DEBAB ET TAU AGA
bovidé fui inoculé ensuite, sans succès, avec le virus du debab des Sergent: ce qui est bien en faveur de l'identité supposée des 2 virus algériens du cheval et du dromadaire.
Inoculés avec le Tr. soudanense, les deux bovidés ne contractèrent pas de nouvelle infection : les chiens inoculés, au bout de 16 et 29 jours, avec 100 ce. de sang de bovidé, restèrent indemnes.
De cette expérience, Laveran a conclu à l'identité du tahaga soudanais avec le debab et le taher algériens.
Ed. et Et. Sergent et Lhéritier ont tenté la même épreuve en se servant de leur chamelle et de deux caprins, bien immunisés contre le virus algérien (voir supra).
Réinoculée avec le Tr. soudanense provenant du laboratoire de M. Laveran, la chamelle n'a pas paru malade. L'examen du sang a été constamment négatif; mais, ce sang prélevé 20 jours après l'inoculation, et injecté, à la dose de 200 ce, dans le péritoine de deux chiens, les a infectés.
Les mêmes expérimentateurs ont vu que leurs deux caprins, immunisés contre le virus algérien, contractaient encore, à la suite de l'inoculation du Tr. soudanense, une infection qui s'est traduite par ce fait que le sang retiré 20 jours plus tard a infecté le chien et que, pour l'un des deux caprins, cette infection persistait encore au bout de 8 mois.
Les auteurs concluent : « les liens de parenté entre le virus du debab et le Tr. soudanense, démontrés par l'expérience de A. Laveran, ne vont pas jusqu'à une identification complète des deux virus. Nous proposons donc de faire des virus algériens une variété de l'espèce Tr. soudanense sous le nom de Tr. berberum. »
La morphologie permet de différencier le Tr. soudanense des Tr. Pecaudi et Cazalboui.
Dès le début de ces études en Algérie, on a naturellement pensé à un rapprochement avec la dourine qui est enzootique dans toute l'Afrique du Nord.
« L'absence pour ainsi dire absolue des œdèmes, l'absence absolue de toute plaque cutanée, de toute élevure des poils, les accidents nerveux particuliers, enfin la propagation de la maladie, en dehors du coït, différencient nettement, dit Rennes, le mal de la Zousfana de la dourine. »
Ces caractères, joints à l'abondance relative des parasites dans le sang, éloignent en effet les deux maladies. On a mis aussi eu avant la non-réceptivité des ruminants et des singes à la dourine; nous verrons que le fait n'a pas été reconnu exact. On pouvait supposer deux formes différentes de la même trypanosomiase et une comparaison des 2 virus n'était pas inutile. Nous avons déjà dit qu'au contraire du Tr. equiperdum, l'autre trypan. ne traverse pas
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les muqueuses génitales. L'expérience suivante est encore plus " démonstrative.
Une chèvre guérie de dourine (voir chap. xxm) a été inoculée du virus taher algérien en môme temps qu'une chèvre témoin. Les deux animaux ont présenté des infections comparables comme intensité et comme durée (3 mois environ)1.
11 existe donc, côte à côte, en Algérie, deux trypanosomiases distinctes : l'une qui frappe les dromadaires et les Equidés et dont l'agent est le Tr. soudanênse, l'autre propre aux Equidés reproducteurs, la dourine, que nous étudierons dans un chapitre spécial.
§5. — Traitement. Prophylaxie.
Nous avons vu qu'un certain nombre de mammifères, infectés de Tr. soudanênse, guérissent. C'est en particulier le cas pour les chèvres et les moutons; les uns ont l'immunité, les autres pas. D'après les Sergent, ce seraient surtout les moutons qui s'immuniseraient difficilement. Aucune des deux chèvres infectées par Mesnil n'avait l'immunité après guérison.
Les dromadaires peuvent aussi guérir; mais le cas serait exceptionnel. Rappelons enfin qu'une ânesse infectée par Rennes a guéri et est devenue immune.
Traitement. — Peu d'essais de traitement ont été tentés. Mason, • mi Egypte, a soumis 9 chameaux, pendant un mois ou 6 semaines, au traitement alterné atoxyl-orpiment-arsénite dé sodium : 5 n'ont pas été guéris, 4 paraissent l'être.
Le chameau, infecté expérimentalement par les Sergent, et ayant contracté une infection à forme grave, avec nombreux trypan., a reçu à plusieurs reprises des doses de 3 gr. (en moyenne) de la couleur de benzidine Cl (voir p. 193). A la suite de cette série d'injections, les trypan. ont disparu de la circulation à l'examen microscopique; mais le sang est resté infectant pendant 6 mois, bien que l'animal fût revenu à l'état de santé. Dans ce cas, le médicament paraît avoir aidé à la guérison. Elle a été accompagnée d'immunité.
Des essais méthodiques de traitement méritent d'être tentés. Un procédé éprouvé de traitement rendrait les plus grands services dans le Sud-algérien, car le budget de la guerre souffre directement