‹ Trypanosomes et trypanosomiases [electronic resource]Chapitre 197 sur 410 · Weber cl Fùrstenrero, Dmlschc mediz. Woch., n" 20, 1U · texte numérisé non relu

Weber cl Fùrstenrero, Dmlschc mediz. Woch., n" 20, 1U

2. Harms, Arch. f. wiss. u. pralct. TierhciU:., I. XXXVI, 1010, p. 485.

Lavehan et Mesniu — Trypanosomos ol Trypanosomiases. 30

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n'ont eu que des résultats médiocres avec l'acide arsénieux employé seul. Mais, avec l'association a. arsénieux-atoxyl, telle que la conseillent Loffler et Rûhs, Harms a guéri tous les cobayes traités, parfois môme avec une seule dose de chacun des deux médicaments. Le traitement peut être commencé très tardivement. Les récidives peuvent être traitées aussi avec succès. La méthode n'a pas réussi avec deux chats.

Donnée avant le virus, l'association a. arsénieux-atoxyl n'empêche pas l'infection; elle la fait avorter quand elle est donnée pendant la période d'incubation.

Harms a essayé sans succès de guérir deux chevaux par l'association en question; il croit avoir donné des doses insuffisantes.

Weber et Furstenberg ont eu de bons résultats chez le rat.

Nous avons parlé au chapitre ix de la méthode de traitement par l'association atoxyl-sel de mercure (B. Moore, Nierenstein et Todd). Cette méthode a été impuissante à guérir un seul âne nagané : 2 témoins sont morts en 18 et 24 jours; une vingtaine d'ânes ont été traités soit par l'atoxyl seul, soit par les médicaments associés; les premiers ont succombé en 23-100 jours, les autres en 33-200 jours1.

En même temps que Campbell et Todd 2 établissaient, par des expériences sur des rats naganés. la supériorité de l'arsénophénylglycine sur l'atoxyl, Breinl et Nierenstein 3 obtenaient, à l'aide de ce médicament de bons résultats dans le traitement des chiens naganés : 3 sur 6 ont été guéris d'emblée (avec la dose de 0 g. 1 par kg.) et un 4e l'a été après plusieurs rechutes. On se rappelle la grande sensibilité du chien à l'atoxyl et l'impossibilité d'obtenir des guérisons. Avec les ânes (et un poney), les résultats ont été mauvais : ou mort par intoxication, ou récidive.

Harms a essayé aussi de guérir des chiens avec l'arsénophénylglycine. Le médicament, donné en une seule fois dans la veine, a guéri deux chiens contre deux morts empoisonnés et trois qui, traités tardivement, ont rechuté au bout d'un mois. Il ne faut pas dépasser 15 cgr. par kilogramme.

Il y aura évidemment lieu d'essayer, pour le nagana, les traitements qui ont bien réussi pour le surra (voir chapitre xiv).

§ 8. — Prophylaxie.

Un grand nombre d'essais de protection des animaux contre les trypanosomes pathogènes ont été faits en se servant du Tr. Brucei.

1. H. Moore, Nierenstein et Todd, Ann. of trop. Med. a. Pur., t. II. 1008, p. 20o.

2. GaMPBI Lh e1 Todd, Montréal med. Journ., déc. 1909, p. 705.

3. Hiieinl et Nierenstein, Zcitschr. f. 1mm. forsch., I. IV, déc. 1000. p. IG8.

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Les résultats jusqu'ici ont été peu encourageants. On trouvera les résultats généraux consignés au chapitre ix.

Nous dirons seulement, à propos du nagana, que le sérum humain et le sérum de cynocéphale protègent la souris contre l'inoculation du nagana, lorsque le sérum et les trypan. sont mélangés au préa- . lable. Quand le sérum est donné 24 ou 48 heures avant le virus, il y a encore protection avec le sérum de cynocéphale ; avec le sérum humain, l'animal s'infecte, mais la période d'incubation est prolongée '.

Le nagana s'est développé chez des souris inoculées avec des trypan. qui avaient été imprégnés de sérum humain, puis lavés; il y a eu seulement un retard plus ou moins marqué dans l'apparition des trypanosomes.

