifiant sur le témoin.
Action de la chaleur. — Deux éléments interviennent : le degré de la température et le laps de temps pendant lequel le sang a été soumis au chauffage.
Des échantillons de sang chauffés : pendant 3 heures à 40°, pendant 1 h. 20 à 42°, se sont montrés encore virulents; d'autres échantillons chauffés : 40 minutes entre 41° et 44°, et 20 minutes à 44°,5, n'ont pas produit l'infection chez les animaux inoculés. Le chauffage à 'i î" ou 45° tue donc assez rapidement les trypan., tandisqu'avec les températures de 40° à 43° un chauffage prolongé est nécessaire.
Lorsqu'on examine du sang à trypan. qui a été soumis pendant une heure à la température de 41°, on peut croire que tous les
N Ali AN A 455 trypan. sont détruits; les parasites sont immobiles, déformés, méconnaissables pour un observateur qui n'aurait pas l'habitude de cet examen; la plupart des parasites sont globuleux et semblent morts, mais le sang injecté à un rat ou à une souris produit encore l'infection, avec un retard.
Chez des animaux inoculés avec le sang chauffé de 1 h. 50 minutes à 3 heures à 40°, nous avons vu apparaître les trypan. dans le sang du cinquième au sixième jour.
Action d'agents divers. - - Le Tr. Brucei a servi pour un grand nombre de ces recherches. Nous en avons résumé les résultats avec assez de détails au chapitre v pour ne pas avoir à y revenir ici.
Cultures. — Le beau succès obtenu par Novy et Me Neal dans la culture du Tr. Lewisi a engagé ces savants à essayer la culture des trypan. pathogènes1. Ils y ont réussi pour le Tr. Brucei. Les méthodes sont les mômes que pour le Tr. Lewisi (voir chap. n). Les auteurs insistent sur ce que le Tr. Brucei ne se cultive qu'exceptionnellement dans l'eau de condensation d'un milieu gélosé2 contenant la moitié ou moins de son volume de sang. Les meilleurs résultats paraissent être obtenus avec les mélanges renfermant 2 ou 3 parties de sang contre 1 de gélose '. Même sur ces milieux, seulement 1 ou 2 d'un grand nombre de tubes cultivent; et encore presque tous les trypan. ensemencés succombent et la culture part, au bout d'une vingtaine de jours, toujours d'un très petit nombre d'individus qui ont survécu (survivance des plus aptes). Pour donner une idée de ces difficultés, il suffit d'ailleurs de dire que, de 50 essais de culture des trypan. du sang d'animaux infectés de nagana (provenance Zoulouland, Bruce), 4 seulement ont réussi. Mais, à partir du moment où une culture a commencé, les difficultés cessent; les réensemencements se font avec facilité. Novy et Me Neal sont arrivés ainsi à obtenir, par passages de tube en tube, une huitième culture de Tr. Brucei. Au moment de la rédaction de leurs premières notes, ce trypan. avait quitté l'organisme animal depuis plus de 100 jours. Novy a fait connaître depuis qu'il conservait le Tr. IJrucei en culture, avec sa virulence, depuis 2 ans.
Smedeley, à Cambridge4, a éprouvé des difficultés analogues à celles de ses précurseurs. Ainsi, partant du sang de 10 animaux (4 rats, 2 souris et 4 lapins) infectés, il n'a eu des résultats positifs
1. F.-G. Novy et W.-J. Me Neal, Journ. of ihe americ. medic. Assoc, 21 nov. 1903; Journal of infect. Diseuses, t. I, 2 junv. 11)04, pp. 1-30. — Me Neal, Ibid., t. I, 1901, p. ")I7.
2. Me Neal recommande le milieu dont nous avons donné la formule p. 24.
3. Nous avons vu que Tr. Lewisi pousse dans des milieux avec 1 de sang, pour 2, 5 et même 10 de gélose; il préfère aussi les milieux avec 2 de sang, pour 1 de gélose.
