G. Bouet, Ann. del'lnst. Pasteur
5. G. Bouffa»», Ann. de VInst. Pasteur, 25 avril 1910. — G. Bouet et Boubaud, même lice, 25 août 1910. — Boubaud, Acad. des Sciences, 24 octobre el 12 décembre 1910, e1 Thèse de doctoral ès se. nat. Paris, juin 1909.
6. G. Bouet et E. Boubaud, Soc. de path. exotique, 11 octobre 1911.
SOUMA
flagellés fixés aux parais du labre sont tous du type Leptomonas, tandis que, à l'intérieur du canal hypopharyngien, la plupart des formes sont du type Trypanosoina. Ces trypanosomes qui ne diffèrent en rien de ceux du sang sont fixés par l'extrémité du flagelle à la paroi de l'hypopharynx ou bien libres. En aucun cas on n'observe de multiplication du Tr. Cazalboui dans le tube digestif des glossines. L'évolution est la même chez les différentes espèces de glossines mentionnées plus haut.
La culture dans la trompe est durable, elle rend la mouche infectieuse pendant la majeure partie de son existence. On peut donner la souma à un animal sensible en insérant, dans le tissu conjonctif sous-cutané, la trompe dissociée d'une glossine infectée.
Les zones d'enzootie de la souma se trouvent d'ordinaire au voisinage immédiat de zones à Gl. palpalis.
% 5. — Diagnostic. Identification du Tr. Cazalboui.
Plusieurs observateurs ont rapproché Tr. Cazalboui du trypanosome qui a été décrit par Ziemann, en 1905, sous le nom de Tr. vivax, quelques-uns ont été jusqu'à conclure qu'il s'agissait d'une seule et même espèce
Laveran a insisté sur les différences qui existent entre les deux trypanosomes. au point de vue morphologique et au point de vue biologique -.
Tr. vivax mesure 18 à 26 u. et parfois jusqu'à 30 p. de long, sur 2 à 2 a. 5 de large; l'extrémité postérieure est effilée et le centrosome est assez éloigné de la partie terminale de cette extrémité '.
Tr. Cazalboui mesure 21 u. de long, sur 1 y., 5 de large; il est donc plus petit que Tr. vivax; de plus, l'extrémité postérieure est d'ordinaire arrondie, au lieu d'être effilée comme chez Tr. vivax, et le centrosome est très rapproché de la partie terminale.
Les caractères biologiques des deux trypanosomes sont également différents.
Le singe, le chien, le cobaye, le rat et la souris se sont montrés réfractaires au virus dont Laveran s'est servi pour ses recherches sur Tr. Cazalboui, virus provenant du bélier envoyé par Cazalbou.
Tr. vivax est, au contraire, inoculable au chien et au rat. 8 rats gris inoculés par Ziemann se sont infectés et sont morts en 8, 9 et U jours *.
1. Il.-K. MONTGOMERY el A. KiNGHOHN, Annals of Irop.med. a. parasitol., mai 1909, I. Il, p. 341. — Bulletin of sleep. siclm. Bureau, 191(1, (. II, p. 9. — D. Bruce, A.-E. Hamerton, II.-H.Bateman; F. -P. Mackie, Proceed. /?. Soc. H, l. 83, 1910, p. 15.
2. A. Laveran, Soc. de palh. exotique, 9 février 1910 el 12 avril 1911.
D'après l'examen d'une préparation envoyée au D' Laveran par le Dr Ziemann. 4. H. Ziemann, Ccntralbl.f. Baklcr, l, Ori^., 1905, t. XXXVIII, p. 9.
552 TRYPANOSOMES ET THYPANOSOMIASES
Il nous paraît inadmissible qu'on identifie un trypanosome qui est pathogène pour le rat et le chien à un trypanosome contre lequel ces animaux possèdent une immunité naturelle et qu'on substitue un type mal défini à un type bien connu, au point de vue biologique, comme au point de vue morphologique ; en agissant ainsi, on introduirait une cause de confusion dans la classification des trypanosomes.
Nous pensons que, si Ziemann a observé le Tr. Gazalboui, il n a pas réussi, en raison des circonstances où il se trouvait, à l'isoler d'autres trypanosomes, ce qui était arrivé aussi à Cazalbou, et qu'il y a lieu de classer Tr. viuax, comme nous l'avons dit (p. 247), parmi les espèces douteuses.
Bien que le Tr. Gazalboui se distingue du Tr. Evansi par ses caractères morphologiques, et par ce fait qu'il ne peut être inoculé ni aux singes, ni au chien, ni au cobaye, ni au rat, ni à la souris, il était intéressant de rechercher si un animal ayant acquis l'immunité pour le surra restait sensible au virus de la souma. Une chèvre immunisée contre le surra de Maurice a eu une infection mortelle à la suite de l'inoculation du virus de la souma '.
Le fait que Tr. Cazalboui ne peut être inoculé ni au singe, ni au chien, ni aux petits rongeurs, permet de distinguer facilement ce trypan. des espèces qui s'en rapprochent au point de vue morphologique, mais qui sont pathogènes pour ces animaux.
D. Bruce, Hamerton, Bateraan et Maclrie ont décrit, sous le nom de Tr. uniforme, un trypanosome qui a été trouvé par eux chez des bœufs de l'Ouganda 2. Ce trypan. a une grande ressemblance, au point de vue biologique, comme au point de vue morphologique, avec Tr. Cazalboui. Le bœuf, la chèvre et le mouton s'infectent par Tr. uniforme, tandis que le singe, le chien, le cobaye, le rat et la souris sont réfractaires.
Fraser et Duke qui ont examiné le sang de 32 Antilopidés (genre Tragelaphus) tués ou capturés à proximité du lac Victoria, ont trouvé chez 2 de ces animaux des trypan. ayant les caractères du Tr. uniforme 3.
Le Tr. uniforme est très voisin du Tr. Cazalboui; peut-être les deux trypanosomes appartiennent-ils à la même espèce.