A. LAVERAN, Ann. del'InU. Pasteur, 11)07, t. XXI, p
4. G. Bouffard, Ann. de VInsl. Paslcur, 1907, t. XXI, p. 580, et 1908, t. XXII, p. lo.
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sanj»- de chèvres infectées par le Tr. Cazalbôui, ont montré des parasites dans la circulation, les lapins pendant 1 à lOjours, les rats 1 jour seulement1. Ce no sont pasjà de véritables infections.
Bovidés. — Chez les bovidés, le début de la maladie est d'ordinaire insidieux. Vers Le 2° mois, on constate de l'amaigrissement, des poussées fébriles, du larmoiement intermittent. Chez le zébu, il existe souvent de l'œdème à la partie inférieure du fanon et' à la paroi inférieure du thorax; ce symptôme est rare chez les bovidés appartenant à d'autres races.
L'amaigrissement et l'anémie se prononcent de plus eu plus. Les animaux qui ont de la lièvre hectique et souvent de la diarrhée s'affaiblissent, leur allure devient lente et traînante.
L'examen histologique du sang permet rarement de constater l'existence des trypan. Chez une vache inoculée à Alfort, la présence des trypan. a été notée cependant à plusieurs reprises au moment des poussées fébriles.
Chez le zébu, la maladie dure de 7 à 8 mois; la durée est plus longue chez les bovidés africains appartenant aux races sans bosse.
D'après Bouffard, la souma peut prendre, chez les bovidés, une forme suraiguë et tuer en moins de 8 jours. Les animaux ont une forte fièvre, avec selles diarrhéiques et hémorragies intestinales; la démarche devient vacillante; enfin les bovidés tombent sur le flanc et meurent. Les trypan. sont nombreux dans le sang.
Pécaud décrit une forme aiguë, une forme suraiguë et une forme lente. La race influe sur le degré de résistance; les bovidés les plus réceptifs sont les zébus dont l'élevage est impossible dans les régions contaminées; les plus résistants sont les bœufs de petites races : n'dama de Guinée, des lagunes du Dahomey et de la Côte d'Ivoire ; race somba du Haut-Dahomey 2.
Cazalbou estime à -40 p. 100 la mortalité due à la souma dans les troupeaux d'impôt; d'après Pécaud, la mortalité sur les bovidés serait de 20 p. 100 environ.
Nous résumons l'observation d'une vache qui, à la demande de .M. Laveran, a été inoculée de souma à l'École vétérinaire d'Alfort.
Le 26 juillet 1906, M. Vallée inocule à une vache bretonne 20 ce. du sang d'une chèvre infectée de souma; le sang, mélangé à de l'eau physiologique citratée, est injecté sous la peau.
Le 4 août, la vache a une poussée fébrile qui dure quatre jours; la température atteint 40", 8 (voir le tracé, fig. LXX). Pendant cette poussée fébrile, les trypan. sont notés comme non rares clans le sang de la vache.
Du 18 au 21 août, la vache a une nouvelle poussée moins forte que la
t. B. Blacklock, Ann. of trop. med. a. parasitol., février 1912. 2. (1. Pécaud, Revue vélér. militaire, 30 septembre 1911.
TRYPANOSOMES ET TItVI'A NOSIl.MIASRS
première. Le 18 août, les trypan. sont non rares; on inocule avec le sang de la vache : une chèvre, un chien et trois cobayes.
A partir du 10 octobre, la température de la vache esl normale; l'examen du sang, fait à plusieurs reprises, est toujours négatif.
La chèvre inoculée le 18 août sur la vache (10 ce. de sang sons la peau a eu, le 27 août, une poussée fébrile (40°, 7) et l'examen du sang, fait à ce moment, a permis de constater l'existence de nombreux trypan. Jusqu'à la fin d'octobre, on a constaté de petites poussées fébriles avec multiplication des trypan. dans le sang au moment de ces poussées.
Depuis le 1er novembre 1906, la température est normale et on ne
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Fig. LXX.
Tracé tkermométrique de ia vacho bretonne inoculée de souma le 26 juillet 1906.
trouve plus de trypan. dans le sang (note remise le 14 avril 1907 par M. Vallée).