'>. Smedeley, Joum. of Hyg., t. V, 1905, p. 24.
450 TRYPAN0S0MES ET TllYPANOSOMIASES
que 3 fois (avec 2 rats et 1 lapin). Dans un des cas, il a pu réussir deux réensemencements successifs.
Novy et Me Neal ont fait les observations suivantes :
Les cultures réussissent à la température de la chambre, à 25° et à 34°. Mais, plus la température est élevée, plus la culture qui s'est développée meurt vite. A la température de la chambre, on a vu des cultures encore vivantes après 45 jours.
Les trypan. placés à 25° et qui ont véritablement cultivé, ont rarement la virulence des trypan. du sang; par exception, des trypan. du troisième passage par tube, qui avaient quitté l'organisme animal depuis 62 jours, ont tué des souris en 3 à o jours, comme les trypan. de passage par animal. En général, les trypan. des cultures tuent les rats et les souris en 7 à 10 jours, au lieu de 3 à 5 jours. Des cultures vieilles de 22 jours se sont encore montrées virulentes.
C'est la démonstration irréfragable, superflue d'ailleurs, que Tr. Brucei est bien l'agent du nagana.
Si l'on porte à 34" des cultures développées à 25°, elles perdent généralement leur virulence en moins de 48 heures, bien que les trypan. restent encore vivants plusieurs jours.
Dans les tubes destinés à la culture, même quand il n'y a pas réussite, les trypan. ensemencés restent parfois vivants pendant 10 et même 18 jours. Ces trypan. ensemencés, avant de perdre leur mobilité, perdent leur virulence, généralement après 5 jours, exceptionnellement après 10 jours. Avant de perdre leur virulence, ils montrent une certaine atténuation qui se traduit par l'allongement de la période d'incubation (ce sont des résultats de même ordre que ceux obtenus avec les trypan. conservés); mais la maladie, une fois déclarée, est toujours mortelle. Une inoculation, non suivie d'infection, ne confère aucune immunité.
De même, les essais d'immunisation par les cultures non virulentes n'ont pas donné de résultats appréciables (retard de 1 à 2 jours sur les témoins, à l'inoculation subséquente du virus), bien qu'on ait employé des cultures de virulence atténuée.
Tr. Brucei, en culture, garde le type sanguicole avec centrosome postérieur et membrane ondulante bien développée; dans les colonies, les flagelles sont dirigés vers l'extérieur, comme dans les rosaces d'agglutination des parasites sanguicoles
En culture à 25°, Tr. Brucei montre 2 gros grains très réfringents dans la moitié antérieure flagellée. A 34°, les grains augmentent de nombre et de dimensions et atteignent 1 ja. Ils sont probablement en
L BUCHANAN (4'* Report Wellcome lies. Lab., vol. A, Médical, 1011), qui 0 récemment cultivé le trypan. des équidés du Bahr-el-Ghazal, rapporté à Tr. Brucei, a observé
des for s l.rptomonas (ou mieux Grithidia) h partir du premier réensemencement;
ce sont elles qui dominent
NAGANA 457
rapport avec une altération de la vitalité des parasites; on ne les retrouve plus clans le sang des animaux infectés par ces cultures. Ce l'ait, joint à tout ce que nous avons dit de la difficulté d'obtenir des cultures, de la perte de la virulence dans les cultures, surtout quand on les porte à 34°, prouve, font très justement remarquer Novy et Me Neal, qu'on n'a pas encore réalisé le milieu idéal pour la culture du Tr. Brucei.
Dans les cultures du Tr. Brucei, les individus sont, ou bien unis par 2, par les extrémités postérieures, ou bien en colonies de 10 à "20 individus longs et minces, avec mouvements de torsion; les flagelles paraissent être à l'extérieur. 11 y a peu de variations dans les dimensions des individus, ils mesurent 15 à 17 u. en longueur (sans doute flagelle non compris). Le Tr. Brucei est plus long et proportionnellement plus étroit que le Tr. Lewisi; le flagelle est assez court.
