‹ Trypanosomes et trypanosomiases [electronic resource]Chapitre 234 sur 410 · D0UR1NE · texte numérisé non relu

D0UR1NE

('.lie/, la jument, les symptômes sont moins visibles que sur rétalon. Ils consistent au début en un gonflement unilatéral ou bilatéral de la vulve, remontant parfois jusqu'à l'anus; la muqueuse vaginale est d'un rouge vif; il y a un écoulement muqueux ou poisseux, peu prononcé au début.

L'appétit est toujours conservé; la température oscille entre 38° el 38°, 5. Le coït est encore possible, les chevaux entrant facilement en érection.

Plus tard, un mois après l'apparition des premiers symptômes, l'engorgement du début se résorbe et se localise aux parties génitales, en diminuant toutefois de volume. Quelquefois il disparaît totalement; seule, l'extrémité de la verge reste infiltrée.

A ce moment, les reins sont sensibles à la pression; ils s'affaissent quand ils reçoivent le poids d'un cavalier. Le cheval est essoufflé a [ires un court temps de trot; on note un commencement d'amaigrissement.

2« Période. Période des plaques. - - Caractérisée par l'apparition du seul symptôme pathognomonique de la maladie : les plaques l.

Elles apparaissent ordinairement 40 à 45 jours, quelquefois 2 mois, après le coït infectant.

A leur niveau, on dirait qu'on a glissé un disque de métal sous la peau; leur diamètre varie de celui d'une pièce de 2 francs à celui de la paume de la main; le poil de la région est hérissé et la peau épaissie.

Quelquefois, au lieu de plaques nettement circulaires, on aperçoit simplement de petits soulèvements de poils dans les régions où les plaques se trouvent habituellement. Sur certains étalons, elles sont parfois œdémateuses; dans ce cas, lorsqu'elles s'effacent, elles laissent transsuder un peu de sérosité qui agglutine les poils.

La durée des plaques est très variable; apparues le matin, elles peuvent disparaître dans la nuit qui suit. Elles peuvent aussi durer 5 à 8 jours. On les observe le plus souvent sur les côtes et sur la croupe, parfois sur l'encolure, les cuisses, les épaules.

A cette période (fig. LXXIII), l'amaigrissement s'accentue; les animaux restent longtemps couchés, et ils se relèvent avec difficulté comme si l'arrière-train était paralysé. En marche, ils rasent le sol avec les pieds de derrière, il y a flexion brusque des boulets au moment de l'appui du membre. Les engorgements des synoviales articulaires et tendineuses des membres postérieurs sont fréquents. Les ganglions inguinaux deviennent énormes et peuvent s'abeéder: ceux de la poitrine et de l'auge s'engorgent.

I. Lutgard, aux Indes, cite un étalon arabe qui a présenté 8b plaques réparties en 278 jours, une junienl australienne qui n'a eu que 4 plaques el une jument néozélandaise qui n'en a pas ou du tout.

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L'appétit est conservé : les malades mangent comme avec ra^e ; l'œil est souvent fixe; la température monte fréquemment le soir à 39° pour descendre à 38°,5 le matin. Le coït est presque impossible pour les étalons. Les juments avortent la plupart du temps.

3e Période. Période d'anémie profonde et de paraplégie. — A celte phase de la maladie, les muqueuses ont une teinte pAle: l'amaigrissement est considérable; les malades ne peuvent se déplacer sans buter, tellement leur faiblesse est grande; l'appétit devient irré-

Pig. LXXUI.

Choval dourino à la fin de la deuxième période. Remarquer l'extrême maigreur do l'animal, l'affaissement du train postérieur et la flexion du boulet do la jambo postéricuro gauche. (Photographie do la collection Nocard, communiquée par M. Vallée.)

gulier. Il se produit souvent des abcès superficiels qui ont peu de tendance à la guérison; quelquefois il y a des troubles oculaires : conjonctivite kératite ulcéreuse. La miction est difficile, l'urine est chargée; les articulations des membres et du rachis deviennent le siège de craquements au moindre déplacement; les fractures sont fréquentes.

Vers la fin, la paraplégie s'établit complôtemenl : l'animal tombe pour ne plus se relever; on peut le piquer, inciser sa peau sans qu'il manifeste la moindre douleur, tellement sa sensibilité est diminuée. Nous verrons que ces lésions nerveuses correspondent souvent, à des foyers de ramollissement de la moelle.

La durée de l'affection est variable : deux à dix mois, exceptionnellement une ou deux années.

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