Le chien qui avait reçu, le 18 août, 10 ce. du sang de la vache sous la peau et 10 ce. dans le péritoine ne s'est pas infecté.
Les 3 cobayes inoculés le 18 août 1906, chacun avec 4 ce. de sang dans le péritoine, n'ont jamais rien présenté d'anormal.
Chez les bovidés qui succombent à la forme aiguë ou subaiguë de la maladie, on observe dans les séreuses : péricarde, péritoine surtout, des épanchements séreux ou sanguinolents. Les hémorragies sous-muqueuses sont communes dans le tube digestif. Le foie est congestionné, la rate est hypertrophiée et ramollie. Les méninges sont hyperémiées. Ces lésions font défaut dans les formes chroniques (Boudard).
Equidés. — Chez le cheval, la maladie est caractérisée, au début surtout, par des poussées fébriles. Vers le deuxième mois, l'amai-
SOUMA 345 grissement est sensible; quelques animaux ont du larmoiement et des pétéchies sur les conjonctives. On note souvent du relâchement et de l'engorgement des enveloppes lesticulaires, des œdèmes assez légers du fourreau et de la partie inférieure des membres. On observe parfois des éruptions cutanées ressemblant à de l'urticaire (Pécaud).
L'anémie va en augmentant, les muqueuses se décolorent; à la dernière période, la parésie de l'arriôre-main est de règle. L'incoordination des mouvements domine dans certains cas.
Pécaud distingue une forme aiguë (durée moyenne 50 jours), une forme suraiguë (durée moyenne 15 jours) et une forme lente (six à quinze mois). Cazalbou a vu la maladie se prolonger pendant une année.
("liez le mulet, la maladie affecte une forme plus lente que chez le cheval (Pécaud).
L'âne, qui joue au Soudan un grand rôle dans les transports commerciaux, est très souvent infecté. Les ânes atteints de souma maigrissent, leur poil est piqué et leurs yeux larmoient; ils sont d'autant plus dangereux, au point de vue de la toansmission de la maladie, que, anémiés et affaiblis, ils deviennent insensibles aux piqûres des diptères qui s'acharnent après eux.
La souma des équidés se termine quelquefois par guérison (Pécaud).
Chèvres, moutons. — La chèvre et le mouton s'infectent facilement, l'incubation a une durée de 10 à 15 jours.
La réceptivité des moutons varie avec la race. Les plus sensibles sont les moutons de grande taille (races peulhe, maure, du Macina) ; les petits animaux de la race du Fouta-Djallon sont au contraire très résistants, la guérison naturelle est chez eux la règle (Pécaud).
Les principaux symptômes chez les chèvres et chez les moutons, sont : la fièvre, l'amaigrissement, l'anémie, l'affaiblissement, la kérato-conjonctivite.
La fièvre se manifeste par des poussées qui durent 8 à 10 jours ou même davantage. Le plus souvent, la température s'élève au-dessus de 40°. La mort survient en hypertbermie, ou bien elle est précédée d'une chute rapide de la température et elle se produit en hypothermie (Laveran).
L'amaigrissement est le symptôme le plus constant.
L'anémie est, en général, très prononcée à la période terminale de la maladie, les muqueuses sont décolorées.
Chez 3 chèvres sur 3, inoculées par Laveran, les observations font mention de kérato-conjonctivites précoces qui, sans traitement, se sont terminées par guérison, bien que- ces trois animaux aient succombé à la trypanosomiasc.
A la dernière période, on observe un affaiblissement qui est
Laveran ot MesNfL. — Trypanosomos ot Trypanosomiasos. 35
TltYPANOSOMES ET TUYPA N0S0M1ASES
marqué surtout dans le train postérieur; les animaux marchent en écartant les membres postérieurs qui fléchissent sous le poids du corps; ils tombent enfin sur un côté et ne tardent pas à succomber.
Contrairement à ce qui arrive d'ordinaire dans les trypanosomiases des chèvres, l'examen histologique du sang révèle souvent l'existence de trypan., parfois non rares. La multiplication des trypan. semble se faire par poussées, tous les quinze jours environ; dans l'intervalle de ces poussées, l'examen du sang est le plus souvent négatif.
A l'autopsie, on ne trouve pas d'oedèmes, pas d'épanchements dans les séreuses. Les organes sont anémiés. La rate est peu hypertrophiée. Les ganglions lymphatiques sont souvent augmentés de volume.