Les mouvements dès formes de culture du Tr. Brucei sont lents et tortueux; presque toujours, elles se meuvent sur place. Une onde se déplace lentement le long de la membrane ondulante et donne l'apparence d'une rotation spirale de l'organisme entier.
Agglutination. — Dans un certain nombre de conditions, les trypan. du nagana se groupent d'une façon très régulière, comme l'ont les trypan. des rats. Us se réunissent souvent par deux1; d'autres fois, ils forment des agglomérations primaires en rosaces; on observe rarement les grandes agglomérations secondaires qui sont communes dans le sang contenant des Tr. Lewisi.
Les trypan. s'accolent toujours par leur partie postérieure, il est facile de s'en assurer dans les préparations colorées. La figure LXIII, 12, représente des trypan. agglomérés en rosace, vus clans le sang frais; la figure LXIII, 13, montre deux trypan. accolés, vus dans une préparation colorée, les deux extrémités postérieures sont aplaties et l'on a de la peine à voir la ligne de séparation des parasites.
Ces trypan. accolés par deux font penser à une conjugaison, mais cette interprétation n'est pas admissible; l'agglomération ne s'observe pas clans le sang pur et frais, elle ne se produit que dans des conditions que l'on peutqualifier d'anormales ; de plus le nombre des individus qui s'agglomèrent est très variable.
Avec Tr. Brucei, comme avec Tr. Lewisi, on peut voir les agglomérations se défaire après un temps variable.
Nous avons vu des agglomérations de trypan. se former dans du sang pur retiré du cœur depuis 1/2 heure ou 1 heure, — dans des exsudats périlonêaux, après injection, dans le péritoine de rats ou de souris, de sang riche en trypan., — dans du sang mélangé d'eau
I. Ces unions par deux* sont particulièrement abondantes dans l'exsudal périlonéal de rais ou de souris inocule- par la voie péritonéale.
458 TRYPANOSOMES ET THYl»ANOSOMIASES
physiologique, conservé depuis 24 heures à la glacière ou bien chauffé 1/2 heure à 41°.
En mélangeant, à parties égales, du sang de rat ou de souris défibriné, riche en trypan. eL du sérum de cheval, nous avons obtenu de belles agglomérations persistantes. Les trypan. se déforment au bout de quelques heures.
En mélangeant une partie de sérum de cheval à dix parties de sang, il ne se produit pas d'agglomérations. Le sérum du sang de porc a donné aussi de belles agglomérations.
Le sérum de mouton, mélangé à parties égales à du sang de rat ou de souris riche en Tr. Brucei, a donné, dans un cas, de belles agglomérations; dans un autre cas, des agglomérations moins belles et non persistantes.
Le sé rum de chèvre a donné, à parties égales, de petites agglomérations non persistantes.
Le sérum du sang humain ne s'est montré ni agglutinant, ni microbicide.
Les sérums suivants mélangés, à parties égales, avec du sang de rat ou de souris riche en Tr. Brucei, n'ont pas montré de propriétés agglutinantes : sérum de rat normal ou immunisé contre le Tr. Lewisi et agglutinant ce trypan., sérum de poule normale, sérum de poule inoculée à plusieurs reprises avec Tr. Brucei, sérum d'oie normale, sérum d'oie inoculée à plusieurs reprises avec du sang riche en trypan. du nagana.
Si l'on ajoute à quelques gouttes de sang riche en Tr. Brucei une goutte d'eau légèrement acidulée par l'acide acétique, on voit les trypan. s'agglomérer et se déformer rapidement. En ajoutant une goutte d'eau alcalinisée faiblement par la soucie, on n'observe pas d'agglomération.
Les trypan. morts tendent encore à s'agglomérer, mais alors l'agglomération se fait irrégulièrement.
