‹ Trypanosomes et trypanosomiases [electronic resource]Chapitre 21 sur 410 · KuniCKE, Ibid., I. MX, juin lui I, p · texte numérisé non relu

KuniCKE, Ibid., I. MX, juin lui I, p

3. Laveran, liull. Soc. Palh exol., t. IV, 1911, pp. 233 et 273. — Laveran cl Hondsky, C. R. Acad. Sciences, t. CLIII, 24 juillet et 13 nov. 1911.

38 TRYPANOSOMES ET TRYPA NOSOMI ASES

Tr. Lewisi, mais plus difficilement dans ce dernier cas. Lorsque ces variétés sont pures, elles se conservent à travers un très grand nombre de passages.

Au point de vue morphologique, les auteurs se sont demandé comment se fait cette transformation du trypanosome. Trois hypothèses ont été envisagées par Werbitzki : disparition réelle du centrosome; son émigration dans le noyau; perte de colorabilité du centrosome, qui conserverait sa position normale. Werbitzki a luimême écarté cette dernière hypothèse.

Pour Kudicke, dans le cas des infections chroniques à Tr. Lewisi, il y a émigration de la masse chromatique dans la direction du noyau, mais jamais union avec le noyau; la masse est finalement soit résorbée, soit éliminée in toto. Si les trypanosomes sont dans la période de multiplication, on voit des figures de division où le centrosome reste tout entier dans un des éléments (Werbitzki, Kudicke). Pour Laveran et Roudsky, il y a destruction sur place du centrosome. Ils s'appuient sur le fait, constaté par eux, de l'action élective des substances chimiques en question sur le centrosome qui se colore en rose ou en violet, alors que le trypanosome reste vivant.

Il semble y avoir là un phénomène d'auto-oxydation, car si l'on fait agir, en même temps que l'oxazine ou l'acridine, le cyanure de potassium ou des alcaloïdes (à dose non nocive pour les trypanosomes), cette coloration élective n'a plus lieu. Il est probable que les centrosomes altérés, mais encore colorables, deviennent incapables de se diviser.

La masse chromatique est généralement sphérique. Parfois, elle est elliptique ou bacilliforme et son grand axe est alors transversal par rapport au trypanosome (cas du Tr. Lewisi). Elle peut être aussi lobée, bi- ou quadrilobée (certains trypanosomes de poissons).

La position du petit noyau, caractéristique du genre Trypanosoma, est dans la partie postérieure du corps, à une certaine distance en arrière du noyau principal. Cette position est assez variable : terminale ou subterminale chez certaines espèces, elle peut être assez éloignée de l'extrémité postérieure chez d'autres, et, comme cas limites, on a des espèces où les deux noyaux sont au voisinage. D'ailleurs, dans l'intérieur d'une môme espèce, on peut observer d'assez grandes variations de position; c'est le cas, par exemple, du Tr. rolalorium tel que nous le concevons, où le petit noyau peut occuper toutes les situations entre le noyau principal et l'extrémité postérieure du corps.

Le petit noyau est susceptible de migrations que l'on observe nettement, par exemple au moment de la division chez certaines espèces [Tr. Lewisi), ou encore dans les cultures et chez l'hôte

invertébré (voir chap. IV et V). Dans ces divers cas, le petit noyau vient au voisinage de l'autre et peut même émigrer en avant de lui.

Enfin, il convient de signaler le cas des trypanosomes à noyau en forme de fuseau allongé, où la pointe postérieure de ce fuseau est coiffée du grain chromatique du petit noyau (voir fig. IV, 1) et celui du curieux Tr. Chaltoni (fig. IV, 2 et 3), où ce grain est, chez les formes adultes, à l'intérieur du noyau principal.

En somme, les deux systèmes chromatiques des trypanosomes sont construits sur le même type nucléaire : vacuole avec caryosome central, plus ou moins volumineux. Mais, le caryosome du peîit noyau paraît formé d'une substance particulièrement compacte.

Fig. IV.

1. Trypanosoma Borreli do Jiana tigriria. — 2 et 3. Trypan. Chattoni do Bufo melunosticlus : % forme jeune du rein; 3, forme adulte do la circulation sanguino [d'après Mathis et Léger].

Le cas du Tr. Challoni montre clairement une sorte d'emboîtement des deux noyaux. Nous verrons plus loin que, d'après Schaudinn, les deux noyaux dériveraient l'un de l'autre par mitose hétéropolaire.