Les trois chèvres inoculées par Laveran ont succombé; la durée de la maladie a été respectivement de 58, 45 cl 96 jours. La chèvre inoculée à l'Ecole d'Alfort sur une vache (voir p. 544) a guéri.
Le bélier inoculé à Ségou, et ramené en France, est mort en 62 jours. De deux moutons inoculés de souma à Paris, l'un a guéri, l'autre a succombé à la trypanosomiase.
Nous résumons l'observation du bélier inoculé à Ségou et les observations de deux chèvres inoculées à Paris.
I. — Un bélier est inoculé le 20 mars 1906, à Ségou, avec le sang d'un cheval qui s'est infecté au mois de juillet 1905 dans la région du Bani. .M. Cazalbou a constaté, à plusieurs reprises, l'existence de trypan. chez ce cheval, lin mouton inoculé à Ségou sur le cheval est mort le 29e jour après l'inoculation, un autre mouton inoculé sur le premier a succombé 13 jours après l'inoculation.
Le bélier ramené en France, au mois d'avril 1906, par M. Cazalbou, arrive le 3 mai à l'Institut Pasteur.
L'examen du sang du bélier fait le 4 mai est négatif. Le 9 mai, on inocule deux cobayes et deux souris; les cobayes reçoivent chacun, dans le péritoine, 3 ce. du sang du bélier: les souris reçoivent chacune o cc.,2o du sang. Ces animaux ne se sont pas infectés à la date du 8 juillet.
Le 17 mai, l'examen du sang du bélier révèle l'existence de trypan. rares. Lu chien reçoit, dans le péritoine. 5 ce. du sang du bélier. A la date du 8 juillet, le chien ne s'est pas infecté.
17 mai. Le bélier est très malade, il est couché sur le flanc.
20 mai. Le bélier s'affaiblit de plus en plus. Amaigrissement, anémie On inocule deux rats qui, à la date du 8 juillet, ne se sont pas infectés.
Le bélier est trouvé mort le 2i mai. Il pèse 11 kg.
Autopsie. — Les poumons sont hépatisés à la partie antérieure; il y a de petits foyers de suppuration. La pneumonie a dû contribuer beaucoup a amener la mort. I n peu de sérosité dans le péricarde, taches laiteuses sur le péricarde viscéral. La l'aie pèse 30 gr. l'as d'œdèmes. Les ganglions cervicaux el inguinaux sont notablement augmentés de volume.
II. — Chèvre achetée sur le marché de Paris. Le2i juin 1906, on injecte
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sous la peau du cou, o ce. du sang d'une chèvre infectée dé souma.
Du 21 au 25 juin, la température do la chèvre esL normale. A partir du 26 juin, la température s'élève; elle atteint 40°,4 le 29, et 40", 6 le 30 (voir le tracé, (ig. LXX1).
Le 29 juin, ou constate l'existence d'une kérato-conjonctivite double! avec pannus. L'examen du sang ne révèle pas la présence de trypan.
6 juillet. I.a température se maintient entre 40° et 40", 6. La chèvre maigrit. Le 29 juin, elle pesait 30 kg. 500; le 6 juillet, elle pèse 29 kg. La kérato-conjonctivite double s'est aggravée. Les examens du sang laits les 1er, 3 et 5 juillet sont négatifs; le 9 juillet, on note des trypan. rares.
9 juillet. On inocule, sur la chèvre, les animaux qui suivent : un chien (iO ce. de sang dans le péritoine); ■2 cobayes (3 ce. de sang à chacun dans le péritoine); 4 souris. Aucun de ces animaux ne s'est infecté.
12 juillet. La chèvre maigrit. Poids : 28 kg.
19 juillet. Depuis le 9 juillet, la température se maintient entre 39,J et 39", 7. La chèvre s'affaiblit, elle marche eu écartant les pattes de derrière.
Les kérato-conjonctivites ont disparu presque complètement.
1er août. L'amaigrissement fait des progrès; poids : 2ii kg. 800. Depuis le 19 juillet, la température s'est maintenue entre 39 et 39°, 7 L'examen du sang fait le 1" août révèle des trypan. très rares.