Formes d'involution. — Lorsque les trypan. du nagana se trouvent dans des conditions de vie défavorables, conditions qui toutefois ne déterminent pas la mort rapide des parasites, ils présentent des formes d'involution qu'il importe de connaître. Nous avons observe ces formes dans des circonstances variées : sang de rat riche en trypan. mélangé à du sérum d'autres animaux et conservé quelques heures en goutte pendante ou dans des préparations ordinaires; sang chaulle à 41° ou 42° pendant 1 heure ou plus; sang injecté dans le péritoine ou dans le tissu conjonctif d'Oiseaux et examiné au bout de I à 3 heures; sang mis à la glacière ou soumis à la congélation; sang de rats traités par l'arsenic, etc.
La figure LXIII, 6 à 11, représente différents aspects du /'/■. Brucei en voie d'involution.
NAliANA 459
Le trypan. se raccourcit, se ramasse sur lui-même (fig. LXIII, G), puis se met en boule (fig. LXIII, 7); on voit, après coloration, dans les trypanosomes en boules : le noyau, le centrosome et le flagelle. La figure LXIII, 8, représente un trypan. cpii était en voie de division lorsqu'il s'est mis en boule, on distingue : 2 noyaux, 2 centrosomes et 2 flagelles.
Les trypan. qui se sont mis en boule peuvent former de petites agglomérations (fig. LXIII, 9); il est très probable que ce sont ces agglomérats qui ont été vus par Plimmer et Bradford et signalés par
6, 7, 8, Mise en boule des tryp. dans du sang mélangé à du sérum de cheval. La figure 8 représente un trypan. qui était en voie de division quand il s'est mis en boule. — 9. Agglomération de trypan. mis en boule. — 10. Trypan. en voie do désintégration, le protoplasme a disparu en grando partie, le noyau est très pâle. — 11. Flagello libre avec lo centrosome. Les figures 6 à 11 ont été dessinées à un grossissement de 1400 diamètres. — 12. Trypan. agglomérés en rosace vus dans lo sang frais. G. 1000 D. — 13. Deux trypan. accolés par leur partie postérieure, vus dans du sang desséché et coloré. G. 1 500 D.
eux comme des plasmodes donnant naissance à des éléments flagellés.
Les trypan. qui se sont mis en boule et qui ne sont plus animés d'aucun mouvement ne sont pas toujours morts; si l'on injecte du sang ne contenant plus que des éléments parasitaires ainsi déformés à mi rat ou à une souris, on voit parfois les trypan. apparaître dans le ^ang, avec un retard plus ou moins grand, suivant le degré d'altération des parasites.
Si les trypan. restent soumis à l'action d'influences nocives, ils meurent et subissent des altérations profondes. Parmi celles-ci. les plus fréquentes sont celles qui portentsur le protoplasme : les formes en boule sonl finalement réduites au noyau Ce sont sans doute ces stades de désintégration qui ont clé regardés par Moore et Brèinl comme des formes de résistance (lalenl bodies). D'autres formes
460 T11YPAN0S0MES ET TRYPANOSOMIASES
d'involutibn consistent dans une destruction du flagellé qui a gardé sa forme et qui est finalement réduit au flagelle avec le centrosomc qui forme un petit renflement à une de ses extrémités (fig. LXIII, 11), ou bien le flagelle seul.
§ 5. — Modes d'infection.
Les détails relatifs aux rapports des trypanosomes africains et des mouches tsétsés, que nous avons donnés au chapitre iv, nous permettent d'être très brefs à cette place.
C'est à Bruce que l'on doit d'avoir établi d'une façon indubitable l'existence de ces rapports. Mais le rôle exact des tsétsés n'a été démontré que par les expériences, beaucoup plus récentes, de Kleine qui datent de 1909 Kleine a opéré en Afrique orientale allemande sur les bords du lac Tanganyka. Sa première expérience vaut d'être rapportée avec quelques détails.