La môme structure chromatique se retrouve chez les formes flagellées qui font partie du cycle évolutif des trypanosomes chez l'hôte invertébré, ou qu'on rencontre dans leurs cultures sur milieu artificiel. Elle existe également chez les formes apparentées aux trypanosomes, qu'on classe dans les genres Crilhidia, Leplomonas,... et dont la structure est d'ailleurs celle des Trypanosoma en cultures ou chez l'hôte invertébré. Dans tous ces cas, seules les positions respectives des deux noyaux ont changé : le petit est en avant du gros, ou à son voisinage immédiat.

Le système nucléaire des trypanoplasrnes est à rapprocher de celui des trypanosomes. Là aussi (voir fig. V, 2), il existe deux masses nucléaires situées, l'une du côté convexe du corps, à peu près vers h- milieu; l'autre du côté concave, vers la partie antérieure.

En avant de cette dernière qui est souvent étirée dans le sens de la longueur du trypanoplasmc, on distingue deux petits grains, situés côte à côte, d'où partent les deux flagelles. La masse en question se colore d'une façon compacte, et prend une teinte violet foncé avec

40 TRYPAN0S0MES ET TRYPANOSOM I A SES

le Romanowsky et dérivés. Elle est donc comparable à plusieurs égards au petit noyau des trypanosoraes. Elle n'en diffère que par son volume plus considérable qui est comparable à celui de l'autre masse nucléaire.

Celle-ci, homologue du noyau principal des trypanosomes, se colore comme lui en lilas et apparaît, sur les préparations desséchées, formée d'un amas de granules comme ce noyau.

On a reconnu que des flagellés, à vie libre, portant deux flagelles à insertion antérieure, mais dont l'un est dirigé en arrière, ont

cette môme structure binucléée (fig. V, 1). Hartmann et Chagas ont créé pour ces organismes le genre Prowazekia; pour Alexeieff, ce sont tout simplement les Bodo, anciennement connus.

Tl existe donc un certain nombre de Flagellés qui renferment deux noyaux. Nous verrons plus loin que Hartmann a réuni tous ces organismes dans un groupe particulier, celui des Binucleala, et nous aurons à formuler une opinion sur la valeur de cette classification.

Nous renvoyons à la fin de ce chapitre pour la discussion des appellations diverses des deux systèmes chromatiques que nous venons d'étudier à l'état statique et que nous étudierons plus loin en voie de division.

Flagelle et membrane ondulante. — Au petit noyau ou centrosome des trypanosomes proprement dits, aboutit un filament très net qui va ensuite border la membrane ondulante et généralement se prolonger en une partie libre. Nous donnerons à ce filament, sur toute sa longueur, le nom de flagelle; on peut y distinguer trois portions : une première très courte, la racine, qui va du centrosome à la membrane ondulante; une seconde, qui est la partie bordante de la membrane ondulante ; enfin une troisième, le flagelle libre. Partout, le flagelle a le même aspect et la même réaction chromatique. Il prend, par le Romanowsky et dérivés, une teinte lilas identique à celle des granules chromatiques du noyau, mais qui en revanche diffère un peu de la teinte violet foncé du caryosome du petit noyau. On en a conclu qu'il était formé de chromatine. Mais Minchin a montré que la méthode de Twort colore le flagelle en vert, comme l'enveloppe du corps, alors que la chromatine des deux noyaux prend une teinte rouge. La nature du flagelle est donc différente.

Fig. V.

1. Prowasekia [d'après Whitmore]. — 2. Trypanoplasma Borreli du vairon [dessin de LaveranI.

TUVl'AN. CHEZ LE VERTÉBRÉ

L'union du flagelle et du centrosome est indéniable. Chez les formes où le petit noyau est nettement vésiculaire, le flagelle paraît s'arrêter à la limite externe de la zone claire; il n'en est pas moins on relation avec le caryosome, comme le prouve l'examen «les restes de trypanosomes que l'on observe souvent dans les préparations colorées; presque toujours, le flagelle, isolé de la membrane ondulante et de tout le reste du corps du parasite, est resté en union intime avec le grain caryosomique. Dans des conditions diverses, par exemple, l'action d'une solution à 0,3 p. 100 de MCI (Prowazek) le filament bordant se détache et on est étonné de sa longueur, qui est presque le double de celle du corps du trypan.