Les souris inoculées avec un mélange de sang à trypan. et de sérum humain chez lesquelles l'infection ne se produit pas. n'acquièrent aucune immunité pour le nagana.

En dehors du groupe des Primates, aucun sérum normal n'est doué de propriétés préventives.

On pouvait espérer que le sérum des animaux guéris du nagana et ayant acquis l'immunité pour cette maladie, aurait des propriétés immunisantes supérieures à celles du sérum humain ; ici encore, les espérances ont été déçues. Nous citerons comme exemple le sérum de la chèvre guérie du nagana, ayant l'immunité et à laquelle des injections successivos de sang riche en trypan. ont été faites (voir l'observation p. 431) ; l'activité préventive de ce sérum n'a pas dépassé la valeur assez faible très vite acquise en cours d'infection.

Nocard a inoculé à une vache, en 8 jours, 852 ce. de sang de chat ou de chien, très riche en trypan. Le sérum s'est montré très agglutinant pour les trypan., mais non microbicide. In vivo, ce sérum employé en mélange avec du sang à trypan., retardait notablement l'apparition des trypan. chez les souris inoculées. Inoculé en un autre point du corps que le virus, il n'avait aucune action.

Le sérum de cette vache 2, ayant acquis l'immunité pour le nagana, n'avait donc qu'une très faible activité préventive, bien qu'on se fût efforcé de renforcer l'immunité au moyen d'injections intra-péritonéales de sang riche en trypanosomes.

Aucune des souris, ayant résisté dans toute cette série d'expé-

1. Laveran, G. H. Acad. Sciences, 1"' avril 101)2; Laveran et Mesnil, Ann. Inst. Pasteur, (. XVI, qov. 1902; Goebel, Ibid., t. XXI. HH)7; Mesntl et Leboetjf C /? Soc. Biologie, t. LXIX, 1910, p. 382.

2. Cette, vache, comme celles dont nous parlons, p. 427, a montré une poussée thermique à W,8 trois jours après l'inoculation et on a vu quelques trypanosomes à l'examen microscopique. Le lendemain, la température était revenue à la normale. C'est à partir de ce jour que la vache a reçu des doses énormes de sang virulent. Son état a néanmoins été excellent et son sang n'a pas été virulent plus de 2 mois.

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Biënces, n'avait acquis une résistance quelconque au virus.

Nous avons tenté un essai de vaccination en utilisant les propriétés protectrices des sérums de caprins naganés.

Une chèvre du poids de 39 kg. reçoit sous la peau : le 8 décembre 190a, 38 ce, le 10 décembre, 25cc.de sérum de chèvre guérie de nagana. Le H décembre, on lui inocule 1 ce. de sang très dilué de cobaye avec trypan. très rares. La chèvre ne contracte pas d'infection : sa température et son poids restent normaux; les inoculations de son sang à 4 souris le 28 décembre 1905, à 2 cobayes les 13 et 20 janvier 1906, sont sans effet.

La chèvre est inoculée à nouveau le 21 février 1906 avec 3/4 ce, sang dilué de souris riche en trypan.; elle avait reçu la veille 20 ce. de sérum protecteur. Cette fois l'animal s'infecte el contracte le nagana habituel des caprins, qui se termine par la mort le 16 mai, en moins de 3 mois : le poids était tombé à 26 kg. 500, 15 jours avant la mort; le 14 mars, on infecte avec le sang 3 souris sur 4 (1 cobaye ne contracte rien); le 7 avril, 3 souris; le 21 avril, 4 souris et 1 cobaye; la veille de la mort, le sang est encore infectant pour la souris.

Il résulte de cette expérience que le >érum a protégé la chèvre contre une faible quantité de virus; mais l'animal n'a pas acquis de ce fait l'immunité et il s*est montré tout aussi sensible qu'un animal neuf à une dose relativement forte du virus.

Nous avons dit au chapitre ix que le problème de la vaccination contre les trypan. ne paraissait pas encore résolu définitivement et nous avons résumé les divers essais tentés.

