‹ Trypanosomes et trypanosomiases [electronic resource]Chapitre 223 sur 410 · Bouet et Boudaud, Soc. de palh. exotique, 13 mars · texte numérisé non relu

Bouet et Boudaud, Soc. de palh. exotique, 13 mars

SOUMA 341

• Dahomey Les infections dues au Tr. Cazalboui sont endémiques dans tout le Dahomey, écrit Pécaud, mais avec bien moins d'intensité clans la région nord que dans le sud.

Thiroux, Wurtz et Teppaz ont constaté l'existence de la souma au Sénégal, dans la région dite la petite Côte; la zone dans laquelle sévit la maladie ne dépasse pas la région à tsélsés -.

G. Martin, Lebœuf, Roubaud et Kerandel ont observé des infections dues au Tr. Cazalboui au Congo français, à Liranga, à Bangui et dans le troupeau du gouvernement de Brazzaville

Dans la région de Léopoldville (Congo belge), les infections des bovidés par le Tr. Cazalboui (Tr. angolaise de Broden) sont très communes *.

Rodhain, Pons, Van den Branden et Bequaert, dans, le Bas- Katanga, ont observé des infections dues au Tr. Cazalboui chez plusieurs espèces d'antilopes, chez un élan et chez des chèvres ".

G. Memmo, F. Martoglio et C. Adani ont signalé l'existence chez les animaux domestiques, en Erythrée, d'une trypanosomiase à laquelle les cobayes, les lapins, les chiens et les singes semblent réfractaires 6. 11 s'agit probablement de la souma.

Balfour et Wenyon ont constaté l'existence à Kassala (nord du Soudan anglo-égyptien) d'infections des bovidés dues vraisemblablement à Tr. Cazalboui1 .

D. Bruce et ses collaborateurs ont décrit, sous le nom de Tr. vivax Ziemann, un trypan. pathogène trouvé par eux chez des bovidés de l'Ouganda qui nous paraît devoir être identifié à Tr. Cazalboui*. Nous reviendrons plus loin sur cette question (V. diagnostic).

Kleine et Taute ont fait connaître, sous le nom de Tr. bovis 9, un trypanosome pathogène, trouvé chez des bovidés du Tanganyka, qui est voisin du Tr. Cazalboui.

1. G. BoUET, Journal officiel du Dahomey, 1" juin 1908, et Soc. de palh. exotique, 14 octobre 1908. — Pécaud, Soc. de path. exotique, 10 mars, 10 novembre 1909 et 12 octobre 1910.

2. Thiroux, Wurtz et Teppaz, Ann. de Vlnst. Pasteur, 1908, t. XXII, p. 584.

3. G. Martin, Lf.doicuf et Houdaud, Soc. de path. exotique, 1908, t. I, p. 351. et Rapport sur la maladie du sommeil. — Kerandel, Soc. de path. exotique, 14 octobre 1908.

4. A. Broden et J. Hodiiain, Soc. de palh. exotique, 10 mars 1909 et 13 avril 1910.

5. Mission scientifique belge du Katanga, Soc. de path. exotique, 10 janvier et 8 mai 1912.

'i. G. Memmo, F. Mvrtoglio cl G. Adani, Annali d'Icjiene sperim., 1905, t. XV, p. 25.

7. :r cl ii" Rapports of the Wellcome research. Labor., Kbartoum, 1908 et 1911.

8. D. Bruce, A.-E. Hamerton, H.-R. Bateman et F.-P. Mackie, Proceed. JR. Soc, 1910, lï, l. 83, p. 15.

9. Kleine et Taute, Arb. a. d. K. Gesundhcitsamle, février 1911.

TRYPA NOSOMES ET T11YPANOSOMIASKS

§2. — Évolution de la maladie. Symptômes.

La souma atteint principalement les équidés (chevaux, mulets, ânes) et les bovidés. Les petits ruminants : chèvres, moutons, antilopes, s'infectent facilement, mais, contrairement à ce qui arrive pour la plupart des trypanosomiases voisines, le chien, le singe, le lapin, le cobaye, le rat et la souris sont réfractaires, ce qui constitue un des principaux caractères du Tr. Cazalboui.

« Chez plusieurs chiens d'âges différents, de fortes doses de sang d'animaux infectés de souma, injectées sous la peau ou dans la veine, n'ont produit, écrit Pécaud, qu'un peu d'amaigrissement1. » Le sang des chiens n'a montré de trypanosomes à aucun moment et n'est pas devenu infectant pour le mouton.

Cazalbou qui, au début de ses recherches sur les trypanosomiases du Haut-Niger, mal identifiées encore, avait attribué à la souma quelques infections observées chez des rats, et se rapportant sans aucun doute à d'autres trypanosomiases, écrit en 1910 : « Trypq.nosoma Cazalboui se caractérise par ce fait, rare chez les trypanosomes pathogènes, qu'il n'est inoculable ni à la souris, ni au rat, ni au cobaye, ni au chien, ni au chat, ni au porc, ni aux singes2 ».

A l'Ecole d'Alforl, dans le service de M. Vallée, 1 chien et 3 cobayes inoculés avec de fortes quantités de sang, sur une vache atteinte de souma, ne se sont pas infectés3.

Bouffard constate que le chien, le chat, les Cercopithecus ruber et callilrichus, le cobaye et le porc sont absolument réfractaires au virus de la souma '. Dans les régions où la souma et la baleri sont enzootiques, Bouffard conseille, pour faire le diagnostic différentiel des deux maladies, chez le cheval ou chez le bœuf, d'inoculer un chien ou un chat. On peut conclure à la baleri si l'animal inoculé s'infecte, à la souma s'il ne s'infecte pas.

Laveran a inoculé, sans résultats, les animaux qui suivent sur des moutons ou sur des chèvres infectés de souma : 1 Macacus rhésus, 2 chiens, 10 cobayes, 6 rats, 9 souris.

Chez les rats inoculés avec de fortes doses de virus, on voit parfois apparaître dans le sang, 5 à 8 jours après l'inoculation, quelques rares trypan. qui disparaissent bientôt d'une façon définitive; rien d'analogue ne s'observe chez le singe, chez le chien, ni chez le porc (Bouet).

Blacklock signale que A lapins et 2 rats blancs, inoculés avec le

Page 1