La membrane ondulante se présente sous l'aspect d'une sorte de crête qui s'étend latéralement suivant une longueur plus ou moins grande du corps du parasite. Cette longueur est en rapport évident avec la situation qu'occupe le centrosome. Si le centrosome est au voisinage de l'extrémité postérieure, et c'est le cas le plus ordinaire, la membrane ondulante longe la plus grande partie du corps du flagellé ; si, au contraire, il occupe une position médiane, la membrane ondulante ne longe plus le corps que sur sa moitié antérieure.

La membrane ondulante est toujours très mince, nettement plus mince que son liséré constitué par le flagelle; elle est surtout formée par la mince enveloppe du corps, repliée sur elle-même; un peu de cytoplasme se glisse entre les deux lames; mais jamais nous n'avons distingué là un protoplasme spécial, périplasle ou autre. Ce protoplasme est toujours homogène; jamais nous n'y avons distingué de stries de renforcement, comme il en existe par exemple chez les Trichomonas (fig. XXII. p. 98).

Les variations de la membrane, chez les diverses espèces, tiennent surtout au nombre des plis qu'elle montre sur son trajet. On observe un maximum de plis chez Tr. rolalorium (fig. II, 3 et A, p. 29) ou encore chez Tr. auium, ou bien chez Tr. granulosum de l'anguille (voir aux chap. spéciaux). Les trypanosomes pathogènes des mammifères, du type Brucei, ont des membranes plus plissées que les trypanosomes non pathogènes du type Lewisi. Enfin, il y a des formes (Tr. dimorphon, etc.) où la partie du flagelle qui longe le corps lui est si intimement appliquée que la membrane doit être réduite à peu de chose. Nous nous contenions de ces quelques remarques; un coup d'œii jeté sur les nombreuses figures de ce livre vaudra mieux que n'importe quelle description. La membrane ondulante se prolonge souvent plus loin en avant que le corps proprement dit, ou, pour nous exprimer différemment, le corps n'est plus, en avant, représenté que par la continuation de la membrane ondulante, toujours bordée du flagelle.

Généralement, à cette partie, fait suite une portion libre du

42 TRYPÀNOSOMES ET TRYPANOS.OMIASES

flagelle, portion plus ou moins longue (plus longue, par exemple, chez Tr. Lewisi que ehez les trypanosomes pathogènes des mammifères) et dont les dimensions fournissent des caractères spécifiques d'une certaine valeur; tantôt, le flagelle a la môme épaisseur jusqu'à son extrémité; tantôt, il va en s'amincissant. D'autres fois, au contraire, il paraît s'élargir; mais il semble bien qu'il s'agisse d'un artifice soit de préparation, soit de coloration. Enfin, il peut (Tr. Legeri d'un Edenté) se terminer par un grain qui a la même apparence que le caryosome du petit noyau.

La partie libre du flagelle peut manquer : c'est le cas des Tr. dimorphon et congolaise ; du Tr. Johnstoni; de la variété trapue des Tr. Pecaudieï gambiense (pour les fig., voir aux chap. spéciaux). On observe une disposition analogue chez un certain nombre de formes du Tr. rotàtorium : mais, dans ce cas, il semble bien que cette disposition soit en rapport avec une mise en boule et une rétraction de la membrane ondulante chez un certain nombre d'individus après leur sortie des vaisseaux delà grenouille.

Même chez des espèces comme Tr. Brucei où la plupart des individus ont un flagelle libre, il y en a (probablement en rapport avec des divisions répétées, voir infra) qui manquent de flagelle libre.

Quand on considère l'ensemble des formes connues, on se rend compte qu'il est vraiment impossible d'accorder une importance générique au fait d'avoir ou ne pas avoir de flagelle libre. Il est difficile, par exemple, de mettre Tr. dimorphon dans un genre différent de Tr. gambiense ou de Tr. Brucei. Cependant le caractère a une certaine importance au point de vue du groupement et de l'identification des trypanosomes (voir chap. X).

Chez les formes sans flagelle libre, l'extrémité antérieure n'en est pas moins très nettement effilée.