4 août. Anémie très marquée, muqueuses décolorées. Faiblesse générale, apparente surtout pendant la marche. Les pattes postérieures sont maintenues écartées et elles vacillent. Température 39°, 4. Les yeux sont en bon état. L'examen du sang révèle l'existence de rares trypan.
5 août. Température : 39°, 6. La chèvre s'affaiblit rapidement.
La chèvre est trouvée morte le 6 août au matin, la chaleur est très forte et le cadavre a subi, au moment de l!autopsie, un commencement putréfaction. On ne note rien d'anormal en dehors des altérations dues à la putréfaction.
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111. — Une chèvre achetée à Paris reçoit, le 15 juillet 1906, sous la peau
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du cou, 10 ce. du sang de la chèvre qui fait l'objet de l'observation 11.
Du 15 au 19, la température se maintient entre 38", 4 et 38",9. Le poids de la chèvre est de 21 kg.
Le 20 juillet, légère élévation de la température (39°,4). Du 24 au 30 juillet, poussée fébrile bien marquée (40° et 40°, 2).
L'examen du sanglait le 25 juillet révèle l'existence de trypan. rares. On note ce même jour une conjonctivite double.
31 juillet. La conjonctivite s'esl compliquée de kératite à gauche.
1er août. La chèvre maigrit; poids : 19 kg. Des examens du sang faits les 28 juillet et 1er août sont négatifs. Du 1" au 3 août, la température de la chèvre se maintient aux environs de 40°. A partir de ce moment, la température s'abaisse un peu; pendant tout le mois d'août el pendanl les premiers jours de septembre, elle se maintient aux en\ irons de 39°,5
4 août. Trypan. non rares dans le sang cle la chèvre. 2 cobayes soal inoculés, ils reçoivent chacun, dans le péritoine, 3 ce. du sang de la chèvre. L'un des cobayes meurt rapidemenl par accident, l'autre ne s'infecte pas.
16 août. Faiblesse générale, marquée surtout dans les extrémités postérieures que la chèvre écarte pendant la marche. Anémie, muqueuses décolorées. Les kérato-conjonctivites "ni disparu. Examen du sang négatif.
3 septembre. La chèvre va un peu mieux, la faiblesse est moins grande. Veux normaux. Examen du sang négatif.
Du 6 au 9 septembre, poussée fébrile: le '.), la lempérature s'élève à in La chèvre s'affaiblit de nouveau, elle mange peu el maigrit. Poids le 10 septembre : 17 kg.
Du 10 septembre au il octobre, la température se maintient entre 39°, 3 et 39°, 8. Le 10 septembre, trypan. rares. 15 septembre, poids : 16 kg. 500. Des examens du sang faits les 20 et 26 septembre et 1"' octobre sont négatifs.
6 octobre. La chèvre s'affaiblit; elle est le plus souvent couchée. Anémie profonde, sang pAle. Trypan. non rares. Poids : 15 kg. 500.
14 octobre. Poussée fébrile, la température monte à 40°, 5: les jours suivants, la température s'abaisse rapidement: 17 octobre, trypan. non rares.
18 octobre. La chèvre, couchée sur le flanc, ne peut plus se relever. 38°,3 le matin, 37°,2 le soir.
in octobre. Trypan. non rares. Hypothermie très marquée : 35", 6 le malin. 3ï4°,2 le soir. La chèvre meurl le 10 au soir.
Autopsie. — Elle est faite le 20 octobre au malin. La chèvre pèse 15 kg. 5Ô0. Pas d'oedèmes. Les ganglions inguinaux son! augmentés de volume. Tous les tissus ,.| les viscères sont profondément anémiés. Pas d'épanchements dans les séreuses. La rate pèse 70 gr. Poumons, cœur, rien d'anormal.
Un mouton ramené par Bouet «lu Dahomey en juillet 1908 el qui paraissait guéri, a succombé le 5 décembre 1910, à l'Institut Pasteur, à une rechute de souma; 10 jours avant la mort, on avait constaté un affaiblissement des membres qui alla en augmentant. L'examen du, sang révéla l'existence de trypan. très rares les 24 et 30 novembre,
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de In pan. non rares du 1er décembre jusqu'à la mort. Au moment de la mort, le mouton avait de la kératite interstitielle (Mesnil) .