Il est parti de 50 Glossina palpalis qu'il a fait piquer, 3 jours durant, 1 mulel et 2 moutons naganés. Du 4e au 17e jour inclus, les tsétsés ont été portées sur un animal (mouton, sauf une exception pour un bœuf) nouveau chaque jour. Aucun de ces animaux ne s'est infecté.
Du 18e au 24e jour, les mouches, réduites à 34, ont été portées sur un mouton; du 25° au 39e sur un bœuf; le 40e et le 41e sur une chèvre; le 42e et le 43e, idem ; le 44e et le io'? sur un veau; du 46e au 48e sur un mouton; le 49° sur un veau; enfin du 50e au 53° jour sur un mouton. A ce moment, le nombre des mouches était tombé à 22. Tous ces animaux se sont infectés au bout d'un temps très court, 5 à 8 jours.
20 mouches, restées vivantes, sont portées, au 66n jour, sur un nombre égal de Ruminants (moutons, bœufs, chèvres) : 2 seulement de ces animaux se sont infectés de nagana; ils avaient été piqués par deux glossines mâles.
Les expériences de Bruce au Zoulouland avaient été faites avec les Glossina morsitans et pallidipes qui existent, à l'exclusion de Glossina palpalis, dans toute l'Afrique du Sud-Est. Il était donc à supposer que ces 2 espèces de glossines se comportaient vis-à-vis du Tr. Brucei comme les Gl. palpalis dans les premières expériences de Kleine. Ce savant et son collaborateur Taute l'ont bientôt démontré. En se servant de Glossina morsitans, ils ont vu les animaux (moutons), piqués
I. Kleine, Deutsche medi:. Woch., 190!), nos fi, 21, 29 et 45; 1910, p. 1400: —Kleine et Taute. Arb. a. d. Kais. Gesundheitiamte, t. XXXI, fév. 191 1. — Voir aussi \V. Fischer, Zeilschr. f. Hyg., t. LXX, 1911, p. 93.
NAGANA 461
durant les 3 jours qui ont suivi le repas sur l'animal malade, s'infecter; ceux du 4" au 10" jour sont restés indemnes; tous les autres, du 11e au 44° jour, ont pris la maladie. Taute a môme vu des Gl. morsitans rester infectantes 83 jours.
Il y aurait évolution des trypan., émigrés avec le sang, dans le tube digestif de la tsétsé. Mais l'évolution n'a pas été suivie d'aussi près que pour Tr. ga/nbiense.
La démonstration que le trypan. du nagana est convoyé par une tsétsé ne suffit pas à elle seule à trancher le problème de l'étiologie de cette maladie. La maladie peut se contracter dans une région où il n'existe pas un seul animal domestique malade. Où la mouche puise-t-elle le virus qu'elle inoc'ule? Bruce a encore résolu ce problème.
Quand il est arrivé au Zoulouland, les Européens étaient d'avis que c'était la mouche qui causait la maladie et on a vu qu'ils n'avaient pas tort. Les indigènes de leur côté pensaient que la maladie était causée par la présence du gros gibier, les animaux sauvages contaminant l'herbe ou l'eau par leur salive ou leurs excrétions. A priori, les deux théories ne s'excluaient pas et pouvaient d'autant mieux s'accorder que l'association des tsétsés et du gibier sauvage est affirmée par tous les explorateurs.
Bruce a eu le mérite d'accorder complètement les deux théories en prouvant que le sang des animaux sauvages du Zoulouland peut contenir le trypan. du nagana. A la vérité, il y est toujours très rare, mais, le sang, à la dose de 5 ou 10 ce, peut se montrer infectieux pour les chiens.
Ainsi, de 8 buffles examinés, le sang de 1 a infecté un chien; — de 13 « Wildebeeste « (Caloblepas gnu), le sang de 3 a infecté des chiens; — de 8 « Koodoo » (Slrepsiceros capensis), le sang de 4 a infecté des chiens; enfin le sang d'un « Bushbuck » (Tragelaphus scriptus sylvalicus) et celui d'une hyène ont été également infectieux. — Le trypan. a été vu à l'examen direct chez 1 koodoo, un reedbuck {Cervicapra arandinum) et un steinbuck [Raphiceros campestris).