Chez les Trypanoplasma, la membrane ondulante longe tout le corps; mais on ne la reconnaît bien qu'à sa bordure flagellaire qui suit tout le bord convexe du corps; elle présente, en effet, peu de plis, n'est pas saillante et, à certains endroits même, elle est très nettement accolée au corps; c'est le cas à l'extrémité antérieure où, après avoir bordé le corps suivant son bord antérieur arrondi, elle revient en arrière jusqu'à une petite distance du noyau situé du côté concave du corps; elle paraît s" y insérer. En arrière, son bord épaissi donne le flagelle libre postérieur. En avant, s'observe un autre flagelle tout entier libre qui s'insère en avant du môme noyau que la membrane ondulante. Les 2 flagelles paraissent, dans certains cas, partir de 2 petits grains particuliers.

TRYPAN. CHEZ LE VËHTÉBRÉ

§ 3. — Multiplication et Reproduction.

Division des formes flagellées. — Comme c'est la règle chez les Flagellés, la division des lrypanosom.es est longitudinale et binaire.

Nous considérerons successivement la division des noyaux, de La membrane ondulante et du flagelle, enfin du corps proprement dit.

Fig. VI. — Division nucléaire des Tp.ypanosomes.

1. a-e. stades divers de la division nucléaires do Tr. cquinum [d'après S. Moore et BdeinlJ.. 2, a-c, stades do la division nucléaire de Tr. dimorphon [d'après Hindle].

Le mode de division des noyaux a donné lieu à un grand nombre de discussions. Il paraît bien établi qu'ils se divisent l'un et l'autre par un mode intermédiaire entre la mitose et la division directe. Il y a persistance de la membrane ; le noyau s'étire et en particulier le caryosome, dont les 2 moitiés restent unies par un filament (centrodesmose), qui peut être assez long (voir fig. VI, 1, a-e); dans

1-3. Figures divorscs do la division des doux noyaux [d'après Rosendusch].

d'autres cas (par ex. : division du petit noyau), les 2 moitiés se séparent alors qu'elles sont à une petite distance l'une de l'autre. On aurait donc une haplomilose au sens de Dangeard. Le caryosome joue un rôle directeur (nucléolo-centrosome).

D'après Hindle, il y aurait à la fois nucléolo-centrosome et plaque équaloriale (voir fig. VI, 2. a-c).

D'après Rosenbusch, la division se rapprocherait encore plus de la vraie mitose; il figure aussi bien [tour Je petit noyau que pour le noyau principal, des fuseaux achromatiques, ou bien avec plaque éqùatoriale (provenant de la dissolution du caryosome), ou bien avec deux plaques -filles (voir fig. VU, 1-3). On aurait une

44 TRYPANOSOMES ET TR-YPANOSOMIASES

mésomitose l. Le caractère général de ces fuseaux ne paraît pas établi.

En général, la division du petit noyau précède celle du gros. L'axe de division est souvent longitudinal et les noyaux-fils se trouvent alignés suivant l'axe (longitudinal) du trypanosome.

La division de la membrane ondulante accompagne celle du flagelle qui la borde. Pour celui-ci, il y a encore désaccord entre les auteurs. Ce qui est certain, c'est que les flagelles apparaissent doubles d'abord du côté de leur insertion nucléaire ; et ce dédoublement suit toujours la division du petit noyau, qui, manifestement la commande. Le désaccord porte sur la question de savoir si le flagelle ancien se dédouble en tout ou en partie, ou bien si le flagelle reste lié à un des noyaux fils et passe avec lui, intégralement, dans un des deux trypanosomes fils, l'autre flagelle étant tout entier de nouvelle formation, à partir de l'autre noyau fils. Cette dernière conception serait en accord avec ce que l'on sait de la division ch.ez les Flagellés sans membrane ondulante. Mais on peut concevoir que la présence de cette membrane ait modifié le mode de division du flagelle.

Nous avons soutenu, dès nos premiers travaux, qu'il y avait dédoublement d'une partie plus ou moins longue du flagelle, à partir de sa base nucléaire, et que, pour le reste, un des nouveaux flagelles continue à croître, par voie centrifuge, à partir du petit noyau.

Chez les trypan. du groupe du Tr. Lewisi, seule la racine du flagelle se dédouble; on voit cette racine s'épaissir d'abord, se dédoubler ensuite (voir fig. IX).

Chez la plupart des autres trypanosomes, par ex. les trypan. pathogènes de mammifères, le dédoublement, après épaississement préalable de la racine, irait jusqu'à l'extrémité de la membrane ondulante; seule la partie libre du flagelle ne se dédoublerait pas (voir fig. VIII).