Nous ajouterons ici la tentative suivante faite par Mesnil et Brimont. Les trypan.- centrifugés de 4 rats naganés sont desséchés, repris par l'eau et inoculés à 4 petits rais. Les rats survivent. 26 jours plus tard, ces rats reçoivent des virus : ils s'infectent après 3 j. 1/2, 3 j. 1/2, 5 jours et 11 jours d'incubation au lieu de 1 jour I 2.

Nous rappellerons aussi que Braun etTeichmann1 déclarent avoir vacciné, avec leurs trypan. desséchés et gardés au contact du toluène, des rats, des cobayes et des souris contre le nagana.

Les animaux ainsi traités auraient l'immunité non seulement visà-vis du nagana, mais encore de la dourine et du caderas. En revanche, ils resteraient sensibles aux races de nagana résistantes aux sérums.

Nous avons vu (p. 428) que Koch, en parlant d'une infection naturelle des bovidés el en faisant passer le virus par rat. puis par chien, a obtenu un virus atténué qui n'a plus donné qu'une maladie légère aux 2 bœufs inoculés. Mais Koch a renoncé lui-même à ce procédé de vaccination, ayant constaté que le sang d'un de ces bœufs, retrouvé trois ans plus tard, à Daressalam, renfermait encore des

l, Braun et Tkichmann, Deutsche mediz. Woch., jnnv. 1912.

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trypan. On arriverait ainsi, dit-il, à constituer des réservoirs de virus.

La question de variations de virulence des trypan. par passages par espèces différentes a été traitée d'une façon générale au chapitre vu. On trouvera, au chapitre suivant, à propos de la trypanosomiase du Togoland, des exemples concrets.

Alors que le nagana est très grave chez les Bovidés, en Afrique, notre virus, inoculé par Nocard à trois vaches, n'a produit, chez ces animaux, que des infections légères. La différence d'action peut tenir à une question de race des Bovidés; mais elle peut tenir aussi à une atténuation due aux innombrables passages, par mammifères divers (autres que dés Ruminants), qu'a subis le virus depuis 1896, époque à laquelle il a été importé du Zoulouland en Europe. En tous cas, il serait très important d'essayer la virulence actuelle des trypan. sur les Bovidés de l'Afrique australe; peut-être, si notre seconde hypothèse est vraie, ce virus est-il devenu un vaccin, utilisable en Afrique, pour préserver les Bovidés de l'infection naturelle. On sait, en effet, que, pour le nagana, l'immunité, après la guérison naturelle, est la règle pour les Ruminants.

Dans l'état actuel de nos connaissances, on peut dire qu'on ne connaît pas de procédé sûr d'immunisation des animaux "contre le nagana.

Les mesures de prophylaxie destinées à restreindre les zones d'endémicité du nagana et à empêcher son importation dans les pays encore indemnes ont, par suite, une très grande importance.

On devra donc rechercher avec précision les zones dangereuses. La chose est relativement facile, puisqu'on sait que ce sont les tsétsés qui propagent la maladie.

La civilisation d'un pays a pour résultat constant la destruction ou le refoulemeut du gros gibier; on peut donc espérer que les zones à nagana iront en se restreignant, à mesure que les Européens avanceront davantage dans ce continent africain, dont les côtes seules étaient connues naguère, mais que sillonnent déjà, sur beaucoup de points, des chemins de fer de pénétration. En fait, Foà et Theiler ont constaté que la destruction du gros gibier a pour effet d'assainir les régions à tsétsés et à nagana.

On peut aussi essayer de soustraire les troupeaux aux piqûres des mouches en les menant paître dans des endroits où les tsétsés manquent, et en débroussant les points d'eau où ils vont boire. Mais cette mesure, qui peut être efficace pour ce qui concerne Glossina palpalis, le sera sans doute beaucoup moins vis-à-vis de Gl. morsitans, que l'on rencontre parfois loin des rivières et dans les endroits peu ombragés.

Quand on connaît bien les zones à tsétsés et à nagana, on peut souvent prendre des mesures préventives efficaces, s'il s'agit seule-

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