Ces animaux constituent donc un réservoir de virus où la mouche va puiser. Comme nous l'avons déjà dit dans un paragraphe précédent, l'infection chez eux doit être très chronique et altérer à peine leur santé. Ils n'en constituent qu'un plus grand danger pour les animaux domestiques sensibles qui se trouvent dans leur voisinage.
Le mode de propagation du nagana par le moyen de la tsétsé est-il le seul mode de propagation de cette maladie? En particulier d'autres mouches piqueuses jouent-elles un rôle? Bruce a fait remarquer que, sur la colline où il avait installé son champ d'expériences, en dehors d'une zone à Isélsés, il n'a jamais eu de cas de contamination bien que de nombreux insectes allassent piquer suc-
462 TRYPANOSOMES ET TKYPANOSOMIASES
cessivement animaux malades el animaux sains. Il ne faudrait sans doute pas trop généraliser; et il est probable que le nagana, comme d'autres trypanosomiases à tsétsés, peut parfois être propagé par des insectes autres que les trypanosomiase.
Les animaux carnassiers, tels que les chiens, doivent souvent contracter la maladie en mangeant des animaux qui viennent de succomber au nagana, et dont le sang fourmille de trypan. virulents. Bruce a cité des exemples de chiens ayant ainsi contracté la maladie. Nous avons cité le cas de deux chats qui se sont contaminés de cette façon. Il est bien connu que la maladie, chez le chien, dans les pays à nagana, sévit surtout sur les chiens de chasse qu'on y importe.
11 est facile de concevoir, et nous y avons déjà insisté dans le chapitre général, que ce mode de propagation est d'importance tout à fait secondaire à côté du premier.
§ 6. — Diagnostic. Pronostic.
Lorsque, dans un pays" où existent les mouches tsétsés, on se trouve en présence d'un animal, équidé ou bovidé, malade et présentant quelques-uns des symptômes que nous avons décrits, il y a lieu de supposer qu'il est atteint de trypanosomiase.
Au début delà maladie, alors que l'animal a encore conservé un bon état général, le diagnostic clinique est assez difficile, et il sera bon de procéder à un examen microscopique du sang. Il faut se rappeler que le trypan. ne s'observe pas journellement à l'examen direct, surtout quand il s'agit d'un bovidé. Il conviendra donc de renouveler cet examen s'il a été négatif.
A une période plus avancée de la maladie, la présence d'oedèmes, parfois volumineux, siégeant aux parties déclives du corps, et évoluant généralement de pair avec un amaigrissement plus ou moins marqué, l'apparence abattue et hébétée de l'animal, l'écoulement du nez et des yeux, les croûtes qui siègent souvent dans ces régions, l'aspect du poil, hérissé et manquant par places, — imposent le diagnostic de nagana, surtout quand il s'agit d'un Equidé. Avec les Bovidés, chez lesquels les symptômes ne sont jamais très marqués, il sera souvent nécessaire de recourir à un examen microscopique. Comme on aura généralement affaire à des troupeaux, l'examen manquera rarement d'être positif chez quelquesuns des animaux qui y seront soumis. En cas de besoin, l'inoculation de 10 à 20 ce. dans le péritoine d'un chien, permettra de trancher une difficulté de diagnostic.
Si le diagnostic trypanosomiase est relativement facile, il n'en est pas de môme quand il s'agit de dire d'une façon positive qu'on a bien affaire au Tr. Brucei.
NAGANA 403
Au point de vue morphologique, Tr. Bi-ucei ressemble surtout, au Tr. Evansi du surra, et au Tr. togolaise.