La division des noyaux et de l'appareil cinétique effectuée, celle du protoplasme proprement dit s'accomplit rapidement. Elle commence généralement par la partie antérieure; la fente longitudinale gagne de proche en proche. Un stade paraît durer quelque temps : c'est celui où les 2 trypanosomes restent unis seulement par leurs extrémités postérieures. L'angle qu'ils font entre eux s'agrandit de plus en plus et peut atteindre 180° : les 2 éléments sont alors dans le prolongement l'un de l'autre. 11 convient de dire que de pareils stades se confondent avee des agglutinations par 2 de trypanosomes, dont nous parlons plus loin.

I. Voir pour celle question de la structure du noyau et de la division chez les Protozoaires, la revue documentée de E. Giiatton, Ârch. :ool. expér., t. XLV, 1910.

TU VI' AN. CHEZ LE VERTÉBRÉ i-5

Le mode de division que nous venons de décrire et dont la fig. VIII montre les stades principaux, esl celui des trypan. pathogènes de

Fig. VIII. — Division binaire du Tr. Brtjcei. X 2 000 diamètres.

Mammifères; c'est le plus général. C'est un mode longitudinal égal, typique.

Chez les trypan. du groupe du Tr. Lewisi et sans doute chez certains trypanosomes de Vertébrés d'autres classes, les processus sont, en apparence au moins, plus compliqués (voir fig. IX). Nous

Fig. IX. — Division du Tr. Lewisi.

nous contentons de relever ici les points qui nous paraissent les plus importants pour la compréhension du type trypanosome, renvoyant pour le reste au chapitre qui traite spécialement de Tr. Lewisi.

Il y a d'abord division longitudinale et inégale de trypanosomes

46 TRYPANOSOMES ET TllYPANOSOMIASES

qui commencent par grossir considérablement : l'un des deux trypanosomes formés a un noyau el un centrosome identiques a ceux de son congénère, mais il a moins de protoplasme et il a un court flagelle sans membrane ondulante. Ces éléments sans membrane ondulante peuvent se diviser à leur tour et donner, par division longitudinale et égale de toutes leurs parties, des éléments semblables à eux : petits éléments fusiformes où le centrosome est au voisinage et souvent même en avant du noyau et qui n'ont pas de membrane ondulante. Ces formes redonnent le type « adulte » avec membrane ondulante, vraisemblablement par déplacement en arrière du centrosome, allongement et extériorisation latérale du flagelle qui arrive à être la bordure d'une crête latérale du corps. Comme nous le verrons plus loin, ces trypanosomes du rat passent ainsi par un type qui est L'état adulte d'autres Flagellés dont on a fait les genres Leptomonas et Crithidia.

Au cours de ces divisions, les trypanosomes restent mobiles : ils se meuvent sur place; mais on observe avec la plus grande netteté les vives ondulations des 2 membranes ondulantes chez les flagellés du type Bracei, ou le mouvement en fouet des flagelles dans les rosaces des trypanosomes du type Lewisi.

La division des trypanoplasmes est encore mal connue. Elle paraît être longitudinale et binaire, conformément à la règle pour les trypanosomes; nous renvoyons à cet égard au chapitre spécial qui traite de ces organismes.

Y a-t-il d'autres formes d'évolution des trypanosomes chez le • Vertébré? — Posée dès le début des recherches sur les trypanosomes, cette question ne nous paraît pas encore résolue.

Plimmer el Bradford 1 ont décrit, chez le Tr. Brucei, en dehors de la division directe par bipartition, une reproduction précédée d'une conjugaison aboutissant à la formation de corps amiboïdes et de plasmodes qui se trouveraient dans la rate; ces derniers corps, en se segmentant, donneraient naissance à des éléments flagellés. Ce deuxième mode de multiplication serait plus commun que le premier.

Par nos recherches de 1902 sur le même trypanosome 2, nous avons établi que les formes vues par les savants anglais ne sont pas normales, mais en involution et nous avons cherché cà expliquer les facteurs de cette involution.

f rappés par le dimorphisme et même le polymorphisme d'un certain nombre d'espèces de trypanosomes dans le sang, nombre d'auteurs ont prétendu que ces diverses formes avaient chacune

1. Plimmer et Hradfohd, Quart. Journ. of micr. Se i. XXVI, 1800, p. 440.

Page 1