En comparant, en 1903, les 2 premières espèces, nous avons fait remarquer que le Tr. Evansi est plus effilé d'ordinaire que le Tr. Brucei; la partie libre du flagelle est plus longue et le protoplasme est d'ordinaire moins' riche en granulations chromophiles. Dans le sang à l'état frais, examiné entre lame et lamelle, Tr. Evansi esl plus mobile que Tr. Brucei; on voit fréquemment un trypan. se déplacer et sortir du champ, ce qui est très rare quand on observe des trypan. du nagana.
Malheureusement, ajoutions-nous, aucun de ces caractères, secondaires d'ailleurs, n'est constant et, pour le même trypan., la morphologie est un peu variable avec l'espèce animale et suivant que l'examen a lieu au début de l'infection ou à la dernière période; il en résulte que le diagnostic différentiel du Tr. Evansi et du Tr. Brucei est impossible s'il doit se baser sur l'examen d'un très petit nombre de parasites; avec un peu d'habitude, on arrive au contraire à distinguer les deux trypan., quand on dispose de préparations bien colorées et riches en parasites.
Noua avons vu que Bruce, dans un travail récent, avait ajouté d'autres différences à celles que nous avons indiquées. Se basant sur les nombreuses mensurations de parasites qu'il a pratiquées, il conclut que le Tr. Evansi est moins polymorphe que le Tr. Brucei, la grande majorité des individus mesurant entre 21 et 27 u. de longueur.
La chèvre, dont nous avons donné l'observation p 431, et qui avait acquis une forte immunité pour le Tr. Brucei, a pu être infectée successivement avec Tr. equinum, Tr. Evansi, Tr. dimorphon, ce qui prouve que ces espèces sont différentes de Tr. Brucei. Les infections successives de la chèvre sont décrites aux chapitres qui traitent des 3 espèces en question.
Nous verrons, au chapitre consacré au Tr. logolense, que des chèvres, ayant l'immunité pour le Tr. Brucei, se sont infectées de Tr. togolaise comme des animaux neufs.
Les essais de séro-diiïérenciation ont donné des résultats analogues : nous avons montré, en particulier, que le sérum d'une chèvre naganée n'a pas protégé contre les Tr. equinum et togolaise, et, sauf une exception, contre le Tr. Evansi. Réciproquement, le sérum d'une chèvre surrôe, celui d'un bouc infecté de Tr. togolaise. n'ont pas agi sur le Tr. Brucei. Levaditi et Mutermilch n'ont pas observé de phénomènes croisés d'attachement en opérant avec les Tr. Brucei et togolaise. En revanche, A. Léger et Ringenbach ont obtenu des actions trypanoly tiques de sérums de cobayes naganés sur les Tr. Evansi et togolaise et de cobayes surrés sur les
464 TRYPANOSOM ES ET TllYPANOSOMIASES
Tr. Brucei et togolense. Us ont conclu à une certaine parenté de groupe entre ces 3 espèces.
Ces différenciations spécifiques, toujours délicates au laboratoire, deviennent très difficiles, sinon impossibles, dans les pays d'origine des trypanosomiases. On en est réduit à diagnostiquer les espèces pathogènes par la morphologie et les caractères pathogènes, et nous avons vu combien il fallait se méfier de ce dernier moven quand on avait affaire à des trypan. dont la virulence n'était pas fixée.
Dans l'état actuel de nos connaissances, on est conduit à rapporter au nagana type, avec Tr. Brucei comme agent pathogène, toutes les affections des équidés, des ruminants et des chiens, sévissant dans les bassins orientaux de l'Afrique et dont l'agent pathogène a les caractères morphologiques du Tr. Brucei. Des recherches ultérieures permettront sans doute de serrer de plus près la question, de déterminer par exemple si les trypan. de l'Afrique orientale allemande et de l'Ouganda rapportés à Tr. Brucei appartiennent véritablement à cette espèce.
En tout cas, la différenciation du nagana et de quelques autres espèces africaines, existant dans les mômes régions, est assez facile en raison de la morphologie de ces espèces : dimorphon (ou congolaise, ou pecorum). Cazalboui. Pecaudi.
11 n'y a plus lieu, pour le moment, de supposer l'existence du nagana type en Afrique occidentale puisque la seule trypanosomiase qui pouvait lui être identifiée en raison des caractères morphologiques de l'agent pathogène, a été reconnue comme entité morbide distincte (trypanosomiase du Togoland).
Pronostic. — Le nagana paraît toujours fatal chez le cheval et sans doute aussi chez les autres équidés.
Nous avons vu que, d'après Bruce, un certain nombre de bovidés guériraient, mais la proportion en serait très faible.
Il doit y avoir aussi des guérisons parmi les chèvres et les moutons, si l'on s'en rapporte aux observations faites dans les laboratoires d'Europe, où la moitié environ de ces animaux survivent aux inoculations. Peut-être y a-l-il là des questions de races. On a signalé, par exemple, à diverses reprises, que des chèvres résistaient dans des zones à tsétsés, alors que tous les autres mammifères succombaient.
I. es chiens ont une maladie à marche particulièrement rapide. Il en est de même des Rongeurs.
En somme, le nagana apparaît comme la plus meurtrière des trypanosomiases animales.
§7. — Traitement.
Le nagana n'est pas une maladie dos régions vraiment colonisées; il disparaît de lui-môme, comme nous le verrons, quand la civilisation pénètre dans une contrée. Aussi, n'a-t-on pas, comme pour le surra, beaucoup d'occasions de traiter des animaux naganés en Afrique.
Dans les laboratoires, le Tr. Brucei a beaucoup servi dans tontes [es recherches expérimentales concernant le traitement des trypanosomiases^et une partie des résultats généraux que nous avons l'ail connaître au chapitre ix ont été acquis en se servant de ce virus. On y trouvera en particulier ce qui concerne les expériences relatives au sérum humain, à l'acide arsénieux (qui étaient au chapitre Nagana dans notre i'" édition), aux couleurs de benzidine, etc. Nous n'y revenons pas ici.
Nous rappellerons que, lors de ses premières recherches au Zoulouland, Bruce avait essayé de guérir des Equidcs naganés en ajoutant chaque jour à leur nourriture une dose variable de 6 à 12 grains d'arsenic (1 grain = 0 gr. 064), employé sous forme d'arsénite de soude. Ce traitement a généralement une action marquée sur l'évolution de la maladie; les animaux redeviennent en bon état, peuvent travailler. Mais, à un moment donné, il faut interrompre le traitement (l'animal ne le tolérant plus) et les trypan. font leur réapparition dans le sang. Seul un âne paraît avoir guéri.
En employant une solution d'acide arsénieux (i gr. d'acide arsénieux vitreux est dissous à chaud dans 10 ce. de solution normale de soude : on ajoute 10 ce. d'une solution normale de HC1 ; puis on porte à 100 ce. et même, quand il s'agit de petits animaux, à 1 000 ce.) faiblement alcaline, Lœffler et Rûhs ont guéri des cobayes, naganés (Zoulouland ou Togoland?) en leur inoculant dans le péritoine tous les 5 jours, pendant 7 semaines, G mgr. d'acide arsénieux par kg. ; on peut aussi administrer la solution per os en portant la dose à 6 mgr.
Lœffler et Rûhs recommandent surtout l'association acide arsônicux-atoxyl. Ils conseillent de faire trois traitements, à intervalles de 5 jours, à doses croissantes de 3, i, o mgr., par kgr., d'acide arsénieux, associés à 3, A, 5 cgr. d'atoxyl ; la guérison est certaine. On a encore une guérison certaine en se contentant des deux premiers traitements (3 et A mgr. ou cgr.), à condition de réduire l'intervalle à 3 jours. Les auteurs insistent sur l'utilité qu'il y a à éviter les récidives; ils montrent en elfet combien il est difficile de les guérir.
Weber et Furstenberg chez le rat, Harms'2, chez le cobaye,